1 - Une Note de Solitude

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        "Aah !". Voici le premier mot que Mina cria quand elle découvrit l'effroyable lieu où elle était enfermée. Une pièce terne, froide et sans couleur. Une fenêtre minuscule laissait transparaître quelques rayons lumineux, avant qu'ils ne se dégradent dans la pièce.

      Seule, elle était bien seule. Mina releva son dos et soudain, une douleur transperça celui-ci. Cette fois-ci, elle cria à cause de son mal de dos. Elle était à moitié allongé et un peu sonné par son réveil brutal. C'était bien la douleur qui l'avait réveillée.
Pour vérifier si ce qui l'entourait était réel, elle tenta de toucher et d'effleurer tout ce qui pouvait être à sa portée, mais il n'y avait rien, juste le sol. Un sol gris et lui aussi froid. Cela expliquait son mal de dos. Dormir sur le sol était très inconfortable pour le corps.

Maintenant, elle détourna son regard vers le seul objet que possédait cette pièce : un piano. C'était un piano droit en bois. Le bois de celui-ci avait noirci à cause du temps. Ensuite, toujours à moitié allongée, elle jeta un regard à la fenêtre puis observa les coins du plafonds. A cause de l'humidité, les coins avaient commencé à moisir et à se dégrader. La peinture blanche du plafond s'enlevait clairement, formant une surface craquelée. Tellement le plafond était abîmé qu'elle songea à son effondrement.

       La jeune fille soupira, quiconque l'avait mise ici avait décidé qu'elle ne pouvait que rester là. Essayer d'ouvrir la seule porte de cette pièce était inutile car elle savait sans équivoque qu'elle était fermée.
Dans cette pièce, il n'y avait même pas de quoi vivre. Il n'y avait pas d'eau, pas de lit, pas de toilettes, pas de nourriture, rien... D'abord, elle essaya de trouver une raison rationnelle à cette situation. Elle l'avait dû se faire enlever par des fous-furieux, un pervers ou un criminel voulant lui soutirer l'argent de ses parents. Elle se dit que son geôlier allait bien finir par se montrer,  sûrement pour la tuer ou lui infliger quelque chose de bien plus horrible... Alors elle était attentive à tout les sons qui pouvait être émis comme les cris d'une autre victime ou des bruits de pas venant vers sa cellule, mais rien, toujours rien. Par conséquent, Mina fut prise d'une énorme peur, elle commença à crier « À l'aide ! Au secours ! », mais rien, toujours rien. Son bourreau n'était pas venu essayer de la faire taire.

         Le jour d'après, elle répéta le même cinéma. Toujours aussi désespérée, elle n'hésita pas à passer pour une hystérique pour obtenir une quelconque attention, mais rien, toujours rien. Enfin, elle pensa à regarder si son ravisseur ne lui avait pas adressé un petit mot dans le piano. Elle l'ouvra grossièrement, avec la hâte de trouver ce mot. « Allez allez ! » C'était les mots qu'elle choisit pour décrire son impatience en fouillant l'intérieur et les alentour du piano, mais rien, toujours rien. Folle de rage, elle frappa à plusieurs reprise le piano. Ses points étaient rouge de sang mais cela lui importait peu. Ce qu'elle voulait c'était le casser, le briser. Mina voulait à tout pris exprimer sa détresse et sa frustration et ce piano devenait son défouloir. Elle voulait le voir souffrir comme elle souffrait, le voir saigner lui aussi, puis elle arrêta quand elle compris qu'il ne ressentait rien. Lui aussi n'était rien, il était juste là parce qu'on l'avait abandonné là. Il était difficile à déterminer pendant combien de temps Mina continua d'hurler, de pleurer et d'essayer de comprendre ce qui lui arrivait.

Elle comprit qu'elle n'aurait pas de réponse. Le seul retour de cette pièce était la moisissure et la puanteur de celle-ci. Quoique, c'était plutôt la sienne qui avait envahi la pièce. Peut-être cela faisait une éternité qu'elle ne s'était pas douchée.
Alors elle allait mourir là, pourir là, abandonnée à son sort. Elle s'était sûrement laisser prendre par les plus profondes obscurités mais d'un coup, une dernière envie surgit. Elle s'assit sur le tabouret qui était accordé au bois de l'instrument. Elle voulait jouer du piano et donc elle tenta de jouer une petite mélodie au piano. Malheureusement, même le piano semblait vouloir la privé de ses envies. Pourtant, elle lâcha une larme car quelque chose lui répondait enfin. Elle entendait enfin quelque chose. Elle avait l'impression de ne plus être sourde.

Depuis qu'elle avait commencé à jouer, elle ne voulait plus jamais quitté ce piano. Comme une débrouillarde, elle tenta de créer une nouvelle fois une mélodie. L'air qu'elle avait finalement réussit à créer avait l'air de sonner plutôt bien. Il fallait maintenant qu'elle le retienne. Cette tâche s'avérait difficile puisqu'il n'y avait rien que le piano autour d'elle. Après réfléxion, elle trouva une solution, celle de se couper légèrement la peau et d'utiliser son sang pour former des lettres ou des chiffres sur les
notes du piano.
Comme elle ne pouvait pas se couper, faute de l'absence d'objet tranchant, elle utilisa ses deux canines pour transpercer la peau du bout de son index. Elle voulut se tordre de douleur au moment de la morsure mais quand elle vu le sang couler, elle fut contente que son plan ai marché.

A partir de là, elle avait marqué ses repères sur le piano. Elle pouvait maintenant rejouer sans cesse la même mélodie et même en créer une deuxième. Malgré le temps qui semblait infini, elle avait au moins un piano pour se sentir moins folle et moins seule.
Mais contrairement au temps qui pouvait être infini, la vie d'un humain était défini. Le corps de Mina c'était détériorée. Elle avait les cheveux gras, la peau puante, les vêtement sales et le visage osseux.

C'était maintenant la fin, mais malgré le fait que son corps lui rappelait sans cesse combien elle était sale, combien elle avait faim et combien elle avait soif, elle continua de jouer. C'était le seul moyen de pouvoir supporter l'insupportable, de surmonter l'insurmontable. Le piano était devenu son espoir de vivre, mais encore une fois, sa vie était défini et ses douleurs la rattrapèrent.

Jusqu'à ses derniers instants, Mina joua la même mélodie. Elle ne cria pas ni ne pleura pas, elle accepta simplement son sort, mais avec une sérénité qui n'aurait pu être obtenue sans le piano. Rien que pour cela, elle sourit. Elle fut reconnaissante d'être morte avec cet
objet entre ses mains, avec son espoir de vivre. À sa dernière expiration, elle tomba du tabouret et s'étendit par terre, les yeux rivés vers le piano. Elle était morte.

        
Avec toutes les bourrasques et la pluie qu'il y avaient à l'extérieur, la pièce n'arrêta pas de gronder. Avec tout ce vacarme, il était certains que le vent avait réussi à pénétrer le lieu. Ainsi, un courant d'air qui s'était baladé par là, ouvrit la porte.

Elle n'avait jamais été fermée.

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⏰ Last updated: Oct 12, 2022 ⏰

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