Prologue

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Avez-vous déjà rêvé de Monstres qui serait sous les lattes de vos lits quand le sommeil s’empare de vous ? De fées qui collectent vos dents quand vous êtes enfants ? De dragons cracheurs de feu ? De loups garous qui hurlent les soirs de pleine lune ou encore de lutins qui volent vos chaussettes sans que vous ne vous en rendiez compte ? Toutes les légendes qu’on nous racontent quand nous sommes enfants. Si vous pensiez que tout cela était un amas de balivernes de vos parents ,du même genre que le père noël, qui par ailleurs existe bel et bien ,détrompez-vous ! Ces créatures ont toujours existé et elles vivaient en parfaite harmonie avec l’Homme avant qu’un événement tragique ne bouscule cet équilibre d’antan… Et il est temps de raconter leur histoire… :
         Il neigeait ce jour-là à Brainshire, la vie suivait son cours. Les paysans s’activaient pour rentrer leur bois tandis que les fées se préparaient à faire la récolte du jour auprès des enfants endormis. Du côté des centaures :  la course était de mise dans la forêt voisine et les dragons rentraient dans leurs grottes afin de débuter leur hibernation. Les loups hurlaient sur les falaises faisant part de leur mécontentement face à la neige et les nains, quant à eux, revenaient des mines, fiers d’avoir trouvé quelques pierres précieuses… Au village, les petites maisons colorées blanchissaient peu à peu bien que, par transparence, les couleurs prononcées persistaient. Les arbres qui avaient pris une teinte rosée avec le début de l'hiver étaient devenus pâles et les habitations des lutins qui étaient construites sur les branches, étaient protégées par un sortilège. Le palais royal était recouvert de cette poudre blanche glacée ce qui rendait le tout encore plus appréciable pour l’œil. Les lierres qui entouraient habituellement les tours étaient à peine visibles et les fleurs étaient recouvertes en surface d’une fine couche de glace. La portail principale était encadrés par des violettes en fleurs et en ce jour, le château se préparait à accueillir des invités venus des quatre coins de Brainshire.
      Nous étions le 4 décembre de l’année des licornes au Royaume, à l’aube de celle des centaures. Le système de calcul d’année était apparu quelques décennies auparavant, alors que Adrien Michael Van Grâce, le roi actuel de Brainshire n’était qu’une idée dans la tête de ses parents. Il consistait à donner le nom d’une créature à chaque année afin de pouvoir se repérer de façon plus claire que la multitude de chiffres qu'avaient adopté les Hommes. A cette époque, c’était au tour du roi d’accueillir un enfant au palais d’Azur. La reine qui avait annoncé sa grossesse quelques mois plus tôt, venait de donner la vie à une merveilleuse petite fille. Tout le monde était convié à un grand bal en l’honneur de sa naissance. C’était un merveilleux petit d’ange, elle avait de fins cheveux bruns, qui bouclaient déjà sur sa tête, les oreilles pointues de son père, les yeux verts de sa mère ainsi que son nez aquilin . Cet enfant respirait déjà la joie de vivre alors qu’elle avait quelques jours à peine, mais ce bonheur allait se révéler éphémère.
         Tapis dans l’ombre, loin du regard du monde, Luc Limeray, un hybride mi lion mi humain préparait ce que l’on appelle un coup d’état contre le roi. Il vouait une haine profonde à la famille royale, dû à la ‘’race’’ de la reine, Rose Van Grâce. Il ne supportait pas l’idée que des humains puissent vivre bien gentiment au milieu de créatures mythiques. Pour lui, les hommes ne méritaient pas ce privilège. Lorsqu’il avait appris la grossesse de Rose, sa haine qui lui était déjà obsessionnel, se mua en quelque chose d’encore plus fort : La soif de pouvoir.
        Dans l’immense bâtisse, le roi, Adrien enlaçait sa femme qui avait des marques de fatigue visible sur le visage dû à l’accouchement, mais qui rayonnait toujours autant. Ces cheveux roux, qui étaient attachés en un chignon avec quelques mèches rebelles qui refusait de se soumettre à la coupe, sa robe blanche aux épaules dénudés et son sourire communicatif rappelait à son mari la première fois qu’il l’avait vue, au beau milieu d’un champs de coquAerincot.
La légende raconte que Rose est la première humaine ayant réussi à entrer à Brainshire et qu’au premier regard Adrien en est tombé amoureux. Dès que ses yeux se sont posés sur elle, il sut qu’elle était la femme de sa vie. Il avait alors à peine 20ans et il ne s’était pas trompé du haut de sa vingtaine d'années, Rose ne l’avais jamais quitté et ils allaient fêter leurs 15 ans de mariage. Un lutin bien curieux vint questionner le couple :
-           Pardonnez-moi vôtre majesté, mais… comment s’appelle cette petite ? To…t…tout le royaume ce le demande. affirma-il en regardant ces pieds, le roi exercé sur lui une certaine admiration qui le terrifiait

-          Bien, dites leur qu’elle s’appelle Aerin Maria Thaïs Van Grâce, mais vous pouvez l’appeler Aerin ou encore princesse Van Grâce. Dit l’homme taquin, essayant de rassurer l’elfe.

-          B…Bi…Bien, c…c’est un magnifique prénom vôtre Altesse, dé…désolé de vous avoir dé…dérangez. »


      Le lutin ne savait pas comment réagir à la façon familière qu’avait l’homme de lui parler, il s’imaginait que le roi allait le repousser mais ce fut tout le contraire, il lui avait répondu avec gentillesse et humour. Les paroles du chef n’avaient pas eu l’effet escompté, le lutin se mit à paniquer. Adrien reprit donc :
-          Calmez-vous mon brave, tout va bien. Insista-t-il en lui tapotant délicatement l’épaule d’un geste amical.

-          Je…Je… Le lutin n’aura jamais le temps de répondre au roi. »
         C’est ce moment que Luc choisit pour rentrer avec une armada de gardes, tous plus menaçant les uns que les autres. Les habitants se figèrent net, ne sachant pas ce qu’il se passait, attendant que l’imposante créature explique sa venue. Dans un vacarme assourdissant, les gardes avaient commencé à séparer les humains des autres races. 
-          J’ai le regret de vous dire vôtre Majesté, que les humains ici présents ainsi que tous ceux qui ne le sont pas vont être soumis, en ce jour, à une peine d’expulsion irrévocable. Ces immondes créatures ont essayé sans vergogne de briser l’enchantement qui permet à Brainshire de n’être visible par les esprits malveillants qui peuple le monde des humains ! J’estime donc mon geste justifié et je ne vois pas d’autres solutions que …l'exilé. Annonça t il en marquant un temps d’arrêt avant la sentence

-          Je suis sur Luc qu’il y a une autre solution. Dit le roi solennel, regardant sa femme, l’air désemparé.

-          Non, je suis aux regrets de vous dire que Non ! et en tant que conseiller du roi, je désire fortement l’application de cette loi ; ici et maintenant ! Aucuns refus de votre part ne sera toléré … peut m’importe la race de la créature qui vous sert de femme ! Cela ne doit pas être personnel ! mais purement politique !  Affirma le monstre en regardant les humains de haut comme s’il leur était supérieur.
  Avant même que le roi ne donne son avis, l’hybride se remit à parler de façon ferme et menaçante.
- Tous les humains présents ici vont être escortés jusqu’à la sortie, sans aucune exception, pas même pour vous Madame la Reine, votre race devrait répugner tous les gens présents ici ! Reprit – il sans mesurer la violence de ces propos.
-          Bon dieu Luc, comment osez-vous traiter votre reine de la sorte ! Savez-vous ce que vous dites ?
Le roi tentait d’apaiser les tensions présentes au sein de son palais… en vain.
-          Ce n’est qu’une simple créature mariée à un incapable, dénoué de prendre la moindre décision ! Dans l’incapacité de s’affirmer et qui ose encore demander le statut de roi ! Si vous refusez de prendre cette initiative, je la prends à votre place ! Pour le bien de notre peuple et pour la survie de Brainshire !
             Adrien était perdu entre la justice et son amour pour Rose. Mais malgré lui et ses efforts pour la sauver, Rose fut arrachée de ses bras et menottée de force. Elle était réduite au silence, prête, comme tous les autres, à se faire expulser de chez elle. La façon de faire était d’une cruauté sans égale mais si la loi le voulait ainsi… Personne ne se plaignait  de la décision de Luc par simple peur de le mettre en colère. Nul ne sait ce qu’il ferait s’il était énervé : un séjour mortel au cachot ou bien pire que cela… Pendant ce temps, au village, d’autres sbires de Luc se chargeaient de récolter les quelques humains qui n’avaient pas pris la peine d’assister à la cérémonie. Ils entraient dans toutes les maisons ,récoltaient la moindre personne qui montraient des signes de non-magie. Les oreilles rondes, le crâne dépourvu de cornes, pas de queue, pas de pieds palmés : tous ceux qui n'avaient rien pour eux que leurs corps sans artifice.
En un temps record, tous les humains de Brainshire représentant environ le tiers de la population étaient menottés et placés devant le portail, restant silencieux par peur des retombées mais sur le point de se faire bannir à jamais de la ville. De l’intérieur le portail était immense, sertie d’un diamant qui contenait le sortilège de protection et recouvert de lierre. Taillée dans du granite rose, la bâtisse était impressionnante et mesurait la taille d’un géant en exagérant à peine. Tandis que de l’autre côté, le portail était un simple amas de lianes qui formait une sorte de rideau, rien de très caché mais en réalité bien plus complexe que vous ne l’imaginez. Le rideau de lianes est ensorcelé et ne laisse passer que les humains ou animaux qui sont pur et sans signe de vices, l’ orgueil, l’hypocrisie ou autres immondices dans ce genre. Nul ne peut égaler la puissance de ce sortilège pour choisir les hommes qui mérite l’hospitalité de la cité des merveilles.
À l’aube du 18 octobre de l’année de création, Napoléon Van Grace a prononcé ces mots :
« Ut hoc carmine tueri civitatem a malitia »
        Si je devais traduire le latin, de façon assez approximative ça donnerait sûrement quelque chose comme cela
« Que ce sort protège la ville de la malveillance ».
        Par la suite, chaque 18 octobre, le chef de village doit se rendre sur place et prononcer ces mêmes mots pour protéger la ville de la menace extérieure.
       Devant ce même portail, une scène des plus atroces était sur le point de se produire, plusieurs centaines d’humains, menottés, étaient postés devant l’immense porte en granite rose. Les gens criaient de tous leurs poumons tandis que les humains restaient silencieux, honteux…Les créatures présentent acclamait Luc Limeray de à pleine voix,  dénigrant   les « autres » en hurlant à tout vas des horreurs sans faire preuve, pas une seule fois, d’une quelconque empathie. Le roi dans un dernier élan d’amour embrassait sa femme, avec passion et fougue… Il ne pouvait rien faire sinon il perdrait la confiance de ses habitants mais il le jurait au nom de l’amour : il trouverait un moyen de la ramener à ses côtés. Il ne pouvait pas vivre sans elle… Que serait sa vie sans son amour ? Arriverait-il à élever Aerin ? Il aimerait tellement pouvoir la garder avec lui… Il était en plein dilemme entre l’amour et la confiance de son peuple, mais plus il réfléchissait, plus il penchait du côté de l’amour… Au diable le peuple ! c’est cette femme qu’il aime et sa race n’avait pas d’importance, l’amour est plus fort que n’importe quelle loi. Il chuchota :
-          Je la choisi Elle, je te choisis Rose...
Mais au moment où il prononçait ces mots, avant même qu’il ne puisse réagir, Luc attrapa Rose de toutes ces forces par le bras puis la jeta avec Violence et haine de l’autre côté du portail. Un cri d’Adrien se fit entendre mais bientôt étouffé par un ordre affreux de Luc :
-          Sortez-moi cette vermine d’ici et exterminez tous ceux qui résisteront ! Ils doivent disparaître de quelque façon que ce soit ! N’hésitez pas à user de violence ! Au nom de Brainshire !
C’est un terrible spectacle qui se joua ce soir-là devant les habitants de Brainshire, un nombre astronomique d’humains furent exécutés et il y avait eu de nombreuses créatures ayant hérité du même sort. Des milliers d’Hommes se sont vus chassés de chez eux. La population avait observé le spectacle sans rechigner en grande majorité, tant la présence de Luc était pétrifiante. En un temps record, tous les humains avaient été bannis de la cité des merveilles. Ce fut le début d’une véritable guerre, non pas entre humains et mythes comme au commencement, ce qui avait entraîné la création de cette cité, mais au sein même de Brainshire.

Brainshire Stories to obsess over. Discover now