Chapitre 1 : Prologue

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Mmmh...je m'appelle Ozeria, j'ai...euh...ah oui 18 ans. Je sens mon cœur battre donc je suis vivante. J'ouvre un œil et je vois le plafond et les lumières que font les éclairs à travers ma fenêtre, je sens le drap sur mon corps nu et je sens l'odeur du pétricole. Bon, tout mes sens sont là, tout est comme quand je me suis endormie. Oui, tout est pareil. Je me lève et sens la froideur du parquet sur mes pieds. C'est assez rassurant, dans un sens. Aujourd'hui, c'est pas la rentrée officielle mais c'est tout de même la rentrée, celle où le temps chaud et estival est passé, celle où le froid s'installe, celle où les cours commencent vraiment à me saouler. Je mets quelques fringues sans vraiment faire gaffe à ce que je fais, mais bon, c'est violet. Je me brosse les dents, le dentifrice me brûle, il a un goût de pieds, bordel je le déteste ce foutu dentifrice. Je prends mon sac, mais je suis en contrôle automatique. Je lance ma playlist et ça lance sur « Love grows where my Rosemary Goes » bordel, j'ai honte, mais qu'est-ce que j'aime cette chanson. Ma mère l'adorait. Quand je sors de chez moi, je remarque être vraiment mal habillée, on dirait mon pyjama, mais bon je m'en fous. Quoique, ça donnera un objet de haine de plus aux autres. Je suis belle, j'ai toujours été belle. Je suis blonde et j'ai les yeux bleus-gris ou bleus canard. Mes yeux sont beaux mais ils ne s'y trouvent aucune vie, aucun scintillement. Ma mère disait que ça faisait partie de mon charme, comme une sculpture ou une peinture.  Je descends les escaliers de l'immeuble où je vis, et, assez vite, je me retrouve trempée par la pluie. D'habitude, j'aime la pluie, elle m'apaise, comme si la froideur des gouttes perlant sur mon corps libérait tout complexes, ça me fait me sentir libre. Mais bon, c'est pas une histoire belle, ma vie je veux dire, alors au lieu de voir la pluie comme un câlin froid, j'ai l'impression qu'elle annonce un mauvais présage. Génial, c'est vraiment une journée de merde. En arrivant au lycée, je sonde chaque élève. J'ai toujours fait ça, on m'a dit que j'étais surdouée. Une époque, ça me gênait, j'avais l'impression d'être une pouffiasse à juger au moindre regard. Puis j'ai compris que j'étais belle et bien une pouffiasse de surdouée mais que, bon, dans ce monde, il vaut mieux être une pouffiasse. Bref, je sonde plusieurs profils bien communs. Il y a beaucoup de gens qui essayent de se donner un style. C'est triste car les gens essayent tellement d'être différent que l'originalité, c'est devenu commun. Je remarque mon seul ami, Naël. Il est là depuis longtemps pour moi. Je sais pas pourquoi, il est gentil, lui. Mais vraiment, c'est le seul qui ne me donne pas des hauts le cœur. Bordel, heureusement qu'il est là, même si je lui dirais jamais. Je remarque aussi Jennie, c'est une poufiasse. Elle et ses connasses de barbies qui croient être importante pour elle, m'harcèle depuis des années. Pourtant, je crois que je la déteste pas. Quand je regarde au plus profond de ses yeux, j'y voit la turpitude. Mais bon, je l'évite quand même. Il y a ensuite les neutres. Je les appelle comme ça parce qu'ils n'ont jamais rien fait, ni en bien, ni en mal. Parmi eux, il y a les Ken, les bizarres, les fantômes et les intellos, pas besoin de vous les présenter, vous les connaissez. De là, Naël vient me voir :

-Hey, t'as vraiment un sale look aujourd'hui.

-Ta gueule, c'est pas mon jour.

-ça se voit, tu t'es fait rouler dessus ou quoi ?

-Non, c'est mon plan d'hier, il m'a déchiré...

Ah oui ! Je me drogue, petit détail, mais bon, rien de hard.

-Tu devrais arrêter, ta mère aurait pas aimer.

-Je fais ce que je veux, et ma mère, c'est pas non plus mère Thérèsa. Elle a pas mal chié son adolescence aussi. Donc, maintenant arrête de jouer au moralisateur.

Ecoutez, je sais que je le traite pas aussi bien qu'il le mérite, mais encore une fois, je suis une pouffiasse donc bon, j'ai l'étiquette, autant en profiter. Après, au déjeuner, je...attendez...ça va pas, on est pas dans une histoire d'ado à la con donc non, il ne s'est rien passé à la cafétaria le midi, à part que la bouffe était pas trop déguelasse pour une fois. Je passe la journée, à mon habitude, à faire le fantôme. Il est 18h et je rentre enfin chez moi, il fait nuit mais les lumières des étoiles que j'aperçoit à travers les nuages, me réconforte. J'aime bien les étoiles, ce sont des lumières dans le noir de la nuit. Puis, toutes les bonnes choses de la vie sont comparables à des étoiles, les bougies des gâteaux d'anniversaire, les chips à la crevette et les lampes torches quand petit, tu te flippais dans le noir. Mais bon, à force, vous devriez me connaître, je ne vais pas juste passer une nuit banale à regarder les étoiles. Une autre lumière attire mon attention. Le temps d'une seconde, une très forte lumière venant du bout de la rue, m'éblouit. Ça aussi, c'est comparable à une étoile, mais je sais pas si c'est positif. Je décide d'aller voir, et dès que j'arrive au bout de la rue, un autre flash m'éblouit. Ainsi de suite, je me retrouve perdue dans les bois. Je me sens comme Mérida dans Rebelle mais bon, je suis blonde. Je ne sais pas combien de temps j'ai marché mais mes pieds me font mal. J'aurais dû me casser mais non, je devais me mêler de ce qui ne me regarde pas, sinon, mon histoire perdrait de son intérêt, pas vrai ? Je suis quand même fière de t'avoir assez intéressée pour que tu me suives jusqu'ici mais bon, je me perds, reprenons aux maux de pieds. Comme une débile, je continue de marcher et finit par tomber sur une ruine de château en dessous du ciel étoilé qui semble me sourire.

The girl I used to knowDes histoires addictives. Découvrez maintenant