Chapitre 1 : Le Mystère de l'Antiquaire

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Le petit appartement de Clara débordait d'histoires. Les étagères, surchargées de livres d'histoire aux reliures défraîchies, semblaient prêtes à céder sous le poids des siècles qu'elles abritaient. Un vieux globe terrestre trônait près de la fenêtre, marqué de pays qui n'existaient plus. Des papiers griffonnés étaient éparpillés sur une table où reposait une tasse de thé refroidi. L'air sentait le papier jauni, un parfum réconfortant pour Clara, qui trouvait dans ces reliques du passé une échappatoire à la monotonie du présent.

Elle feuilletait un épais volume consacré aux civilisations disparues, ses doigts glissant sur les pages usées. Sa concentration était totale, comme si chaque ligne renfermait un secret vital. La lumière du matin, tamisée par des rideaux beige pâle, illuminait son visage marqué par des nuits trop courtes et des journées de travail trop longues.

Dans le salon adjacent, Lucas était affalé sur le canapé, son téléphone à la main. L'adolescent ne prêtait qu'une attention distraite à sa mère, habitué à la voir plongée dans ses livres. Pour lui, l'histoire était un monde lointain, déconnecté de sa réalité. Ce décalage entre eux creusait un fossé qu'il ne savait pas comment franchir.

« Lucas, tu viens avec moi aujourd'hui ? » demanda Clara sans lever les yeux de son livre.

Lucas leva un sourcil, surpris. « Où ça ? »

« Chez René, au vieux quartier. Il a une boutique d'antiquités, tu sais bien. Je veux jeter un œil à un objet que j'ai repéré l'autre jour. »

Lucas soupira. Il n'avait pas spécialement envie de passer une matinée dans un magasin poussiéreux, mais il n'avait rien de mieux à faire. « Ok, mais tu promets qu'on ne reste pas trop longtemps ? »

Clara sourit légèrement. « Promis. »

La pluie fine tombait en continu, rendant l'air humide et glacé. Les rues pavées du vieux quartier étaient désertes, leurs contours floutés par la brume matinale. Les façades des bâtiments, noircies par le temps, évoquaient des cartes postales oubliées.

Clara marchait rapidement, son parapluie rouge vibrant dans ce décor austère. Lucas la suivait à contrecœur, les mains enfouies dans les poches de son sweat. Il trébucha sur un pavé mal ajusté et pesta entre ses dents, se demandant ce qui fascinait tant sa mère dans ce genre d'endroits.

Ils s'arrêtèrent devant une boutique à l'enseigne vieillie : "Au Temps Retrouvé". La vitrine débordait d'objets hétéroclites : horloges, montres de poche, statuettes et livres reliés en cuir.

Clara ouvrit la porte, et une clochette tinta doucement.

À l'intérieur, l'air était lourd et sentait le vieux bois. Des piles d'objets semblaient prêtes à s'effondrer : horloges murales silencieuses, instruments de musique anciens, et artefacts dont Lucas ne pouvait deviner l'utilité. Une lumière tamisée, projetée par des ampoules dénudées, créait des ombres inquiétantes sur les murs.

Clara se dirigea directement vers René, le propriétaire, un vieil homme au visage buriné, tandis que Lucas errait parmi les étagères.

L'adolescent traînait les pieds, observant d'un œil distrait des objets dont il ignorait l'histoire : un casque rouillé, un vieux microscope, des bouteilles d'encre vides. Il s'arrêta finalement devant une étagère mal éclairée, où un objet attira son attention.

Une petite boîte en bois, sculptée avec soin, reposait à l'écart des autres articles. Lucas tendit la main, intrigué, et la prit délicatement.

La boîte était légère, presque trop légère, comme si elle ne contenait rien. Mais ce qui le fascinait, c'était les motifs gravés sur sa surface. Des arabesques entrelacées formaient un motif hypnotique, et, quand il tourna légèrement la boîte, il crut voir les gravures bouger, comme si elles dansaient.

Chroniques des oubliés.Stories to obsess over. Discover now