Courageuse

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Aujourd'hui au programme c'est une nouvelle plutôt typée horreur. C'est la première que j'écris dans ce genre là. J'espère que ça vous plaira. N'hésitez pas à me faire part de vos impressions.

Bonne lecture et bons frissons !

...

Grande fan d'aventure en tous genres mais surtout de sensations fortes et de frissons, je m'étais mise en tête de faire de l'urbex et de filmer chacune de mes explorations.

Il se trouve que près de chez moi il y a un cimetière de vieux trains abandonnés, près d'une ancienne gare et d'une voie ferrée où depuis longtemps plus aucun train ne passe.

Bref. C'était la totale, locomotives usées, wagons rouillés le tout qui grince lugubrement et détail que je n'avais pas prévu : un orage digne de ce nom. Explorer ce lieu lors d'une nuit d'orage était pour moi une expérience formidable, puisque j'allais me mettre à l'épreuve et tester les limites de mon courage une nouvelle fois.

J'avais tout prévu : caméra, batterie de secours, imperméable, pull bien chaud, pantalon introuable, chaussures de randonnée, de quoi soigner d'éventuelles blessures, spray au poivre et matraque télescopique car on ne sait jamais sur qui on peut tomber...

Je suis dans ma voiture, je viens de finir l'introduction de ma vidéo, j'ai coupé ma caméra, elle ne filme plus.. Un sentiment d'excitation me vient, et l'angoisse me serre la gorge. Un éclair zèbre le ciel. Parfait. L'exploration va pouvoir commencer.

Il y a 20 minutes que je suis sortie de ma voiture et que je l'ai fermée à clef. J'ai eu le temps d'explorer une vieille locomotive et trois petits wagons. Je monte dans le quatrième. Et la surprise. Il est plutôt en bon état. J'analyse ce nouveau décor du regard. OK. Rien de suspicieux, jusqu'à ce que mon regard tombe sur des seringues, et des ossements. Ce pourrait-il qu'un toxico vive ici ? Peut-être qu'il vit en autarcie et qu'il se nourrit d'animaux qu'il attrape dans la forêt ? Plus loin, j'aperçois un... Ce que l'on pourrait qualifier de nid. Plus on s'approche du nid et plus le nombre d'os est important. Le problème est que ce ne sont pas des « petits » os. Loin de là. Je n'ai pas vraiment fait d'études scientifiques, mais... J'aurais juré que

Un coup de tonnerre me fait sursauter. Mon euphorie diminue sévèrement et mon angoisse devient nettement plus présente. Il. Faut. Que. Je. Parte. D'ici.

Oui, il faut que je parte, je ne veux pas croiser ce toxico-cannibale chelou. Mais ça ne sert à rien de faire trop de bruit en partant d'ici comme une furie. Je repars de ce wagon comme j'y suis rentrée, c'est-à-dire calmement. Une fois dehors, mon sentiment de malaise augmente. J'ai l'étrange impression d'être observée. Des éclairs se succèdent les uns après les autres dans un balai aérien de plus en plus rapide. Je, je vois des ombres. Imagination ou pas, je n'ai pas envie de griller comme un poulet, le cimetière est entouré d'arbres et tout est en fer ici, c'est beaucoup trop dangereux.

La clairière où sont entreposés les wagons est vachement longue en fait. C'est peut être la peur qui me fait raisonner comme ça mais peu importe. La caméra tourne, ce qui me rassure d'une certaine manière.

Plus ça va et plus j'entends des grognements, le truc qui vient bien du fin fond de tes tripes, dégueu sur les bords. Puis des craquements. Mon sang se glace. Et je me retourne pour voir si c'est le toxico-cannibale qui me suis. Et là, un coup à la tête et plus rien. J'ai eu juste le temps d'apercevoir ... Une sorte de zombie ou lépreux ensanglanté.

Je ne sais pas combien de temps je suis restée évanouie. Mais la personne qui m'a assommé n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. Je sens le sang. Je retiens tant bien que mal un haut le cœur qui réveille des douleurs dans tout mon corps. Une larme coule le long de ma joue et se réfugie dans ce qu'il reste de mon pull.

Je me ressaisie. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir comme on dit. J'analyse la situation. Mon regard longe la pièce. OK. Je suis dans une étrange pièce blanche. On dirait une salle d'opération désaffectée. Je suis sûrement dans un ancien d'hôpital. Tout est blanc ou presque. Il y a des taches rouges qui persistent malgré l'acharnement que l'on a eu pour les enlever.

Je suis ligotée sur une chaise en plastique. En face de moi il y a une étrange machine... Je dirais qu'elle s'apparente à un tapis roulant, au dessus il y a une structure en fer. Une tronçonneuse y est solidement attachée. Ma caméra. Elle est en face sur une tablette. Elle, elle est allumée, je peux distinguer le voyant rouge qui clignote sereinement. Allumée. Dans quel pétrin je me suis encore mise ?Je viens de remarquer un hublot. Ou ce qui peut s'apparenter à un hublot.

Soudain, un grincement sinistre déchire le silence. Le tapis se met à bouger. Merde. Je commence à avancer. Lentement. Vers la tronçonneuse. J'essaye tant bien que mal de bouger, mais les cordages sont trop serrés. Ils me scient les poignets et les chevilles.

Une ombre apparaît au hublot. Démesurée et effrayante. Vêtue d'une blouse blanche tâchée. Elle semble me fixer. Lorsque la tronçonneuse s'allume avec fracas je ne sursaute même pas. C'est la fin. Une fin funeste, pas celle que j'avais imaginé. Je commence à pleurer silencieusement. Je pense à ma famille, à mes amis. Mes pleurs redoublent. C'est la fin. Mais je ne crierai pas. Je ne ferai pas ce plaisir à ce monstre caché derrière son maudit hublot.

Je serai courageuse jusqu'à la fin.

...

Petite précision : j'ai écrit cette nouvelle vers halloween dernier. C'est un post insta d'un compte qui publie des thread d'horreur qui avait fait un post "créez votre propre thread horreur" et j'étais tombée sur "lépreux", "orage" et "tronçonneuse" à caser obligatoirement à la nouvelle. 

CourageuseDonde viven las historias. Descúbrelo ahora