- Regarde-moi cuistot, regarde-moi. Ne t'endors pas. Chopper va arriver.
Les genoux au sol, Zoro tenait désespérément son bandana vert contre la blessure abdominale de Sanji. Ce dernier, les yeux écarquillés, haletait profondément et rapidement. La douleur était horrible, insupportable.
- Mal...gémit-il les dents serrées.
- Je sais, je sais...Usopp est parti chercher les autres.
Il aurait voulu le déplacer, le porter jusqu'au bateau mais il craignait d'empirer les choses. Merde ! Ils s'étaient fait avoir comme des bleus ! Et par sa faute !
Usopp, Sanji et lui avaient été désignés par Nami pour la mission ravitaillement. En entrant dans le village, ils avaient pourtant essayé de se faire discrets. Une fois n'est pas coutume. Cependant, après quelques minutes, ils s'étaient fait encercler par la marine. Un détail à éliminer, c'est ce qu'il avait pensé...ouais. Il avait oublié d'être sur ses gardes, trop sûr de lui, trop hautain. Dans sa connerie, il n'avait pas remarqué le marine en haut du bâtiment derrière lui. L'autre avait tiré. Il avait entendu hurlé. En se tournant vers la source du cri, il avait recueilli le cuistot dans ses bras. Usopp avait éliminé leur ennemi et avait hurlé à Zoro de ramasser Sanji et de fuir. Ce n'était pas dans ses habitudes mais il n'avait pas discuté.
Ils avaient trouvé refuge dans une rue agacente. Usopp ne prit pas la peine de regarder Sanji et dans un sang froid étonnant les avait laissés là pour aller chercher de l'aide.
- Zoro...
Le sabreur releva la tête éberlué. Zoro ? Depuis quand il l'appelait par son prénom ?
- Tu...tu n'as...n'as rien ?
Hein ? C'est quoi cette connerie? C'était lui qui pissait le sang sur le sol. Et il se préoccupait de sa santé ?
- Abruti ! Tu...tu.. qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ? Je savais ce que je faisais !
- Imbécile...de... tête d'algue.
Zoro paniqua quand il vit les yeux de son équipier se fermer.
- Sanji ! Ne t'endors pas, tu entends ? Chopper est en route.
En vain. L'autre ne l'écoutait pas. Putain ! Qu'est-ce que les autres foutaient ?!!! Il ne fallait plus perdre de temps.
- Je t'aime.
Il sursauta. Avait-il bien entendu ?
- Que...?
- ZORO! SANJI!
Luffy, Chopper, enfin... enfin là.
Le Doc avait fait les premiers soins sur place. Avec l'aide de Luffy, Zoro transporta le cook au bateau où Chopper avait terminé les soins sous le regard inquiet de l'équipe.
Depuis, ils attendaient. Sanji avait perdu beaucoup de sang. Il était inconscient et ne semblait pas prêt à se réveiller.
- Et toi ? Tu vas bien ? Demanda Nami en constatant le visage livide du sabreur.
- Ce n'est pas moi qui me suis pris un truc dans le bide.
- Non... mais il n'empêche que tu n'as pas l'air bien.
Zoro ne répondit pas et tourna les talons. C'était quoi cette embrouille, bordel ? Pourquoi lui avait-il dit ça, ce maudit cuistot ?
Il se rendit sur la tour et se recroquevilla sur le sol. Il aurait dû être heureux d'avoir entendu. Il l'aimait aussi mais devait-il y croire ? Était-ce la réalité ?
- Ne réfléchis pas trop, Marimo. Tu risques de te faire du mal.
Le manieur sursauta et se releva d'un bond.
- Qu'est-ce que tu fous debout ?
- Pas envie de rester au pieu.
- Tu viens d'être blessé, abruti. Va te recoucher.
- Tu réfléchissais à quoi ?
Zoro hésita. C'était gênant.
- Avant de tomber inconscient...tu as dit quelque chose...
- Et?
- Tu te souviens ?
- Évidemment.
- Je me demandais si c'était réel.
- C'était réel. Ça l'est toujours.
- Pourquoi ?
- Il faut une raison pour aimer ?
- Non...mais pourquoi ne m'as-tu rien dit avant ?
- Parce que je suis un imbécile. Et toi ? C'est quoi la raison ?
Le sabreur ricana après quelques secondes.
- Pareil, j'imagine. Un imbécile.
Ils se regardèrent amusés.
- Je dois t'embrasser maintenant, j'imagine ?
- Tu n'es pas obligé.
- Je le veux.
- Alors, fais-le.
Zoro s'approcha, tendit la main vers la joue de Sanji et...passa au travers.
- Qu'est-ce....?
- Deux imbéciles. On a été deux imbéciles. On aurait dû s'avouer nos sentiments plus tôt. Il est un peu tard maintenant.
Le sang du sabreur se glaça, son cœur rata un battement pour repartir de plus belle.. non ce n'était pas possible...non...
- Au revoir, tête d'algue, j'aurais aimé vivre cette aventure avec toi. Avec un sourire éclatant, Sanji disparut.
Un cri provenant du bas finit d'éteindre les derniers doutes du sabreur qui tomba désespéré et tremblant à genoux sur le sol.
Respire, respire, respire.
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Respire
FanfictionRespirez pour ne pas paniquer face à l'adversité. Adversité qui se présente ici par la mise en danger de l'être aimé.
