Ne pas savoir quoi écrire quand on aspire à une carrière d'écrivain, c'est le comble. Peut-être que maman avait raison, j'ai perdu mon temps. J'aurais mieux fait de rentrer directement dans la vie active afin de gagner ma vie de façon honorable.
A la place de ça, je fais le gigolo 2 soir sur 7, parce que je ne suis plus aussi beau et demandé qu'à mes débuts. Si seulement les adultes de l'époque ne m'avaient pas encouragé à poursuivre mon rêve. Si seulement je n'avais pas remporté ces prix au lycée. Je n'aurai pas poursuivi cette voix pour finalement me rendre compte que je n'avais aucun talent particulier.
Pourtant la première année je ne me suis pas inquiété, l'écriture est un long processus, alors pour trouver l'inspiration. Je me suis mis à sortir de plus en plus et à dépenser mon prêt étudiant sans aucune retenue. Finalement, j'ai passé plus de temps chez différent plan cul, que dans mon 13 m² Parisien.
De toute façon, j'ai toujours préféré mon corps, quand celui-ci n'est pas alimenté. Alors cette histoire de prêt ne me dérange pas vraiment. C'est juste que, voir tous mes amis du lycée construire leurs vies, acheter une maison, adopter un chien, se marier et avoir un enfant... Un fossé se crée entre nous. Nos centres d'intérêts, nos discussions, ne sont plus les mêmes qu'avant. Ils semblent tous avancés pendant que moi je régresse. Ils ont de moins en moins de temps à me consacrer. Mon train de vie les agacent.
Maman en est certainement déçue, elle qui sait décarcasser toute sa vie pour m'élever seule. Quand je pense que j'était la fierté des profs de ce petit lycée perdu dans la campagne. Tous des cons, à cause d'eux, j'ai toujours cru qu'il suffisait d'avoir une belle gueule et une bonne éloquence pour réussir. Dommage d'avoir choisi un milieu où on ne voit ni mon visage, et où on ne perçoit pas ma voix.
J'aurais définitivement du devenir présentateur météo, j'aurais pu prévoir la merde que mon futur me réservé et dieu sait quelle est condensée.
