Première séance.

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Comme me l'avait ordonné Maître, je suis partie enfiler une tenue qu'Il avait préalablement choisi et prendre mon collier avant de retourner dans le salon. Je me suis agenouillée, tenant encore le collier entre mes mains et attendant sagement, la tête baissée. Il était en train de se préparer un café dans la cuisine, je pouvais le voir dans le reflet de la baie vitrée. Je commençais à avoir des fourmis dans les jambes et les pieds mais je devais être patiente, chose qui m'était très difficile de faire. Au bout d'un moment, qui me sembla avoir duré une éternité, Maître arriva enfin. J'entendis le bruit de la tasse sur la table, puis une main se posa sur ma nuque, provoquant des frissons le long de mes bras. Il me caressa doucement la nuque puis le cou, m'embrassa et vint se placer devant moi. J'avais encore la tête baissée lorsqu'Il me prit le collier des mains et, lorsqu'Il me le mit autour du cou, un sentiment de plénitude m'envahit. Durant quelques instants, Maître resta là à m'observer. J'étais si heureuse d'être à Ses pieds, de Lui offrir ce que j'avais de plus précieux, cette totale dévotion que jamais auparavant je n'avais offert à quiconque. À ce moment là, je savais, Il aurai pu me faire tout ce dont Il avait envie, même les choses les plus folles, sans que je ne dise quoi que ce soit. J'étais déterminée à Lui montrer l'étendue de ma confiance , à Lui offrir l'entièreté de mon corps et de mon âme et surtout, je voulais qu'Il sache que j'étais sienne à jamais. 

Maître me prit par le menton, m'embrassa délicatement et accrocha ma magnifique laisse en cuir sur le petit anneau qui ornait mon collier. Dans Ses yeux je pouvais lire un mélange de fierté et de satisfaction, j'étais comblée et je crois que Lui aussi. Il se dirigea sur le lit où, plus tôt, j'avais disposé des accessoires qu'Il m'avait envoyé chercher. Je ne voyais pas ce qu'Il avait pris, n'osant pas bouger ni même parler. J'attendais, sagement.

Sa main se posa sur mon cou et quelque chose roula sur ma peau, c'était à la fois douloureux et agréable, et je pu deviner à la sensation qu'il s'agissait de la roulette à picots. Je ne saurai décrire réellement le ressenti, le métal était froid et les pics pointus, je les sentais s'enfoncer dans ma peau, c'était comme si une lame peu aiguisée m'effleurait. Il passa sur mes épaules pour descendre le long de mes bras, puis mes cuisses, remonta sur le ventre et passa sur mes seins. La roulette laissait de petites marques rouges sur son passage, qui sublimaient mon corps. Maître semblait concentré et sûr de Lui, j'avais l'impression qu'Il passait la roulette comme on caresse quelqu'un, comme pour redécouvrir mon corps. Il n'y avait aucun autre son que celui de la musique en fond, aucun de nous ne disait quoi que ce soit, chacun concentré sur l'instant présent.

Il s'arrêta, reposa la roulette sur le lit puis vint se placer devant moi, Il prit ma laisse entre les mains et tira dessus tout en m'ordonnant de me placer à quatre pattes. Moi qui, d'ordinaire, trouvais toujours quelque chose d'insolant à dire, j'étais devenue muette, incapable de faire autre chose qu'obeir. Parfois on pouvait m'entendre chuchoter "Oui Maître" mais aucun autre mot ne sortait de ma bouche. Une fois mise en position, Il retourna sur le lit afin de choisir un nouvel accessoire. Encore une fois, je n'arrivais pas à savoir ce qu'il prenait et n'osais pas me retourner ni demander. 

Enfin, je sentis des lanières de cuir parcourir mon dos, descendre sur mes fesses, glisser le long de mes bras. J'en avais des frissons, chaque sensation était comme décuplée, comme si d'un coup ma peau était devenue hypersensible. Les yeux fermés, je profitais de la douceur de ce moment. J'étais concentrée sur chacune des lanières sur martinet lorsque Maître s'arrêta de me caresser avec, je n'eût qu'un instant pour comprendre avant que le premier coup ne tombe. Cinglant, douloureux, pile sur le haut de mon dos où, une seconde plus tôt, il m'effleurait doucement. Un deuxième me fouetta plus bas dans le dos, puis un troisième.
La douleur envahissait mon corps, ma peau semblait s'être réchauffée en quelques instants. Désormais tout mon esprit était concentré sur cette souffrance, plus aucun tracas, aucune angoisse ni pensée sombre n'y avait sa place. Je ne sais combien de fois le martinet à fouetté ma peau, mais à chaque coup un petit cri s'échappait de ma bouche sans que je ne puisse le contrôler. Pourtant, malgré la douleur, je restais là, docilement , sans bouger d'un poil. J'étais comme paralysée, non pas par la peur ni la douleur, mais par cette envie de montrer à Maître combien je Lui étais reconnaissante pour ce savoureux supplice, combien j'avais envie de voir ancrés dans ma peau chaque coup qu'Il m'assenait. Parce qu'au-delà de la douleur, au-delà de l'excitation, et même au-delà de la dévotion, toute cette violence que j'aimais m'infliger était tout d'abord mon remède, mon exutoire, ma thérapie. 

Douleurs exquisesWhere stories live. Discover now