Il y a cinq ans, j'ai participé à un braquage. Quelle folle idée, je sais, mais on n'a qu'une vie... Mes anciens camarades de classe et moi-même avions décidé de voler 1,4 millions d'euros dans une ultime aventure, après quoi il fut décidé de départager la somme en vingt-quatre parties égales. Nous nous sommes tous dispersés aux quatre coins du monde, vers notre nouvelle vie.
Mais malheureusement...
♣♣♣
La sentence tomba.
- Vous êtes tous condamnés à huit ans de détention à la prison Castlewagner pour avoir volé une somme d'exactement 1,4 millions d'euros.
Le juge avait parlé. Huit ans de prison. Pas plus ni moins. Cela faisait 24h que nous étions assis en rang d'oignons, chacun menotté à une chaise. La voix de Romane résonnait encore dans ma tête. « Mia, prends tes affaires et va-t'en ! Ils sont là ! Ils vont... » Avait suivi un grand bruit sourd. Ma sœur avait essayé de me prévenir, mais c'était trop tard. Mes souvenirs étaient flous, je me souvenais seulement d'une odeur étrange, envoûtante. Quand j'ai repris connaissance, j'étais ici, menottée à une chaise, en compagnie de mes vingt-quatre complices, tous dans le même état que moi.
J'en voulais à toute la terre entière, particulièrement à la personne qui avait eu l'idée de ce stupide braquage. Qui d'ailleurs ? Je ne m'en souvenais plus. Me retrouver en prison avec eux était hors de question ! Nous nous regardâmes les uns et les autres dans un mélange de haine et de frustration. Plusieurs agents militaires arrivèrent. Vingt-quatre, tout comme nous. Mon bonnet toujours sur la tête, je défiai du regard la femme qui s'approchait de moi. Elle ne cilla pas. De sa poigne de fer, elle me maîtrisa et sortit un mouchoir de sa poche.
- Qu'est-ce que...
Mais avant que je comprenne ce qu'il m'arrivait, elle le plaqua sur ma bouche et je sombrai de nouveau dans les ténèbres.
♣♣♣
Lorsque je me réveillai, j'étais seule dans une pièce sombre, avec pour seul meuble un matelas sur le sol. Mon bonnet avait disparu, laissant mes longs cheveux blonds retomber sur mes épaules. Soudain, me faisant sursauter, une voix féminine sortit des hauts parleurs qui entouraient la pièce :
- Condamnée n°25801, arrêtée avec 24 autres condamnés, pour vol de gravité majeure, concernant une somme de 1,4 millions d'euros.Tous vos effets personnels vous ont été retirés, et vous êtes attendue pour la décontamination dans deux minutes.
La porte blindée qui empêchait la lumière de filtrer s'ouvrit, laissant voir une femme rousse en blouse blanche d'une quarantaine d'années entrer dans la pièce. Je la détestais déjà.
- Bonjour, je suis Kaylee, dit la femme d'une voix enjouée, un peu trop à mon goût. Je suis là pour te guider à travers Castlewagner. Pour le moment, nous allons à la décontamination, ça consiste à te passer des jets d'eau sur le corps et à passer dans des sas pour te débarrasser des parasites et autres saletés. Considères cela comme ta dernière vraie douche.
Sans me laisser le temps de répondre, elle sortit des menottes de sa blouse et m'attacha avec. Elle me tira par la manche en dehors de la pièce et m'entraîna à travers une multitude de couloirs tous d'un blanc éclatant. Désorientée par la lumière nouvelle, je me laissais bêtement guider, et quand Kaylee s'arrêta, je me cognai de plein fouet contre elle. Elle me fit entrer dans un petit vestibule, et la même voix féminine reprit :
- Condamnée n°25801, vous êtes priée de quitter vos vêtements actuels. Quand ceci sera fait, vous pénétrerez dans la salle de décontamination.
À ma grande consternation, il y avait des caméras aux quatre coins de la pièce, sans aucun espace d'intimité. En m'efforçant de ne pas y penser, je me déshabillai rapidement et déposai mes vêtements à mes pieds. Sans accorder un regard derrière moi, je pénétrai dans la salle de décontamination. Des jets d'eau tombaient du plafond. Je passai ma tête dessous, puis les bras, puis le corps entier. L'eau était glacée.
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Prisonniers
Adventure« Il y a cinq ans, j'ai produit l'impensable. Peut être même la pire erreur de ma vie. Il y a cinq ans... j'ai participé à un braquage. Et me voilà maintenant piégée. Avec eux, ces complices que jamais je n'aurais dû retrouver. À l'intérieur de ce...
