Ce soir les rues sont calmes, la lune essaie tant bien que mal de nous éclairer à travers les nuages qui lui passent devant. Il y a une légère brise qui s'amuse à faire virevolter mes cheveux. Les seuls sons qui parviennent à mes oreilles sont les battements de mon cœur et ma respiration qui accélère à chaque pas que je fait pour avancer jusqu'à mon destin.
Je ne suis pas une fille qui a le vertige d'habitude mais la hauteur de cet immeuble me fait frissonner. Je m'assoie au bord, les pieds dans le vide. D'ici, les rares voitures que j'aperçois ont la taille de coccinelles, il y en a de toutes les couleurs, des rouges , des vertes , des jaunes.. Quand je relève la tête tout ce que j'aperçois c'est la ville et ses lumières, celles des gens qui ne dorment pas encore à cette heure si tardive.
Je regarde une fenêtre et quand j'y vois une silhouette, je lui invente une histoire, un prénom, un âge , un travail, ... La première fenêtre, avec ses beaux rideaux bleu foncé, c'est Anaëlle. Elle a 24 ans, elle vit toute seule. C'est une fille plutôt solitaire et indépendante. Elle sait qu'elle ne peut compter que sur elle-même. Son travail c'est de s'occuper d'enfants, à la crèche ou à son domicile. Elle fait aussi beaucoup de baby-sitting le weekend. Elle a beaucoup souffert en amour, alors ses seules relations sont celle d'un soir, organisées grâce à une application de rencontre.
L'appartement plus bas, lui, n'a pas de rideaux. On y voit à l'intérieur un salon où un couple regarde paisiblement la télé. Ils ont tout les deux la trentaine, sont ensemble depuis maintenant cinq ans. Monsieur s'appelle Christian et madame Mylène, lui travaille dans les ressources humaines et elle, elle est avocate. Ils ont un petit garçon de trois ans qu'ils ont nommé Louis. Christian a pour projet de demander la main de Mylène très prochainement, mais ça elle ne le sait pas encore.
La dernière fenêtre, c'est une adolescente un peu populaire de seize ans. Julie, accro aux réseaux sociaux, encore naïve de la vie. Elle vit avec ses deux parents, Vanessa, 40 ans, vétérinaire, et Gorge, 41 ans , serveur dans un bar, qui la couvrent d'amour, voire même un peu trop.. Mais ce qu'ils ne savent pas encore c'est que Julie a un cancer et que dans quelques mois elle ne sera plus parmi eux et leur vie va complètement changer.
La vie peut-être cruelle quand elle le veux. Tout ne peut pas être tout rose, jamais. J'envie toutes ces personnes à qui je viens d'inventer une vie, une familles, des émotions ..
Moi je ne connais rien de tout cela. Je ne sais plus ce que l'on ressent quand on est heureux, ému, ou amoureux.. Tout ce que je ressens moi c'est de la solitude, de la tristesse, de la colère, et de l'angoisse. Les idées noires, la douleur aux poignets, et celle dans les yeux et dans la gorge à force de pleurer chaque nuit. J'ai tout essayé pour tuer mes démons.. Visite chez la psy chaque mardi, drogue, alcool, des vidéos YouTube " comment guérir de la dépression ". J'ai essayé d'en parler avec des inconnus sur des forums, ou sur des applications, mais à part me parler de leurs sexe.. J'ai même tenté de changer de style à plusieurs reprises, de neutre à gothique, de rock à girly, de hipster à bobo chic.. pour au final revenir à mes pulls à capuches et jeans serrés noir, sans oublier mes iconique Vans noir. Vous devez vous demander si mes cheveux ont subit plusieurs changements eux aussi mais la réponse est non, car j'ai promis à une personne de ne jamais y toucher et je compte bien tenir ma promesse.
Des larmes brulantes roulent sur mes joues sans que je ne puisse les contrôler.
- Pourquoi tu pleures ? demande une voix.
Cette voix me fait sursauter, ma tête se met à tourner, je n'ai pas eu le temps de voir d'où provenais la voix qu'une personne s'assied à côté de moi. La colère surpasse la tristesse, J'essuie mes larmes, je le regarde avec curiosité même si au fond de moi j'aimerais qu'il me laisse tranquille. Tout ce que je souhaite en ce moment, c'est d'en finir avec la vie, avoir le courage, le cran, de sauter du haut de cet immeuble. De ne plus rien ressentir, plus de souffrance, juste la paix.
- Sauter ne t'apporteras pas la paix, dit-il en fixant l'horizon.
Je fronce les sourcils en me demandant s'il lit dans mes pensées mais c'est impossible hein ? Sinon il saurait que je le trouve.. vraiment beau.. de profil du moins. Je me rend compte qu'il est entrain de sourire tout à coup, il à l'air amusé. C'est pas possible ?! Arrête de penser ! Mais c'est pas possible d'arrêter de penser ! Calme-toi Romane ! Calme-toi, tu n'es pas dans Twilight là, c'est pas Edward à côté de toi ! Même si je ne dirais pas non.. L'inconnu se met à rire, cela me fait légèrement sursauter, mon cœur s'emballe.
- Tu es sourde ? Muette ? Ou tu n'a juste pas envie de parler ? Et je le comprend. Lâche t-il avec un voix calme.
Son regard croise le mien, et pour la première fois depuis longtemps, je me met à rougir, et mon cœur continue d'accélérer, mes mains deviennent moites , ma respiration plus rare et difficile. Pourquoi tout mon corps réagit ainsi à son regard sur moi ? Je ne comprends plus rien, je ne contrôle plus rien, je ne comprend pas ce qu'il m'arrive, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu un si beau garçon, ou alors cela faisait aussi très longtemps qu'un garçon ne m'a plus fait cet effet là. Il a de magnifiques yeux vert clair, qui ressortent grâce à la lumière de la pleine lune. Ses cheveux brun en bataille jouent avec le vents. Sa mâchoire bien dessinée ferait craquer n'importe qu'elle fille. Il sourit à nouveau comme s'il avais encore volé mes pensées. Ce sourire révèle deux petites fossettes sur ses joues. Cela fait au moins cinq bonnes minutes que je le fixe, c'est gênant Romane ! Il dois sans doute me prendre pour une folle. Je suis sûre que je suis toute rouge actuellement, rouge tomate, rouge pivoine, ou pire rouge ketchup ! Ouais bon on a compris Romane.. J'arrive enfin à décrocher de son regard, la gêne devenat insupportable !
- Ça ne me dérange pas que tu me regarde, tu sais. Si ça te permet de penser à autres choses qu'à te suicider, je t'autorise à le faire jusqu'à l'aube. Dit-il.
- Pourquoi tu es monté jusqu'ici ? J'ose demander.
- Pour la même raison que toi. Rétorque-t-il.
Sa réponse m'énerve. Qu'est ce qu'il en sait lui, de pourquoi je suis là ce soir ?! C'est même pas la première fois que je monte sur ce toit pour essayer d'en finir sans avoir le cran de pouvoir y arriver. Et puis je ne l'ai jamais vu ici..
- T'en sais rien de pourquoi je suis là ! Je crie en fronçant les sourcils. Tout le monde s'en bat les couilles du pourquoi ou du comment je suis ici chaque soir. Ce soir seras le dernier que tu sois là ou non.
- Tu as raison. Mais maintenant je sais pourquoi j'ai eu envie de monter ici et pas autre part. Dit-il en me regardant
- Pourquoi ..? ma voix était si peu audible que j'hésite à me répéter.
- Pour te sauver.
Il se met à me sourire, en se relevant, il recule légèrement, en me tendant sa main gauche.
DU LIEST GERADE
Mon Nuage
JugendliteraturRomane Sweeney , est une ado perturbée par la disparition si soudaine de son père. La relation avec sa mère est actuellement chaotique.. elle ne parle plus à personne, même plus ses amis, sauf son meilleur ami Evan. Toute sa vie à basculé si rapidem...
