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Ça a commencé quand j'avais au alentour de 10 ans. Tous les enfants ont des grosses colères, c'est normal. Mais j'avais déjà à l'époque cette envie de me faire mal quand quelque chose me contrarier. Je n'acceptais pas le fait que l'on me dise non ou que les choses ne se passent pas comme je l'avais prévu. Encore aujourd'hui, j'ai un besoin de contrôle total. Sur tout et tout le monde.
J'ai 17 ans, je pense que l'excuse des "caprices d'enfant" est un peu dépassée mais mes parents ne trouvent rien d'autre pour expliquer mes crises. Ils ne trouvent rien d'autre pour expliquer tout le reste non plus. C'est plus simple de mettre ça sur dos de l'adolescence, dire que c'est seulement une phase, que ça passera.
Je vis avec depuis toujours, je doute fort que cela me quitte un jour. Alors j'essaye d'apprivoiser ma colère, ma tristesse, ma joie et toutes ces multiples émotions qui menacent sans cesse de déborder et d'éclater au grand jour.

Je me suis renseigné, ce qui y ressemble le plus me semble être le trouble de la personnalité limite ou appelé aussi borderline. Limite. Ouais. Je suis toujours à la limite. Je préfère ne pas trop creuser non plus, ça me fait peur d'avoir conscience de tout ça. J'aimerais croire mes proches lorsqu'ils me disent que ça va passer mais je sais au fond de moi que ce n'est pas le cas. La réalité fait juste mal.


Je suis allongé sur le lit de Noah, lui traîne sur le sol de sa chambre/salon à faire peu importe quoi. À vrais dire, son appart est si petit qu'on pourrait dire qu'il n'y a qu'une pièce pour tout. Lui s'en plaint, moi j'aime bien l'atmosphère qu'il s'en dégage. Au moins, il a accès à tout facilement.

"- Je m'ennuie. Parle moi.

- Je suis occupé là, je dois absolument finir ce travail pour demain.

- Ok."

Qu'il aille se faire voir, pourquoi il me demande de passer alors ?

"- Pourquoi tu m'as demander de passer alors ?

Il reste silencieux quelque seconde avant de dire :

- C'est toi qui m'as demandé si tu pouvais venir, Liam." Il l'a prononcé sur un ton très doux, sans jugement aucun. Il me donnerait presque envie de passer outre mais des rougeurs apparaissent à mes joues. Je suis qu'un idiot. Faut que je bouge, que je fasse un truc sinon je vais imploser. Ça monte toujours d'un coup. Et ça pète sans raison visible.

Je me lève et me dirige vers le mini balcon qu'offre son mini appartement. Il est étroit mais au moins je respire mieux ici. J'inspire et tente de me calmer. Je profite de la fraîcheur de l'air, je la sent pénétrer mes poumons. Mon cœur bat toujours trop vite. Je suis un abrutie, je réfléchie jamais avec lui. Mes mains agrippent la rambarde trop fermement. Mes yeux glissent vers le bas, le gouffre sous lequel je penche. Noah habite au dernière étage d'un grand immeuble. Ça me fascine toujours. J'aimerais habiter aussi haut. J'aimerais habiter plus haut que tout le monde. Tous les surpasser et regarder le monde de là haut, leur rire au nez car ils auraient alors l'air misérables.

Quand je sens une présence se glissée derrière moi je m'avance un peu plus près de ce vide si attrayant.

"- Recule Liam. Tu sais que je n'aime pas quand tu fais ça.

- À oui ? Je le regarde d'un regard provocateur lorsque je passe l'un de mes pieds entre les barreaux de la rambarde. Puis l'autre, en prenant appuis avec mes mains sur la rambarde, en équilibre. Si je me penche en avant, je tombe.

- Liam." Il me regarde comme il le fait toujours : toujours cette même douceur et cette même pointe d'inquiétude.

Je lui en veux de m'avoir envoyer balader, il sait qu'il doit assumer pour ça. Je pourrais pas passer à autre chose sinon. Je dois extérioriser, d'une manière ou d'une autre. J'y peux rien, c'est plus fort que moi.

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