Il fait sombre.
Il fait froid.
Tu es seul. Tu as peur.
Tu ne sais pas ce qu'il peut t'arriver ici.
Peut-être trouveras-tu ce que tu cherche. Peut-être pas.
Mais tu sais que cette chose, tu vas la chercher sans relâche. Jusqu'à la mort. Et tu sais que si cette chose ne vient pas à toi, tu viendras à elle.
Tu n'as plus peur des autres. Ils ne peuvent plus te faire de mal. Tu sais que sur ce point-là, tu les domine sans efforts.
Mais c'est du vide autour de toi que tu as peur. Sans personne, tu te rends compte que tu n'es rien. Ça t'angoisse. Tu te mets même à paniquer. Il faut dire que dans ta quête égoïste du bonheur, tu as lâchement abandonné ta famille, tes amis, tous ceux qui avaient placé leur espoirs en toi, ceux qui avaient confiance en toi.
Et tu croyais qu'en te tirant une balle dans la tête ce matin, après avoir emmené tes enfants de 4 et 8 ans à l'école, puis déposé ta femme avec qui tu es marié depuis 21 ans en face de son travail, ça allait résoudre tous tes problèmes.
Trop de pression, dis-tu ? Et tous ceux qui étaient là pour toi ? Y-a-tu seulement pensé ? Ils t'auraient pourtant aidé, ils t'aimaient ! Mais évidemment, tu as préféré ne penser qu'à ta gueule ! Tu ne trouveras plus jamais ce que tu cherches ! Car c'est les longs cheveux châtains de ta femme, le sourire espiègle de ton fils aîné et le regard profond de ta fille que tu cherches ! Ta fille ne t'auras connu que 4 ans ! Elle devra apprendre à vivre sans l'amour paternel, et devra dire à ses enfants comment tu l'as laissé, elle et ta famille, comment tu leur as laissé une maison vide, seuls dans les pleurs et l'incompréhension. Mais maintenant c'est trop tard. Tu es coincé, sans retour en arrière possible. Et je vais te dire un truc. Bien fait pour toi.
