Il n'y a rien, plus rien... Plus que la désolation... Le monde a péri...
Les explosions ont touché la planète toute entière et 98 % de la population mondiale a péri malgré les abris anti-atomiques qui ont été libérés... Les bombes ne sont pas les seules responsables, les principaux acteurs de ce chaos sont les monstres. Ils sont arrivés il y a quinze jours à cause d'un astéroïde. La situation a officiellement dégénérée, il y a six jours de cela... C'est là qu'ils ont commencé à évoluer et à se multiplier. À partir de ce moment, la situation était hors de contrôle et les différents gouvernements ont décidé d'anéantir les créatures avec l'aide de ces bombes.
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Ça fait maintenant trois jours que nous sommes enfermés dans notre abri mon mari, Arthur, et moi, Lucie... Trois jours qu'il n'y a plus un bruit... Nous sommes des survivalistes et ça fait des mois que nous faisons des provisions. Ces derniers jours, nous avons reconnu l'importance de ses provisions, et avec ça, nous pourrions tenir au moins une année, si l'on rationne les vivres...
Demain, nous projetons de sortir de l'abri, une nouvelle fois, pour partir en quête de survivants. Nous avons survécu certes, mais quelque chose en moi a besoin de savoir si d'autres personnes s'en sont sortis.
De par mon métier, je sais les retombées radioactives finies. Nous pourrions sortir de manière sécure, en quête d'une vie : animale, humaine... Nous avons viscéralement besoin de ne pas nous savoir seuls.
Nous sommes le 9 septembre 2031, il est 22 heures. Nous préparons nos sacs, des masques à gaz, nos affaires et demain dès le réveil, nous partirons...
Quatre heures plus tard
Vu l'heure, dehors c'est la nuit, je n'ai pas réussi à fermer l'œil, stressée de savoir ce que nous pourrions découvrir durant notre future excursion. Arthur, quant à lui, dort paisiblement, en apparence... Tout ce qui s'est passé l'a profondément traumatisé...
Perdue dans mes pensées, je suis interrompue par un bruit sourd... Ça vient de dehors...
- Arthur ! Réveille-toi !
- Qu'est-ce-qu'il y a ? demande-t-il à moitié endormi.
- Il y a du bruit dehors !
Le visage de mon mari s'anime, laissant place à une expression à la fois intriguée et terrifiée
- J'arrive !
Il sort du lit d'un bond, s'habille, enfile un masque à gaz, prend une arme et se place devant l'un des terminaux permettant d'ouvrir la grande porte métallique. Je m'approche du deuxième panneau de commande et nous insérons tous deux une clé que nous portons autour du cou. D'un geste synchronisé, nous tournons les deux actionneurs. Dans un grincement sinistre, la porte s'ouvre.
Un nuage de fumée nous brouille la vue, rien ne bouge... Soudain, un bruit de raclement glaçant se fait entendre sur le sol métallique, suivi d'un claquement bruyant. Métallique lui aussi. Le son se rapproche... Les escaliers menant à la sortie du bunker se mettent à trembler de plus en plus fort et de plus en plus vite... Un homme sort soudainement de la fumée, dévalant les marches à plat ventre, il s'écrase à mes pieds, inconscient...
- Oh merde... Arthur ! C'est qui lui ? Merde, il est blessé !!! Aide-moi à le porter jusqu'au lit !
- Attends ! Si ça se trouve, il est contaminé ! rétorqua-t-il inquiet.
- Et si ça se trouve non ! Viens m'aider je te dis !
La porte se referme automatiquement, nous mettant en sécurité.
Nous posons l'inconnu sur le lit, il est salement amoché... Son bras droit et ses deux jambes sont cassées. A vue d'œil, il a une vingtaine de brûlures. Tout son torse est lardé d'éraflures et il a reçu un projectile dans l'œil. Visiblement, il a rampé jusqu'ici et pendant longtemps, vu l'état de son abdomen ainsi que de sa main gauche... Les brûlures, quant à elles, doivent sûrement être liées aux explosions. J'imagine qu'il devait être assez loin pour ne pas avoir été touché encore plus gravement...
- C'est pas beau ce qu'on a là... dis-je à Arthur, choquée par la gravité des blessures.
- Tu penses qu'il peut s'en sortir ? T'es infirmière, tu t'y connais mieux que moi...
- Je ne suis pas médecin... Mais je pense qu'il y a de grands risques qu'il ne survive pas. A moins de le placer dans en coma artificiel, là, il aurait peut-être une chance de s'en tirer...
Ayant gardé minutieusement tout mon équipement professionnel, je parviens à mettre l'homme dans un coma artificiel. Je l'intube puis le perfuse de manière à ce que son organisme ne manque de rien. Objectifs : le maintenir en vie, panser ses trop nombreuses blessures et lui épargner de souffrir plus.
Puis nous attendons, encore et encore, avec en fond sonore, la répétition du respirateur artificiel. Il ne se réveille toujours pas...
Huit mois plus tard
- Tu penses qu'il finira par se réveiller un jour ? demande Arthur
- Aucune idée de combien de temps ça peut durer... Ni des chances de réveil...
- Tu sais, on a presque plus de provisions... On en a encore pour deux semaines grand max... Tu sais bien ce que ça implique... on va devoir le laisser là s'il ne se réveille pas avant...
- Je sais bien... réponds-je le regard dans le vide.
Je retourne à mes occupations quand j'entends un gémissement.
- C'est toi Arthur ?
- Non...
Nous tournons tous les deux la tête vers l'inconnu
- Il est en train de se réveiller ! dis-je incrédule.
Nous nous approchons du lit quand l'étranger se met à tourner la tête vers nous :
- Où...où suis-je ? dit-il reprenant peu à peu ses esprits
- Vous êtes en sécurité, ne vous en faites pas, on ne vous veut aucun mal, lui dis-je, tentant de le rassurer
Il essaie de s'appuyer sur ses coudes pour se surélever un peu.
- Non non non, restez allongé, allez-y doucement...
- Mon œil, je ne vois plus rien avec !! Qu'est-ce-qu'il s'est passé ?
- C'est normal, je vais tout vous expliquer, mais... Vous ne vous souvenez vraiment de rien ?
- La dernière chose dont je me souvienne, c'était de voir une porte métallique et d'avoir tapé dessus, après ça... Plus rien...
- Votre souvenir... C'était il y a huit mois, lorsque l'on vous a recueilli.
- Huit mois ?! dit-il étonné
- Oui, on vous a placé dans un coma artificiel, c'était la seule solution pour que vous puissiez supporter la douleur de vos blessures. Et donc vous sauver... Il y avait des fractures, des brûlures, mais malheureusement, pour votre œil, on n'a rien pu faire...
- Qu'est ce qui a causé tout ça ?
- Les explosions...
- Quelles explosions ?!?
- Les explosions atomiques ! Celles qui ont détruit notre monde... Les monstres, c'est à cause d'eux tout ça.... Vous ne vous souvenez pas non plus ? réponds-je soucieuse
- Je me souviens... Ça y est... Les Arachnomorphes... Mon Dieu, j'aurai tellement voulu que ce soit un cauchemar !
- Les quoi ?
- c'est comme ça que je... que nous les avions appelés
- Qui ça "nous" ? Il y avait quelqu'un d'autre avec vous dehors ?
- Non, il n'y a plus personne... Elle est morte... Elle m'a demandé de la tuer et je l'ai fait... Je l'ai tué... Elle était infectée... J'ai rien pu faire...
- Je suis sincèrement désolée...
- Moi aussi... dit Arthur de l'autre bout de la pièce.
- Qui est cet homme ? Dit l'inconnu.
- C'est mon mari Arthur. Moi, c'est Lucie et toi ?
- Je m'appelle Théophile, mais appelez moi Théo parce que sinon c'est pas beau.