Une lettre, une putain de lettre envoyée deux ans après son décès. Deux longues années. Maman, pourquoi avoir attendu tout ce temps ?
Perdue dans mes pensées je ne vois pas le cou venir, la droite magistrale que je prends en plein visage me décontenance quelques instants. Demain c'est sur j'aurai un oeil au beurre noir. Pas le temps de t'apitoyer sur ton sort Athena, le mec en fasse de toi veut clairement ta mort. L'abruti me fonce dessus tel un bulldozer. Deux choix s'offrent à moi, la numéro 1, rester et mourir écrasée sous le poids de cette armoire à glace. Numéro 2, trouver une solution et vite. Mon cerveau décide enfin de se remettre en route, constate la barre de traction au-dessus de ma tête, Je ne perds pas une seconde pour m'y accrocher, et me bascule d'avant en arrière afin de prendre de l'élan et lorsque musclore se trouve à moins d'un mètre de moi je me lance pied en avant. Dans le mille Eduardo, parce que oui il a un prénom, tombe en arrière dans un grand vacarme, emmenant avec lui la jolie table basse en verre qui se brise sous l'impacte. Comme soyez en sûr, l'effet de surprise ne durera pas, je profite de l'inattention de mon agresseur pour récupérer l'arme cachée dans son étuis, ceinturé à ma cuisse gauche. Les robes ça a du bon me direz vous, il n'a rien vu venir, pensant sans aucun doute, faire face à une petite fille à papa sans défense. Quand Monsieur muscle comprend ce qui se trame sous son nez, il perd de sa splendeur, son teint autrefois halé est soudain devenu livide. Mon beretta en main, je prends le temps de retirer le cran de sûreté, il ne me faut que quelques secondes pour mettre en joue mon adversaire.
- Une dernière confession peut-être ?
Je jubile, l'adrénaline coule dans mes veines, comme une toxicomane en manque, je savoure chaque sensations.
- Mais t'es qui putain ?
Pourquoi me demande-t-il tous ça ?
- Mauvaise réponse.
Un bruit sourd retentit avant que le corps sans vie d'Eduardo ne s'écroule sans aucune discrétion. En quelques secondes l'hémoglobine a déjà recouvert l'intégralité du magnifique tapis qui recouvre le sol de cette luxueuse chambre d'hôtel dans laquelle nous nous trouvons.
Bon quelques explications s'imposent il me semble. Commençons par le commencement, je m'appelle Athéna, 25 ans, chasseuse de prime à mes heures perdues. Oui oui vous avez bien compris, on me paye pour éliminer des personnes, des cibles, comme je préfère les appeler. Les personnes que je traque n'ont rien d'humain, voleurs, menteurs, infidèles, violeurs, pédophiles et j'en passe. L'ordure qui se vide de son sang n'est autre que Eduardo Da Silva appartenant à la dernière catégorie, ainsi qu'à toutes les autres si vous voulez mon avis. Monsieur n'est autre que le bras droit d'un narco trafiquant, enfin il l'était.
J'attrape mon téléphone, ajuste ma perruque et me prends en photo avec le corps sans vie de mon "rencard", notez l'ironie. Je rédige par la suite un sms.
- Cible éliminée, extraction en cour. ( Je joins la photo)
Une fois mon sms envoyé j'efface mes traces, ajuste ma tenue et prends la direction de la sortie. Je sors de la chambre le plus discrètement possible et me dirige vers les ascenseurs. Les portes automatiques s'ouvrent après ce qui me semble durer une éternité. Quand je pénètre dans l'habitacle exigu, mon regard est immédiatement attiré par le miroir qui me fait face, l'image que me renvoie celui ci n'est pas tout à fait la mienne, je porte une perruque blonde platine, alors que ma chevelure au naturelle et d'un noir de jais, ainsi que de magnifique lentilles de couleur bleu océan. Je n'en reste pas moins des plus séduisantes. Attention ne vous méprenez pas je ne suis pas narcissique loin de là, mais je sais qu'elles sont mes atouts. Mon physique avantageux est une aubaine dans le milieu dans lequel je bosse. Personne n'irait se méfier d'une jeune femme au visage de poupée et à la peau porcelaine. Mon regard quant à lui c'est autre chose, mais assez parlait de moi pour l'heure l'ascenseur amorce sa descente. Actuellement au douzième étage, la cage de métal stoppe sa course, sans doute pour laisser monter de nouveaux passagers. Le regard toujours rivé sur mon reflet, je ne prête aucune attention à la personne qui prend place sur ma droite. Après quelques secondes et la sensation étrange d'être épié, je tourne le visage en direction de l'inconnu. La première chose que je constate c'est sa carrure, une armoire à glace, dans les 1 mètre 90,une centaine de kilo, Hulk n'a qu'à bien se tenir, ce mec n'a rien à lui envier. Quand mon regard rencontre le sien, le temps semble soudain ralentir, je pourrais presque sentir l'air se charger d'électricité. L'homme qui me fait face est d'une beauté surnaturel. Des yeux aussi noir que la nuit, une machoire carrée recouverte d'une légère repousse de poils, un nez droit légèrement abîmé, signe qu'il a déjà été cassé plusieurs fois. Le parfait cliché du mauvais garçon. D'abord décontenancée, je reprends vite mes esprits quand l'avion de chasse me fixe intensément, l'atmosphère devenant soudain pesante. Mais c'est qu'il me mettrait presque mal à l'aise l'enfoiré. N'ayant toujours pas ouvert la bouche, je reprends mon inspection. J'ai devant moi, un parfait représentant de la race humaine, athlétique, tout en muscles et surtout recouvert de tatouages, dans le style bad boy il assure. Le mec parfait pour une baise torride mais que tu ne présenterais surtout pas à tes parents friqués, au repas de famille mensuelle, sous peine de faire mourir ton paternel d'un arrêt cardiaque.
- Ce que tu vois est à ton goût j'espère ?
Ou... mais c'est qu'il parle. Au timbre de sa voix rocailleuse et sèche, j'en déduis qu'il apprécie la fumette. Un mauvais point pour lui, essoufflement assuré pendant la baise.
- Mon coeur va très bien ma jolie, je te montre ça quand tu veux.
Tiens il semblerait que j'ai dit ça tout haut. L'arrogance dont il fait preuve m'épate, j'en ai tué pour moins que ça. Si il savait.
- Si tu veux mon avis chéri, ton arrogance te perdra.
Le gong sonore avertissant de l'ouverture des portes retentit. Une fois à l'extérieur, je ne prête plus attention à lui. L'air frais me fait un bien fou, j'en oublierais presque que j'ai abattu une nouvelle cible il y a moins d'un quart d'heure. Une main sur mon épaule me stoppe dans ma lancée, mon premier réflexe vous vous en doutez et de pratiquer une clef de bras à mon agresseur en quelques secondes le voilà maîtrisé. Qu'elle ne fût pas ma surprise de trouver l'abruti de l'ascenseur ?
- Doucement tigresse, je voulais simplement connaitre ton prénom.
Non mais qu'elle con j'aurais pu le tuer, je le lâche, enfile ma veste en cuir, récupère mes clefs dans ma poche, toujours sans piper mots. Et sous son regard ahuri, je prends la direction de ma Kawasaki garée non loin de là. On ne mélange pas travail et plaisir. Cet homme aussi canon soit-il, je l'ai rencontré sur le lieu d'une mission, impossible de prendre le risque qu'on remonte jusqu'à moi à cause de lui. Je sens son regard brûlant sur mon dos quand j'enfourche ma monture d'acier, même si je sais que je ne devrais pas, je pivote suffisamment pour lui lancer mon plus beau sourire, y' a pas à dire ce mec est beaucoup trop canon, quel dommage. MY life de NF à fond dans les oreilles je prends la direction de mon studio Bordelais loué uniquement pour l'occasion, dès demain 8 heures, mon avion pour New York décolle direction la maison, Chicago me manque et surtout ma meilleure amie me manque. Pour l'heure j'ai besoin d'une bonne douche afin de retirer tout ce maquillage. Et surtout, il va me falloir tout le courage du monde pour enfin réussir à ouvrir cette foutue lettre. Déjà deux semaines que le notaire m'a appelée pour me faire parvenir les dernières volontés de mama, deux semaines que je regarde cette enveloppe scellée et que je n'arrive pas à l'ouvrir. Ce soir il est temps, je prends la décision que dès mon retour au pays, j'ouvre enfin cette lettre.
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Du Sang sur les Mains
RomanceChasseuse de primes aguerrie, dangereuse et insaisissable, je tue les monstres que la justice préfère oublié. Jusqu'au jour où une lettre, envoyée deux ans après la mort de ma mère, vient réduire mon monde à néant. Mon père existe. Et c'est l'un des...
