Le début de la fin

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; Combien de temps ai-je passé devant ces portes ? Combien detemps suis-je resté assis devant ces deux géantes de pierre grise ?Personne ne pourra vous le dire. Pas même moi. Plus que deux moi sij'en crois ma mémoire, qui, bien que fracturée, me permet de garderune trame dans ce tumulus de flash et de poussière. Deux élémentsqui me prennent le cœur et les boyaux, l'un de tristesse, ledeuxième d'amour et de solitude.


LaChute. Un nom qui fera pleurer plus d'un d'entre nous. C'est unefraction de seconde, un instant qui a semblé s'étirer jusqu'à ceque tout le monde s'en rende compte. Un silence. Un silence tellementlourd et bruyant que la seule manière de le remplir furent lespleurs de toute les communautés des Terres. Le silence des cloches.Le silence qui annonçait la renaissance d'un des nôtres, peutimporte l'endroit. Une cloche qui sonnait nuit et jour, et qui, commeun battement de cœur avait été pris pour acquis. Nous ne leremarquions plus, après des centaines d'années à l'écouter... Sonabsence ne se remarque donc qu'encore plus. Il fallut le temps d'unsilence, d'une pause dans une conversation, d'une méditation, d'unréveil, de chaque petit moment où nous nous taisions, et le silencese fit. Impérial, nous arrachant nos proches sans aucunavertissement ni explication. Nous avons sus, et jamais n'avonscompris, ni cherché à comprendre. Alors nous avons pleurer. Je mesouviens de la seconde où j'ai naquis pour la énième fois. Où jeme suis retourné en cherchant mon frère du regard. Le même skrillnous avait abattu a une seconde d'intervalle, une bête erreurinattention. Je l'ai attendu, une seconde, une deuxième. Je mesouviens de la terreur qui s'est emparée de mon corps, del'incompréhension qui m'a envahie le cerveau. De m'être jeté àterre. Martelant la pierre de renaissance jusqu'à ce que mes poingsse mettent à saigner, jusqu'à ce que le sang doré de mon corpstapisse la roche froide. Jusqu'à ce que mes camarades viennent metirer de la, alors que je hurlais le nom de mon frère à m'endéchirer la gorge. Le temps que je reprenne complètement mesesprits, le rassemblement avait commencé.


Ladécision fut rapidement prise, la plupart d'entre nous voulaientabsolument rester a coté de la Pierre de Renaissance. Jusqu'à ceque les nôtres finissent par revenir. Alors nous avons fait destours de garde. Nous avions toujours besoin de manger, de dormir, deboire, des besoins vitaux qui ne pouvaient être ignorés. Tout lelong je suis resté silencieux, levant uniquement le bras quand ondemanda qui voulait prendre le premier tours de veillée. Nombred'entre nous voulaient bien le faire aussi, je fus quand mêmechoisis. Ainsi s'est mis en place une routine douloureuse. Regarder.Regarder impuissant une plaque de roche vide, éternellement vide, menarguant de mon immobilité, de ma souffrance solitaire, quel'entièreté de ma communauté partageais. Je suis restée ainsi... hebien c'est a partir de la que tout deviens flou, que les jours semélangent et se brouille en un tas informe de flash tumultueux. Laseule constante reste la souffrance de la perte, l'espoir fou derevoir mon frère et le serrer dans mes bras.


C'estainsi que vient le deuxième élément qui fixe mes souvenirs en unpoint central. Une bougie. Une nuit froide, maintenant que lessaisons s'installaient. Les Terres changeaient, la brume se faisaitde plus en plus présente. Les manta et crabes revenaient peu a peudans le ciel et la mer. La statue elle... La grande statue de ladéesse, ne brillait plus. Même au contact de notre peau, la pierrerestait froide, silencieuse, sombre... La bougie est apparue. Devantmoi, une petite chaleur bienvenue, avec elle un masque, une parolechaleureuse avec un petit goût de roche cassée.


« Toujourslà hein ?

– Jene peux pas l'abandonner, les abandonner. »


Leson de ma propre voix me choquai, je m'en souviens de ce détail.Depuis combien de temps je suis restée ici ? Un coup d'œilautour de moi me montrais que j'étais seul. Mis a part la personne àcoté de moi, le reste du village vaquait a des occupations. Certainsconstruisaient, jardinaient, discutaient. Cette vision me fitbouillir de rage. Comment avaient ils oser les abandonner ?Leurs amis, leurs familles, oubliés ! Laissés à se disperserdans le vent comme de la vulgaire poussière ! J'allais melever, bouger véritablement et si soudainement fit résonner mes osles un contre les autres, et je me stoppais. Je ne pus qu'émettre ungémissement pitoyable. La voix de la femme se fit entendre ànouveaux. Moins chaleureuse, plus cassante, étais ce du dédains ?Je ne lui ais jamais demander.

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