LES GRELLES DE CONACRY.

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La chaleur étouffante de Conakry m'enveloppait dès que je suis descendue du taxi. Le soleil tapait fort, et l'air était chargé d'une humidité lourde que je n'avais jamais connue à Mamou. Je resserrai mon sac autour de moi, essayant de calmer les battements rapides de mon cœur. J'étais enfin là, dans la grande ville, prête à vivre un été que j'espérais inoubliable.

Autour de moi, les rues bouillonnaient de vie : des vendeurs ambulants criaient pour attirer les clients, des taxis klaxonnaient en zigzaguant entre les piétons, et une multitude d'odeurs se mêlaient, du poisson grillé aux épices piquantes. C'était bruyant, chaotique, mais étrangement excitant.
Alors que je cherchais des yeux l'immeuble où vivait ma sœur Kadja, une voix familière s'éleva derrière moi.

"Asma ! Hé, petite citrouille, par ici !"

Je me retournai et reconnus Zilho , le meilleur ami de Kadja depuis toujours. Grand et solide, il portait son uniforme de soldat avec fierté, sa casquette légèrement inclinée sur le côté. Son sourire chaleureux me mit immédiatement à l'aise.

"Zilho ! Je suis tellement contente de te voir !" dis-je en lui serrant la main avant qu'il ne me tire dans une étreinte amicale.

"Regarde-toi, tu as bien grandi depuis la dernière fois ! Les garçons se font la queue maintenant hein!"

Je rougis gênée par sa remarque, c'est vrai que la dernière fois qu'on s'est revu j'avais 8ans.

Comment était le voyage ? Pas trop fatiguant ?" demanda-t-il en prenant ma valise.

"C'était long, mais ça en valait la peine. Je suis si heureuse d'être ici."

Il hocha la tête en me guidant vers l'immeuble.

"Kadja est encore au travail, mais elle ne devrait pas tarder. En attendant, viens, on va s'installer à l'intérieur. Tu dois avoir soif."

Nous montâmes les escaliers étroits jusqu'au deuxième étage.
L'appartement de Kadja était petit mais accueillant. Les murs étaient peints d'un bleu doux, décorés de quelques photos de famille et de paysages de Mamou. Une brise légère entrait par la fenêtre ouverte, apportant avec elle les sons lointains de la ville.

"Assieds-toi, je vais te chercher de l'eau fraîche," proposa Zilho en déposant ma valise près du canapé. Je m'assis, laissant mon regard errer autour de la pièce. Une petite télévision reposait sur une table en bois, et des coussins colorés étaient éparpillés sur les fauteuils. C'était simple, mais on sentait la touche soignée de Kadja.

Zilho revint avec un verre d'eau et une assiette de bantous, ces délicieuses boulettes de viande épicées que j'adorais tant.

"Tiens, régale-toi. Tu dois avoir faim après ce long trajet.

"Mes yeux s'illuminèrent en voyant la nourriture.

"Merci beaucoup, Zilho. Tu penses toujours à tout." Il s'assit en face de moi, me regardant déguster les bantous avec appétit.

"Alors, raconte-moi. Comment ça se passe à Mamou ? Et le lycée? J'ai entendu dire que tu as passé ton examen d'entrée en Terminale."

"Je souris fièrement. "Oui, je l'ai eu! C'était difficile, mais tous mes efforts ont payé."

"Félicitations, Asma ! Je savais que tu réussirais. Tu as toujours été la plus intelligente de la famille," dit-il en riant. Je rougis légèrement.

"Merci. Maman était tellement heureuse. Elle a même organisé une petite fête à la maison."

"Et ton père, Amadou ? Il doit être fier aussi."

Mon sourire s'estompa un peu. "Papa... il était content, je pense. Mais tu le connais, il ne montre pas beaucoup ses émotions. Il est toujours aussi strict. D'ailleurs, Maman a dû recommencer à vendre de l'attiéké au marché de Pepekale parce qu'il ne lui donne plus assez d'argent."
Le visage de Zilho s'assombrit.

UNTIL LIFE DO US APART Where stories live. Discover now