Libre

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J'essaye de polir mon corps, mes ongles raclent la couche superficielle de ma peau, puis atteignent vite la chair. C'est comme si mon enveloppe ne voulait plus d'elle même, qu'elle s'enfermait par ses propres chaînes. C'est symptomatique, un certain contexte, une certaine situation, une réflexion, une interjection, et voilà plus d'écorce. Seules les brindilles appauvries survivent, l'arbre fane perdant de son allure pour s'offrir à la froideur des mots ; tentant de survivre il se protège, ses feuilles se perdent. Pourtant rien n'est détachable de mon être, toute partie est dépendante de la suivante ; le luxe de me fortifier ne m'est donc pas destiné. On m'a fait comme tel, frigide, fragile et en péril ; rien ne sera là à ramasser mes particules tombantes pour peindre dessus ses souvenirs d'enfance. Rien ne rassemblera le reste de mes cheveux à même le sol, pour en faire un chapiteau au creux de la cour. Les erreurs du passé seront à jamais marquées sur ma peau, témoignant de souffrances trop fortes pour ne rester qu'intérieures. Mes écailles se froissent, mon esprit se lasse, rien n'est plus pure qu'une âme qui se casse. Dépendante d'un physique, elle ne peut plus se leurrer, elle restera enfermée si mes poings restent liés. Je dois alors creuser, jusqu'à créer une issus pour celle qui n'a encore jamais tellement vu.

Recueil de textesHistórias para pegar e não largar. Descubra agora