"Il faut que tu écrives ce que tu ressens"
Comment se remettre à l'écriture quand les pensées ne veulent même pas s'écrire dans ma tête.
J'ai peur de rendre effrayant une si jolie manière de s'exprimer. Je n'écris plus par flemme, par désintérêt. Je n'écris plus par manque d'espoir.
A quoi bon coucher mes sentiments sur du papier si ils ne brûlent pas avec lorsque j'allumerais le briquet.
Et si tout ça n'était pas temporaire. Si c'était à vie.
Peut on seulement vivre ? Juste vivre.
Je ne sais même plus en quoi cela consiste.
Je suis en survie, tout les jours. Est ce que c'est une vie ?
J'aimerais avoir moins d'espoir. L'espoir m'empêche de souffrir pleinement. Et je mériterais de souffrir pleinement.
Je n'ai pas le droit à l'erreur mais j'en ai déjà commis trop.
Si il y a un jugement dernier il est maintenant. Je suis accusée, coupable, emprisonnée.
Je suis juge, victime et avocat. Je ne suis plus vraiment.
Peut on cesser d'être. Peut être juste un instant. Juste pour voir. Pour ressentir. Ou ne plus ressentir ?
Je suis addict à ma souffrance, je prends du plaisir, j'en ai des fantasmes, j'en rêve.
Tout ces choses dans ma tête mais un vide indescriptible.
On pourrait croire que je suis forte, car je ne vais jamais au bout. Mais si vous saviez comme j'en ai envie.
Je crois que la peur est trop grande et je ne suis surement pas capable d'aller au bout des choses.
Je crois que je ne mérite même pas de souffrir comme cela, ça voudrait dire être légitime.
Je ne mérite même pas de réfléchir, de ressentir.
Je m'efforce à ne plus comprendre. J'avale la pilule. Je crains systématiquement l'overdose.
Puis je me rappelle que tout est dans ma tête.
Tout est dans ma tête.
Et c'est terrible.
