— C'est parce que je t'aime. Allez, on y va !
— Je t'aime aussi.
Puis on quitte la chambre et on se dirige vers le lycée.
On arrive au bout de dix minutes de marche. Les lycéens qui commencent à cette heure nous regardent arriver. Je déteste ce lycée, il y a trop de gens que je n'aime pas. Maddie, elle, est aimée, comparée à moi... On passe devant Luc, qui me fait un croche-pied. Je perds légèrement l'équilibre mais me rattrape. Ça énerve, bien sûr, Maddie.
— Putain, refais ça une fois et tu verras !
Luc et ses amis rigolent face à sa menace, ce qui l'énerve encore plus. Luc s'avance vers elle en ricanant.
— Et qu'est-ce que tu vas faire, Maddie ?
— Je vais te botter le cul, Luc.
Il a un sourire malicieux, rempli de sous-entendus. Elle secoue la tête, exaspérée, et me prend par le bras pour qu'on s'éloigne d'eux.
— Putain, quel con, dit-elle encore secouée par sa colère.
— Tu l'as dit.
— Si je ne suis pas là, ne te laisse pas faire, meuf, OK ?
— Mmm.
Elle m'adresse un sourire réconfortant avant d'entrer en classe, où je la suis de près. On a anglais... Je ne vais rien comprendre. On s'assoit et le cours commence. Je ne comprends rien, alors que tout le monde écoute la prof parler anglais. Tout le monde a l'air de comprendre sauf moi. Je soupire. Ça risque d'être long...
L'heure est passée si lentement que je m'endormais littéralement sur ma chaise. On a commencé à 9 heures, il est maintenant l'heure de la récré. Alors qu'on marche, Ambre, la peste du lycée, me bouscule et Alors qu'on marche, Ambre, la peste du lycée, me bouscule et dit :
— Dégage, salope.
Maddie se tourne vers elle.
— Ta gueule, connasse.
— T'as un problème, Meyer ?
C'est le nom de famille de Maddie.
— Ouais, toi, en fait, répond sèchement ma meilleure amie.
— Ah oui, moi ?
— Un jour, je te jure que je t'arracherai ta sale petite langue de vipère, dit sèchement Maddie, alors qu'Ambre sourit.
On s'éloigne.
— Quelle pute, crache-t-elle.
— Je te jure.
Elle soupire et lève les yeux au ciel.
Notre dernière heure de cours était le français, avec la sorcière. On a l'habitude d'appeler notre prof de français comme ça avec Maddie. Elle est d'ailleurs partie voir son copain, elle est sortie la première.
Je m'élance dans les couloirs quand je suis ramenée en arrière, puis plaquée contre un casier.
— Alors, Smith, ça va ?
— Qu'est-ce que tu fous ?!
Je vois alors le visage que je redoute le plus. Blake. Celui qui m'avait fait boire pour mieux me faire... tout. Mais pas lui, s'il vous plaît...
— T'es toute rouge d'un coup. C'est moi qui te fais cet effet-là ? Je suis flatté.
Je déglutis.
— Alors, ça fait longtemps, toi et moi...
— Il n'y a pas de "toi et moi", osé-je dire, alors que son visage se durcit.
Il prend ma mâchoire entre une de ses grandes mains.
— Oh, oh, oh... Ce n'est pas toi qui gémissais sous moi ?
Je gémissais de douleur, ouais. Cet ordure m'a volé ma première fois quand j'avais 16 ans.
— Je ne voulais pas.
Il resserre sa prise sur ma mâchoire.
— Oh si, tu le voulais, et tu le sais.
— Non !
J'ai pris tout mon courage pour crier ce mot que je lui avais crié un an en arrière. Alors qu'il met son autre main libre sur ma taille.
— Je te conseille de la fermer, Smith.
— S'il te plaît, laisse-moi... soufflai-je.
— Tu fais pitié, Smith.
J'encaisse, comme d'habitude. Nulle. Je suis nulle et conne...
Il abaisse sa main sur ma hanche alors que mes larmes montent.
— Bah, tu pleures ? Pourquoi ?
— Je veux pas...
Une porte s'ouvre. Il me relâche. Le prof d'histoire arrive dans le décor et prend la parole.
— Tiens, Blake, je te cherchais pour parler du dernier DS.
J'en profite pour vite partir. Ce prof ne sait pas qu'il vient de me sauver. Je le déteste tellement.
