Chapitre 1 : Mon diner en amoureux

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Avec une précision impeccable, le serveur du prestigieux restaurant Étoile Palace présente les desserts à Alex et à moi. Le dîner a été exceptionnel, à la hauteur de la réputation de l'établissement. Ce n'est pas notre première visite ici ; nous sommes presque des habitués, profitant toujours de notre table habituelle près des œuvres d'art. Vous vous interrogez peut-être sur le coût d'un repas dans ce lieu. Je vais être franc : c'est onéreux. Toutefois, avec des carrières en gestion de fonds et en médecine, Alex et moi considérons ce luxe, prohibitif pour d'autres, comme notre rituel du samedi soir.

Je suis Victoire Viguier, ou Docteure Victoire, comme Alex aime m'appeler avec une pointe d'ironie. Du haut de ma trentaine, je mets de côté son côté taquin et ressent de la fierté chaque fois qu'il utilise ce surnom. Car j'ai gagné ma position de médecin-chef de service, responsable de l'organisation et du fonctionnement médical dans le plus grand hôpital de la ville, grâce à mon intelligence, mon travail acharné et ma détermination. Il fut un temps où l'idée d'une femme dans ce rôle était impensable, mais j'y ai toujours cru. Être professionnelle et gagner le respect des autres est pour moi une seconde nature.

Imaginez-moi assise dans cette vaste salle éclatante, éclairée par des lustres étincelants, entourée de l'élite de la ville. La nappe immaculée frôle légèrement le bas de ma cuisse dénudée. Ce soir, j'ai choisi une mini-jupe. Pour Alex. Pour me sentir sublime. Il est vrai que la nature m'a favorisée, bien que je sois plutôt petite, mesurant un mètre cinquante-cinq, mais je porte ma taille avec assurance. Lorsque je fronce mes sourcils, légèrement arqués en S, cela me donne une allure de guerrière. On m'a souvent comparée à l'actrice Margot Robbie, bien que je sois un peu plus petite. Toutefois, les dix centimètres qui me manquent en taille, je les compense largement en QI. Après tout, elle est une figure de film hollywoodien, tandis que moi, je suis une véritable scientifique accomplie qui sauve des vies au quotidien.

Vous avez sans doute remarqué que la modestie n'est pas mon point fort. J'ai toujours cru que lorsque l'on connaît sa propre valeur, il faut l'affirmer. Et je me considère bien au-delà de ces femmes que je perçois comme naïves ou faibles, se contentant de tâches superficielles. J'encourage chacun à se dépasser, non pas pour séduire, mais pour être respecté et non vu comme un simple objet de désir. Excusez mon franc-parler ; certains pourraient penser que je me place sur un piédestal. Mais loin de là l'idée de me prétendre une déesse intouchée. Le sexe est, en fait, l'un de mes passe-temps favoris, exclusivement avec mon partenaire, bien sûr. Et à ce sujet, j'ai trouvé l'homme idéal : cultivé, bien établi, et pour ne rien gâcher, très coquin. Nos jeux érotiques n'ont cessé de s'intensifier depuis notre rencontre il y a deux ans.

Ah, Alex, mon futur mari, si tout se passe comme prévu. Mais qui est donc cet Alex ? Eh bien, si tu es un homme, cela pourrait ne pas t'intéresser autant, mais si tu es une femme, laisse-moi te dire qu'il n'est pas seul dans son genre. Il a le même âge que moi, un corps long et athlétique, et un sourire ravageur digne de Pierce Brosnan. Nous nous sommes rencontrés il y a deux ans au Valexior, ce bar chic du quartier des affaires. C'est le rendez-vous des étudiants d'écoles de commerce et des employés des plus grandes sociétés financières de la ville. Ils y passent leurs soirées à boire, flirter et parler affaires. On dit que c'est là que naissent les transactions les plus lucratives.

Ni moi ni Alexandre Verniaud n'avons cherché à attirer l'attention de l'autre en premier. Imaginez plutôt : c'est en me joignant à une sortie organisée par ma cousine Mélanie que nous nous sommes rencontrés. Mélanie travaille avec lui chez Kaizer & Kramer, si ma mémoire est bonne, mais cela importe peu. Ce qui compte vraiment, c'est que le courant est passé entre nous dès le début. Je ne sais pas si je devrais le dire, mais pour faire court, nous avons fini la soirée ensemble. J'ai tout de suite su qu'il était le bon, et je pense que c'était réciproque. Sinon, pourquoi cela durerait-il depuis deux ans ? Et surtout, il y a deux ans, nous avons franchi une grande étape : nous avons emménagé ensemble dans un grand appartement situé au vingtième étage de l'une des tours les plus prestigieuses du quartier chic de la ville. Je ne vous parle même pas de la vue.

Je plonge ma cuillère dans ma coupe de fruits et le regarde avec scepticisme. Lui, malicieux, me sourit en partageant une de ses profiteroles. Le petit chou laisse échapper sa crème pâtissière et sa sauce chocolatée dans l'assiette. Je fronce les sourcils, légèrement contrariée. Il sait que je désapprouve qu'il mange quelque chose de si sucré et gras après un repas copieux. Il aurait pu opter pour une salade de fruits comme moi, surtout après tout ce qu'on a déjà mangé. Le cholestérol est un tueur silencieux, et je lui ai déjà fait la leçon. Même s'il possède un métabolisme qui lui permet de tout manger sans prendre un gramme, ses artères en pâtissent tout de même. Parole de médecin cheffe. Pourquoi les hommes n'écoutent-ils jamais ? Et moi, en particulier, je ne suis pas Docteur Victoire pour rien. Un peu de respect, tout de même. Il ouvre la bouche, tel un enfant pris la main dans le sac, avec les doigts encore couverts du gâteau interdit par sa maman.

- Désolé, j'ai pas pu résister, me dit-il avait une petite moue charmeuse.

- Mais oui, mon cher et tendre avec besoin de sa petite sucrerie. Bon, laisse tomber, je suis pas d'humeur à te faire la morale et après t'entendre dire que j'ai une déformation professionnelle.

Il m'envoie un bisou soufflé accompagné d'un clin d'œil et enfourne la crème pâtissière dans sa grande bouche, celle d'un enfant gâté.

- Dis donc, Vicky. Tu me dois quelque chose, je crois.

- Et quoi donc, réponds-je du tac au tac avec un regard de défiance.

- Ben tu as perdu ton pari. Tu sais, la soirée des dix-huit ans du voisin du dessus.

Mais non, pas lui. Kylian, le fils de la voisine du dessus. Un vrai petit diable qui vit dans cet immeuble de haut standing grâce à sa mère, qui, n'ayant jamais rien accompli de sa vie, a hérité de la fortune de son riche mari défunt. Ce jeune homme, sans diplôme ni emploi, se complaît dans des comportements de petit délinquant et, pire encore, ramène souvent ses amis douteux de la cité voisine dans notre immeuble. Je fixe Alex, feignant l'incompréhension. Il continue.

- N'oublie pas que je suis un homme d'affaires et que faire des paris c'est mon quotidien à moi. Alors quand j'en gagne un, je n'oublie jamais de réclamer mon dû.

Pfff, je vois ce qu'il insinue. Il avait parié que je ne résisterais pas à la tentation d'aller sonner chez la voisine du dessus pour me plaindre du bruit que faisait son fils et ses amis pendant leur fête d'anniversaire. Je lui avais promis que ça m'était égal. Et bien sûr, au bout de deux heures, je n'ai pas pu résister à l'envie de leur demander de baisser cette musique infernale.

- Donc, tu me dois deux gages ma belle et douce Docteure Victoire.

Hein, qu'est-ce qu'il raconte ? Pourquoi deux gages ? Voyant mon air sceptique, il réalise que je viens de bloquer sur les « deux gages ».

- Ben, oui. Je te rappelle aussi que tu es monté deux fois pour te plaindre... en moins d'une heure.

Oh, le con. Bon, j'avoue, c'est vrai. Ces petits merdeux n'avaient pas vraiment baissé leur son la première fois, alors je suis monté une deuxième.

- Et alors ? Qu'est-ce que je dois faire pour toi, Monsieur l'homme d'affaires ?

Je pressens déjà que ça va être quelque chose de coquin. En réalité, ça ne me dérange pas. Après cette soirée et les verres d'alcool que nous avons enchaînés, je suis déjà un peu éméchée. Ce qui, chez moi, et il le sait très bien, se traduit par une envie de passer aux choses sérieuses.

***

À suivre...

Teaser chapitre 2 : Un simple jeu de gages tourne au défi sensuel pour Victoire, qui jongle entre malice et discrétion face aux exigences d'Alex. Alors qu'elle pense garder le contrôle de la situation, chaque nouveau gage teste ses limites... jusqu'où est-elle prête à aller ?

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La belle docteure Victoire baisée par des racaillesStories to obsess over. Discover now