Signorina Salva

By ImMadTho

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Salva Gíno, une italienne native passionnée de Cuisine, plongée dans la monotonie quotidienne et les idées re... More

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Trenta
Trentuno
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Trentatre
Trentaquattro
Trentacinque
Trentasei
Trentasette
Trentanove
Quaranta

Trentaotto

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By ImMadTho

           C'est très long, vraiment, vraiment.

                               ***

— Yes maaann some fucking girl power !

— Euh.. Par contre les tuer en un seul coup comme ça j'suis pas d'accord hein..

— Shut up woman. Laisse moi apprécier mon film

Salva leva les yeux aux ciel avant de se re-concentrer sur le film. Une fois terminé, Alaïs s'exclame :

— C'est le meilleur film que j'ai vu de toute ma vie !

— Tu dis ça à chaque fois que tu vois un film féministe.

— Comment tu peux dire que Birds of Prey c'est un film féministe ?

— T'es sérieuse? The Emancipation of Harlin Quinn ? Y'a pas plus clair comme titre.

— Tant mieux, si on peut redorer l'image de la femme je ne peux qu'être pour.

— Mais c'est ça le problème, c'est juste un signalement de vertu. Les maisons productions balancent des films dit féminin avec un casting exclusivement féminin juste pour bien se faire voir "Regardez on est progressiste, on fait des films avec des femmes" et par conséquent il font des films sans vraiment de valeur artistique sans fond, comme Charlie's Angel par exemple, qui n'est pas un très bon film.

— Oui c'est vrai tu as raison mais, c'est déjà ça que de ne rien faire.

— Non, je ne suis pas d'accord, mieux on ne fait rien que de faire ça. Parce que à force, cela renforcera juste les idéologies des machistes ou même des non pro-féministe, cette idée que la féministe est celle qui veut la supériorité à l'homme, faire basculer le pouvoir pourtant c'est faux. Regarde Captain Marvel par exemple, la meuf est quasi indestructible, on l'a bourré de pouvoirs sans aucun défaut. C'est pour cela qu'on préférera toujours un Iron man ou même black Panther.

— Oui je suis entièrement d'accord avec toi mais, en même temps on ne peut pas trop classer Birds of prey dans cette catégorie parce que déjà, à la base Harlin  Quinn était automatiquement rattaché au Joker, et le faite qu'on lui offre un film à part entier est cool quand même.

— Ce qui, est une exception à la règle. Regarde par exemple, elle se tourna face à elle pour bien l'expliquer, Ocean's 8, sos fantôme ou même Charlie's Angel, ces films-là n'ont en réalité rien d'original, ce ne sont que des remakes de films d'hommes. L'idée n'est pas d'absolument démontrer que les femmes peuvent faire exactement ce que les hommes font et c'est pour cela qu'ils seront toujours critiqués. Quand tu prends Katnis de Hunger games, elle a plus marqué les femmes que n'importe quel personnage dans Ocean's 8, parce qu'à la base ce n'était pas un film « Féministe ». Au lieu juste de copier/coller et inverser les rôles, Hollywood devrait créer des histoires innovantes de tel sorte que chacun puisse se reconnaître un petit peu.

— Très bonne logique faut dire que je n'avais pas vu ça comme ça, finalement t'es plus féministe que moi.

— Je ne suis pas plus féministe que toi parce que je ne suis pas féministe tout court. L'être voudrait simplement dire que je suis pour la cause des femmes mais, je suis juste contre l'injustice. J'aurais pus tant argumenter sur la discrimination raciale ou même lgbt. Me catégoriser en tant que tel ne changerait rien en effet.

— Je ne veux rien comprendre, tu m'épouses maintenant, on va à Vegas. Sourit Alaïs, la faisant sourire à son tour.

— Si je t'épouse, tu acceptes les enfants.

— A quoi bon ? Si on a des enfants, on va se disputer tous les jours. Pour la simple et unique raison que tu seras contre l'idée de les fouetter et moi c'est comme ça que j'ai été élevé.

— J'abandonne, dit elle levant les mains au ciel, on ne va pas s'étendre sur ce sujet.

— Tu vois ? Parce que tu sais qu'on va se disputer.

L'italienne roula des yeux tellement qu'elle pensa voir son cerveau au passage.

— Il fallait que tes yeux se bloquent derrière ta tête. Lança t-elle, allant déposer les bols où se trouvaient les pop-corn.

— Fuck you.

— Ne me cherche pas blanc bonnet

Elles continuèrent de se taquiner pendant un moment encore en cette soirée de vendredi. Après un dernier film, elles parlèrent beaucoup de ce qu'elles allaient faire le lendemain et c'est donc réellement fatiguées que le monde des rêves leur ouvrit les bras.

10:06

Alaïs se gare dans une allée avant de descendre de la voiture suivie de Salva. L'américaine lui ouvre la porte du salon avant de refermer après elle. Heureusement, l'endroit est vide donc, ça leur ferait plus de temps pour faire autre chose.

— C'est vous qui êtes là ? Demande Alaïs, surprise de voir une femme.

— Oui, Diego est en congé pour l'instant.  Réponds t-elle avec un sourire

— C'est la première fois que je vais me faire coiffer par une femme mais, pourquoi pas.

Elle s'installe sur le siège tandis que Salva jetait quelques coups d'œil sur les magazines mis en disposition. C'était un endroit plutôt bien organisé et sympa.

— Alors darling, qu'est-ce que t'aimerai ?

La coiffeuse passa ses mains dans ses boucles, la regardant par le reflet du miroir extra large.

— Il faudrait que tu me rases les repousses sur les bords et m'enlève ces favoris s'il te plaît.

— Mais pourquoi ça ? T'es très mignonne avec tes favoris. Dit elle, touchant la dite zone.

Salva leva instinctivement sa tête, posant son regard sur cette coiffeuse qui osait complimenter sa copine.

— Si elle vous dit qu'elle ne veut pas ses favoris, c'est qu'elle ne veut pas ses favoris.

— Vous avez entendu ma petite amie. Conclut Alaïs, insistant sur le dernier mot

Cette pauvre femme commença donc son travail sans broncher.

Le rendu était plus que parfait, elle se touchait le visage devant le miroir, en totale admiration. Surtout que, la coiffeuse lui avait fait un léger trait sur les sourcils qui ne manquait pas de charme. C'est donc très satisfaite que ses doigts plongent dans la poche de sa chemise, sortant des billets de la façon la plus négligente qui soit. Sans même regarder la somme, elle les tendait à cette femme, qui, ne put s'empêcher de faire la remarque :

— C'est bien trop darling, ça c'est le prix d'un brushing complet.

— Prenez tout, j'avais envie de me débarrasser de mon liquide de toutes façons.

Dire qu'elle était étonnée est un euphémisme, elle hésitait vraiment à prendre. Constatant cela, elle se tourne, un sourire des plus charmeurs plaqué au visage et dit :

— Voyons, considère cela comme un pourboire, tu le mérites.

Comme d'habitude, l'effet accent + sourire+ yeux gris a eu raison de cette simple coiffeuse qui ne put s'empêcher de décoller son regard de cette tentation vivante.

— Vous allez prendre cet argent ? Intervient Salva, le ton vindicatif.

— Vous avez raison d'être sur la défensive, qui ne le serait pas ? Votre petite amie ressemble à un compte Instagram certifié. Conclut elle, prenant finalement l'argent.

Elles partirent donc d'un point A à un point B. L'américaine ne comprenait pas vraiment pourquoi sa petite amie s'était automatiquement changée en muette. Cela faisait quatre minutes qu'elle roulait pourtant aucune parole, et l'ambiance n'était clairement pas des plus joyeuse.

— Qu'est-ce qu'il y'a ? Demande t-elle lui jetant un regard rapide avant de se re-concentrer sur la route.

— Donc je ne peux pas rester calme sans raison ? S'énerve t-elle directement.

Alaïs leva des sourcils, un peu secoué par son ton. Le chemin se fait toujours dans le silence jusqu'à ce que, semblant s'être réservé depuis un moment, l'italienne ajoute :

— J'ai l'impression d'être en compétition permanente avec n'importe quel personne, garçon comme fille.

— Je pensais que t'étais pas du genre à être jalouse..

Sa copine lui lança un regard tellement noir qu'elle regretta ses mots.

— J'veux dire, t'as pas à te sentir de la sorte, c'est pas comme si ces personnes m'intéressent.

— Ça ne change rien, tu crois que c'est facile de voir à comment ces personnes te regardent ? Ils ont tellement d'envie dans leurs yeux, c'est vraiment inconfortable.

— Tu n'as qu'à regarder mon regard à moi, tu n'as qu'à te concentrer sur l'envie que j'ai à chaque fois que je te vois ou que tu me caresses car Dieu seul sait comment tu fais pour glisser aussi parfaitement tes doigts sur ma peau ; De mes yeux qui brillent à chaque instant que je me dis que je suis dans un putain de conte de fée quand tu m'appelles mon coeur, ou que tu me frôles sans faire exprès. Regarde moi, parce que moi, à ce moment-là, je te regarderai.

Après autant de mois de relation, elle n'aurait jamais cru encore sentir cet effet de papillons dans le ventre, encore moins de cette envergure. Conquise par ses mots, elle cachait son sourire niais derrière ses mains.

— On y est.

Après une très longue discussion sur le sujet, c'était un commun accord, elles allaient se faire tatouer pour la première fois. Bien évidemment, elles n'allaient commettre la légère folie de se graver leur noms ou initiales respectifs sur la peau. Chacune avait une idée bien brève du motif qui allait les accompagner toutes leurs vies.

La sonnette cloche quand l'américaine ouvre la porte, laissant encore une fois Salva lui passer devant. C'est donc face au tatoueur bien typique couvert de ses chefs d'œuvres sur tout le corps que l'italienne décide de passer en première, après qu'il ait appelé quinze minutes plus tard. Très appréhensive, elle s'allonge le long de la chaise à bascule. Il tourne légèrement sa tête vers la direction d'Alaïs qui lui tenait déjà la main, et appliqua à l'aide d'un coton une solution alcoolique sur son cou. Après avoir matérialisé au feutre le motif, il se mit finalement au chose sérieuse. Une heure de souffrance plus tard, elle avait enfin son premier tatouage : une phrase longeant horizontalement de derrière son oreille jusqu'au début de sa clavicule « Full of Dream ».

— J'ai littéralement envie de te manger le cou tellement c'est beau..

— Merci Alaïs pour cette belle hyperbole.

Au tour de l'américaine, elle présenta son bras, il n'avait même pas encore commencé qu'elle regrettait déjà. Elle n'aurait jamais deviné autant de stress quand c'était le tour de Salva. La douleur était une de ses plus grande peur, et la faire face à cet instant, était clairement la mer à boire.

— Damn my godness ! S'écrie t-elle quand elle sentit l'aiguille transpercer sa peau

La scène était des plus humoristiques, un gabarit comme le sien pleurnichant comme une gamine à son premier tatouage. L'italienne ne put s'empêcher de taper des barres et faire des vidéos avec son téléphone.

16:51

Elle balance ses clés sur la table basse, s'habituant progressivement à l'encre sur sa chaire. Voyant qu'il restait encore beaucoup de temps avant la fin de la journée, elle interpella Salva qui venait de se jeter sur le canapé, faute de fatigue.

— J'espère que tu aimes les dates bien bien clichés parce que j'ai que ça à te proposer, je n'ai vraiment pas l'intention de finir ma soirée devant Netflix.

— On adore les dates bien bien clichés. Laisse moi juste le temps de roupiller un peu après on sort.

— Je vais faire de même.

Deux heures trente plus tard, Salva terminait son maquillage dans la salle de bain tandis que l'américaine l'attendait dans la pièce de vie, se reluquant une énième fois. Un pantalon cargo couleur vert militaire, un pull capuche de la même couleur couvert par une veste utilitaire sans manche noire remarquable par ses multiples poches et enfin des sneakers grosses semelles blanches comme à l'accoutumée. Salva apparaît un instant plus tard, cette fois-ci, elles n'avaient pas harmoniser leurs couleurs de tenues. La brune par contre, brillait par le bleu jean de son habillement, mini short taille haute et veste. Il n'y avait que son top blanc à l'intérieur qui s'alliait parfaitement à la couleur de ses sneaker, identiques à celles de sa copine. Car même si Alaïs n'avait pas pu leur faire porter la même couleur, elle trouva quand même un moyen de jumelage.

— Look at you babe... T'es tellement belle, tu devrais sortir avec un de ces mannequins hyper musclés et ténébreux de chez Hugo Boss. Sourit Alaïs

— Tu te fous de moi, t'es milles fois plus belle que moi.

L'américaine eut un pincement de voir qu'elle pensait ça et se rapprocha d'elle, avant de prendre son menton entre ses doigts.

— Toi, tu as une beauté pure, une sainte beauté si tu préfères. La première pensée que tu inspires à une personne au premier regard c'est : « Putain j'ai envie de faire du bien à cette fille » ; tu as un visage d'ange, tu n'es pas attirante parce qu'on a envie de coucher avec toi, mais parce qu'on a envie d'une relation avec toi, parce que tu inspires la confiance, on est rassuré près de toi. De nous deux tu es la plus belle, tout simplement parce que moi, j'ai été avantagée par la nature pourtant toi, tu es la femme la plus lambda que je connaisse, et malgré toute cette simplicité, tu sors du lot. Je te suis tellement reconnaissante de m'avoir choisi moi, car je ne sais pas si un jour j'aurais pu trouver une femme comme ça ailleurs Signorina.

Après lui avoir posé un bisou sur le front, Alaïs la prend immédiatement dans ses bras manquant de voir le rouge qui lui était monté jusqu'aux oreilles.

— Prête pour le date le plus cliché qui soit ? Dit elle après l'avoir lâché

— Je ne demande que ça.

Elles mêlent instinctivement leurs doigts avant de sortir de l'appartement. Salva ne se lasserait jamais du confort de cette voiture, cette atmosphère agréable. Elle fait monter sa vitre tandis que l'autre choisit la bonne station radio – elle a toujours adoré écouter la radio dans une voiture – puis, elle s'apprêtait à démarrer quand une pensée la stoppa.

— Mais attends... On va où ?

— Ah ouais c'est vrai, on y a pas pensé.

— Bon. Quels sont les endroits les plus clichés que tu connaisses pour un rendez-vous ?

— Déjà y'a le resto, la base. Y'a bowling, pic nic au claire de lune, ciné, y'a la fête foraine-

— La fête foraine sera par-fait !

— Cool alors, y'a Cris qui m'a parlé d'une fête foraine ouverte à Ponte Spinola, tu sais, près de l'aquarium.

Elle hocha simplement la tête tel un coché avant de se mettre en route.

20:39

Après l'avoir prévenue de rester à sa place, elle fit la ronde avant de lui ouvrir la portière. La nissan se verrouille derrière Salva et les néons lumineux provenant de l'emplacement aguichent déjà leurs curiosités.

— Attends ici, je viens de voir un truc, autant bien entrer dans le thème. Préviens Alaïs

Comme une sage fille, elle attendait que sa petite amie revienne, il ne fallut pas l'éternité pour que son date re-pointe le bout de son nez, le sourire aux lèvres et les mains derrière le dos.

— Salut, désolé pour le retard mais, j'ai pensé à t'acheter ça en venant.

L'américaine lui tends un bouquet de roses rouges, feignant la timidité et Salva ne peut s'empêcher de sourire à sa comédie.

— Merci, elles sont magnifiques. S'émerveille  la brune, les portant à son nez.

— Elles sont à ta hauteur.. Dit elle plus sérieusement, et Salva ne pouvait déceler si elle jouait encore.

— Merci c'est la première fois qu'on me dit un truc si gentil, je te trouves aussi super sex- je veux dire euh...belle.

Il leur fallut serrer les dents pour ne pas éclater de rires.

— Bon on y va ? Ton père a dit 23h, et je n'aimerais vraiment pas me faire tuer. Demande t-elle, passant nerveusement sa main derrière sa nuque.

— Bien sûr. Sourit elle

Salva glissa son bras autour du bas de son dos et Alaïs eut un hoquet de surprise.

— Wow tu joues extrêmement bien la comédie, j'y ai cru.

— Nan je jouais pas, c'est comme ça que je me sens près de toi, tu me stresses en permanence..

Encore ces foutus papillons.

Plus le temps passe, plus leur date bien bien cliché leur fait du bien. Elles firent le maximum d'efforts pour faire toutes les activités possibles, sauf bien évidemment ceux dont Alaïs en avait la phobie. Il y eu l'incontournable moment où l'américaine lui gagna un ours en peluche, la cabine à photo y passa aussi. Elles se goinfrèrent de barbe à papa arc-en-ciel, de glaces et autres sucreries en tout genre. Apres de longues minutes d'argumentation Salva réussit quand même à lui faire faire la grande roue, ce qui, fut une très mauvaise idée puisque sa petite amie a frôlé l'AVC. Elle passa donc plus de dix minutes à essayer de la calmer, pauvre d'elle qui pleurait déjà, la main sur le coeur respirant tellement fort qu'on aurait qu'elle était asthmatique. Cette épisode ne gâcha tout de même pas la soirée - du moins c'est ce qu'elle espérait -

— On ne peut pas avoir un date bien bien cliché sans aller au restaurant, c'est la base d'un premier rendez-vous, le moment où on apprend à se connaître parce qu'on a pas le choix.

L'américaine ne contesta pas, mais cette fois, elles optèrent pour un restaurant chinois, pour changer.

Toujours un peu secouée par ce traumatisme, Alaïs s'assoit calmement, le regard dans le vide. Le serveur apporte les menus, et c'est toujours dans une lourde ambiance que les commandes sont faites.

— Hey mon coeur, tu prends quoi ? L'interpelle Salva, essayant de capter son attention.

— Euh... Je vais prendre.. Les rouleaux de printemps.

Il hoche la tête, reprend le menu avant de disparaître. L'italienne regarde sa petite amie qui se réfugie totalement dans son portable, mettant une barrière à une quelconque conversation.

— C'est pas de ma faute tu sais...

— C'est bon ça va, ça va me passer. Je suis juste encore choquée, te reproche rien t'inquiètes.

Elle pose brièvement sa main sur la sienne pour la rassurer. Et là Salva su qu'elle n'allait plus jamais négliger ses phobies aussi nombreuses qu'elles soient. La dégustation se fait dans la même atmosphère, se jetant quelques regards furtifs par-ci par-là.

— Je me sens tellement mal et idiote, j'ai l'impression d'être une mauvaise copine, j'aurais vraiment pas dû te forcer à faire ça sachant très bien ta peur.

— Hey princesse ça va... C'est bon c'est passé.

— Tu dis juste ça comme ça mais j'ai bien vu à quel point ça t'as affecté. Pardon j'aurais vraiment pas dû.

— Sérieux c'est moi que tu rends mal en étant comme ça.

Elle ne dit rien un instant avant de dire :

— Je veux qu'on rentre s'il te plaît.

— Comme tu veux..

23:58

Pour un date bien bien cliché, la fin ne s'était pas terminé par le fameux baiser devant la porte.

— Oui c'est vrai, tu a eu tort de me forcer. Mais qui peut te blâmer ? Tu voulais juste qu'on passe un bon moment ensemble, la roue fait en quelque sorte parti du règlement des rendez-vous typiques. On pourrait aussi me blâmer d'avoir accepté, moi connaissant plus que quiconque ma phobie.

— Oui mais tu as fais ça pour me satisfaire c'est pas ta f-

— Toi aussi Salva, toi aussi. On est tous les deux coupables de trop s'aimer. Je t'aime tellement que j'ai cru un instant pouvoir braver mes peurs et mes interdits pour te satisfaire et tu m'aimes tellement que tu voulais me faire sentir la joie que cet attraction pouvait apporter et surtout cette joie là, tu voulais qu'on la partage ensemble, notre joie à nous. Dis moi maintenant, à qui la faute alors ?

L'italienne posa une main sur son front, le sourire aux lèvres avant de déclarer :

— Je souhaite vraiment aux gens de sortir avec des purs littéraires parce que putain de merde que tu parles bien...

Il est minuit, j'ai dépassé le couvre-feu, ton père va me tuer.

— Puisqu'il est si tard, autant mieux passer la nuit. Dit elle, venant croiser ses bras autour de son cou tandis que l'autre attrape ses hanches.

— Je vois... Mademoiselle est du genre à embrasser au premier rendez-vous.

— En général je ne suis pas comme ça mais, il y'a des cas de force majeur..

Elles échangèrent un baiser simple, simple et innocent, un baiser de date bien bien cliché.

— Je sais tout de toi, toute ta vie, tous tes côtés, ton passé tes histoires, mais toi, il y'a encore une histoire que tu ne sais pas de moi. Et j'ai envie de te la raconter maintenant.

Salva la guida sur le canapé, où, elles prirent soin de s'installer confortablement. Elle prenait son temps pour se lancer et l'américaine jugea bon de ne rien dire pour ne pas la brusquer.

— Une fois tu m'as demandé pourquoi je faisais la "raciste" avec toi, je suis prête à te dire pourquoi maintenant.

Elle soupira encore avant de commencer :

— Mon frère et moi avions dix-huit ans cette année là. En général, Sergio et moi n'étions pas les meilleurs amis du monde, en faite nous n'étions même pas des amis. Notre relation était purement familiale, ce qui était vraiment contradictoire à la norme puisque c'était mon jumeau. Malgré nos âges similaires, il s'était toujours pris pour le grand frère et je ne peux pas cacher qu'en tant que tel, il assurait vraiment et c'est pour ça que je ne l'échangerais pour rien au monde. Maintenant, Il y avait, il y'a quelques années, un homme, un immigré originaire de je ne sais plus d'où mais c'était un noir. Il trainait souvent à la cathédrale, mendiant par-ci par là. Il faut savoir que mon père est le diacre de cette chapelle, et donc raciste de son état n'aimait pas trop le voir là. Un jour, cet homme avait décidé d'aller se libérer au confessionnal mais, le père Rivianno n'était pas là par conséquent il tomba sur mon père. J'étais là ce jour-là quand, comme un déchet humain, le mari de ma mère le chassa l'insultant de tous les noms tandis que des hommes le traînaient dehors, il n'osait même pas le toucher.

Alaïs eut un léger frisson.

— Après cela, il s'est passé des jours sans qu'on ne le revoit, il avait comme disparu. Et c'est seulement des échos du quartier que j'ai su que mon père avait inventé un scénario de toute pièce. Il était allé raconter a la population locale que ce brigand l'avait agressé en pleine église et donc qu'il fallait le bannir. Je ne pu le défendre parce que, les dires de mon père dans ce quartier sont des magisters dixit. L'eau a coulé sur les ponts, jusqu'à ce que un soir, mes parents étaient sortis pour je ne sais plus quoi et, Sergio et moi étions resté seuls à la maison. Le temps passe, il se fait tard, on sonne à la porte. Mon frère me demande de ne pas bouger, qu'il se charge d'ouvrir. Ça a prit le temps de trente secondes Alaïs, trente secondes, il s'est levé après avoir posé son portable sur la table, à la tierce même où il cassa le poignet pour accueillir "nos parents " un énorme bruit me fit balancer mon téléphone. Le temps de regarder ce qui se passe, il était déjà étalé au sol, une balle dans le front. Et puis j'ai vu son visage, le visage de ce migrant qui n'a même pas eu le cran de se couvrir le visage.

Une seule larme ruisselait sur la douce peau de sa joue, une seule. Pleurer lui était vraiment difficile, et surtout que elle en avait trop versé pour cette histoire. Alaïs par contre, avait la vu complètement floue par ces larmes qui s'apprêtaient à s'échouer sur le canapé.

— Depuis ce jour, j'ai développé pas une haine, mais une peur immense des noirs, les catégorisant tous dans un même cercle.

— Mon Dieu, mon amour... dit elle plaçant ses mains sur son visage, comment as-tu pu surmonter un truc pareil ? C'est effroyable. Qu'est-ce que tu fous avec moi ? Je me sens mal de t'avoir approché maintenant... J'ai dû te rappeler tant de monstruosité.

Elle ne pouvait quand même s'empêcher de trouver la situation légèrement amusante, sachant que c'est Alaïs qui pleurait actuellement. Elle la prit dans ses bras, caressant doucement son dos.

— Déjà de un, tu t'es vu dans un miroir ? Impossible de te résister. Et de deux, on va dire que quand l'amour se présente à toi, peu importe sa forme tu ne peux l'éviter. Je ne suis pas une adepte des novelas espagnoles mais, nos destins étaient croisés. Et puis, au fur et à mesure je me suis rendu compte que je n'en voulais pas aux noirs, mais à cet homme là. Allez arrête de pleurer, tu me voles la vedette.

Cette phrase la fit rire et elle s'efforça à faire taire sa sensibilité.

— Il est deux heures, allons nous coucher maintenant. Termine Salva.


*

— Jamais tu te lèves tôt en faite.

— Euh mademoiselle, tu te lève à six heures trente tous les matins qu'importe l'heure à laquelle tu t'es couché. Contrairement à toi, je ne suis pas un réveil matin en manque de sommeil.

En effet, l'étoile d'or c'était déjà levé depuis bien longtemps en ce midi et quart.

— La personnification ne marche pas comme ça..

— Ok super littéraire !

L'américaine se re-concentra sur animal crossing tandis que Salva vint s'asseoir sur ses cuisses, à seul but de jouer avec ses nerfs. Alaïs essayait tant bien que mal de regarder son écran mais sans grand succès.

— Bon tu veux quoi ? Demande t-elle après avoir mis pause.

Salva entoure son cou avant de poser sa tête sur son épaule.

— Tu pars la semaine prochaine, j'essaie de profiter de toi autant que possible.

Elle lui pose un bisou sur le front avant de recommencer à jouer.

— J'ai pensé à un truc..

— Hmm

— Tu te rappelle d'Adriana ?

— Euh Ouais, la seule meuf qui réussissait à m'égaler en littérature comparée. Elle m'a donné un sacré fil à retordre celle-là.

— Eh bien, ça fait pas très longtemps qu'elle s'est installée à Venise, chez son oncle. Y'a une semaine elle m'a proposé de passer quand je voudrais puisqu'apparemment il serait parti pour un mois à Rome.

— Et donc... Tu te disais qu'on pourrait y aller pendant cette dernière semaine qu'il nous reste c'est ça ?

— Oui parc-

— Parce que ça nous ferait changer d'air et en plus Ad elle est cool de même que sa grosse maison. On pourrait aussi inviter Cris, Matt et Elio pour plus de fun.

Salva eut un mouvement se recul avant de dire :

— Sois tu es une sorcière liseuse de pensées sois rien d'autre en faite.

— C'était bizarre non ? T'inquiètes, j'ai juste fais la creep et regarder tes messages.

— Il faut vraiment que je pense à retirer ton empreinte de là...

— Tu le fais, je le fais et contrairement à toi, moi je le supporterais.

— Bref whatever... Du coup, on le fait ou pas ?

— D'accord, je partirai de là-bas directement. Je préfère largement les aéroports de Venice que ce village de Genoa. Et dernière chose, je préviens les autres et toi Matteo.

— Euh... rectification Genoa n'est pas un village, c'est juste peu peuplé et de deux Pourquoi tu l'appelles pas toi même ?

— Comme ça.

C'est donc la poitrine pesant des tonnes que Salva aidait sa petite amie à faire ses valises, le lendemain de ce jour là. Rien ne manquait à l'appel, elle raflait toutes ses affaires jusqu'à la brosse à dent. L'italienne sentit à ce moment-là la véracité de la situation mais surtout, vivait déjà le manque avant le manque. Ces pièces devenaient au fur et à mesure que des simples tas de souvenirs. Certes, elle emportait tout ce qui l'identifiait à cette maison, mais sa présence y perdurera certainement. Elle-même, pouvait sentir cet énorme douleur à chaque fois qu'un vêtement ou objet atterrissait au fond de ses valises, cet appartement, représentait tout de même l'entièreté de son parcours en Italie et donc une importante partie de sa vie. Cette pièce où, elle avait tapé ses meilleurs fous rires avec Matteo et Elio, où ils passaient des heures à jouer sans s'en rendre compte, refaisant le monde. Ce salon, qui se souviendra toujours de ces fêtes complètement « random », de ces Vas-et-vient devant Netflix, et même de certains moments intimes avec sa dulcinée. Cette chambre, qui l'avait vu pleurer, s'amouracher, papoter des fois avec elle-même, réfléchir, lire, se poser des questions hyper existentielles et surtout dormir - le plus imminent - ; tous ça là, n'était redevenu que quatre mur meublé, exactement comme au premier jour.

— Bon on y va ? Demande t-elle, après avoir extirpé une larme sur sa joue.

Encore plus triste qu'elle, Salva n'a même pas la force de prononcer une syllabe et se contente de hocher la tête.

11:44

— Bon tout le monde est là, je pense qu'il est temps de se mettre en route, il y'a du chemin.

Elle démarre donc sous le regard de sa bande habituelle, qui les avait rejoints il y'a quelques minutes de cela. L'italienne met la radio, et elle lui adresse un sourire de reconnaissance.

Conduire pendant quatre heures non stop n'était pas vraiment la chose la plus facile du monde, heureusement, ses camarades de vie ne s'étaient pas perdus dans le royaume de Morphée cette fois-ci. Leurs discussions successives aidaient à ne pas trop s'ennuyer. Salva s'était beaucoup faite complimenter pour son tatouage, et il fallait avouer que ça lui ajoutait un truc en plus, qui venait un peu briser cette sainte façade qui la constituait.

Malgré les plaisanteries et les fous rires, l'américaine n'évita pas les fourmis dans les jambes et les crampes aux épaules. Matteo lui avait gentiment proposé de prendre le relais auquel elle avait froidement retourné sa proposition, installant instinctivement une ambiance très électrique. En effet, rien, de son côté, n'avait été mis au point quant à sa "réconciliation " avec le français. Normalement elle n'est pas souvent autant rancunière, mais le faite que ces propos blessants soit sorti de sa bouche à lui envenimait sévèrement les choses. S'il eut tenu de tels déclarations c'est qu'il les pensait ne serait-ce qu'un petit peu. Elle évita de lui parler au maximum pendant le trajet, pour ne pas sortir de ses gonds.

17:07

Adriana semble encore plus resplendissante que dans ses souvenirs, de même que cette ville dont l'authenticité ne laisse pas de marbre. Elle se perdit pendant longtemps à admirer la structure, le mode de construction des maisons, celles-ci sont construites sur des îlots marécageux, au milieu d'une lagune isolée de la mer Adriatique. Toutes ces gondoles flottantes sur cette eau, ces toits rouges rendait Venice vraiment magnifique. Mais elle ne pu le voir que partiellement, jusqu'à ce qu'ils arrivent tous à destination. Elle dû bien évidemment garer sa voiture dans un parking à Trochento, puisqu'il n'y a pas de routes valides.

Cela fait déjà quinze minutes que leur hôte leur font une visite guidée tandis que le majordome –parce qu'il y'en avait un– montait les valises à l'étage. En tant qu'ancienne rivale, Adriana accueillit particulièrement l'américaine, lui assurant services et confort. C'était une belle maison de bourgeois, entièrement bâtie en bois ancien, le parquet craquant apportant davantage le charme de l'ancien.

Plus tard dans la journée, après que chacun ai fait connaissance de ses appartements respectifs, ils décidèrent de faire la balade incontournable en gondole. Ils s'étaient donc répartis en trois groupes, Matteo et Elio, Cris et Adriana et bien évidemment, Salva et Alaïs. Les gondoles, les canaux, la bonne chair, l'ambiance romantique, n'en finissaient pas d'enchanter ces non-natifs. En naviguant de palais en palais et d'église en église sur le Grand Canal, l'américaine eu l'impression de se trouver au cœur d'un tableau grandeur nature. Et quoi de plus merveilleux en pleine nuit comme à cet instant, elle ne peut s'empêcher de faire des snaps tellement émue par tant beauté.

— Je vais certainement finir ma vie ici, rien à dire. S'émerveille Alaïs tandis que ses yeux brillent à la fin du trajet.

Salva ne dit rien et lui prend la main, attendant les autres qui arrivaient progressivement sur la terre ferme.

— Vous voulez qu'on continue sur la place San Marco ou, vous préférez qu'on le fasse demain ? Demande Adriana après que tout le monde soit présent.

— On va d'abord se reposer, on a six jours, c'est suffisant.

Ses yeux s'ouvrent sans son consentement, il est exactement six heures cinquante deux sur son portable. Salva dort encore malgré les rayons rebelles du soleil sur son visage qui ont réussi à traverser l'épaisseur des rideaux. Sans vouloir la réveiller elle se retire du lit tel un félin. Cet odeur vieillot provenant des bois l'enchante plus qu'elle ne l'aurait pensée. Elle essaie tant bien que mal de réduire le bruit du parquet qui craque quand elle se retrouve finalement face à la fenêtre. Après avoir légèrement poussé le lourd tissu bordeaux, la vue la mets dans un état euphorique. Le cortège de gondoliers s'était déjà activé, avançant soit seul soit avec une/deux personnes. Le soleil est encore très orangé due à l'heure et une légère brise froide congèle ses paupières. Pendant ces instants perdus dans le décor local, elle sent une main lui ébouriffer les cheveux, et le temps de se retourner, elle ne put seulement constater l'absence de sa compagne sur le lit. Alors, elle décide de remettre de l'ordre avant de descendre la rejoindre.

Une fois dans l'espace de la cuisine, Salva bâillait une main sur la bouche face au frigo qu'elle venait d'ouvrir. Elle lui lance un bonjour très bref avant de se lancer dans le rangement. L'italienne fit le déjeuner à tous le monde et Alaïs s'était tout simplement chargé de le disposer sur la table.

— Vous n'auriez pas dû, il y'a du personnel pour ça. Sourit Adriana, après les avoir rejoints

— Alors c'est pas à nous que tu dois le dire, t'as là une cuisinière et une maniaque du rangement.

— Si pour toi aimer la propreté c'est maniaque pose toi des questions meuf... Formule t-elle, la bouche pleine.

Adriana sourit, et les autres les rejoins très rapidement. Matteo s'assoit près de l'américaine, elle hésite à changer de place mais Salva lui lance un regard réprobateur. Ils parlèrent longtemps des activités prévues pour la journée jusqu'à ce que la maîtresse de maison reçoit un message qui la fait s'éloigner du groupe.
Elle revient plus tard suivi de près par un grand blond aux yeux bleus plutôt charmant.

— Je vous présente mon cousin Giuliane, il va passer la semaine avec nous.

Ils prirent donc connaissance du jeune homme, à priori sympa au premier abord.

Puisque le temps est l'un des facteurs du déterminisme, la petite bande, pour le conserver, a décidé comme prévu de faire cette balade piétonne sur la place de San Marco. Épris d'un coup de cœur, continua sur leur visite sur les magnifiques ponts de cette ville, notamment le fameux pont des amoureux où de multiples cadenas sont scellés en signe d'amour éternel aka Ponte dell'Accademia. Venise était définitivement le meilleur endroit pour des souvenirs à user dans les soirs de grandes nostalgies.

17:37

— Non non non non, on dépose, on ne lance pas sinon, tu va te prendre de l'huile sur ton magnifique visage. Préviens Salva, voyant que sa copine se démenait à frire le poulet.

Tous le monde s'y était mis, supervisé par l'italienne, qui, s'exaspérait de plus en plus, voulant totalement prendre les commandes. Ce n'était pas la mer à boire, mais ils avaient voulu l'aider pour s'occuper et apprendre aussi. Seulement, leur lacune en cuisine avait atteint un niveau légendaire selon son point de vue, surtout qu'elle ne s'était jamais entourée de non professionnels.

— C'est sur la longueur, sur la longueur Cris. Ah la la... Madre miagola..

20:30

Après deux heure qui lui aurait simplement pris supposé cinquante minutes, tout était fin prêt. Ils s'étaient attablés dans le calme, se faisant servir par les bonnes tandis que Salva expliquait :

— Du Jambalaya, c'est un plat traditionnel de la nouvelle Orleans et aussi considéré comme de-

— La soul food. Termine Alaïs, connaissant bien le sujet

— Effectivement, reprend t-elle. La soul food est une variété de plats afro-américains, beaucoup plus populaire aux États Unis surtout chez la communauté noire bien évidemment. Alors, c'est épicé mais, c'est pas grave.

Les autres semblaient appréhender mais avaient hâte de goûter au plat auquel ils avaient participé. Giuliane et Adriana tiennent à bénir le repas avant de l'entamer, ce qui, ennuya vraiment l'américaine, athée de son état. Le silence se réinstalle quand chacun se mets à déguster, et pour la briser, le nouveau parla :

— Je suis désolé les gars mais... J'ai beau forcer, j'y crois toujours pas.

— De quoi tu parles ?

— D'elles-là. Dit il, pointant le seul couple du bout de son couteau de table, ça peut pas être une vraie relation.

— Eh ben n'y crois pas mon frère. Déclare Alaïs, pour l'instant encore sereine.

Le silence retombe et il n'abandonne pas.

–— C'est un effet de mode ? Sortir avec une personne noire ? Demande t-il posant son regard sur l'italienne, ce n'est pas du fétichisme ? De la rébellion ?

Salva clairement ennuyée par monsieur le cousin répondit simplement :

— Oui effectivement c'est ça, je suis une fétichiste négrophile qui cherche à emmerder l'autorité parentale. Vaffanculo capisci ?

Dire qu'il y'avait de la tension dans l'air était un euphémisme, on pouvait même toucher du doigt le gros malaise qui s'était parfaitement installé au milieu de la table.

Ils allèrent donc tous se coucher à la fin de la soirée. Matteo lui, avait décidé d'interpeller son actuel ex meilleure amie, déterminé à arranger les choses ou du moins taper du poing sur la table.
Elle le regardait, avec le regard le plus désintéressé possible ce qui n'aidait pas vraiment. Il se rapprocha, venant s'asseoir sur son canapé avant de commencer :

— Je-

— On va faire vite si tu veux bien. Je vais te dire ce que je te reproche et tu vois ce que tu fais avec ça. De un, plus jamais, ne m'appelle plus jamais "mon pote" ni mon frère ni quoique ce soit qui me qualifierai comme un garçon, ce n'est pas parce que je traines avec toi, on s'échange de chemises ou chai pas quoi que tu vas me traiter comme un poto, je suis une fille jusqu'à preuve du contraire. De deux, i swear to god, ne parle plus de mon argent, parce que tu me connais pas, tu ne sais pas ce que je fais ou pas ni mon histoire. Si pour toi le faite que je te laisse monter dans ma voiture ou la conduire, que j'te paies des resto, des montres, que j'te files de l'argent quand t'as besoin c'est un signe de vantardise au lieu d'attention, alors on a rien à foutre ensemble. Parce que moi, c'est ça ma manière de montrer mon amour aux personnes qui comptent, quand j'ai je donnes et je donnes peu importe le prix parce que pour moi, l'amitié comme l'amour, n'est pas mesuré selon un compte en banque, ça n'a pas de montant.

Il se sentait vraiment mal, tellement que les mots ne lui venaient pas. Pas parce qu'il n'avait rien à dire, mais parce qu'il avait trop à dire. Une amie comme ça, c'était la première fois qu'il en avait depuis longtemps, il la considérait plus qu'elle ne l'imagine.

— J'ai très mal, j'ai vraiment mal. Pardon de tout mon coeur, tu vas peut être trouver ça bizarre mais je t'aime pas dans un sens ambiguë, je t'aime vraiment et je suis désolé. Déclare Matteo, ayant l'air de se forcer.

Il aurait voulu étaler un discours, déballer des longues phrases expliquants son ressenti, mais, pour une raison dont il ignorait, il avait l'impression d'étouffer comme si rien d'autre ne pouvait sortir. En faite, c'était la première fois qu'il était confronté à une situation sérieuse, dans un « blague à part ».

Elle leva les yeux au ciel et l'invita dans ses bras.

— Ça te dit on donne une bonne leçon de respect au blondinet ?

— Carrément.

Elle remonta donc retrouver Salva qui ne dormait pas encore et semblait l'attendre.

— Tu dors pas toi ? Demande t-elle avant de s'allonger sur le lit.

— Raconte, c'est bon tu ne le boudes plus ?

— C'est tellement childish ce que tu racontes mais oui " je ne le boudes plus "

Salva sourit et s'assoit sur elle.

— J'adore quand tu glisses des petits mots en anglais comme ça..

— Like...?

La brune se baisse pour l'embrasser et quand la température commence à monter, Alaïs la stoppe.

— Je sais ce que tu veux faire et non, je ne vais coucher avec toi, je suis trop fatigué.

— J'embrasse ma meuf tranquillement c'est tout, c'est toi qui arrive pas à te contrôler.

— Moi ? C'est toi qui fait l'allumeuse à chaque fois. Nous sommes fait de chair mais j'ai aussi un self-control.

— D'accord voyons ça ! On fait un deal. On s'embrasse, et la première qui touche l'autre fait un gage.

— C'est ridicule, tu cherches juste des prétextes..

— Tu peux toujours refuser ma proposition.

— Bon d'accord... Si c'est toi qui perds tu dors sur le canapé dès demain.

— Pff, et si c'est toi, tu me donnes le mot de passe de tous tes réseaux sociaux sans exception.

— Okay wow je dois gagner.

Elle se redressa de sorte à s'adosser sur le chevet du lit. Elles se regardèrent un moment, Alaïs se mordit la lèvre et Salva ne perdit pas de temps et pressa ses lèvres sur les siennes. D'abord très doux, il devient langoureux et pour l'instant le rythme est cohérent. L'américaine prend le contrôle du baiser et Salva pose ses mains sur le mur. Elle sourit et lui lèche les lèvres tel une affamée, faisant grimper le désir de son italienne. Elle suçote la peau de son cou arrachant un soupir à sa partenaire, ses tortures descendent sur sa gorge et sa poitrine. Ses doigts impatients quittent le mur et atterrissent sur ses cuisses. Mais elle n'allait pas se laisser faire comme ça, en un instant, le seul vêtement qu'elle portait voltigea à travers la pièce.

— Tu triches.. Murmure t-elle, détaillant de ses yeux brillants, chaque parcelle de son corps.

— Pauvre chou

Salva reprend en assaut ses lèvres, elle donne le rythme qui lui plait, sa copine à cet instant là lui est complètement asservie. Ses doigts froissèrent brutalement le drap, au moment où l'italienne cola son corps dénudé au sien appairé par des coups de bassins démoniaques et sensuels. C'était trop, la goutte d'eau, le pic du désir, sabs tarder ses mains agrippèrent ses hanches chaudes.

— T'as perdu.

— Tant mieux..

                                *

Les jours passaient comme les secondes, tant chaque instant était parfait. Entre les sorties incessantes, les soirées, les attractions, les fous rires, la semaine entière avait été la meilleure semaine jamais passée en Italie par Alaïs. Finalement, Giuliane était reparti un jour après, prétextant une urgence familiale ce qui arrangeait vraiment tout le monde. Salva et Alaïs s'étaient créés les meilleurs souvenirs possibles, encore plus beaux qu'à New York.

On était donc dans la nuit de samedi, il était vingt-et-une heure, tous installés au salon, Cris gérait la musique comme d'habitude. Ils s'enjaillaient sur sa playlist, vidant quelques bouteilles de bières. Life is good - Drake ft future commence et l'américaine ne peut pas s'empêcher de danser et chanter les paroles dans la pièce.

— Tu dead ça Cris.

Peu de temps après, ils se mirent à jouer un jeu proposé par Matteo. Chacun devait écrire une anecdote/secret/fait sur lui sur un petit bout de papier, puis le tout serait mit dans un saladier, remuer, et donc par tour, une personne devait lire l'anecdote et chacun devait essayer de devenir à qui elle appartient. (J'ai expliqué comme je pouvais)

— Euh bon je commence ! Se propose Adriana prenant un papier dans le saladier. Je fais des rêves érotiques sur Michael B Jordan..

Ils commencèrent à se regarder comme si un simple regard pouvait trahir les pensées, ils enchaînaient de fausse suppositions jusqu'à ce que la concernée avoua.

— J'ai tellement honte... Mais c'est moi.
Dit Alaïs

— C'est compréhensible.. Réponds Cris

— Donc tu veux bien te le faire tranquille alors que moi je suis là tous les jours à te courir après.

— Non sérieux Matt, tu l'as vu ? Je préfère vraiment  ne plus en parler. A mon tour !

Elle prend un papier et le jeu continue de plus belle.

00:33

Et voilà... Notre dernière nuit ensemble. Murmure Salva

Elles se regardaient, couchées l'une face à l'autre. La mini veilleuse éclairait assez pour qu'elles puissent voir leurs visages. Alaïs lui caressa légèrement la joue avec son pousse. L'italienne attrapa sa main pour qu'elle demeure sur sa joue avant de fermer les yeux.

— Ça va si vite. Ajoute t-elle avant de rouvrir doucement les yeux.

L'américaine se perdait dans son regard, réalisant que c'était peut-être la dernière fois qu'elle verrait ce marron clair.

— Tout est allé vite c'est vrai... On s'est mit ensemble après même pas deux semaines, on a emménagé je veux dire... Tu t'es incrusté. Je t'ai tout de suite aimé, j'ai su que c'était le cas le jour où tu m'as demandé pardon le soir après le restaurant.

— On a presque tout vécu en même pas un an. Et maintenant... Nous sommes au dernier chapitre, le mot de la fin.

Les larmes lui montèrent aux yeux, jamais elle n'avait atteint un tel degré de tristesse.

— Tu penses que c'est possible d'être plus qu'amoureuse ? Parce que j'ai l'impression d'avoir dépassé les limites du possible. Dit Alaïs prenant sa main pour la poser sur sa poitrine

Son coeur battait tellement vite que c'en était inquiétant, ses yeux brillants s'empêchaient de verser une goutte de larme.

— Je te jures sur ma vie Salva, je te jures que je n'aimerais que toi jusqu'à ma mort. Je t'aime toutes les secondes et toutes les heures... Je périrai avec cet amour, et cela qu'on soit ensemble ou pas.

Le nez rouge et les yeux remplis, Salva pleurait, elle pleurait l'amour de sa vie.

— Deux ans, deux ans et c'est tout. Écoutes moi, je m'en vais, je termine ma licence et clarifie ce qui a à clarifier dans ma vie. Le temps de ne plus dépendre de mon père et arrêter ces choses là. Je viendrai à chaque fois que ce sera possible, les congés, les vacances à chaque fois que je pourrais, on s'appellera et s'enverra des messages. Après si tu veux, on s'en va aux États Unis ou on reste ici, ça dépend de toi. Maintenant dis moi signorina... Tu m'attends ? Ou est-ce que c'est officiellement notre toute dernière nuit ? Sa voix craqua

L'italienne ravala sa salive, se débarrassant du liquide salée sur ses joues.

— Je t'attends.

La nuit s'évada progressivement, elles dormirent dans les bras l'une de l'autre.

10:00

«  Les passagers du vol Alitalia 456 en direction d'Atlanta sont recommandés de se présenter à la porte b56 pour embarquement immédiat »

Le fameux moment des adieux, il était temps de dire au revoir ou à jamais peut-être. Ils étaient tous là, son club des cinq, debout face à elle, pour certains les larmes aux yeux et d'autres un sourire de tristesse. Comment dire au revoir à ses amis ? Qu'ils ne seront plus que des souvenirs ? Comment ne pas tout abandonner et rester finalement ?

— Vous êtes la meilleure chose qui ai pu m'arriver récemment. Je n'aurais jamais cru, qu'en sortant de l'aéroport ce vingt six septembre deux mille dix-neuf, je me serais fais une bande de blancs comme amis. Une famille même, vous êtes ma deuxième famille et je vous aime tous autant que vous êtes.

— Arrête de parler comme si tu n'allais pas revenir. Intervient Matteo, la gorge serrée

Elle posa sa valise et le prit dans ses bras si fort, caressant son dos. Il éclata en sanglots après s'être tellement retenu, et la serra encore plus fort.

— Ne paniques pas. Nous deux c'est le sang toi même tu sais. Dit elle, se retirant de son étreinte. J'te prête ma voiture pour deux mois, l'abîme pas, et puis tu la déposeras au port.

— Tu n'a pas à t'inquiéter. Sourit il, prenant les clés, tu vas me manquer énormément.

Elle vit Cris et Salva qui avaient couverte leurs visages pour pleurer, et elle ne pu s'empêcher de commencer à pleurer aussi. Ça fait si mal.

— Hey Cris, ne cache pas ton visage, tu es magnifique peu importe sous le jour que tu te présentes, tu es la personne la plus sincère, la plus loyale et respectueuse que je connaisse. Ton amitié vaut de l'or et je ne serais jamais assez redevable de t'avoir rencontré. Tu peux être sûre que tu trouveras la personne qu'il te faut. Et je suis vraiment désolé que ça n'a pas été moi. J'aimerais que tu dises à tes petits cousins que je les aime fort fort, je voudrais aussi que tu leur donne ça.

Elle se baisse et cherche dans sa valise son carton où se trouvait sa switch.

— Ils auront plus besoin de ça que moi.

— C'est fabuleux ce que tu fais.

— C'est rien t'inquiètes..

« Dernier appel des passagers du vol pour Atlanta »

Elle chercha Salva du regard mais ne la vit plus, elle avait disparu. C'était bien trop insupportable pour l'italienne, elle ne pouvait pas voir cette scène, elle ne pouvait pas la vivre.

Alaïs hocha légèrement la tête, comprenant très bien sa réaction. Et c'est après un dernier signe de main qu'elle s'en alla finalement.

————————————————

Le plus long chapitre de toute mon inexistante carrière. Il en manque deux ou un et puis... basta. Quand je pense que je n'ai jamais manqué une semaine sans publier, c'est rare ça quand même !

On dit merci à Calum Scott, Adele et Slimane de m'avoir aidé à écrire ce chapitre

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