Les yeux fixaient sur l'horizon, celui-ci est teinté du son de la houle qui se moue contre sa barque. Une petite barque pour quatre personnes, plutôt étroite et en bois crissant à chaque remous. Uniquement munie de sa double épée et de son blouson en cuir, dont la capuche en coton avait été cousue au col pour qu'elle puisse se protéger de la pluie, qu'elle avait pris la mer pour accomplir sa mission. Enfin, une longue boîte en bois polie et vernie contenant un objet des plus précieux, enveloppé dans une nappe de soie blanche brodée de filaments d'or.
Quête qu'elle poursuivait au nom de son suzerain qu'elle admirait et chérissait plus que tout. Il lui avait offert des plats chauds – matin, midi et soir – avec un toit au-dessus de sa tête. Un travail fastidieux mais qu'elle ne pouvait quitter, elle avait aussi trouvé quelque chose de précieux, ce qui avait manqué dans sa vie depuis trop longtemps jusqu'à leur rencontre datant de trois ans déjà. Elle savait, grâce à lui, où elle allait et pourquoi. Elle naviguait au gré des mers et océans dont le point d'arrivée changeait en fonction de sa quête, pourtant le but restait inlassablement le même : Lui. Lui qui avait su voir en elle quelque chose qu'elle même ne voyait pas, Lui qui avait su donné une raison aussi bien de vivre que de mourir, Lui est sa raison de vivre et de mourir.
Elle fermait soudainement les yeux depuis plusieurs jours qu'elle ne l'avait pas fait. Les souvenirs de son départ venaient colorer son esprit pour un rêve éveillé.
« Je dois me rendre auprès des Grands Corsaires, mais aussi des Dragons Célestes. Je t'envoie sur Sabaody en tant que représente officielle. Tout ce que tu diras et feras seront ce que je dirai et ferai. »
Le regard doré de son supérieur sur elle lui procurait un sentiment mêlé entre fierté et peine. Le regard qui lui accordait ne serait jamais le même que celui qu'il posait sur la princesse étrangère.
Jalousie mal placée. Elle n'avait jamais su si elle l'aimait d'admiration, d'amitié, de fraternité peut-être, ou de cet abjecte sentiment qu'elle se refusait à avoir pour quiconque, l'Amour ; être épris d'une personne. Une princesse gloussante de confiance en elle, même devant lui, valait bien mieux qu'une épéiste trop pincée de fièvre par un seul éloge de sa part. Son orgueil s'envolait comme toute sa volonté face à lui.
« Bien, Majesté. Votre message sera transmis avec allégeance et discipline.
_Tu peux te retirer, et partir demain. »
La nuit lui parut longue. Elle avait voulu aller voir son souverain qui avait enflammé son cœur à l'écho de la confiance qui lui accordait. Pourtant, cette nuit-là, elle était retournée dans sa chambre, accompagné d'un silence de plomb. Une servante, qu'elle ne connaissait que trop bien, s'était retrouvée dans les draps du roi, de son roi. Une servante des plus gracieuses et douces, aimée de tous, elle avait plusieurs fois chanté son admiration envers elle, l'épéiste la plus proche du roi. Beauté et bienveillance allaient naturellement de paire chez cette adorable femme, cependant, un haut-le-cœur la prenait en cet instant.
Le matin était froid, glacial même. Habituellement supportable, cette fois-ci, la petite servante aux allures empathiques n'avait osé aller voir l'épéiste à cause du regard meurtrier qu'elle lui avait lancé. De son côté, le souverain se trouvait étrangement inquiet, un pressentiment désagréable le prenait depuis ce matin qu'il avait été cherché son soldat le plus fort pour effectuer le chemin jusqu'à la barque.
« N'oublie pas, tu dois offrir cette épée à Saint Charles.
_Comptez sur moi, Majesté.
_Je sais que je peux compter sur toi. Je le sais, alors, fais moi une promesse. Promets moi que lorsque que tu auras fini ta mission tu reviendras immédiatement, j'ai besoin de toi ici, Elhona.
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Un duel de fierté
FanfictionLe monde était immense. Il y avait des milliards de créatures. Un sabreur sans aucune once d'orientation et une épéiste à la mission de la plus haute importante. Chacun devait aller quelque part et pourtant, ils s'étaient retrouvés enchaînés l'un à...
