Chapitre 1 : Le Bus de Thiaroye

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Le soleil brillait haut dans le ciel, baignant Diamniadio d'une chaleur étouffante.
Sultanah marchait d'un pas rapide, son sac d'études lourdement posé sur ses épaules.

Ce soir-là, Sultanah avait raté le bus Rufisque. Un retard qui venait s'ajouter à une série d'imprévus. L'agitation des apprenants était palpable, comme toujours à cette heure.

L'énervement montait en elle alors qu'elle voyait les autres étudiants partir, mais il n'y avait pas de temps pour se laisser abattre. Ce jour-là, elle s'apprêtait à prendre un autre bus, un bus qui la mènerait à Thiaroye. C'était un bus réservé aux étudiants de l'ISEP, un moyen de transport qu'elle n'empruntait pas habituellement, mais les circonstances avaient fait qu'il fallait s'y résoudre.
Sans hésiter, elle monta à bord, son cœur battant légèrement plus fort. L'atmosphère était bruyante, différente, plus détendue et remplie de rires et de discussions d'étudiants.

Le tarif était de 500 FCFA, et même si la somme n'était pas grande, elle n'avait pas oublié de remercier Ndeye Ndate, qui avait payé pour elle ce jour-là. Sultanah lui avait promis de la rembourser dès qu'elle en aurait l'occasion, probablement par orange money, mais pour l'instant, sa concentration était ailleurs. La chaleur et la foule commençaient à la fatiguer.
Le bus bougeait lentement, se frayant difficilement un chemin à travers la circulation dense de la ville. Elle ferma les yeux un instant, se concentrant sur sa respiration, cherchant à se détendre malgré l'agitation autour d'elle.

Puis, alors qu'elle était perdue dans ses pensées, un mouvement attira son attention.
Un homme était debout près de la fenêtre, Il portait un boubou long, d'un bleu profond, presque cérémonieux. Son masque couvrant le bas de son visage. Il ne semblait pas remarquer le monde autour de lui, absorbé dans sa propre tranquillité. Le bruit des étudiants, les conversations animées, tout semblait s'estomper autour de lui. Ses gestes étaient mesurés, presque cérémonieux. Il y avait quelque chose dans la manière de se tenir de cet homme qui fit naître en elle une curiosité inattendue. Ce n'était pas le genre de personne à qui elle prêtait attention dans ce genre de situation, mais cet homme dégageait quelque chose de spécial.

Il prit un flacon de parfum et se parfuma avec une délicatesse fascinante, puis commença à murmurer les Khassida, des poèmes en l'honneur de Cheikh Ahmadou Bamba, d'une voix calme, mais pleine de ferveur.

Sultanah, captivée, ressentit une étrange attirance pour cet homme mystérieux. Ses yeux brillaient d'une lueur profonde, mais il ne lui prêtait aucune attention, comme s'il était dans son propre monde. Pourtant, quand leurs regards se croisèrent enfin, au moment où elle se leva pour s'approcher de lui, elle fut hypnotisée par la beauté de ses yeux noirs, brillants comme des perles, reflet d'une profondeur qu'elle ne pouvait saisir immédiatement.

Elle se demanda pourquoi un homme comme lui choisirait de cacher son visage ainsi. Mais une chose était certaine : il était différent.

Elle n'avait pas l'habitude de se laisser séduire aussi facilement par un inconnu, mais cet homme... cet homme semblait détenir quelque chose de plus.

Elle se demandait si c'était la douceur de ses gestes ou l'aura tranquille qui l'envoûtait ainsi.

Au bout de quelques minutes, un élan la poussa à agir. Elle se leva de sa place, son cœur battant plus fort, traversa le bus avec hésitation et s'installa près de lui.
C'est alors qu'elle brisa enfin le silence, sa voix timide mais pleine de curiosité.

— "Salam Alaikoum," dit-elle timidement, brisant le silence.
— "Wa Alaikoum Salam," répondit-il doucement, toujours debout, sans la regarder directement dans les yeux.

Sa voix était grave et apaisante, comme un murmure qui résonne longtemps après. Pendant quelques minutes,
Les deux échangèrent quelques mots sur, la vie à l'ISEP, leurs études. Lorsqu'elle lui demanda quelle filière il suivait, il répondit simplement, un léger sourire dans les yeux :

— "Électricité."

Sultanah, curieuse, lui parla alors du concours de l'armée de l'air qu'elle avait aussi passé, bien que les résultats ne fussent pas encore sortis. Khalil lui confia que, bien qu'il ait passé le concours, il n'avait pas réussi. Son rêve était de devenir électricien avion, mais il n'avait pas eu cette chance. Ils échangèrent sur leurs études, leurs projets d'avenir, se découvrant peu à peu dans ce bus bruyant.
Leurs paroles se mêlaient au fond sonore de la ville. Elle appréciait cette conversation sincère, presque un moment suspendu.

C'était rare pour elle de parler aussi ouvertement avec quelqu'un qu'elle venait juste de rencontrer.
Les minutes passèrent rapidement, et avant qu'elle ne s'en rende compte, son arrêt approchait.

— "Je dois descendre ici," dit-elle
Alors qu'elle se préparait à partir, Khalil se tourna enfin vers elle, son regard se posant sur elle avec une douceur inhabituelle.

— "Au fait, je ne t'ai même pas demandé ton nom," dit-il, avec un sourire discret.

— "Sultanah," répondit-elle, un peu surprise mais souriant à son tour.

Il inclina légèrement la tête, comme s'il réfléchissait à la signification de son nom, puis répondit calmement :

— "Sultanah," répéta-t-il, cette fois d'une manière douce et marquée, comme s'il voulait s'imprégner de chaque syllabe. Il insista légèrement sur le "Sul" et "ta", comme pour rendre ce nom plus intime. "Moi, c'est Mame Cheikh."

À ce moment précis, Sultanah sentit une chaleur l'envahir. Ce n'était pas simplement des mots prononcés mécaniquement ; c'était presque comme un signe de reconnaissance, une promesse silencieuse d'une connexion plus profonde. Un silence s'installa entre eux, et leurs regards se croisèrent enfin.

Ce regard... c'était comme un échange muet de pensées et de sentiments, comme si tout autour d'elle s'était effacé.
Finalement, elle détourna les yeux, le cœur lourd mais aussi plein d'une étrange sensation de chaleur et de curiosité.

Avant de quitter le bus, elle se retourna une dernière fois. Elle chercha son regard, elle voulait capter l'image de cet homme mystérieux, mais celui-ci semblait déjà perdu dans ses pensées, comme si leur échange n'avait pas eu la même importance pour lui. Peut-être était-ce le cas, ou peut-être qu'il était simplement trop plongé dans son monde intérieur pour la voir vraiment.

Elle descendit du bus, le cœur lourd mais aussi plein d'une étrange sensation, une sensation qu'elle n'avait jamais ressentie avant. C'était comme si quelque chose venait de changer en elle, comme si elle avait rencontré quelqu'un qui laisserait une marque indélébile dans sa vie.

Ce jour-là, Sultanah ne pouvait s'empêcher de penser à cet homme, ce Mame Cheikh. Qui était-il réellement ? Pourquoi portait-il un masque ? Et surtout, pourquoi sentait-elle que leur rencontre n'était que le début d'une histoire encore plus grande ?

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OUF Voilà Guys c'est le premier chapitre. C'est TROP LONG JE SAIS MAIS trop NEKH. Laissez vos impressions😊

Derrière le masque, l'amour Stories to obsess over. Discover now