Les enchères

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Tout les jours, je me rends à la bibliothèque de mon village.
Bien sûr, elle n'est pas bien grande. Mais le peu de livres qui s'y trouvent remplacent les gens que je pourrais avoir comme ami.
Ils parlent moins pour rien dire, ils m'insultent pas, ne sont pas méchants et sont plus intéressants que les autres enfants de mon âge.
Et eux, ils me comprennent autant que je les comprends.
Des fois, je passe des heures entourée de bouquins allongée sur la colline du village.

Je vis dans une petite maison en bois avec ma mère. Je ne connais pas mon père, il nous a abandonné à ma naissance.
Je cherche pas vraiment à le connaitre, je le déteste. Mais si je devais l'imaginer, ce serait un monsieur égoïste et lache.

Cette fois-ci, en rentrant de la bibliothèque, j'eu le plus grand bouleversement de ma vie.
Ce n'était pas du tout la suite de mon histoire que j'imaginais.
Je pense plutôt que c'est comme ça qu'elle a commencé.

Ce jour-là, j'avais emprunté un livre, un livre que j'avais déjà lu 3 fois mais que j'adore.
Vous allez sûrement me prendre pour un cliché typique de filles, mais ce livre parle d'amour.
Je ne crois pas vraiment en l'amour, mais si la haine existe, pourquoi pas lui aussi ?
En tout cas, ce livre est vraiment surprenant car ils arrivent à se comprendre l'un l'autre d'un simple regard, c'est comme un lien où une connection assez surprenante.

J'etais excitée à l'idée de le relire, mais en rentrant chez-moi, je vu ma mère me regardant avec un regard de culpabilité.
Mais pourquoi s'en veut-elle ?
Je m'arrêta dans mon élan, la regarda également et elle me prit la main. Sa main tremblait, mais je vu dans ses yeux qu'elle était confiante et sûr d'elle dans sa décision.
Elle posa sa main gauche sur ma joue, l'autre descendait mes cheveux.
Soudain, elle ouvrit lentement la bouche.

- Je.. Chérie... Je suis désolé... J.. Je n'ai pas le choix... Pardonne-moi...
Je t'en prie pardonne moi... C'est mieux comme ça, pour toi comme pour moi.

Je ne comprenais pas de quoi elle me parlait, mais en parlant je vis une larme coulée sur son visage.
Je pense qu'elle était sincère.
Mais pourquoi s'excuse t'elle ?

Soudain, un homme surgit par-derrière et m'assomma d'un coup sec. C'est là que je commençais à comprendre.

Je me réveilla, 1 ou 2 heures plus tard avec une enorme douleur à la tête. J'étais attachée, ligotée à une chaise exposée sur une estrade devant une foule.

- Mesdames et Messieurs, nous voilà au meilleur lot de cette soirée ! Je vous présente Iana, une fille de 15 ans parfaitement propre, vierge et très débrouillarde ! fit un homme se tenant à ma droite.

- Les enchères commencent à 100 ! enchaina t'il.

J'ai donc un prix ? Une chose à vendre, un vulgaire objet ?!
J'étais furieuse, mais surtout paniquée ! Imaginons qu'un pédophile m'achète et abuse de moi ? Pourquoi ma mère me fait ça ?? Je sais qu'on manque d'argent, mais je savais pas que c'étais à ce point là !!

- 200 !

- 200 pour la femme en rose, qui dit mieux !

La femme en rose comme il dit est vieille, toute ridée, ça se voit qu'elle me veut pour faire son ménage.

- 400 !

- 400 pour l'homme au chapeau carré !

- 600 !

- 700 !

- 10 000.

Un homme vêtu d'une barbe blanche et d'un beau costume s'avança vers la scène.
Toute la foule était abasourdis après cette some.

- 10 000 pour ce brave homme !
10 000 une fois, 10 000 deux fois,...

C'est sur cette dernière phrase, que je vis toute ma vie basculer en avant, se faire brûler au second degré puis écraser comme un cafard.
Mes yeux étaient grand ouverts, remplie de peur et de panique. Je commença à gigoter dans tout les sens, j'essayais de hurler mais j'étais bâillonnée et prisonnière de cette nouvelle vie qu'on m'imposait injustement.

- Félicitations ! Cette jeune fille est à vous !

Il encaissa le chèque, et m'embarqua avec lui. Je me débattait, je pleurais, et ma mère me regardant partir avec un inconnu, je la détestais du plus profond de mon cœur.
Comment a t'elle pu me faire ça...

Il me fit rentrer à l'arrière de sa voiture. Quelque mètres plus loin, il tourna dans une petite rue et se gara sur le côté. Il verrouilla les portes, puis, m'enleva ce qui m'empêchait de parler.

- Salut, je m'appelle Hans. S'il te plaît, arrête de pleurer.

Je continuais à pleurer, mais aucun son ne sortait de ma bouche. J'etais trop pétrifiée que pour parler, comme un lapin apeuré prit au piège.
Face à mon silence, l'homme sortit un paquet de bonbons Chupachoups à la fraise. Il se tourna vers moi et m'en tendit un.

- Tiens, ça te remontera le moral.

Je resta immobile, terrifiée.

- Allez, mange !

Il me mit directement le bonbon dans la bouche. Il fourra ses gros doigts dans ma bouche, en touchant mes lèvres et ma langue. Burk.. J'ai envie de vomir...

- Oh ouais..

Je recracha le bonbon en plein dans sa figure.
Mais il me fit regretter ce geste.

- Alors toi... Vient par là sale chienne !

Il m'attrapa le cou, vint à l'arrière de la bagnole et commença à m'embrasser comme un sauvage degueulasse.
Il fourrait sa langue visqueuse dans ma bouche, comme une grosse limace baveuse..

Prit par ses pulsions, il descendit sa main sur ma cuisse et l'agrippait. Son autre main monta vers mon sein.
Ce geste me fit comme une décharge électrique dans tout le corps, je lui mordit la langue, donna un gros coup de genou entre les jambes et en profita pour sortir de la voiture.
Malheureusement c'était verrouillé !
Je força la porte quand même, geste le plus inutile, mais je devais m'enfuir !

L'homme m'attrapa les cheveux, et me plaqua contre le siège.
Il me tenait les mains avec une poigne tellement forte que mes poignets devenaient rouges, tournant au violet.
Ensuite il commença à défaire son pantalon.
Je pensais que tout était perdu, ma tête était tournée et fondait en larmes.

Mais soudain, j'aperçus une bouteille de Champagne du côté portière.
Je l'attrapa pendant qu'il avait une main occupée à sortir son engin et lui brisa la bouteille en verre sur le crâne.
Le choc le rendit inconscient.
Soulagée, je sortie de la voiture le plus vite possible et m'enfuia à toutes jambes.

À présent, je dois me débrouiller seule.

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