« Tu sais j'ai comme un problème, un truc qui m'gêne dans le te-tê.
J'aimerais te faire des poèmes mais je gâcherais tout avec un " j'te baise"»
🕊
( Vendredi 24 mars - 17h07)
Capuche sur l'crâne, je la retira vite fait avant de frapper. Ayant été en ville avec Samy et Karim pour un truc, j'venais à peine de revenir au zoo. Il était déjà dix-sept heures et j'venais de piger que l'horloge avançait un peu trop vite à mon goût, me rapprochant de plus en plus de ce putain de vol que j'devais prendre d'ici deux heures. J'avais même pas encore fini d'faire mes lise-va, et même si j'étais conscient que j'allais certainement rager à la terminer au dernier moment, fallait que je vois Jaz' absolument.
Mais vu que Madame avait eu le droit de sortir uniquement pour aller voir mon zinc à l'hosto, j'avais pas d'autres choix que de venir direct chez elle pour la voir même si c'était que pour une demie-heure. En plus cette hagouna répondait pas à son tel, ce qui m'gavait un peu vu que ça faisait une heure que j'lui avait demandé si elle était tré-ren ou ap.Heureusement que j'venais de croire mon reuf qui m'avait informé qu'ils étaient revenus il y a plus d'une heure, sinon j'attendrais toujours comme un Hmar.
Sah, à se demander à quoi lui servait son téléphone à elle. Moi-même j'sais que j'étais pas trop messages contrairement à Nab', mais j'détestais quand on m'répondait pas, enfin quand elle ne me répondait pas surtout.
Sachant que Nonna était pas encore rentrée du taff et après avoir attendu deux minutes sans avoir de réponses de l'autre côté de la porte, je chercha pas plus loin et entra dans l'appart'. Un grondement de mécontentement sorti de mes lippes en ouvrant la porte, me rendant compte que Jaz' ne l'avait pas fermé à clé alors que sa mère ne cessait de lui répéter de s'enfermer quand elle était seule chez elle. Mais l'truc avec Jaz, c'est que pour certains trucs, lui parler c'était comme pisser dans un violon. Généralement, je râlais mais là ça m'agaça un peu plus en sachant que y a une semaine, la cité avait encore prouvé que le lieu n'était pas si sécurisé que ça et qu'elle pouvait être dangereuse.
— Jaz' ?
Ma voix rauque brisa le silence de l'appart' et je referma la porte derrière moi en sourcillant, n'obtenant aucune réponses. La télé était éteinte et rien dans la pièce principale ne montra un quelconque signe de la latina. Une voix étouffée résonna et mon regard vira direct vers la porte de sa chambre qui était entrouverte. Connaissant Jaz', je capta direct qu'elle devait avoir mis ses écouteurs, étant sûrement en train de réviser.
Après avoir frappé sans avoir de rép, je décida d'entrer dans la piaule, sachant que j'pouvais attendre milles ans avant qu'elle me répondre c'te grosse. Quand je poussa la porte, un ricanement sorti de mes lippes en apercevant ma brune de dos, vautrée sur son pieu, des feuilles de cours étalés sur son lit alors qu'elle feuilletais rageusement un bouquin. Son tel était posé à côté d'elle, ses écouteurs branchés. Sa position faisait que j'avais une vue direct sur son boule bombé dans son jogging bordeaux et son dos. Pendant deux secondes, je m'accouda à la chambranle de la porte, un air amusé sur la gueule en l'observant s'énerver toute seule en insultant son prof de maths. Même sans qu'elle le dise, j'aurai deviné qu'elle devait bosser sur ses maths, sachant que c'était la seule matière scolaire qui lui faisait péter une pile à chaque fois. Je referma la porte derrière moi, la miss ne m'ayant toujours pas capté, trop concentrée sur son devoir.
— Mierda. Mais pourquoi ça fait ce résultat là ? Ils le sortent d'où leur x égal cent-vingt... Mais je comprends rien là ! Ça me saoule mais ça me saoule !!!! Aaaaaaaargh !
Je me retins d'exploser de rire alors qu'elle attrapa son oreiller et plongea sa grosse tête dedans avant d'hurler dedans toute sa frustrationen spanish, me faisant capter qu'un mot sur deux. Ok, bon elle était bien sur des maths askip.
Je retira ma veste, la posant sur sa chaise de bureau qui servait surtout d'porte manteau vu la tonne de fringues qui était dessus, puis m'avança vers son pieu. Alors que je sautais sur son lit, m'avachissant comme un gros dessus, elle sursauta et lâcha un cri de peur qui manqua de la faire tomber du pieu.
— DIOS MIO ! TARIK MIERDA !
Son regard caramel me fusilla quelques secondes alors qu'elle calmait les battements de son corazon qui avait dû taper un grand huit sous sa frayeur puis retira ses écouteurs avant de souffler. Kiffant la voir comme as, je ricanais comme un con, un air narquois sur la gueule.
— T'es vraiment une pédale Bambina. T'as peur de tout.
— Mais c'est toi là ! Tu m'énerves à faire ça ! Déjà ce matin dans l'ascenseur et maintenant là ! Cabròn !
Je tapa une barre sous son énervement à peine crédible, esquivant un coup de coussin de sa part, puis la laissa se remettre dans sa position initiale non sans m'manger une claque sur l'épaule de sa part en m'faisant insulter d' "arabe en carton" dans sa langue maternelle.
— Est-ce qu'un jour tu peux au moins sonner ou frapper avant de rentrer chez les gens ? Je vais faire une crise cardiaque un jour, ça va te faire tout drôle ! Me morigéna t-elle en me regardant de travers.
Mes sourcils se haussèrent sous sa remontrance, et je posa ma tête sur ma manos avant de la regarder de manière blasée.
— J'ai essayé de tel trois fois meuf, y a moyen qu'un jour tu décroches ton tel ou ap ? Si je t'ai filer un portable, c'est pas pour faire joli.
Ma remarque lui causa un froncement de sourcil, mais rapidement ce dernier disparu sous une grimace désolée quand elle remarqua sur son téléphone que j'disais pas de la D.
— Ah.... Oups.
— Et avant d'crier, j'ai frappé deux fois à ta porte mais vu que tu répondais, je me suis permis d'entrer? D'ailleurs, heureusement que c'était oim et pas un détraqué vu que ta porte était même pas verouillée...
Elle se mordit la lèvre, ses iris prenant une lueur coupable sous les miennes qui la jaugeait avec sévérité.
— J'ai oublié...
— Ouais t'as oublié bah évites la prochaine fois, sinon je ferais en sorte que t'oubliera plus jamais, la menaçai-je.
Elle dégluti mais hocha la tête, mais Jaz' étant Jaz', évidempment, fallait qu'elle ait le dernier mot.
— Mais je voulais vraiment bosser, il me reste même pas... trois jours, fit-elle en comptant sur ses doigts avant de les mettre devant mon zen, pour rattraper mon retard ! Puis Nader et Sabri étaient en bas, donc je sais que personne peut rentré. Ces cons m'ont même obligé à montrer ma carte vitale pour que je puisse monter chez moi...
Sa voix pris une teinte plus grave montrant clairement de l'irritation face à la connerie de mes deux potes, mais je ne souria même pas, jugeant son argument pas vraiment valable.
— Je m'en caresse le chibre Jaz'. Tu rentre chez toi, tu fermes à clé, basta. Y a pas de "oui mais y avait pierre paul ou jacques". Je te l'ai déjà répéter milles fois, Nab aussi et ta mère également alors même si y a le feu ou que t'as envie de pisser à la mort, quittes à te pisser dessus, je m'en balec, tu verouille ta porte.
— Tu peux arrêter de me parler comme si j'avais encore six ans por favor ? J'ai juste oublié une fois.
— Ouais et la prochaine fois, peut-être que ça sera pas moi qui rentra et crois moi, tu fera moins la maline.
— Oui, j'ai compris, c'est bon, souffla t-elle en roulant des yeux.
— Lèves pas les yeux quand j'te parle ça m'énerve.
— Quoi ? Quand je fais ça ? Fit-elle avec un sourire narquois en répétant son geste.
Je lui colla une pichenette sur l'bout du zen, chose qui la fit subitemment moins sourire tout d'un coup.
— Aïe !
— J'ai rien senti, lâchai-je avec un sourire mauvais en coin.
— Très drôle... Bon tu peux me laisser travailler maintenant ? Tu me déconcentres !
— Mais si j'dérange, je nashave t'inquiète, lui fis-je en me redressant.
Comme j'l'avais anticipé, sa réaction fur directe puisque sa petite main agrippa direct mon poignet pour me retenir.
— Non ! Restes !
— T'as l'air occupée... Lâchai-je en feignant être énervé alors que j'avais juste envie de rire.
— Non mais... c'est juste que je comprends rien à mes maths et ça me prend la tête..., m'expliqua t-elle en faisant une moue dépitée, son regard se tournant vers son cahier. J'essaie de déchiffrer ce truc depuis une heure et j'y arrives pas... Ça me saoule...
Sa bouille à deux doigts de la déprime me donna envie de gole-ri, mais ce fut encore pire quand elle me tira vers elle.
— Restes, je finis juste ça et après c'est bon.
— T'as cru que j'vais rester là à t'regarder taffer comme un toutou attendant sa promenade toi ?
— Quoi ? Mais non c'est juste que...
Même si j'étais bien tenté de lui arracher son putain de devoir pour le tej, préférant passer un moment tranquille avec elle, j'étais conscient qu'elle stressait assez pour sa reprise de cours qui avait lieu lundi, et vu qu'elle avait son bac, je me contenta de me reposer à côté d'elle.
— Azy, j'dehek, finis ton exo, la coupai-je en pouffant.
— Je fais vite, promis.
Elle m'posa un boussah sur les lippes tellement vite avant de replonger sur son cahier que je resta qué-blo deux secondes. Sah, il allait m'falloir du temps avant de m'habituer à ce genre de contacts avec elle, même si fond, ouais au final c'était naturel. Mais l'fait que ce soit elle qui m'embrasse, j'avoue c'était nouveau pour moi mais j'allais pas faire mon mec et dire que j'kiffais la voir prendre des initiatives. Elle soupira grandement en tournant deux pages de son manuel sé-po à côté d'elle et récupéra son stylo, les sourcils froncés montrant sa concentration.
Mon portable qui vibra m'arracha de mon observation et je me redressa pour m'adosser au mur du lit en sortant mon tel de mes che-po.
De Mess :
" Azy frère, pas de souci j't'emmènes là-bas. Mais dcp Ladiff vient ou ap ?"
Je jeta un oeil vers Jaz', prenant conscience que si j'étais là, c'était pas juste pour la voir en despi mais plus parce que j'avais un truc à lui dire mais décida d'attendre, voulant pas enclencher un début de prise de tête maintenant. Je répondis despi à mon gava, puis rangea mon tel que j'coupa avant de reporter mes yeux sur la brune. Bras croisés, je ricana en la voyant mordre le cul de son stylo comme elle le faisait depuis gamine, un doigts entortillant l'une de ses mèches tandis que ses yeux vrillaient entre son cahier et son bouquin de cours.
Je remarqua qu'elle avait remis l'un de ses écouteurs, la musique l'aidant à se concentrer. Je me rappel que plusieurs fois sa mère avait râler en la voyant mettre du son pour bosser mais le silence avait un effet stressant sur Jaz' et la musique était une chose qui la rassurait. J'pouvais rien dire, moi-même ayant ce réflexe. Quand j'taffais mes cours à l'ancienne, moi aussi j'écoutais du son, le silence me pesant tellement que j'arrivais pas à me concentrer. Même si génréralement, j'lâchais vite mes bouquins pour rejoindre les gars en bas, en ayant rien à foutre de mes devoirs. Sauf pour le CAP. J'crois que tout le monde avait été qué-cho de me voir réviser tah un ouf, même quand j'vendais j'avais mes cours avec oim, le relisant enntre deux yen-yen. Mais l'truc c'est que mon daron m'foutait la pression et j'avais tellement la flippe de le décevoir que j'avais pas tenté d'y aller en mode touriste au risque de foiré mon exam et d'être renvoyé chez Yemma à vivre pour toujours en Corse, ce que m'avait promis l'père à cette époque.
Me redressant, je me glissa pour être à sa hauteur puis me mis sur l'bide, adoptant la même position qu'elle avant de chopper son deuxième écouteur que je glissa dans mon oreille. Croisant mes bras devant oim, je posa ma tête dessus avant d'fermer les yeux, attendant qu'elle ai fini mais en entendant le son que diffusait son portable, je sourcilla.
" Elle et toi, dormiez dans nos draps,
Elle et toi, vos corps ont dansés là
...
Pourquoi tu parles, tu cherches à m'dire quoi?
Que c'n'est pas du tout c'que j'crois et c'que j'vois ?
Tu crois pouvoir me retenir comme ça?!
Que j'oublie qui j'ai en face de moi
Regarde-moi et ose dire que c'est juste une erreur
Qui de nous deux doit se remettre en question?"
Jasmine fredonna les paroles suivantes et pendant deux secondes, je bloqua. Ma gorge s'assécha un peu, m'obligeant à déglutir sale et j'lui lança un regard en coin avant de détourner la tête, passant une main sur ma gueule.
Putain.
La chanson créa direct un malaise chez moi, me nouant l'bide mais ce fut encore pire quand Bulma s'mit à chantonner la suite, le regard sur ses feuilles.
— « Mais toi tu jouais... Tu savais... J'abrège la fin, ne soit plus contraint de me mentir ou trahir, regardes moi par.... »
Sans lui d'mander son avis, j'attrapa son téléphone en speed et changea la musique, causant une réaction chez la brune qui fronça les sourcils en détournant les yeux de son cours.
— Hé ! Pourquoi t'as changé, c'était mon passage préféré en plus ?!
— Ouais bah c'est de la merde, grognai-je sans pour autant oser lever les yeux vers elle.
Jaz' roula des yeux, mais arqua un sourcil en me scrutant de manière attentive.
— Ca va ? Tu fais une tête bizarre ....
Tu m'étonnes.
— Ouais tranquille, mentis-je.
A mon plus grand soulagement, elle n'insista pas mais captant que j'avais dévérouillé son téléphone, elle changea de conversation.
— Depuis quand tu connais mon code toi ? S'enquit-elle, suspicieuse.
Merde.
— J'te connais comme personne Bambina, lâchai-je sous une disquette, le sourire narquois.
— Mouais... Nan par contre change, celle-là je l'ai entendu trop de fois, elle me saoule, soupira t-elle en reportant son attention sur ses devoirs lorsqu'un son de Booba démarra.
— Oh déjà que j'suis comme un hmar à t'attendre en poireautant, j'peux quand même choisir la chanson que je veux, râlai-je.
— Mais t'écoutes toujours la même chose Tarik ! C'est chiant ! Booba, Sinik, Tandem, 113... Changes un peu !
— Pff, n'imp'. Dis pas de la D.
Elle tourna son visage à nouveau sur mon profit, alors que je guettais sa bibliothèque musicale, et je senti ses yeux caramels me scinder avant qu'un petit sourire en coin étire ses lèvres pulpeuses.
— T'es de mauvaise foi, c'est un truc de fou quand même.
— Oh parles bien, rugis-je en la chouffant de travers. D'où j'suis de mauvaise foi déjà ?
— Avoues que t'écoutes pratiquement que du vieux sons quand même et toujours les mêmes, me taquina t-elle.
— Nan, répliquai-je en reportant mon attention sur sa playlist.
— Si. Tu mens.
— Nan.
— Euuuuh.... Si.
— Nan, soupirai-je.
— Si si, insista t-elle en bougeant la tête tout en posant ses lèvres sur son stylo, les yeux à nouveau sur sa feuille.
— N-A-N.
— Sssssssi.
Direct, j'tourna ma gueule cassée dans sa direction, agacé mais Madame me regardait absolument pas, continuant d'écrire j'sais pas quoi sur sa feuille.
— T'es sah là ? Tu va continuer longtemps avec ce jeu de gamin ?! Tu deuh zebi.
— Mhhhhh..... Siiii.
— J'te dis que NAN !
— Wallah tu mens !
— Oh ! Déjà d'où tu dis "wallah" toi, sale bouffeuse de chorizo va ! Ça t'va pas !
— Pero tu mens quand même..., continua t-elle en faisant danser ses sourcils, de la malice dans les yeux.
— N'imp'.
— Si.
Je roula des yeux, ce qui la fit rire, mais finit par céder en la voyant me fixer salement, sûre d'elle. Elle m'saoûlait, j'avais envie de la baffer c'était violent. Mais à ce jeu là, Jasmine était casse-couille et j'savais qu'elle allait pas lâcher l'affaire, déterminée.
— Ouais ok, j'aime bien l'son à l'ancienne mais j'écoute pas que ça wesh, abuses pas, grognai-je.
— Cheh ! J'avais raison, me fit-elle en souriant comme une golmon.
Je fis claquer ma langue contre mon palais, mécontent alors qu'elle refit danser ses sourcils d'un air victorieux en bougeant les épaules.
— Eh nashave avec tes chicos et arrêtes de sourire. Tes grosses joues vont rester qué-blo tu fera moins la meuf après, grommelai-je en claquant ma paume contre son front pour la repousser.
— N'importe quoi, pouffa t-elle.
— T'as pas un exo a finir toi de base ?
Son sourire s'effaça sous mon regard de travers et elle soupira avant de regarder son cahier.
— Ouais c'est c'que j'me disait donc avant d'casser la tête en disant n'importe quoi, taffes et laisse moi choisir ce que j'veux.
— Nianianiania... " Laisses-moi choisir c'que j'veux"..., répéta t-elle comme une enfant, à demie-voix.
— T'as dit quoi ? Fis-je en penchant ma tête vers elle, scrutant son profil, les yeux sombres.
Ma brune se raidit, me coulant un p'tit r'gard discret en coin tout en grimaçant.
— Euh... Nada j'ai... j'ai rien dit juste... Olàlà il est pas facile facile cette exercice hein, se rattrapa t-elle en se pinçant les lèvres. C'est compliqué tout ça...
Jeu d'acteur tout pourri, mais j'lâchai un ricanement en la voyant faire semblant d'être concentrée sur ses maths.
— T'assumes pas et après c'est moi la mauvaise foi..., me moquai-je.
— Tu me déconcentres, arrêtes de rigoler ! Grommela t-elle, piquée.
— S'cuze M'dame.
Elle pointa son index sur sa joue, et il m'fallut pas plus pour capter le message.
— Quoi ?
— Fais un boussah.
— MDR, t'as cru toi.
— Si c'est pas toi, j'vais demander à Kemil...
Direct mon visage se tendit et je la crama avoir un rictus moqueur. Même si j'aimais pas trop qu'elle me pique comme as, j'étais pas con pour deviner que c'était aussi sa manière à elle de me faire payer ce que j'avais pu lui balancer à la gueule y a deux jours. On en avait parlé et j'avais été clair avec elle, mais je savais que j'avais été hyper loin et si on échangeait de place, moi-même je lui aurais pas pardonné j'pense. Donc limite, ses piques étaient mérités et bien que ça m'donnait envie de l'envoyer chier, je fermais ma gueule.
— Dis donc, tu rigoles moins tout d'un coup... ADkhey a été ...
Elle eu même pas l'temps de finir sa phrase que je la choppa par la nuque, mes doigts exerçant une pression pour faire pivoter son visage vers moi, et je me jeta sur ses lippes, la galochant comme jamais. Son souffle se coupa tandis qu'elle cligna des cils mais rapidement, un soupir s'échoua sur mes lèvres quand j'approfondis le baiser, lui faisant fermer les yeux. Sa main qui tenait son stylo lâcha tout, se posant sur ma mâchoire et une fois que j'ai eu ce que je voulais, je la relâcha.
— C'est bon, tu l'a ton boussah alors maintenant, bosses. Et r'dis encore une fois un bail comme ça et c'est pas ma lengua qui va t'étouffer, comprendo ?
Un regard en coin dans ma direction et je la vis sourire comme une débile en reportant ses prunelles sur son cours, les joues rouges alors que je me replongea sur ton téléphone.
— Complètement malade lui, l'entendis-je souffler.
Je lâcha un rire sous sa phrase, et ouais j'avoue qu'elle avait pas tord quand même.
— Bosses.
— Oui chef.
J'entendis un soupir sur ma gauche, tandis qu'elle était entrain de remettre de l'ordre dans ses feuilles qui jonchaient le lit et je me remis à chercher un truc à écouter pour m'occuper. J'espérais qu'elle allait vite finir car sérieux, ça m'gavait un peu de passer nos derniers moments en la regardant taffer comme un con. Après, j'lui en voulais pas, sachant que son absence en cours avait été imposé et je préférais la voir réviser que lâcher l'affaire au risque de foirer son année.
En faisant défiler sa liste de musique, je fut même pas étonné de m'rendre compte que celle de mon frère était exactement la même, j'retrouvais les mêmes titres, les mêmes chanteurs. Par contre je m'attendais pas à trouver l'un de mes sons sur le téléphone. " Pêché d'orgueil - ADEMO". Zebi, ça faisait plus de deux ans que je l'avais pas écouté, l'ayant enregistré avec Mourad à l'époque où on s'voyait se lancer dans le rap. Voir mon blaze dans sa playlist me fit cheloue, et même si j'étais conscient que c'était pas la zik la plus dégueulasse que j'avais sorti, en ayant d'autre dans l'ordi de mon reuf dont une que je comptais garder en scred jusqu'à ma muerta tellement c'était la hchouma, ouais ça me fit bizarre. Surtout en voyant que c'était l'un des sons que Jaz écoutait le plus.
En soit, le rap était un truc que j'kiffais bien, écrire ce que je pensais, comment j'voyais les choses, ouais ça m'aidait mais la vie avait faite que j'avais rapidement lâcher le que-tru, ayant d'autres priorités que vivre un rêve de gosse qui était mort dans l'oeuf. Toutefois, en Corsica, le fait d'être solo m'avait poussé à reprendre l'écriture de certains trucs. En vrai, c'était pas des poèmes tah ceux de Baudelaire, mais avec Nabil, ouais on s'était mis à écrire chacun de notre té-co. Personne était au courant, gardant c'bail entre reufs et même si pour l'moment on savait pas du tout ce qu'on allait foutre des quelques textes qu'on avait mis en commun mais malgré tout, voir l'un de mes sons dans le tel de Jaz' me relança dans une idée foireuse, m'disant que p'têtre un jour, ça nous servirait.
Me rappelant d'un truc et après avoir fait défiler sa playliste deux fois sans trouver quoique ce soit de nouveau qui prouverait à Jaz' que j'écouatais pas QUE les mêmes sons, je su quoi mettre. Quand je trouva le son que j'voulais et que je le lança dans la seconde, Jasmine eut une réactions et tourna vivement la tête vers moi, les lèvres entre-ouvertes, surprise.
— Quoi ? Celle là aussi t'aime pas ? Soufflai-je, blasé.
Elle cligna des cils mais se repris en secouant la tête.
— Nan pas du tout, je... c'est juste que... bah c'était celle que je comptais t'envoyer l'autre jour.
Sans même qu'elle en dise plus, je capta dans ses yeux qu'on pensait au même truc, et je lâcha un bruit chelou de surprise. Parce que moi aussi c'était celle que j'avais hésité à lui envoyer avant tout ce bordel quand on s'était lancé dans ce rituel chelou de s'envoyer mutuellement des musiques quand on était séparés.
— Ouais, j'aime bien, répondis-je simplement.
Elle fit une moue gênée mais esquiva bien vite mon regard, ses joues se mettant à rosir sans que j'capte pourquoi.
— Moi j'aime bien les paroles, marmonna t-elle.
Étant une bite en anglais, je ne releva pas mais profita qu'elle feint se remettre à taffer pour aller voir sur internet la traduction de la chanson.
" If I feel off tomorrow would you still love me ?
Si demain je tombais m'aimerais-tu encore ?
If I didn't smell so good would you still hug me ?
Si je ne sentais pas aussi bon est-ce que tu m'enlacerais toujours ?
If I got locked up and sentenced to a quarter century,
Si on m'enfermait et si j'étais condamné pour un quart de siècle
Could I count on you to be there to support me mentally ?
Pourrais-je compter sur toi pour être là et me remonter le moral ?
If I went back to a hoopty(1) from a Benz, would you poof and disappear
Si je passais d'une Mercedes à une Hoopty, me dirais-tu au revoir et disparaîtrais-tu
Like some of my friends ?
Comme certains de mes amis ?
If I was hit and I was hurt would you be by my side ?
Si on me frappait et que j'étais blessé serais-tu là à mes cotés ?"
Discrètement, je coula un regard en coin vers ma brune qui mâchouillait son stylo en chantonnant les paroles, bougeant légère sa tête sur le rythme tout en lisant son exo, faisant glisser son index manucuré sur l'énoncé de son livre. Après avoir lu la totalité de la traduction, un peu sur l'cul vu que de base, les ziks de Fifty Cent était pas dans c'genre là, je m'humecta les lèvres puis me racla la gorge.
— Jaz' ?
— Mh ?
— Elles disent quoi les paroles juste pour info ?
Ma question lui causa un moment d'arrêt sur image, et je la vis rougir bien qu'elle fit de son mieux pour rester normale, faisant semblant d'écrire un truc sur son cahier tout en m'répondant.
— Il demande à une fille jusqu'où elle est prête à le suivre par amour. En gros, il lui demande "Est-ce que tu signe si je saigne", lâcha t-elle simplement.
Bizarrement, il y eu un petit malaise entre nous pendant lequel aucun de nous deux n'ouvrit la bocca, et je la sentais être un peu plus fébrile, allant jusqu'à éviter de me regarder en faisant semblant de tourner les pages de son bouquin.
Moi-même je me senti mal à l'aise j'avoue. Sah, j'étais peu friand de tous ces sons de lovers, qui parlaient d'amour ou de sentiments, détestant carrément ces zik à deux balles, mais là, le fait de l'écouter à côté d'elle et de comprendre que c'est ce son qu'elle voulait m'envoyer de base me refroidi un peu. Malgré tout, je laissa la voix de Fifty défiler, même si dans ma te-tê, ça s'remit à cogiter, les paroles de Jaz faisant écho à m'donner mal au crâne. Même si on avait mis les choses à plat entre nous, on avait pas forcément mis d'mot sur ce qu'on était. Moi-même j'étais encore duper face à ce que je ressentais vraiment pour elle, et même si j'avais réussi à vesqui le blem, j'étais pas con et j'étais plus que conscient que bientôt, j'allais sûrement devoir être clair avec moi-même et prendre conscience des choses. Mais j'étais pas prêt. Pas jusqu'à ce stade en tout cas. C'était déjà assez compliqué comme as et ouais, même si j'allais pas nier que ça m'plaisait d'être avec elle, peu importe notre relation actuellement, ça m'rendait nerveux dès que je pensais à plus tard.
Son téléphone vibra dans mes mains, me tirant de mes réflexions et je sourcilla en voyant un message provenant de Naha s'afficher sur l'écran.
— T'as un message, l'informai-je d'une voix sèche.
— C'est qui ? me demanda t-elle sans pour autant accorder d'attention à son téléphone, se remettant à mordiller son stylo en épluchant son manuel sco'.
— Naha.
— Mierda, fais voir.
Elle m'arracha le téléphone des mains, et l'agitation soudaine qu'elle eu m'irrita un peu, comme tout ce qui avait un lien avec Naha. Bizarrement son visage se tendit, montrant un signe de panique mais je la surpris a soupirer en fermant les yeux. Me redonnant son téléphone, elle ne pris même pas la peine de lui répondre, reportant aussi sec son attention sur son exo comme si de rien n'était.
Depuis trois jours j'me rongeais le veau-cer, me demandant ce qui se passait entre eux. Même si les choses étaient posées entre elle et moi, j'avais bien cramé les messes basses qu'ils s'étaient lancés hier sur l'terrain et même au cours de la réssoi, et j'avoue que ça me plaisait pas trop. Enfin, j'savais que j'devais pas m'prendre la tête mais l'fait de partir alors que les deux cachait un que-tru m'plaisait moyen et ouais, ça m'rendait parano. Sah si c'était comme ça, j'osais même pas imaginer leur délire dans deux mois et j'voyais que Kem' s'rapprochait d'elle style de R.
La vie que là j'me retenais de lui poser la question qui m'brûlait les lippes. Mais si on remettait le sujet "Naha" sur l'tapis, j'savais aussi que ça allait partir en couille et que j'allais la démarrer, comme à chaque fois qu'elle s'énervait ou s'mettait à parler chinois en m'donnant des réponses à deux balles pour vesqui. Sauf que là, j'avais déjà un truc à parler avec elle qui risquait de pas plaire à la miss et vu que c'était mes dernières heures au zoo, flemme de finir sur une embrouille et de niquer l'peu de patience que j'avais aujourd'hui.
Pendant dix min' je la laissa taffer tranquille, écoutant sa musique tout en étant sur mon propre tel à naviguer sur les réseaux sociaux, profitant également des derniers moments où j'pouvais capter comme il faut avant de repartir dans mon trou paumé en Corse.
— Bon moi, j'arrêtes sinon j'vais me jeter par la fenêtre. Je comprends rien, de toute façon, j'aurai pas mon bac donc ça sert à rien. J'finirai à Mcdo puis voilà, lâcha t-elle en s'énervant solo, refermant brutalement son manuel sco' avec une mine agacée.
— Mais qu'est ce que tu chie toi encore là, grognai-je en relevant la tête de mon portable pour la chouffer. C'est ouf la merde que tu peux sortir avec ta bocca en deux secondes.
— Mais c'est la vérité ! Je comprends rien. Ca fait quatre ans que je rame avec ces maths de mierda là !
Me penchant vers elle en laissant de téco nos tel, m'accoudant à son matelas, je tendis mon bras et attrapa son cahier avant de jeter un oeil sur son cours.
— Ça sert à rien Tarik. Je suis trop nulle.
On pourrait croire qu'elle exagérait mais la manière qu'elle eu de passer ses paumes le long de son visage halé et le soupir qu'elle lâcha montrait clairement qu'elle était à la limite de se foutre en PLS. C'était pas nouveau qu'elle galérait avec les maths, et je savais que cette matière la faisait douter de ouf voir même paniqué dès qu'un examen se rapprochait. Au bac blanc, elle avait eu à peine huit et même si l'reste avait été géré comme il fallait, c'était pas suffisant à ses yeux. Elle m'gavait à chaque fois qu'elle s'mettait la pression comme as à se dénigrer pour de la D mais à force, ça servait à R que je m'énerve vu que c'était plus fort qu'elle.
— Déjà repires et arrête de t'prendre la tête. Plus tu va forcer, moins ça va le faire.
Elle hocha la tête et se redressa avant de s'asseoir en tailleur, attrapant une bouteille d'eau sur sa table de chevet dans laquelle elle bu quelques gorgées. Généralement, c'était Nabil qui l'aidait sur ses maths mais là, j'avais envie d'essayer de gérer le truc. Ok j'avais qu'un CAP mais j'étais plutôt bon en calculs, donc normalement ça devrait passer.
Sous son regard inquisiteur, je guetta son cours, captant que son programme lui faisait apprendre les "dérivations" et par chance, j'avais quelques connaissances sur l'bail étant donné que moi-même j'avais effleuré l'sujet en cours et que j'avais aidé Nabil sur un devoir maison quand on était en Corsica.
j'attrapa un stylo, puis pris sa feuille raturée avant de noter deux trois trucs dessus.
— Tarik ? Tu fais quoi ?
— Azy, ramènes ton boule, j'vais t'aider.
— Quoi ?! S'étonna t-elle.
— J'connais un peu, j'vais essayer de t'expliquer et on verra.
Elle sembla sceptique mais en voyant que j'étais plus que sérieux, un sourire étira ses lèvres et elle se repositionna à côté de moi.
— C'est vrai que la dernière fois que t'a aidé Nabil il a ramené un seize...
— Ouais. J'ai p't'être un bac de pauvre mais ça veut pas dire que j'sert à R.
Elle roula des yeux sous ma réflexion en reprenant sa place.
— T'es le meilleur, lâcha t-elle en déposant ses lèvres sur ma joue barbue.
— J'sais. Mais tu m'écoutes, sah tu m'la fais pas comme quand t'étais petite à bouder ou à compter tes cheveux pour pas bosser.
— Tarik ! J'ai plus six ans ! Gloussa t-elle en penchant sa tête en arrière, les yeux mattant le plafond.
Passant ma main dans son dos, j'attrapai ses cheveux en une queue d'cheval puis tira dessus.
— Hé pourquoi tu fais ça ? Couina t-elle, le regard sombre.
— Parce que j'avais envie, expliquai-je.
— C'était pas drôle ! Ça fait mal en plus ! T'aimerais que moi je te tire ta q...
J'arquai un sourcil alors qu'elle s'interrompit dans sa phrase, un léger smile moqueur au bord de ma bocca. Les yeux de Jaz' s'écarquillèrent, sa bouche restant ouverte mais elle se reprit aussitôt, ses joues s'tapant un rougissement immédiat face au sens chelou que pourrait avoir ses mots si elle les lâchaient dans ce contexte.
— Finis ta phrase, j'suis curieux de savoir c'que tu veux tirer Bambina...
— Euh non... je.... Bon du coup je... c'est ici que je comprends pas, s'empressa t-elle de bégayer avant de se pencher sur son manuel pour me pointer son exo du doigt. Tu vois ?
Voyant que la gêne l'enveloppait, je me tapa un barre mais préféra pas pousser le truc, voulant pas la rendre plus mal à l'aise qu'elle ne l'était. Allongés côte à côte, se pencha vers mon épaule, se concentrant tandis que j'essayais de lui expliquer les dérivations de la manière la plus simple possible. En réalité, je pouvais parfois faire le gars mais quand il s'agissait des cours des plus jeunes, je reprenais toujours mon sérieux et j'me concentrais un max. J'avais pas un niveau d'étude exemplaire, ni une vie saine et je voulais à tout prix qu'eux réussissent dans leurs études et faisait de mon mieux pour m'investir.
Finalement pendant une demie-heure, je fut surpris de voir que Jaz' m'écoutait attentivement, suivant ce que je tentais de lui expliquer, hésitant pas à mequestionner quand je disais un truc qu'elle captait pas forcément. C'était chelou comme situation car ça devait bien faire plus de trois piges que je l'avais pas aidé à réviser ses cours mais ouais, je préférais me coltiner cette tâche avec elle qu'avec mes deux teubés de frangins.
— Donc là, faut que je glisse la formule ?
— Ouais.
Elle souffla sur sa mèche qui gênait sa vue et je l'observa froncer les sourcils en plissant les yeux, réfléchissant tout en faisait alterner son regard sur sa page et celle que je lui avais faite vite fait en reprenant le plusb gros du doss'.
— Despues, este.... No... C'est ça... Bah non, ça colle pas... Attends.
J'voyais qu'elle était concentrée de ouf, mais malgré tous les efforts qu'elle faisait, ça s'cramait à des kilomèètres qu'elle comprenait pas tout, ses diffucultés étant trop importantes. Elle se forçait sur sa feuille, raturant ses calculs avant d'essayer de recommencer.
— Mais pourquoi ça colle pas... C'est ça pourtant !
— Jaz', tu prends pas la bonne formule. Là, c'est celle de la fonction de puissance et toi t'as besoin de celle de la somme des fonctions. Tu captes ?
Elle releva la tête, lisant ce que je lui pointait du oid mais je compris que pour aujo', vallait mieux lâcher l'affaire avant qu'elle vrille quand elle jeta son stylo. C'était pas la peine de forcer.
— Putain mais j'comprends rien ça me saoule !
— Eh, calma. T'sais quoi, laisse béton et tu reprendra plus tard, tentai-je.
— Non. Faut que je termine.
La voyant insister, je soupira puis attrapa son cahier que je ferma avant d'le lancer à côté du lit, faisant la même chose avec son manuel sco'.
— Tarik j'ai...
— Khlass. Ca fait trois heure que t'es dessus là, t'es claqué et plus tu va t'zehef, moins tu va y arriver donc tu respires et tu te pose deux secondes, claquai-je, sévère. Tu comprends ap, donc force pas. ca sert à tchi à part à t'filer la migraine là.
Jaz baissa les yeux, capitulant en sachant que j'avais raison. Je la connaissait comme ma poche, et là j'sentais que ouais, vallait mieux arrêter le massacre car elle allait pas tarder à soit noàus taper une crise d'hystérie, soit à déchirer ses cours en hurlant qu'elle aurait jamais son bac. Sauf que de un, j'avais pas le time de gérer une éventuelle crise et de deux, ça m'arrangeait qu'on s'arrête là car de base, j'étais venu pour m'caler avec elle et pas faire prof de maths.
— J'vais péter un clope, je reviens.
— Fumes à ma fenêtre, ma mère dira rien t'inquiètes.
Même si j'étais pas trop convaincu, flemme de descendre me geler les miches en bas du bloc pour fumer ma clope. Acquiesçant, je me releva du pieu et alla chercher mon paquet dans ma poche, mais rapidement, je jura en captant que Nab' avait niqué mon dernier briquet. Il cassait les couilles à toujours perdre le sien zebi.
Jasmine qui s'affairait à ranger le bordel qu'elle avait mis avec ses cours capta ce qui m'agaçait mais je fut surpris quand elle s'approcha de moi, ouvrant le tiroir de son bureau avant de me tendre un feu.
— Tiens.
Me redressant, je la toisa avec méfiance mais avant qu'elle ne retira sa main, j'enveloppa cette derière avec moi.
— Tu fous quoi avec un briquet, j'peux savoir ?
Elle sembla ne pas comprendre ma question, mais après avoir abaisser ses rétines sur le briquet, elle fronça les sourcils.
— Tu fumes ?
— Bah nan.
— Jaz'...
— J'ai juste fumé une seule fois, je te jure !
Je crois qu'elle-même s'attendais pas à faire cet aveu puisque ses yeux s'arrondirent tandis que je pencha la tête. Sah en soit, qu'elle fume, c'était clair que ça me donnerait le démon, mais après, j'étais pas en position de lui faire la morale. Mais j'avoue que là j'étais qué-cho, arrivant pas à imaginer ma latina avec une clope entre les lèvres. Mais bien vite une autre question m'frappa le crâne et mon regard s'assombrit.
—Attends... T'as fumé quand et quoi là ? M'dis pas que t'as tiré sur un pilon...
— Quoi ? Non non, c'était juste une cigarette au nouvel an ! Mais je te jure que c'était la seule fois ! Je te promets !
Je lâcha sa main, alors qu'elle fit une moue digne d'une gamine venant de faire une connerie, sa lèvres ressortant légèrement. Je me pinça l'arrête du nez en expirant, tentant de rester calmos.
— Jaz'...
— Oui je sais c'est pas bien mais je voulais juste essayé ! C'est tout ! M'engueule pas s'te plaît ! Me supplia t-elle.
J'arquai un sourcil, le voyant appeurée face à ma réaction. Ouais ok ça m'plaisait pas, mais à la voir comme as, on dirait qu'elle s'attendait à s'en prendre une.
— Wesh détends toi, pourquoi tu t'excites là ? T'as juste tiré sur une garo, y a R.
Elle sembla étonnée par mon calme, me regardant de manière suspecte.
— Bah ... Euh... T'es pas en colère ? Tu... Tu va pas m'engueuler, ni crier ni... ni rien ?
— Nan.
— Hein ?!
Elle me suivi des yeux quand je contourna son pieu pour ouvrir la fenêtre, m'y accoudant ensuite, et à peine ma clope toucha mes lippes que je l'alluma en despi, expirant de soulagement. Je me frotta les paupières, me sentant un peu claqué mais en ressentant le vent froid de l'extérieur s'infiltrer dans la chambre, finalement j'étais bien content de pas avoir été obligé de sortir pour péter ma clope.
Derrière moi, je sentais le regard encore choqué de Jaz' et pivotant de profil, je fronça les sourcils en la cramant à me fixer de manière cheloue.
— Pourquoi tu crie pas ? Marmonna t-elle, perplexe. Normalement tu devrais hurler, me dire que j'suis une hmara, que j'dois pas fumer et que t'es déçu ou... pourquoi tu dis rien ? C'est pas normal ça. Tu vas bien ?
Nan mais à croire que j'étais un tyran avec elle, wallah elle abusait quand même.
— Ouais j'vais bien, répondis-je, amusé en tirant sur ma clope.
— T'es sûr ? Tu... T'as de la fièvre ? Je me disais t'es pllus blanc que d'habitude...
— Jaz', tranquille.
— Non pas tranquille, c'est bizarre... Très bizarre même.
Son air méfiant et surtout inquiet me donna envie d'éclater de rire, mais d'un autre téco, nan j'avais pas envie de gole-ri en captant que ma manière de m'emporter pour tchi contre elle avait vraiment un impact à ses yeux. J'pensais pas qu'elle percevrait ce côté là de ma personne comme un tic carrément obligatoire. Mais c'est là que je compris aussi que je m'étais pas forcément planté sur certaines choses en cogitant sur moi, sur nous et que j'allais devoir changer sur certains trucs. Parce que c'est justement ce détail à la con, cette peur qu'elle avait que j'vrille ou que je fasse n'importe quoi ou encore que je lui en veuille qui l'avait poussé à ma cacher toutes ces choses qui avaient faillit vrament foutre la merde entre nous deux.
— Viens là, lui fis-je en recrachant ma fumée vers l'extérieur, coinçant ensuite ma clope pour lui faire signe de s'approcher de ma main libre.
— Nan j'suis bien là..
— Viens j'te dis, j'vais rien te faire.
Bien qu'elle soit à l'opposé de la pièce, son lit nous séparant, elle hocha négativement la tête en faisant un pas en arrière.
— Han han... Je te connais, tu va me faire un coup en soum-soum.... Je m'approche pas.
— wAllah, t'es reloue là.
Coinçant ma clope au coin de mes lippes, je fis le tour du lit et la choppa par le poignet avant de la tirer derrière moi, revenant vers la fenêtre. J'avais même pas encore entamé la moitié de ma clope, flemme de la jeter sans la finir. Fallait pas abusé.
Jasmine lâcha un hoquet de surprise, mais encore plus quand mon bras libre passa autour de sa taille, la coinçant contre moi. Immédiatement, ses paumes se posèrent à plat sur mon torse tandis qu'elle leva son visage dans ma direction, et j'expira ma bouffée de nicotine en tournant la te-tê vers l'extérieur, histoire de pas l'enfumer, avant de reporter mes iris sombres dans les siennes.
— Ouais ok t'as fumé mais j'vais pas m'énerver bêtement ni t'insulter pour si peu. T'as bientôt dix-huits ans wesh et en vrai, j'suis mal placé pour t'faire la morale sur le tabac. T'as voulu essayé, normal, on a tous essayé une fois. Après j'dis pas que j'valide le bail, mais j'préfère mille fois que tu tire sur une clope que sur un oinj, là par contre, ouais je risquerai de m'zehef bêtement. Mais sah, c'est pas grave. J'ai pas envie d'me prendre la tête avec toi pour un quetru à la con alors respires, détends toi.
Ses iris naviguèrent dans les miennes, de manière suspectes mais j'étais sincère. Après ouais, forcément, si elle se mettait à fumer régulièrement ça allait pas me plaire mais le truc, c'est que j'pouvais pas non plus agir avec elle comme un daron. Pendant des années, j'agissait comme tel; partant du principe que Jaz' était ma tipeu et donc comme ma reuss, mais là, les choses étaient différentes. Elle n'était plus ma reuss, ni une pote, mais beaucoup plus. J'allais pas nier que y a deux seconde, l'idée de lui en coller une en apprenant qu'elle avait fumer une clope m'avait pas traverser l'esprit, mais je devais faire un effort là-dessus. C'était plus une gamine et je devais lui faire confiance. J'avais bien compris qu'elle en avait marre que j'sois sur ses côtes.
Un petit sourire éclaira son visage, faisant ressortir ses grosses joues. J'savais qu'une partie d'elle était surprise, mais le fait de lui expliquer les choses, pouvoir parler calmement sans monter en pression finalement, c'était mieux.
— J'suis sûr que tu couvre un truc, c'est pas possible qu'Ademo soit aussi flex quand même.
J'la guetta de travers en la voyant s'foutre de ma gueule avant de coincer ma tige de nicotine entre mes lèvres, la frappant au front.
— Hmara va.
Elle pouffa mais j'la senti se détendre contre moi. Cette grosse passa ses bras autour de ma taille et j'eu un sourire en coin en la voyant poser sa joue sur mon pec, se lovant comme si j'étais une branche et elle un koala
— Tranquille, mets-toi à l'aise, la taquinai-je
— Tu dis ça mais j'suis sûr que tu souris parce que j'te fais un câlin alors arrêtes de faire le mec, bougonna t-elle.
Je me raidis, mais referma ma bocca, n'ayant pas d'argument pour la contredire vu que ouais, j'souriais comme un débile.
— J'fais pas le mec, j'suis un mec.
— Excusez-nous Adkhey.
— Mais toi, tu va mal finir avant que je parte wallah, arrête de m'appeler comme as ! Grognai-je, kiffant pas du tout le délire.
Alors que je m'attendais à l'entendre glousser, ce fut tout le contraire puisque ses bravas me serrèrent un peu plus fort et je la senti se crisper. Même si j'y connaissait R en go, je compris direct quel mot dans ma phrase l'avait refroidie et bien que justement, j'étais venu pour lui parler à propos de ça, j'décida d'attendre. La gardant contre oim, je tourna la tête vers la fenêtre, fumant ma clope et mon regard se balada sur le zoo. On était pas assez haut pour avoir une vue sur toute la cité mais le bât E suffit à me faire contracter la mâchoire.
Ce détail aussi me laissait un goût amer dans la bocca, me rappelant que j'allais nashave sans avoir eu le temps de finir quelque chose et ça avait l'don de me foutre les boules. Mais finalement, en réflechissant, j'trouvais peu de choses qui me motivait à retourner dans mon île paumée. Chaque regard que je portais quelque part, que ce soit dans le zoo ou sur mon entourage me donnait une raison de plus pour rester le cul dans la jungle. Même si ici c'était pas mieux que chez la vieille, je me sentais au moins chez moi.
— Tu pars à quelle heure ?
Le marmonnement doux mais à peine audible de ma vénézuelienne me fit décrocher du bloc E et je me racla la gorge en continuant de tirer sur ma clope.
— Mon avion est à neuf heures, un bail comme as.
— Mh... Dans pas longtemps...
Un blanc s'installa entre nous et mon humeur s'assombrit un peu plus en réalisant que d'ici trois heures, je serais plus auprès des miens et que demain à la même heure, j'allais errer comme un connard dans une ferme qui puait la merde. Si Nabil comme moi faisions comme si tout allait bien depuis ce matin, je savais que lui comme moi avions la haine face à ce départ mais contrairement à il y a deux mois, on était plus résignés qu'autre chose. Sah, t'façon c'était inévitable et même si j'étais revenu pour ma miff, j'savais très bien qu'à un moment ou à un autre, j'allais devoir repartir. J'pouvais pas revenir définitivement mais ce qui me cassait le plus les klewis en plus de laisser encore une fois les miens derrière oim, c'était surtout de partir sans avoir pu régler une bonne fois pour toute le bail avec les Pyramides. Et c'est ce qui rendait l'voyage encore plus piquant pour le coup.
— J'veux pas que tu t'en ailles, chuchota Jaz' en me serrant un peu plus fort.
J'aurai aimé lui dire que moi non plus, mais ma fierté m'en empêcha.
— Jaz', j'ai pas l'choix.
— Lo sé, souffla t-elle, dépitée.
J'lui embrassa les cheveux pour toute réponse, me mordant la lèvre ensuite en pigeant que même si le premier départ avait été hard, celui-là risquait d'être pire et qu'on l'appréhendait tous les deux encore plus.L
Je jeta ensuite ma clope par la fenêtre, captant que c'était le moment de lui avouer ce que j'étais venu lui dire. J'étais pas serein et j'savais très bien que d'ici deux minutes, la latina risquait de m'rentrer dedans et violent, mais je préférais lui dire maintenant qu'au dernier moment.
— Jaz, faut qu'j'te parle deux secondes.
Mon ton hésitant la fit se tendre dans la foulée mais elle ne bougea pas d'un poil, alors que je passa ma paume dans son dos. Espérant pour qu'elle prenne pas la mouche.
— Ca peut attendre ou pas ?
— Nan. C'est par rapport à... ça justement.
Elle ne répondit pas, et décidant d'y aller franco, je me lança.
— V'là... C'est Mess qui m'dépose à l'aéroport tal avec Nab'. Et...
Je me stoppa, passant le plat de ma main libre sur mon menton dans un geste nerveux, histoire de choisir les bons mots pour la suite, mais dans tous les cas, j'savais que ce que j'allais dire allait pas lui plaire.
— Hassoul. T'sais que j'étais toujours été cash avec toi et je t'ai dit que plus jamais j'te mentirai ou quoi...
— Oui, répondit-elle, la voix serrée.
J'sentais d'ici qu'elle était tendue au max et même si ça m'faisait chier, anticipant déjà sa réaction à la prochaine phrase, je continua.
— J'préfère que tu restes ici et que tu viennes pas toute à l'heure.
J'eu même pas le time de finir ma phrase que subitemment Jaz' se détacha de moi en reculant violemment, et en croisant son regard choqué qui s'assombrit en une fraction de secondes, je compris que même si j'avais essayé de rester v'la doux avec elle, là, j'allais me manger une tempête latina dans la gueule.
— Comment ça ? Tu... Tu veux pas que je t'accompagnes ? C'est ça ?
Je me gratta l'arcade, mal à l'aise mais hocha simplement la tête, puisque ouais, c'était ça.
— Tu rigoles là ? Lâcha t-elle, les yeux ronds.
— Attends, t'énerves pas ok ? Ouais j'sais que c'est pas ce que...
— Non tu sais quoi, j'veux même pas savoir. J'ai pas envie de me prendre la tête avec toi alors je vais dire oui, je resterai chez moi. Après tout, c'est pas comme si tu partais pendant six mois, claqua t-elle.
Je fus même pas surpris de la voir tourner les talons avant de prendre la direction de la sortie de sa piaule.
— wAllah, je m'en doutais, marmonnai-je pour moi-même.
La voyant fuir, comme toujours quand elle était pas contente, je m'empressa d'arriver derrière elle mais avant que je puisse la bloqué en refermant la porte, son gros boule sorti en despi, chose qui me fit lâcher un grondement sourd.
Putain elle m'pêtait les reins cette meuf.
— Wesh, tu fous quoi là ? Restes ici nan ?
Sans me répondre, elle traversa son salon, et j'inspira fortement pour pas m'zehef, sachant que là, risquait d'y avoir conflit d'intérêt entre elle et moi. Lui emboîtant le pas, je la suivi jusqu'à la cuisine,
— Jasmine, j'te parles !
— T'as pas ton sac à faire ? M'lâcha t-elle de manière mauvaise tout en me faisant dos.
Tout en rageant dans sa bebar, elle fit claquer les placards de la cuisine en attrapant un verre, monrant clairement qu'elle était plus que véner, et j'allais pas nier que son attitude m'faisait moi aussi monter en pression.
— T'es sérieuse là ? M'énervai-je, la mâchoire serrée.
— Y a moyen que tu t'calmes et qu'on discute avant que tu retourne la pièce ou pas ?
— Parler de quoi ? Tu veux pas que je viennes alors je vais rester ici. La discussion est close, t'as ce que tu veux.
— Eh mais tu rend ouf toi ! J'avais pas fini putain ! Rugis-je. Est-ce qu'un jour y aurai moyen tu m'écoutes jusqu'à la fin avant de monter en pression comme ça ?
— Je monte pas en pression, je suis très calme là. Hyper calme même, cracha t-elle sèchement tout en me tournant le dos pour remplir son verre de flotte.
— M'prends pas pour un con par contre.
— Moi j'te prends pour un con ? C'est pas toi plutôt ? C'est pour ça que t'es venu ? Pour me dire ça ?
— J'voulais t'voir aussi ! Abuses pas.
— Mais oui biensûr.
Tout en posant mes mains sur le dossier de l'une des chaises de la cuisine, je baissa la tête et inspira profondément par le nez, essayant de redescendre avant de me mettre à vriller. Je détestait quand elle était comme ça et me rendis compte que depuis quelques temps, elle vrillait pour tout et n'imp', truc qu'elle faisait jamais avant.
— T'as quoi dans l'cul en c'moment j'peux savoir ? Fis-je en relevant la tête, la toisant salement.
— Ah parce qu'encore une fois, c'est moi qui suis en tord ? S'offusqua t-elle en me regardant, les yeux ronds.
— Mais tu pètes une pile pour R là ! J'avais même pas...
— Pour rien ? Tu te fous de moi ?
— PUTAIN ARRÊTES DE ME COUPER LA PAROLE ZEBI ! M'écriai-je en tapant du poing sur la table.
— Me crie pas dessus Tarik !
Non mais elle s'foutait de ma gueule là ? C'était abusé.
Voyant que si on continuait comme ça, ça allait vraiment partir en couille, et bien que l'idée de lui rentrer dedans était plus que tentant, je préféra stopper net le truc.
— Khlass. T'sais quoi ? Laisses-tomber. Y a même pas moyen de parler avec toi ! J'pensais qu'on avait parlé hier mais apparement, t'as rien enregistré alors ouais je veux bien faire des efforts, mais là tu me casse les couilles sévère. Tu démarres alors que j'ai même pas terminé de m'expliquer !
Même si ça m'gavait de voir que Jaz' montait sur ses grands chevaux sans me laisser le time de lui dire le pourquoi du comment, j'étais pas con pour deviner qu'on était tous les deux à crans face à mon départ et que forcément, fallait que ça fasse des étincelles.
— J'ai pas envie d'me zehef avec toi, ni d'perdre du time pour une prise de tête d'accord ? Donc j'vais aller prendre l'air là, et quand tu sera redescendue tu m'appel. Mais t'avise surtout pas d'me refoutre dans la gueule que je te dis jamais les choses alors que là, c'est toi qui veut pas m'écouter, j'te préviens, finis-je en la pointant du oid, le regard plus que sombre.
La brune se pinça les lèvres, me toisant salement mais je préféra couper court à la conv'. Flemme de perdre le peu de patience que j'avais à me battre contre elle. Quittant la cuisine, je traça dans sa chambre pour récupérer ma veste, histoire de m'péter en bas pour prendre l'air. En rentrant dans la chambre, le froid de la pièce me claqua la peau, et en grognant, je fis l'tour de la pièce poour fermer la fenêtre, histoire que Jaz' choppe pas une merde en se les gelant cette nuit. Même moi ça m'énerva d'avoir cette réaction alors qu'à ce moment précis, j'avais envie de l'entarter.
Alors que j'pensais qu'elle allait m'suivre, histoire de me rattraper, truc qu'elle faisait toujours quand je partais alors qu'on s'embrouillait, là encore je compris qu'elle aussi des choses avaient changées de son té-cô puisqu'elle ne bougea pas de la cuisine. Frustré et ma fierté en prenant un coup, je referma le zip de mon cuir que je glissa sur mon dos puis traça en direction de la sortie avannt de claquer la porte de l'appart', plus que zehef.
Je descendit les marches quatre à quatre, passant une main dans mes veuch, énervé mais me stoppa quand je manqua de percuter quelqu'un qui faisait le chemin des escaliers en sens inverses.
— Smeh.
J'allais pour me décaler mais tellement pris dans ma colère, je remarqua qu'après que j'avais faillit balayer Nonna.
— T'as l'air pressé, y a le feu quelque part ? Me fit-elle avec un petit sourire moqueur.
— Hum... Salam Nonna, marmonnai-je.
Je lui tapa la bise en speed, voulant écouter le bail afin d'aller prendre l'air, mais la mère de famille resta devant moi, me scrutant d'un regard interrogatif.
— Tout va bien ? T'as l'air énervé ?
Sans dehek ?
— Tranquille. J'ai un truc à faire.
Etrangement Nonna sembla peu convaincu et je la surpris à lever la tête en direction de l'étage, jetant un regard sur la porte de son appartement, puis soupira avant de me regarder à nouveau, du dépit dans ses prunelles.
— Elle a fait quoi encore ?
Je m'humecta les lèvres, le regard noir mais ne répondis pas, me contentant de passer à côté d'elle pour dévaler le reste des ces putains de marches. Me connaissant, Catarina chercha même ap à m'interpellé et je l'entendis rager en espagnol, montant le reste de son étage.
Une fois sorti de l'immeuble, je m'arrêta et ferma les yeux, m'passant une mano sur la gueule non sans lâcher deux-trois insulte en rebeu. Elle m'rendait ouf, c'était un truc de baisé.
— AD !!!!
Interpellé, je reporta mes prunelles sur la ure et aperçu Mess me faire un signe de tête, posé avec mon frère, Mess, Karim et Nader devant le bât E. Traversant la rue, slalomant entre deux petits qui faisaient une course en vélo, je rejoignis mes gars, me posant sur une marche.
— Ouah, t'en tires une gueule, remarqua Nabil, les sourcils froncés.
Mon frère, assis à côté de moi me fila son joint sans même me demander et je le remercia d'un mouvement de tête, ayant putain de besoin de tirer dessus pour me calmer. Je pinça le toncar entre mes lippes, tirant comme un porc et ferma les yeux en inspirant avant de m'accouder à mes cuisses relevés, expirant ma boufée de taga en recrachant la fumée épaisse qui venait d'enbrumer mes poumons.
— Il t'arrives quoi ?
— Rien, me braquai-je.
Mes yeiux sombres se portèrent sur la tour des Morales, face à nous, et je pris une nouvelle taffe sur le pétard en fixant salement la fenêtre de Jaz'. Loin d'être con, Simba suivi mon regard et me donna un coup de cuisse.
— Elle a fait quoi ?
— Elle casse les couilles ta pote, mais d'une force...
Ma remarque fit éclater de rire mon frère, et je le toisa de travers.
— Y a quoi qui te fait rire sale hmar ?
— R... Juste... C'est maintenant que tu t'en rend compte toi ?
Son air amusé me fit sourire en coin, et j'haussai les épaules, ne pouvant pas lui donner tord.
— Alors AD, prêt pour ton grand voyage ?
Pivotant l'visage sur la gauche, je toisa Nader qui m'observait avec un sourire, un joint entre les lèvres et ma mâchoire sse contracta.
— Azy parles pas de ça toi, grogna Nabil en le fusillant du regard.
Nad' sembla surpris par la réaction de Simba, et leva les mains tah un innocent.
— Tranquille, j'posais juste une question.
— Bah fermes ta gueule frère.
— Nab', c'est bon, intervins-je.
— Quoi c'est bon ? L'autre il t'sors ça en souriant tah c'est une bonne chose !
Mon pote arqua un sourcil, et connaissant Nad', j'savais que c'était pas ce qu'il voulait faire de base.
— T'es tendu toi. Respires frère. On sait que tu veux pas partir, mais je voulais juste vous détendre.
— C'est toi qui m'tend là.
— Ladiff, calmes toi wesh, tenta Karim. Nous aussi ça nous fait ierch de vous revoir partir.
— On dirait pas.
Il chouffa de manire bresson Nader, lequel fronçait les sourcils, paumé.
— Smeh frère si t'as mal pris ma question, mais sah, j'rigolais. Biensûr que ça m'casse les couilles que vous repartiez, prends le pas mal.
Je donna un coup de coude à mon petit frère, le voyant monter dans les tours, mais sous mon regard, il ne rebondit pas, se contentant de me reprendre son joint. C'est vrai qu'avec les gars, on avait pas forcément lé-par de mon départ, ils savaient juste que j'partais ce soir sans plus.
— Tu va retrouver mamie, c'est cool ça...
— Sah, m'parles pas d'elle. Sa moustache m'fait faire des cauchemar wesh, grogna Nabil en frisonnant de dégoût.
— Tu dis ça mais avant d'partir tu voulais la prendre dans tes bravas frère, le taquinai-je.
— Ta gueule. C'était juste parce qu'elle avait géré mais ça veut pas dire que j'l'aime. C'est Karaba la vieille.
— J'suis sûr t'abuses, ricana Taktak.
— Nan mais vous pouvez pas comprendre vous aussi. J'vous jure, sur la tete de mon daron que cette baraque fout les jetons ! Y a des jnouns là-dedans ! T'façon j'suis sauvé vu que j'y vais pas, j'aurai pas à la supporter c'te folle.
Un éclat de rire résonna dans le gang, les gars sachant parfaitement de quoi Nabil parlait vu que mon reuf s'était plaint à tout le monde de notre séjour là-bas.
— Attends, tu restes là toi ?
L'humeur de mon frère s'aggrava, les muscles de sa mâchoire se tendant lorsqu'il me coula un regard de travers.
— Ouais, répondis-je à sa place.
A part Mess, Karim et Nader semblèrent surpris puisqu'ils nous regardèrent tour à tour.
— J'comprends R. Gros, tu pars solo alors ?
— Ouais, répértai'je d'une voix sans émotion, r'portant mes yeux sur l'bloc d'en face.
Bizarrement, aucun des gars chercha à comprendre et j'avoue que c'était pas plus mal. J'sentais mon frère me toiser salement, mais même il était encore zehef, ayant péter un câble quand j'lui avais dit que lui venait pas et qu'il devait rester au zoo, j'savais que d'ici une semaine, il allait se calmer. La pillule avait été dure à avalée pour lui et même si ça m'faisait chier, il allait bientôt avoir ses exams pour l'bac et j'voulais pas l'faire rappatrié en corsica pour R. Autant qu'il reste avec Sofia et Yanis.
— Hassoul, moi j'kifferait trop voir la matriarche Andrieu ! J'suis sûr y a moyen de taper des barres sur vous deux et qu'elle a pleins d'anectodes sur les casse-couilles que vous étiez minots, relança Nader
— Crois moi que l'jour où elle s'ra devant toi, tu dira pas ça quand elle t'fera un boussah avec sa be-bar qui pique là, grimaça Nabil.
— C'est ta grand-mère wesh, tu peux pas dire ça ! S'offusqua Karim.
— Tu peux pas comprendre. Normal toi, ta yemma c'est mamie Nova gros ! Nous on a Tatie Danielle en mode Escobar de notre côté. L'daron est perché déjà mais alors elle... Sah j'suis sûr elle a déjà fait de la magie noire ou elle a des gens enterrés dans son jardin tellement elle est cheloue.
Les laissant reparler de la casa hantée et de l'attitude chelou de la grand-mère, je sorti de quoi rouler de mes poches et m'occupa à me faire une niaks en despi. Les entendre parler de là-bas me rendait amer, me rendant compte que j'allais retourner dans un remake d'un film d'horreur et même si avec la vieille, elle semblait détendue avec moi vu le dernier coup de tel que j'avais eu de sa part pour prendre des news de Lucas et de Jasmine, ça voulait pas dire que j'étais heureux de retourner en coloc avec elle. Ouais elle nous avait aidé, mais c'est aussi pour ça que je devais repartir, sachant que je devais la rembourser pour la thune qu'elle nous avait prêtée. J'avais pour principe de toujours régler une dette dès que je pouvais.
J'fumais mon teh, pensant à ce qui m'attendais là-bas, me tendant solo dans ma tête, quand mon tel sonna, me causant un froncement de sourcils. Le sortant de ma poche, j'eu un rictus en voyant l'ID de Bambina, ainsi qu'un message.
De Bulma 🐉 :
" Tarikou ... On peut parler stp"
Bah tiens, ça m'donnait un surnom maintenant ? MDR.
Décidant de la faire ramer un peu, ayant pas du tout kiffer son délire de s'transformer en Xéna alors que pour une fois, je voulais parlé posé avec elle, je ne répondis pas à son texto. Mon tel sonna à nouveau, un appel venant de sa part et la connaissant que trop bien, j'eu à peine besoin de lever les yeux pour la cramer à m'observer de sa fenêtre. Histoire de la faire chier, je rejeta l'appel avant de ranger mon tél' dans ma poche, le mettant sur silencieux.
J'allais pas faire mon bâtard et évidemment que j'allais aller le voir, mais là, j'voulais qu'elle capte qu'elle avait abusée, clairement. Finissant tranquillement mon oinj, j'eu un petit sourire narquois en anticipant d'avance qu'elle devait s'énerver solo que je lui ai raccroché au zen. A sa place, je l'aurai déjà incendiée mais faut croire que la miss avait dû redescendre puisqu'elle me rappela pas une seule fois, ni m'envoya de message. Mais pour qu'elle change de ton en si peu d'temps, à mon avis, sa daronne avait dû lui remuer le cul.
Rapidement, tout en tirant sur ma niaks, mon regard s'perdit sur la tour en face de oim, et j'me rendis compte que depuis hier, tout avait changé. Y a encore deux jours, j'pensais que la merde qui y avait entre Jaz' et oim allait nous pourrir un bon moment, mais je repensa à hier, captant qu'au final, ouais mon départ avait au moins un que-tru de positif, même si j'pensais pas que ça prendrait cette tournure là. Ouais Jaz' me cassait les couilles actueillement, à tel point où elle m'rendait paro avec ses humeurs à la con, mais d'un té-cô, je réalisait que ça redevenait plus ou moins comme avant, même si j'en avais chier sévère pour réussir à en arriver là avec elle...
P D V . E X T E R N E
( Jeudi 23 février - 18h07)
- La veille -
« Cœur noir s'ouvrant au détriment de ses démons »
_Noraaa_ 💙
Emmitouflée dans un pull Givenchy qu'elle avait piquée à son meilleur ami, Jasmine souffla dans ses mains pour tenter de gagner un peu de chaleur. Malgré qu'on soit déjà presqu'à la fin de l'hiver, le temps était plutôt maussade en cette fin d'après-midi et le vent qui secouait les branches d'arbres autour de la cité était également frais. La nuit commençait doucement à tomber sur le zoo, les lampadaires s'allumant autour de la zone, éclairant partiellement les rues grâce aux quelques lumières de la ville fonctionnant encore et qui n'avaient pas été victimes de tirs à la carabines ou de ballons. Les yeux rivés sur le terrain de foot où les garçons se faisait quelques parties de ballons rond, Jasmine soupira. Elle avait froid, et surtout, elle se demandait qu'est-ce qu'elle faisait là. Alors que d'habitude, elle était toujours contente de passer du temps avec ses amis, là, elle se sentait surtout morose.
Malgré la sanction de sa mère, la petite brune était tout de même sortie , et si elle devrait se sentir soulagée et apaisée de pouvoir sortir dehors, au fond d'elle, l'envie de rejoindree son canapé commençait à devenir de plus en plus forte.
Sur le terrain, des cris fusaient, les voix des garçons s'élevant dans les airs, certains ne portant plus qu'un tee-shirt malgré la température froide. Depuis une heure, deux équipes se battaient sur le terrain, Nabil et Nader étant nommés chef d'équipe. Assise sur le banc, Jasmine se recroquevilla, ramenant ses cuisses à son buste pour se réchauffer et ses yeux suivirent alors la silhouette de son meilleur ami qui courait vers le but adverse, driblant Kemil qui tenta d'intercepter la balle. Nader, en poste devant le but, se courba, les bras tendus prêt à empêcher le ballon de rentrer dans les filets, mais Jasmine pouffa quand Nabil feinta en feignant se préparer du pied droit, obligeant Nader à plonger vers la gauche, avant de faire tirer de l'autre côté, faisant rentrer la balle dans le but sous le cris des garçons de l'équipe de l'algérien. Portant ses fidèles écouteurs, Jasmine n'entendit qu'un bruit étouffé alors que Nabil se tourna vers elle, les bras levés, Samy et Sabri lui sautant dessus. Leur cris de joies fit lever les yeux au ciel à la jeune fille qui trouvait exagérée leurs réaction, comme si Nabil venait de gagner la coupe du monde. Toutefois, même si elle était pas d'humeur à ressentir la même joie, elle ne pu s'empêcher de sourire niaisement quand Nabil tapa sur son torse avant de la pointer du doigt, lui dédiant ce but. Dans sa poitrine, une chaleur l'enveloppa, touchée par ce geste, ressentant pour la première fois autre chose que des émotions négatives ou de la tristesse.
Ce soir était la dernière soirée aux Tarterêts de Tarik, et bien que ce départ la touchait plus qu'elle ne voulait l'admettre, une partie d'elle n'avait pas envie d'être de la partie. Bien qu'elle ai explicitement expliqué à Nabil qu'elle ne viendrais pas à leur soirée organisée, les yeux doux de son frère de coeur ainsi que deux disquettes avaient suffit à la faire changer d'avis. Elle était descendue depuis une demie-heure, bravant l'interdiction de sa mère, profitant que cette dernière soit de nuit pour faire le mur, mais finalement, elle se demandait si le jeu en valait la chandelle. Elle ne voulait pas voir Tarik, absolument pas et c'est ce qui rendait son humeur encore plus sombre que le matin. Par chance, ce dernier était pas encore rentrée, ayant quelque chose à faire en ville avec Mess et Karim, la rendant plus apaisé d'être avec les garçons.
En voyant l'un des grs traverser le terrain dans sa direction, Jasmine arqua un sourcil puis retira l'un de ses écouteurs, levant légèrement la tête pour observer Samy qui venait vers elle. Sous son regard interrogatif, le portugais retira son tee-shirt, lui exposant son torse et Jasmine écarquilla des yex avant de détoourner le visage, gêné. Bien qu'il était pas aussi développé ni musclé que les deux frères, Jasmine ne pu s'empêcher de rougir quand même.
— Samy !
— Smeh ma biche mais j'ai trop chaud là. Tu peux m'garder ça s'teup ?
Sans même attendre de réponse de la part de la vénézuelienne, il lui jeta son haut sur la tête, causant un cri de dégoût de Jasmine.
— Eh !Dégages ton truc, il est trempé ! T'es dégueulasse ! Geignis t-elle, sa bouche se mouvant en grimace de dégoût tandis qu'elle pinça le tissu rouge entre deux doigts, le retirant en l'éloignant d'elle.
La réaction de la jeune fille amusa Samy qui arbora un sourire en coin, ses yeux perçants pétillants de malice.
— C'est ça l'odeur d'un vraie mâle ma gueule. Sent moi ça !
Anticipant la connerie de son ami, Jaz' recula son bras, l'empêchant de le récupérer et ses yeux virèrent au noir.
— Essaie même pas ou je te garanti que tu le regrettera, le prévint-elle en le pointant de son index.
Samy resta figé, le regard de la brune le faisant déglutir.
Même si il adorait Jasmine, la connaissant depuis longtemps, il était toujours un peu impressionné quand elle se mettait en rogne ou que son regard changeait. Il était également conscient à quel point Jasmine pouvait être vicieuse. Lorsqu'ils étaient en cinquième, Samy et elle s'étaient retrouvé dans la même classe que Nabil, Sohan et Karim. Evidemment, les cours n'étaient jamais calme avec la bande de garçons qui s'amusaient à faire les cons pour voir jusqu'où ils pouvaient pousser les profs à bout et se vannaient entre eux. Un jour, Samy avait décidé de s'attaquer à Jasmine, la trouvant un peu trop tranquille. Il avait mis de la peinture sur sa chaise quand ils étaient en cours, pendant qu'elle était partie aux toilettes et la brune s'était retrouvée avec le jean couvert de peinture verte sous le rire des garçons quand elle était revenu et s'était rassise sans même faire faire attention. Cette blague avait poursuivi Jaz' pendant un mois alors que les gars s'amusaient à l'appeler Hulkina. Sauf que ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que Jasmine se venge mais deux mois plus tard, attendant le moment où Samy aurait oublié sa blague. Profitant d'un cours de français, où elle, Nabil et Samy se partageait une table de trois, elle avait manigancé avec son meilleur ami. Samy étant assis entre eux, les deux gosses s'étaient amusés à le piquer avec leur compas et criterium à la cuisse pendant tout le cours, causant des petits cris chez Samy. La prof, agacé de voir Samy se trémousser et agité lui avait alors ordonné de lire un paragraphe, proprement, sans faire l'idiot sous peine de se retrouver coller le mercredi suivant. Apeuré, Samy avait marmonner à ses camarades de ne pas faire les cons, et avait commencé à lire, se détendant au fur et à mesure en constatant que Jaz' et Nabil le laissait tranquille. Mais arrivé à la dernière phrase, les deux meilleurs amis s'étaient lancé un regard complice discret et avait levé leurs mains sous la table, piquant Samy qui s'était levé de sa chaise en hurlant de douleur sous le rire de la brune et de l'algérien. Il avait évidemment pris quatre heures de colle, sous le sourire narquois de Jaz' qui lui avait simplement dit que lorsqu'une femme veut se venger, même le diable s'asseyait en prenant des notes.
— J'allais rien faire, t'es parano meuf, mentis Samy en levant les mains.
Jasmine plissa les yeux, mais son ami eu juste à faire danser ses sourcils pour qu'elle se mette à rire. Mais son rire redoubla quand Samy s'approcha d'elle par la suite.
— J'avoue j'ai abusé à mettre ma transpi dans tes magnifiques veuch, viens je vais te faire un calin pour m'excuser beauté...
— Non ! Ne me touche pas.... SAMMMMYYYYYYYYYYYYY !
Mort de rire, il la relâcha, ayant quand même réussi à se coller à elle, Jasmine tirant la langue comme si elle allait vomir.
— Samy je t'adore hein mais tu pues ...
— Pfff n'importe quoi, j'shlingue.... Ah bah si... Pouaah... J'avoue j'sent la shkoumoune, grimaça le brun en sentant son aisselle.
— T'as plus qu'a brûler ton tee-shirt je crois..., lança t-elle en jetant un regard au haut de Samy qu'elle avait jeté de l'autre coté du banc.
— Je... Non mais t'es malade toi ! Mina, t'as gé-chan, t'es devenue méchante wesh, t'abuse là.
L'air faussement vexé de Samy fit pouffer la brune qui leva les yeux au ciel. Ce dernier attrapa vivement son tee-shirt, la tchippant.
— J'le reprends, j'veux pas que tu lui fasse du mal. Puis t'façon j'ai juste à le laver avec du Plouf et plous, he smell like a flower !
— Mais qu'est ce que tu racontes ? iRia la jeune fille.
— Tu connais ap ? téma, j'te montre.
Se reculant, Samy se mit a mimer un sketch connu, faisant éclater de rire Jasmine.
— You put on the water, i commença t-il en attrapant une bouteille d'eau, la vidant sur son vêtement.
— Mais... C'était la bouteille à Nader !
— Balec, vaut mieux pas qu'il boit car il a dejà assez d'eau a évacuer c'gros porc, chouff comment il brille du front ! Bon, tu m'écoutes là ! S'agaça t-il alors que la brune mis une main sur sa bouche, morte de rire.
Jasmine se reprit, hochant la tête, laissant Samy reprendre.
— ... You wosh it, you wosh... bref tu wosh... Imagine dans ta tête, j'suis pas doué en mime mais là je le wash dans une bassine frère... , se coupa t-il en lui faisant un regard sérieux. Hassoul, après you riinse, you rinsse, you rinsse, continua t-il en faisant semblant d'essorer son haut pour ensuite le porter à son nez. Hop, he smell like a flowe.... Bon là il smell pas, tu capte c'est pour de faux mais en vrai, après il sent le Jasmin.
— T'es le pire Eli kakou que j'ai vu ..., couina Jaz' en se tenant le ventre.
— Hé ! Le Jasmin ! Jasmin - Jasmine, t'as capté le jeu de mots ? Ca c'est rien que pour toi beauté..., finit -il avec un clin d'oeil.
Les sourcils de Jaz' se haussèrent, mais elle leva les yeux avant de glousser.
— Eh Eli, remet ton tee-shirt là déjà, tu va attraper froid, fit-elle en le voyant se conttracter sous le vent qui se levait.
— Tranquille, j'ai pas froid puis si j'me couvre, comment tu veux qu'on voit mon torse d'appolon ! Téma les abdos !
Il tapa sur son pec, fier de lui.
— Samy, j'veux pas voir ton torse moi !
— Pouaah tu mens... J'sais que tu me trouves beau, avoue un peu. T'façon qui m'trouve pas beau !
Jasmine ne su quoi répondre, ne pouvant nier la chose. Même si Samy était différent de Tarik ou de Kemil, n'ayant ni une carrure imposante, ni une aura mustérieuse, oui, il était beau garçon. Ses yeux bleu perçant, ses cheveux chatains et sa petite barbe naissante lui donnait un certain charmes et il était pas compliqué pour lui de trouver une fille au détour d'une soirée. Mais derrière ce garçon comique, Jaz' savait très bien qu'avant qu'une femme réussisse à avoir son coeur, il fallait qu'elle s'accroche. Il ne s'était jamais remis de sa séparation avec Mallaury, son premier amour de jeunesse.
— PUTAIN SAMY TU TE BRANLE OU QUOI LA ! Hurla la voix grave de Nader sur le terrain. OH ! ON T'ATTENDS FRERE !
— Tu vois même eux peuvent pas s'passer de moi, souria fièrement le brun. Bon j'y retournes.
Lui redonnant son tee-shirt, il tourna les talons avant de sauter par dessus la rambarde qui cernait le terrain et fila en direction des gars qui s'était remis en place pour débuter une deuxième mi-temps. Le portable de la brune vibra sur ses cuisses, attirant son attention mais un petit sourire étira le coin de ses lèvres en voyant le numéro de sa meilleure amie.
—Allô ?
— Coucou ma chériiiiiiiie ! Ca va ?
— Oui ça va, t'inquiètes pas. Et toi ?
— Poupéloupe, ça va, on est là hein...
La réponse de Shirley la fit éclater de rire, jasmine se faisant la réflexion que plus ça allait, plus Lukas déteignais sur sa copine.
— Casper sors de ce corps...
— M'parles pas de lui, il m'a saoûlé, soupira la black à l'autre bout du fil.
Immédiatement, Jasmine fronça les sourcils. Malgré le fait que ça faisait presque trois mois qu'elle et Lukas étaient ensemble, elle savait que les deux ne se disputaient jamais.
— Mierda... Vous vous êtes disputé ?
— Ouais, enfin non, mais... il m'a agacé. Jazzy, ton pote est pas sain ! Il me soutiens que le Pepsi est meilleur que le Coca ! Non mais ça va pas lui ! T'entends ça ? Le PEPSI ! Réagis Shirley, sa voix devenant aïgue, choquée.
La latina mis quelques secondes à comprendre alors que Shirley lui expliqua le débat qu'elle avait eu avec Lukas à propos des deux marques de boissons, puis finit par pouffer.
— Attends, vous vous êtes pris la tête pour ça ?
— Bah oui ! Attends, hors de question que je cautionne ça ! Du pepsi ! C'est comme si il me disait que Taylor Swift était meilleure que Beyoncé ! Han han ... NO WAY GIRL !
Imaginant sa meilleure amie faire ses plus belles mimiques de diva, Jaz' fut sur le point de rire un peu plus mais un attroupement sur le terrain capta son attention.
— Attends, Shir'... , la coupa Jasmine, la voix de son amie l'empêchant d'entendre ce que les garçons disaient.
— Qu'est ce qui y a ?
— Les gars font une partie de foot mais... Ils sont tous au milieu là... J'arrive pas à voir ce qui se passe.
— Bah c'est peut-être le gros Nader qui a rouler un peu trop vite peut-être...
Malgré elle, Jamsine ne pu s'empêcher de pouffer, entrainée par Shirley.
— T'es con.
— Mais c'était drôle... D'ailleurs, pourquoi t'es dehors ? Je croyais que t'avais pas le drooit de bouger de chez toi ?
Pensant que les garçons se prenaient le chou suite au jeu, Jasmine soupira puis se radossa au banc, reportant ses iris sur ses cuisses alors qu'elle passait son pouce libre sur la couture de celui-ci.
— Nabil m'a forcé à y aller...
— Attends... Tu va a la soirée de Tarik du coup ?
Jasmine n'eu pas besoin de la voir pour sentir son sourire de là où elle était. Hier, elle avait enfin tout avoué à Nérissa et Shirley concernant sa situation avec Tarik. Même si elle avait peur de leurs réactions, elle avait ressenti le besoin de se livrer mais aussi d'avoir un point de vue extérieur. Beaucoup de larmes avaient coulés, Jasmine étant toujours blessé par les mots crus de l'algérien, mais contrairement à ce qu'elle craignait, aucune des deux filles n'avaient eu de réactions négatives. Même Nérissa s'était montré compréhensive, bien que les deux amies avaient été sous le choc d'apprendre que Jasmine avait couché avec Tarik. Si Shirley avait réagit de manière énervé contre le comportement de l'algérien, contre tout attente, Nérissa s'était trouvée mitigée. C'était même la rousse qui avait tenté de faire changer d'avis Jasmine en la poussant a aller à cette soirée, jugeant qu'elle devait au moins écouter Tarik avant qu'il parte. Jaz leur avait parlé des messages qu'elle avait supprimé et de son numéro qu'elle avait bloqué. Jasmine n'était pas d'accord, jaugeant que tout avait été dit, mais les deux amis lui avait donné un dernier argument en lui disant qu'elle devait au moins répondre présente pour Nabil et qu'elle n'avait rien à se reprocher, donc aucune gêne à avoir en participant à cette soirée contrairement à Tarik.
Reprenant sa discussion, Jasmine marmonna un vague "oui", qui fit crier de joie Shirley.
— Mais je le fais pas pour lui. J'veux juste faire plaisir à Nabil, c'est tout.
— Mh... Et ça se passe comment ? Efin il est comment avec toi là ?
— Il est pas là encore, soupira Jasmine en passant une main dans ses cheveux bruns. Donc ça va...
— Mais quand il va arrivé... Ca va aller toi quand même ? S'inquiéta Shirley.
C'était justement la question que Jasmine se posait. Elle n'avait pas revu Tarik depuis mardi, depuis qu'il avait quitté son hall après la soirée de Moha, et elel appréhendait beaucoup de se retrouver face à lui. Sans parler de la dispute qu'ils avaient eu ou des chses blessantes qu'elle avait encaissés de la part du brun, elle s'était rendue compte qu'elle avait également dévoilé un peu trop, faisant comprendre à Tarik qu'elle avait des sentiments pour lui. Et vu le bordel que c'était entre eux, la rancune qu'elle avait envers lui se mélangeait également à de la honte d'elle-même. Grattant la couture de son jean avec son ongle, Jasmine lâcha un profond soupir en fermant les yeux, ressentant à nouveau cette douleur dans sa poitrine quand son coeur se serrait en pensant à Tarik.
— J'en sait rien. Tout ce que je sait c'est que... ça va être horrible ce que je vais dire, mais... je suis soulagé de savoir qu'il va partir. J'flippe déjà rien qu'à l'idée de le voir alors devoir lui faire face tous les jours... Je pourrais pas.
— Bébé... Nérissa te l'a dit, t'as pas avoir honte.
— Si. J'aurai jamais dû faire ça avec lui. Jamais.
La gorge nouée, Jasmine avoua cette vérité avec beaucoup d'amertume. Si depuis leur écart, elle n'avait jamais regretté le fait de s'être donnée à Tarik, depuis deux jours, elle le regrettais. Elle se sentait mal de penser de cette façon, mais elle se sentait aussi sale, et surtout mal.
— Jasmine... J'peux pas te dire si tu dois le prendre comme ça, moi-même je... je sais pas comment je réagirais mais comme l'a dit Nérissa et même si ça m'a troué les fesses quand elle l'a dit, je pense comme elle. Vu comment il était avec toi quand il était en Corse, je pense pas que pour lui, ça comptait pas.
— A ses yeux je suis une pute Shirley.
— Arrêtes... Même si je connais pas Tarik depuis hyper longtemps, j'sais qu'il le pensais pas. Il est jaloux de Kemil, il te l'a dit lui-même, et je pense qu'il a voulu te blesser par colère.
— Il m'avait déjà flingué une heure avant, pas la peine de remuer le couteau avec les gars.
De l'autre côté du combiné, Shirley soupira tristement, mal pour son amie. Elle non plus ne comprenais pas les agissements de Tarik, ne trouvant rien de logique et c'était bien un point que Nérissa approuvait.
— J'ai parlé à Tarik aujourd'hui.
L'annonce de Shirley fit écarquiller les yeux de la brune et celle-ci se redressa, le souffle coupé.
— Qu... Qué ?
— Il est passé voir Lukas et... je l'ai vu.
Le ton de Shirley montrait clairement de la culpabilité, et cette info agaça un peu Jasmine.
— Tu lui a rien dit ?!
— On a parlé. Enfin, moi je lui ai parlé...
— Shirley, mierda ! Mais pourquoi t'as fait ça ! S'énerva la latina.
— Je voulais t'aider puis je sais pas, il avait pas l'air bien. Enfin, il parlait pas trop ni rien, comme d'hab mais ça se voyait qu'il était dans le mal. Quand Casper a demandé à Tarik si tu venais demain, Tarik s'est refermé et il s'est barré de la chambre ! Du coup, j'ai été le voir et...
— Non.
— Jaz', sérieux, écoutes moi...
— Non je veux rien savoir.
Même si Jasmine serrait les dents, n'appréciant pas du tout le fait que Shirley ai parlé avec Tarik, encore moins de ce qui se passait entre eux, quelque part au fond d'elle, elle était surtout effrayée.
— J'te laisse, Nabil arrive. Bisous.
Sans laisser le temps à Shirley de lui répliquer quoique ce soit, Jasmine raccrocha. Intérieurement, elle s'en voulu d'avoir couper au nez de sa meilleure amie, mais elle refusait de pousser cette conversation plus loin, et oui, une partie d'elle se sentait énervé après elle. Elle voulait pas savoir ce que Tarik avait ou aurait pu dire, même si elle doutait qu'il est parlé à Shirley le connaissant, mais surtout elle était pas du tout prête à encaisser un autre reproche ou une autre insulte.
La musique qu'elle avait coupée pour repondre à l'appel de Shirley se relança, et Jasmine se recroquevilla sur le banc. Ses bras entourant ses jambes qu'elle avait remises contre sa poitrine, elle posa sa tête sur ses genoux en fermant les yeux, expirant doucement. Si avant elle appréhendais l'arrivée de Tarik, maintenant c'était pire. Elle ignorait ce que Shirley avait pu dire, espérant qu'elle avait pas trop parlé, la connaissant pour avoir sa langue bien pendue comme son petit copain.
Alors que Jasmine se concentrait sur sa musique pour tenter de calmer sa nervosité, elle senti quelqu'un s'asseoir à côté d'elle. Une main se posa sur son épaule, chose qui fit souffler la jeune fille. Pensant à Nabil, elle se senti un peu lassée puisqu'il était déjà venu quatre fois en une heure pour la voir, s'assurer que ça allait et lui répéter qu'elle devait pas partir mais rester comme promis. Même si Nabil avait été surpris de voir jasmine changer d'avis, il était content qu'elle ai fait cet effort pour lui mais savait très bien qu'elle pouvait également fuir à la moindre occasion. On lui retira un de ses écouteurs, ce qui l'irrita mais quand elle redressa la tête, s'apprêtant à râler après Nabil, elle eu rapidement le souffle coupé et ses yeux s'écarquillèrent deux secondes avant de s'assombrir.
— Salam.
Voir Tarik à quelques millimètres d'elle la perturba, ne s'attendant pas à ça mais quand elle reporta les iris vers le terrain, son regard croisa celui de Nabil. Elle compris alors rapidement le mouvement de foule qu'elle avait aperçu deux minutes plus tôt dû à l'arrivé de l'homme de la soirée. La pulsion de prnedre ses jambes à son cou pour partir la titilla mais les yeux de Nabil qui lui lança un regard explicite l'en empêcha et elle juréa dans sa tête, maudissant d'avoir promis à Nabil de rester jusqu'à la fin de la soirée.
Tarik, de son côté, ne pu s'empêcher d'observer le profil de la brune, mal à l'aise. Il pensait pas qu'elle serait là ce soir, et même si lui non plus était pas d'humeur à faire une soirée pour son départ, quand il avait rejoint les garçons sur le terrains, les gars ayant prévu une partie de foot avant de manger ensemble après, il s'était senti soulagé mais réticent en apercevant la silhouette de Jasmine sur un banc au loin. Il avait hésité avant de la rejoindre, Samy l'incitant à venir rejoindre son équipe en râlant que Nabil arrêtait pas de tricher, mais Mess qui était à ses côtés avant donné un coup d'épaule à Tarik avant de lui montrer Jaz' d'un signe de tête, l'incitant à aller la voir.
Même si le tunisien ne savait pas tout, le peu que Tarik avait bien voulu lui confier et l'humeur de son meilleur ami avait suffit à lui faire comprendre que les choses ne s'étaient pas arrangés avec Jasmine. Mess, quoique discret, avait beaucoup observés les deux ensembles et savait pertinemment qu'il y avait quelque chose de fort entre eux. Quelques regards ou sourire entre eux ne lui avait pas échappés et lui-même s'était rendu compte que Tarik avait merdé la veille pendant la soirée de chez Moha. Les piques que les deux s'étaient lancés avait été plus qu'explicite, et après avoir passé la journée avec un Tarik encore plus sombre que d'habitude, qui n'avait décroché que trois phrases à tout pétés, il avait deviné que Tarik était pas bien non plus.
Tarik, malgré l'encouragement de Mess avait hésité à rejoindre Jamsine, peu à l'aise alors que les gars étaient présents mais il savait pertinemment que la partie de foot lui donnait peut-être la seule occasion de la soirée pour pouvoir s'isoler un peu avec elle. Depuis mardi, il avait pas mal réfléchi à tout ce qui s'était passé, et s'était rendu compte qu'il avait été beaucoup trop loin. Le fait que Jasmine bloque son numéro lui avait également fait peur, et son silence encore plus. Même si elle lui avait clairement fait comprendre qu'il l'avait perdu à force de faire le con, il voulait au moins qu'elle entende ce qu'il avait à dire avant qu'il parte. Il savait pas si ça changerait quelque chose, mais il devait essayer. C'est pour cette raison qu'il avait profité que Jasmine ne le voit pas pour s'approcher et s'asseoir auprès d'elle. Toutefois, à la sentir aussi proche de lui, il se retrouva un peu dépassé, ne sachant comment commencer. Et vu comment la jeune fille esquivait sa présence, se forgeant à rester mutique et à ne pas le regarder, il su qu'il allait encore plus galérer qu'il le pensais.
Pendant deux minutes, aucun des deux ne parla, chacun ayant le regard porté sur le terrain où les gars commençaient une partie, et si Jasmine commençait à être nerveuse, tentée de fuir avant qu'il se passe quoique ce soit, Tarik chercha ses mots, frustré.
— J'pensais pas que tu viendrais, lâcha t-il.
— Je suis là pour Nabil. C'est tout, répondis sèchement la brune.
le fait qu'elle lui réponde le rassura un peu mais connaissant Jaz' par coeur, il crama rapidement que si elle essayait de se montrer sure d'elle, ce n'était pas le cas en réalité, rien qu'à voir comment elle tirait sur les manches de la veste de son frère.
Reportant ses iris sur le terrain, Tarik pris appui de ses coudes sur ses cuisses, courbant le dos légèrement et passa ses doigts autour de sa bouche avant de ramener sa main à sa nuque, nerveux.
— T'es toujours zehef contre moi ou on peut discuter ? S'enquit-il.
Jasmine dégluti sous sa question, mais fit de son mieux pour ne rien laisser paraître, même si une partie d'elle se demanda si il se foutait d'elle ou pas. Biensûr qu'elle était énervé contre lui, mais finalement c'était plus de la déception qu'autre chose. Mais bien décidée à lui montrer que cette fois, elle ne craquerait pas, elle ne répondit rien du tout. Se bornant à fixer la partie de foot comme si c'était la chose la plus intéressante au monde.
— Ok..., souffla Tarik, montant en pression. T'va pas me répondre c'est ça ?
Toujours aucune réponse.
— Jaz' sah. Je suis là, j'fais un effort, je suis prêt à discuter calmement avec toi mais si tu fais pas d'effort de ton técô, j'vois pas comment j'peux essayer d'arranger les choses.
Même si quelque part, au fond d'elle, Jasmine se senti soulagée et contente de l'entendre parler d'arranger les choses, sa raison lui rveint rapidement et elle pris conscience qu'il n'y avait plus rien à arranger. Elle sentait que la tension montait du coté du brun, elle le connaissait par coeur et rien qu'à sa manière de parler un peu plus sèchement et la façon dont il avait de lui jeter des coups d'oeil, elle savait très bien qu'il n'appréciait pas du tout son attitude.
Pour autant, la jeune fille, bien décidée à ne pas lui donner ce qu'il voulait, voulant lui montrer une fois de plus qu'elle voulait s'en tenir à ce qu'elle avait décidé, se forgea dans son mutisme, essayant de l'ignorer en espérant qu'il laisse tomber.
Un grognement s'échappa de la gorge du brun, dont les yeux s'assombrirent lorsqu'il les reporta devant lui, et peu à peu il sentait ses nerfs monter. A quelques mètres d'eux, les garçons jouaient en chahutant, se poussant, leurs éclats de rire accompagnés d'insultes résonnant, sans se douter une seule seconde que de l'autre coté du terrain, la tension commençait doucement à grimper. Bien qu'elle faisait de son mieux pour rester concentrer sur son meilleur ami, l'observant se ramasser sur le sol en faisant une roulade suite à une balayette de la part de Dieydi, Jaz' ne pu s'empêcher de lancer quelques regards en coin envers Tarik, sa présence étant trop imposante pour qu'elle parvenir à l'ignorer. Elle baissa les yeux sur les mains du brun qui se les frottaient énergiquement, ne sachant pas si c'était pour se réchauffer ou sa manière habituelle de faire ce geste par nervosité.
— Si t'veux pas m'parler, tu peux au moins écouter c'que j'essaie d'te dire depuis trois jours nan ?
— Je te l'ai dit, je suis là pour Nabil. Pas pour toi, répondis sèchement Jasmine en esquivant une nouvelle fois les yeux marrons-verts de l'homme.
Même si il était conscient que c'était mérité, la phrase de la brune le piqua et le vexa aussi. Ses dents grincèrent, surtout lorsqu'il vit les traits de Jasmine se détendre avant qu'un petit sourire en coin n'étire brièvement ses lèvres et en suivant la trajectoire des prunelles de sa brune, sa mâchoire se contracta en apercevant Kemil relever Nabil avant que les deux n'éclatent de rire, fonçant ensuite sur Dieydi sur lequel ils sautèrent. Le grand renoi tomba en criant d'une voix aïgue, ce qui fit éclater de rire les gars et une lutte s'enchaîna sous le regard désabusé de Karim qui leur hurlait qu'ils étaient pas sur Fifa mais dans une vraie partie et donc qu'il n'y avait pas pause.
Même si il se senti encore plus frustré en voyant Jasmine sourire légèrement face à son pote, Tarik pris conscience rapidement que la présence de sa bande le mettait également sous tension, le dérangeait. Il n'aimait pas laver son linge sale en public ni régler une affaire privée devant eux, préférant s'isoler avec la brune quand un conflit régnait. Et quelque part, il savait également que faire ça ici, alors que ça risquait de mal tourner, était pas une bonne idée non plus. De plus, Jasmine se laissait distraire par le match et Tarik était conscient que c'était juste une manière pour elle pour fuir la conversation. Hors, même si il savait pas comment il allait s'y prendre, il voulait vraiment avoir l'attention de Jasmine.
— Viens haychek, j'ai pas envie d'parler ici.
— Non.
— Jaz'....
Son insistance fit monter la jeune femme en tension et si elle cmmençait vraiment à stresser, se demandant ce qu'il avait encore à lui dire, elle choisit sa colère pour masquer ce sentiment de peur. Lassée qu'il insiste et surtout énervée de voir que pour lui, ce qui s'était s'était passé semvlait être juste un clash parmis tous ceux qu'ils avaient pu avoir par le passé et qui pouvait se régler à coups de deux excuses toutes pétées.
— Je suis là pour Nabil et j'ai pas envie de t'écouter et encore moins de te parler, alors laisse-moi tranquille. On s'est tout dit j'crois, finit par lâcher la brune en le fusillant du regard.
Il se redressa, s'avachissant dans le fond du banc crade tout en riant jaune, passant une main sur sa barbe pour retenir sa langue de lâcher ce qu'il pensait à ce moment précis, et bien que l'envie de mettre un coup de pression à Jaz' lui vint, il su qu'avec les gars à coté, il devait rester discret. Se remettant dans sa position initiale, il tourna la tête vers la brune en serrant les dents, la jeune fille ne lui offrant que son profil.
— Hé, je me suis d'jà excuser wesh, tu veux quoi d'plus ? Je suis là, j'fais un effort en v'nant alors qu'avant-hier tu m'a recalé sec devant chez toi. Tu cherches quoi enfaite là ? Tu veux pas que ça s'arrange ou quoi ?
Jasmine dégluti, ressentant le même sentiment paradoxal mélangé entre la culpabilité et la colère que mardi soir. Après le départ de Shirley et Nérissa, Tarik en avait profiter qu'elle soit un moment solo en attendant Nabil pour monter chez elle, afin de pouvoir régler les choses pour pas que ça parte trop loin. Elle ne répondait ni à ses sms, ni ses appels et ça commençait à le rendre fou. Jasmine lui avait ouvert, croyant que c'était son frère mais en apercevant Tarik, ce dernier avait même pas eu le temps de dire quoique ce soit qu'elle lui avait claqué la porte au nez en fermant à clé. Pendant dix minutes, il avait frappé, lui demande de lui ouvrir, voulant lui parler mais Jasmine n'avait ni répondu, ni ouvert, faisant la morte de l'autre côté de la porte.
Sur le coup, elle s'en était voulu, voyant que Tarik essayait de faire le premier pas depuis la veille mais sa fierté était revenue, et elle voulait que cette fois il comprenne que c'était plus possible.
En repartant, Tarik s'était dit que c'était peut-être mieux de la laisser tranquille quelques jours, le temps qu'elle redescende et soit plus apte à l'écouter mais son départ du lendemain avait remis en question ce qu'il avait prévu. Il le montrait pas et ne le dirait sûrement jamais mais ouais, partir en laissant les choses en l'état avec Jasmine le faisait flipper, ayant peur qu'il ai vraiment fini par la perdre et que la distance les éloigne définitivement.
— Je te l'ai dit, on est plus potes toi et moi donc y a rien à arranger.
L'entendre s'entêter comme ça lui donna envie de se barrer, ayant l'impression qu'elle faisait tout pour le mettre à bout mais Tarik resta quand même à sa place.
— Alors c'est vraiment c'que tu veux ? Zehma on fait comme si on se connaissait ap, on zappe le reste et c'est tout. Sérieux ? Ca s'arrête là ?
Le ventre de la brune se contracta sous la question de Tarik et le regard insistant et sombre qu'il porta sur elle sans ciller n'aida pas à la calmer. Sa fierté voulait dire oui, mais elle n'y arrivait pas car malgré tout, ce n'est pas ce qu'elle voulait au fond d'elle. Son manque de réponse énerva Tarik qui attrapa le bras de la jeune fille, dont les doigts ne cessait de se tordre dans tous les sens sous l'angoisse et il tira un peu plus sèchement pour attirer son attention sur lui-même.
— Réponds zebi ! Siffla t-il.
Craintivement, Jaz' batti des paupières mais à regarder pleinement Tarik, elle senti sa poitrine se compresser. Elle détourna les yeux pour fuir sa vision, ne pouvant lui faire face. Son regard noir et dur, sa manière de parler sèchement, sa façon de contracter sa mâchoire et le souffle rapide du brun qui s'accélérait sous la colère lui faisait peur, lui donnant l'impression de revivre la dispute qu'ils avaient eu inlassblement. Tout ce que son cerveau lui lançait en regardant Tarik était les paroles crues qu'il avait eu contre elle, ravivant la douleur de ses mots.
" J'sais pas c'que t'es ! Je peux pas te répondre parce que j'en sait que dalle !"
" J'ai rien à te donner alors tu veux quoi putain ?!"
" T'es pas ma daronne, pas ma soeur, pas ma meuf donc maintenant restes à ta place."
" Faut que j'la tej, elle s'est aggrandit, téma comme j'nage dedans.
- Tu l'as prêté à qui ?
- Vu que j'me tape que des chiennes askip, à l'une d'entre elles."
Comme à chaque fois que Jasmine se rappelait toutes ces horreurs, elle sentait son organe vital se tordre et ses yeux la piquer dans la foulée.
— Nan, tu vois c'est pas c'que tu veux et c'est pas c'que j'veux. Putain Jasmine... j'me suis excusé v'la les fois, tu veux que j'fasse quoi de plus putain ? Arrêtes de m'en vouloir au bout d'un moment ! Tu veux que j'te rappel tout ce que toi tu m'a craché à la gueule en faisant ta peste ?!
Touchée là où il ne fallait pas, Jasmine releva subitement le visage vers Tarik, causant un mouvement de recul de la part de ce dernier. La noirceur qu'il croisa dans ses prunelles d'ordinaire couleur miel le troubla, et même si plusieurs fois il l'avait vu en colère ou taper une crise, c'était la première fois que ses yeux étaient aussi noirs de haine. L'humidité de ces dernières lui échappa pas non plus et ses lèvres restèrent entrouverte sans qu'aucun son ne sorte. Mais Jasmine pris la parole en premier, elle aussi veillant à baisser le ton, ne voulant pas non plus que leur règlement de compte soit connue des garçons et surtout de Nabil.
— Parce que tu crois que me dire "smeh j'ai merdé" sur deux messages et un pauvre "j'aurais pas dû" ça suffit à effacer toutes les horreurs que tu m'a lancé ? T'es sincère là Tarik ?! Tu crois vraiment que je suis conne à ce point là ?!
Il ne su quoi répondre, tandis que les yeux de la brune le fusillaient littéralement et qu'elle s'arracha de sa poigne d'un geste violent.
— J'ai pas envie de t'écouter parce qu'avec toi c'est toujours pareil. Tu lance deux excuses que tu pense même pas, puis te retourne le truc à ton avantage en remettant la faute sur moi sauf que là, ça passera pas. Tu te rend même pas compte du mal que tu m'a fait putain... Alors perdon mais la puta qui a aggrandit ta putain de veste avec son gros corps qui passe sous tous tes potes ne veux pas t'écouter ni te parler.
Sentant les larmes lui monter et brouiller sa vue au fur et à mesure qu'elle prononçait ces mots, Jasmine décida de couper court à cette conversation qui menait à rien. Bien qu'elle avait promis à Nabil de rester jusqu'à la fin de la soirée, c'était au dessus de ses forces. Voir Tarik était trop dur et elle ne supporterai pas une heure de plus. Mais avant de partir, elle pris conscience qu'elle avait trop de choses sur le coeur pour se taire maintenant alors, avant de quitter le terrain, elle se tourna une dernière fois vers Tarik qui ne la regardait plus, la tête baissée en fixant le sol d'un air fermé en jouant avec les muscles de sa mâchoire.
Lui-même avait envie de se barrer, mesurant seulement à cet instant que non, cette fois, il ne s'en sortirait pas aussi facilement que d'habitude. La peine était clairement lisible dans les yeux de la brune, et sa culpabilité l'empêchait de lui faire face. La voix tremblante de Jasmine, bien qu'elle veilla à ne pas hausser le ton en essuyant sa joue tout en jetant un coup d'oeil sur le terrain pour s'assurer que personne ne se rendait compte de ce qui se passait de leur côté, piquait également la poitrine d'AD.
— Tu te rend même pas compte du mal que tu m'a fait, reprit-elle en reniflant, ses mains agrippant le bord du banc qu'elle serrait entre ses doigts. Non seulement tu m'a fait passer pour ce que je ne suis pas, tu m'a manqué de respect et comparer à toutes ces puta que tu collectionne depuis des années en disant que j'étais une chienne mais en plus de ça, t'as osé t'en prendre à mes complexes alors que tu sais très bien que c'est la pire chose que tu pouvais faire à mes yeux ! T'aurai pu t'attaquer sur mon père, je l'aurai pas aussi mal pris et tu le sais, mais non, toi t'a été jusqu'à m'attaquer sur mon poids en balançant que j'avais aggrandit ta veste en me méprisant du regard ! T'es conscient à quel point à t'as été méchant et blessant ou pas ? Les yeux bordés de larmes, Jasmine tenta de se contenir, ne voulant pas craquer sans avoir fini. Et tu crois que je vais me contenter de deux disquettes après ça ?
Tarik se retrouva con, fermant les yeux en jurant dans sa tête, se rendant compte seulement à cet instant que oui, il avait été beaucoup trop loin. Il ne se rappelait même plus avoir dit ça et lui-même à cet instant eu envie de se niquer la tête. Sa gorge se noua, rendant difficile sa déglutition et en voyant les larmes de Jasmine perler sur ses joues rebondies, il douilla de l'intérieur.
— Et tu sais c'est quoi le pire dans tout ça ? Lui fit-elle en passant sa manche sous ses yeux tout en lâchant un rire amer, c'est que j'arrive même pas à t'en vouloir. Je suis pas énervé, juste déçue. Et ça fait mal. Je peux plus te regarder car à chaque fois que je lève les yeux vers toi, ça me rappel juste à quel point t'as réussi à retirer le peu de confiance et d'estime que j'avais pour moi-même ainsi que toute la confiance que j'avais en toi.
La voix douce de la brune se brisa sur ces trois derniers mots, ses yeux larmoyants fixant le profil de l'algérien qui ne l'avait pas regardé une seule fois, et encore une fois, elle comprit qu'il n'assumerait rien encore aujourd'hui. Voulant éviter une autre conversation douloureuse ou pleines de cris, elle décida de mettre fin à tout ça, quoiqu'un peu plus légère puisqu'elle avait enfin dit ce qu'elle avait sur le coeur mais se sentant tout de même ridicule.
Sa cuisse tressautant, le kabyle rouvrit les yeux, fixant la partie de foot qui se poursuivait comme si tout allait bien, mais à l'intérieur de lui, il senti quelque chose se briser. Jamais il n'avait pensé qu'il aurait pu blesser Jasmine à ce point là et évidemment, les mots qu'elle lui crachait lui faisait mal. Mais le problème, c'est qu'il ne savait pas quoi dire étant indéfendable. La colère qui le rongeait remonta à nouveau, embrasant sa poitrine et le goût d'amertume qu'il eu dans la gorge lui fit grincer les dents au point qu'il cru être à deux doigts de se casser une dent. Oui il était en colère, mais contre lui, et jamais face à une femme il s'était senti aussi nul et sale. Si ces reproches provenait d'une autre go, Tarik en aurait rien à foutre, il lui rirait même au nez, s'en fichant totalement du malheur de la pauvre nana qui se trouverait face à lui. Mais le problème était que la fille en face de lui n'était pas n'importe qui mais Jasmine. Et c'était ça le problème.
La sensation d'un mouvement brusque le sorti de ses réflexions et il comprit rapidement qu'il devait agir maintenant avant qu'il soit trop tard en voyant Jasmine se relever, prête à partir. Mais le plus douloureux fut la dernière phrase qu'elle lui adressa entre deux pleurs, et c'est là qu'il se fit la réflexion que c'était même déjà trop tard.
— J'te déteste.
Il tenta de capter son regard, son expression faciale montrant clairement du choc et de la surprise, mais cette dernière lui tourna le dos, essuyant son visage au passage. Les derniers mots qu'elle venait de lui balancer à la tronche eurent l'effet d'un électrochoc et en la voyant commencer à s'éloigner, il se leva pour la rattraper. Agrippant son poignet, il l'obligea à lui faire face.
— Attends putain.
— Laisses-moi...
La voyant s'agiter en essayant de le repousser, Tarik lâcha sa prise et attrapa le visage de Jasmine en coupe avant de le relever vers lui pour capter son regard.
— Regardes moi zebi, s'agaça t-il tandis qu'elle posa ses mains sur ses avants bras en tentant de lui faire lâcher prise.
Sur le terrain, l'éclat de voix de Tarik attira l'attention de Nabil, l'arrêtant dans sa partie alors que Dieydi filait vers le but, le ballon aux pieds, poursuivi par le reste des garçons. La cadet des Andrieu décrocha totalement du jeu, arquant un sourcil en voyant que de l'autre côté de l'espace en terre battue, la tension montait. Il avait bien vu que son frère discutait enfin avec Jasmine mais quand il vit Tarik aggriper le visage de Jasmine en haussant la voix et sa meilleure amie tenter de le repousser, un soupir rauque sorti de sa poitrine et il serra les poings. Alors qu'il allait rejoindre les deux qui lui prenaient la tête depuis trois jours à jouer au chat et à la souris, le regard noir en se demandant encore qu'est ce qu'avait bien pu faire son frère comme connerie, une paume se posa sur son torse, déviant la trajectoire de ses iris.
En fronçant les sourcils, il fut surpris d'apercevoir Mess qui se tenait à sa droite, l'arrêtant dans son mouvement. Etrangement, Mess lui fit un hochement de tête négatif.
— Laisses-les frérots.
La mâchoire serrée, Nabil se demanda de quoi se mêlait le meilleur pote de son frère, le toisant droit dans les yeux mais Mess ne se dérida pas.
— Ladiff, sah t'en mêles pas.
Plissant les yeux, Nabil scruta Mess qui jeta un oeil derrière lui en direction de son meilleur pote et de la petite du groupe, et bizarrement Nabil compris qu'il était au courant de quelque chose. Ce qui l'intrigua car jamais son frère ne se confiait à quiconque.
— T'es au courant ?
— Ouais, ton reuf m'a dit. C'est pour ça que j'te dis de laissez béton. Si t'y va, tu va empirer le que-tru. Laisses-les gérer leur merde. Ton frère est assez grand.
— C'est pas lui qui m'fait reup là, grogna Simba.
Même si ils étaient à cents mètres de distances, Nabil pouvait deviner de là où il était l'état de Jaz', rien qu'à voir sa manière de tenter de repousser Tarik ou de se tenir.
— J'sais mais si c'est pas là, ce sera à un autre moment. Ton reuf sait ce qu'il fait.
— T'essaie de convaincre qui là ? Toi ou moi ? depuis quand mon reuf sait ce qui est bon pour lui ?
Malgré la situation tendue dans laquelle Nabil était, un petit ricanement sorti des lèvres de Mess qui acquiesça les propos de son ami.
— On va dire que j'ai géré pour que ton frère le croit.
Sa phrase fit sourire en coin le petit frère d'AD, mais rapidement, leurs visages se reportèrent de l'autre coté du terrain quand une voix s'éleva.
— Wesh, y a heja entre AD et Mina là ?
Voyant Kemil se rapprocher en parlant un peu trop fort, Mess lâcha Nabil, échangeant un regard explicite avec ce dernier, puis contourna le cadet des Andrieu avant de passer un bras autour du marocain.
— Nan, ils discutent juste, mentis Mess en riant, tapotant le pec de Naha qui semblait peu convaincu.
— T'es sûr ?
— Ouais tranquille. Mais tu les coco, toujours à se chicane pour R. Bon y a combien combien là ? J'vous trouve mous les mecs ! Ajouta Mess en s'approchant du reste de l'équipe.
Kemil sembla perplexe, mais haussa les épaules, se disant que c'était possible. Bizarrement à l'intérieur de lui, il se senti un peu agacé de voir Tarik toucher Jasmine, et il pouvait pas nier que la latina lui plaisait de plus en plus. Mais ce qui le troublait était surtout qu'il commençait à se poser des questions sur la relation qu'entretenait Tarik et Jasmine, trouvant pas mal de choses louches.
Mais le geste que venait d'avoir Tarik envers Jasmine n'avait pas non plus échappé à Karim et Samy, puisque ces derniers froncèrent les sourcils en s'interrogeant du regard. Ce qui les pertuba sur le moment n'était pas le fait que Jasmine et Tarik se dispute, mais surtout le geste de Tarik précisément. Karim qui avait tout vu, trouvant bizarre que Tarik ne vienne pas leur foutre une raclé comme d'habitude en aidant son frère, les avait observé et il avait bien vu qu'AD tentait de retenir Jasmine de partir. Il semblait agité mais ce qui avait troublé Karim fut surtout de voir Tarik tactile avec la brune. C'était pas du tout son genre de rattraper quelqu'un lors d'un clash, que ce soit pour rigoler ou autre, Tarik ne courrant jamais après les gens, même si il était en tord.
— Oh putain ! MAIS T'ES TROP CON TOI MA PAROLE !
Un cri venant de l'opposé sur terain, le bord le plus proche de la route attira tous les regards, dont celui de Nabil qui s'aperçu que tous les gars cavalaient en direction de Sabri qui engualait Nader.
— LADIFF ! RAMENES TOI !
En soupirant, Nabil se frotta le crâne mais décida de rejoindre sa bande de bras cassés, comprenant qu'une connerie venait d'être faite. Il abandonna donc l'idée d'intervenir entre Jasmine et son frère, se disant qu'au mieux, les choses entre eux allaient enfin sortir une bonne fois pour toute et que de ne pas s'en mêler l'empêchait aussi de devoir prendre une décision à l'avenir.
De leur côté, Tarik tentait toujours de retenir Jasmine qui ne voulait rien savoir, et trop pris dans leur bulle qui devenait de plus en plus électrique, aucune des deux ne fit attention à ce qui se passait à une centaine de mètre d'eux, ni à Nabil qui s'enfuyait du terrain en courant, un écureuil dans les mains.
— Jaz', arrêtes.
La jeune fille fit un signe négatif de la tête, causant un grondement sourd de la part de Tarik qui augmenta sa prise sur les joues de la brune, approchant son visage du sien.
— Khlass ! Ecoutes moi au moins merde !
Le connaissant assez pour savoir qu'il ne lâcherait pas le morceau, Jaz' avala difficilement sa salive mais Tarik se rapprocha d'elle, la collant presque à son torse tout en levant sa tête pour que les yeux se retrouvent. Une fois qu'il eu ce qu'il voulait, il adoucit le ton de sa voix, voulant avant tout la calmer mais également lui expliquer enfin les choses. La voir comme ça le rendait fou, et il refusait qu'elle fasse une croix sur lui, comme lui ne pouvait en faire une sur elle. Même si seulement deux jours s'étaient passées depuis leur prise de tête, parmis toutes ses insultes et ses reproches inutiles, il avait entendu certaines choses qui l'avait fait réflechir, l'empêchant carrément de dormir.Ses iris marrons-vertes s'ancrèrent dans celles embuées et ternes de Jasmine.
— Je suis désolé. J'te jure que je m'en veux et...
— Je...
— Laisses-moi finir ! Guettes moi dans les yeux si tu me crois pas ! Ouais ok, j'sais que j'ai merdé, j'ai dit des choses horribles mais wallah que je les pensais pas ! Ouais deux-trois désolé suffiront ap, j'le sais, j'suis pas con mais j'te jure sur la tête de Baba que je m'en veux de ouf et que pas une seule seconde j'ai pensé un seul mot sur tout ce que j'ai dit. Jamais de la vie ! J'regrette d'avoir balancé toutes ses conneries tout ça parce que ma fierté venait de prendre un coup dans la gueule et que j'ai voulu faire le mec. Je vais pas nier que je voulais te blesser comme toi tu m'a blessé Jaz' mais pas à ce point là. T'as plus confiance en oim, j'peut capter mais crois moi que je suis désolé. Vraiment. Je m'excuse rarement wesh mais là, téma mes yeux et tu verras que j'ai jamais été aussi sincère avec toi.
Les doigts de Jasmine qui tentaient de repousser Tarik en se crispant sur ses poignets dessérèrent leur prise, et les yeux de la jeune fille laissèrent passer une once de surprise. Tarik vit que ses mots avait un peu calmé sa brune, mais ne lâcha pas son visage pour autant. Il s'humecta les lèvres quelques secondes, se coupant puis posa son front contre celui de la jeune fille, essayant de passer outre sa pudeur habituelle.
— Je m'excuse Bambina. Haychek, faut que tu me crois.
Face à la sincérité plus qu'évidente du brun, Jasmine ne su comment réagir. Une partie d'elle voulu le repousser, trouvant ça presque trop facile mais une autre partie d'elle était touchée. Elle était l'une des rares personne qui pouvait affirmer qu'elle connaissait l'homme en face d'elle mieux que les autres, voir même que Nabil, partageant avec lui des secrets dont personne ne pouvait soupçonner l'existence, et elle savait pertinemment que jamais Tarik ne s'excusais. Même si il était en tord, même si il pouvait merdé, même si il blessait des gens, sa fierté était telle qu'il ne le faisait jamais. Généralement, il disait "smeh", juste pour calmer le jeu mais les mots "je m'excuse" étaient quasiment jamais sorti de sa bouche. Malgré tout ce qu'elle s'était évertuée à se répéter et la rancune qu'elle gardait tout de même contre lui, en observant attetivement les rétines de l'algérien, Jasmine vit qu'il le pensais réellement. Ce n'était pas juste des mots lâchés au hasard, il y avait bien de la culpabilité et du regret dans ses prunelles malgré leur teinte sombre qui persistait.
Cependant, elle ne su quoi répondre. Oui elle le croyait, oui elle acceptait ses excuses mais elle ne lui pardonnait pas pour autant. Et Tarik s'en aperçu rapidement quand Jaz' fit vaciller ses prunelles dans les siennes, les lèvres pincées. Captant la brèche qu'il avait réussi à installer sur le moment, il su que c'était maintenant ou jamais.
— Tu veux bien m'écouter maint'nant ?
D'abord hésitante, la vénézuelienne lâcha les poignets de Tarik mais finit par accepter en hochant timidement la tête. Une fois sûr qu'elle n'en profiterait pas pour essayer de s'enfuir à nouveau, le brun se redressa mais tourna la tête pour regarder les autres qui semblaient se chicaner de l'autre côté. Jasmine vit ses sourcils se froncés quand la voix de Sabri leur parvint, le vent emportant le son dans leur direction et qu'elle entendit ce dernier insulté Nader de "tueur d'écureuil".
— Il se passe quoi ? Bredouilla t-elle en passant le bout de tissu de sa manche sous ses yeux.
Tarik n'en au aucune idée mais secoua la tête avant de redonner son attention à la jeune fille qui observait l'attroupement en essayant de se calmer.
— On s'en balec. Viens on va ailleurs.
Portant sa main à celle de Jasmine, Tarik enlaça ses doigts à ceux de la brune, beaucoup plus fins et froids que les siens, et lâcha un soupir discret en ayant aucun rejet de la part de Jaz'. Mais quand il exerça une pression pour l'emmener avec lui dans un droit plus isolé où il se sentirait plus à l'aise pour pouvoir discuter, bien qu'il ne savait pas encore comment il allait géré n'étant pas doué dans ce genre de bails, Jasmine ne bougea pas, restant sur place.
— Non.
Lui lançant un regard interrogatif, il arqua un sourcil mais Jasmine se racla la gorge avant de baisser la tête.
— J'veux rester à coté de Nabil. D'accord pour qu'on... qu'on parle mais c'est ici ou rien..., décréta Jaz' en se mordillant la lèvre tout en lâchant sa main.
Bien qu'elle ne voulait pas l'avouer, une partie d'elle était déjà angoissée face aux prochaines paroles de l'homme et elle l'était dix fois plus à l'idée de se retrouver seule avec lui dans un coin isolée. Pas qu'elle avait peur de lui dans le sens qu'il pourrait devenir violent ou autre, mais elle avait peur de ce qu'il pourrait dire et surtout des impacts que ça allait avoir sur elle. De plus, la présence de Nabil à côté d'elle la rassurait, et bien qu'elle non plus n'était pas foncièrement à l'aise à l'idée d'avoir cette conversation à proximité du reste des QLF, elle se raccrochait à leur présence en se disant que ça empêcherait au moins Tarik de lui hurler dessus ou autre. Ne pas être seuls était malaisant mais c'est justement cette gêne que ça apportait autour d'eux qui la rassurait. Comme si cela installait un filet de sécurité autour d'elle en plus de la pudeur de Tarik qui ne le quittait jamais. Elle était consciente que sa condition risquait de le bloquer, voir même qu'il refuse à quatre-vingt dix pourcents vu sa pudeur et sa fierté, et que ça ruinait directement les chances d'une "réconciliation" possible. Même qu'il risquait de s'énerver par frustration. Mais justement, comme lui, elle comptait utiliser ses points faibles pour son propre bien-être.
Tarik la scruta quelques secondes, se demandant si elle déconnait, surtout quand ils entendirent les garçons se remettre dans leur partie à quelques mètres d'eux. Mais vu le regard déterminé qu'elle avait, il su qu'elle ne plierai pas. La tension monta d'un cran, Tarik se retrouvant à la fois frustré mais également pris au piège alors qu'il était déjà pas à l'aise depuis le début en ayant les siens pas loin. Son regard s'assombrit alors qu'il se massa la joue dans un tic nerveux, se frottant la barbe du plat de sa main. Clairement, la condition de Jaz lui plaisait pas, pas du tout même car il savait qu'il allait devoir s'ouvrir à elle, au moins pour qu'elle comprenne un peu sa façon de voir les choses, mais également qu'il allait devoir se contenir et rester froid à toutes ses émotions pour garder la face. Et c'était ça le second truc qui le rendait plus nerveux c'est que face à Jasmine, il arrivait rarement à pouvoir contenir ses émotions même si la plupart du temps il les noyait sous des accès de colère. Une partie de lui flippait aussi des regards qui pourraient être posé autour d'eux, ou que les gars crament quoique ce soit, sachant qu'ils risquaient de s'en mêler ou de foutre un peu plus la merde que ça l'était déjà.
— Jaz'. D'jà que c'est pas cile-fa pour oim là, abuses pas, grogna t-il, agacé.
Soutenant son regard, Jasmine ne céda pas, se montrant plus que déterminée. Alors que généralement c'était Tarik qui imposait ses décisions, et elle qui suivait sans avoir le choix, cette fois et pour la première fois, les rôles s'inversèrent.
— C'est ici et maintenant ou rien. Y aura pas d'autres moment. Je suis là pour Nabil avant tout, et même si j'accepte tes excuses, ça change nada.
Comprenant que cette fois, il avait pas le dessus, Tarik montra un premier signe de colère puisque son poing se serra, ses yeux fusillant Jasmine comme jamais. Il détestait ça, être dans une situation où le contrôle lui échappait. Que ce soit dans son buisness, dans sa vie perso ou même dans son intimité, Tarik était toujours dominant.
Lorsqu'il tourna le dos à Jasmine, cette dernière ferma les yeux, s'attendant à peu près à cette réaction de fuite mais elle fut une nouvelle fois surprise quand Tarik refit volte-face après s'être frotté les paupières.
— Ok.
Un élan de soulagement s'empara de Jasmine et elle suivit Tarik du regard quand celui-ci passa devant elle avant de s'accouder à la rambarde qui bordait le terrain, se massant la nuque tout en cherchant par quoi il allait commencer. Touchée de voir qu'il acceptait de mettre sa fierté de côté poour elle, en plus d'avoir fait l'effort de s'excuser, la brune pris place à côté de lui, les bras serrant les pans de sa veste tandis qu'elle se protégeait du froid qui devenait de plus en plus glaçant.
Pendant deux minutes, personne ne parla, Jasmine lançant quelques regards en coin en direction du brun qui lui avait le regard qui se baladait sur la partie de foot qui se jouait encore. Elle finit par combler les quelques milimètres qui les séparait, s'accoudant également à la barrière même si elle n'eu pas besoin de courber le dos, contrairement à Tarik qui était plus grand qu'elle. En observant un peu plus le brun, elle se rendit compte qu'il semblait aussi nerveux qu'elle, lui aussi appréhendant la suite, n'ayant pas pour habitude de devoir se justifier ou de parler de ses sentiments à quique ce soit. Sa cuisse bougeant nerveusement alors que sa respiration se fit plus profondes et elle l'entendit nettement taper quelques soupirs, comme si il tentait lui-même de se lancer.
Mais ce que Jasmine ne s'attendait surtout pas, c'était à la façon dont Tarik allait commencer son explication.
— J'représente quoi pour toi ? Finit-il par lui demander en tournant la tête pour la regarder.
Prise de cours, Jasmine fronça les sourcils mais elle vit dans son regard qu'il attendait une réponse claire et précise. Un hoquet de surprise s'échappa de ses lèvres et elle commença à se sentir bientôt elle aussi mal à l'aise.
— Por... porqué tu me demande ça ? bredouilla t-elle en osant à peine soutenir son regard.
— J'veux savoir avant. De base, l'blem pro vient de là nan ? Donc j'veux savoir, vu que je suis pas ton pote, je suis quoi du coup ?
Jasmine ouvrit la bouche, les yeux ronds mais aucun mots ne sorti.
— T'met pas à parler noich par contre, grommela Tarik. Oui j'ai des que-tru à t'dire, mais si moi j'dois porter mes couilles, toi aussi. C'est donnant-donnant. Donc, j'répètes : je suis quoi pour toi.
Bien qu'il garda un visage imperturbable, une fois sa question posée, Tarik savait qu'à l'instant où Jasmine allait répondre, tout risquait de changer. Jasmine n'en avait pas conscience mais les mots qu'elle allait prononcer allait tout chambouler. Que ce soit en bien ou en mal.
— Je... je sais pas, avoua t-elle en baissant la tête.
Tarik plissa les yeux, ayant l'impression d'avoir mal entendu mais sa tension grimpa quand il réalisa qu'elle était sincère.
— Attends... Tu sais ap ? T'es sah là ? A moi tu m'prends la tête en m'disant que c'est finito entre nous parce que je t'ai donné la même réponse, t'expliquant que je savais ap, et toi tu me lance ça ?
Le voyant s'énerver, Jasmine releva la tête, consciente qu'elle était illogique à cet instant, mais alors qu'elle tentait de se rattraper, un bruit de pas les interrompis.
— Wesh AD ! S'exclama Sabri essouflé, en se prenant appuis sur ses cuisses pour se pencher tout en essayant de calmer sa respiration. Dis... Y a moyen que tu...
Sans même lui laisser le temps de finir sa phrase, Tarik tourna vivement la tête, le regard noir.
— Bouges.
Jasmine emmitoufla le bas de son visage en ramenant le zip de sa veste jusqu'au col, se cachant un peu dedans à la fois pour se réchauffer mais aussi éviter que Sabri ne remarque ses yeux rouges.
Le plus jeune fronça les sourcils en tirant la langue, toujours entrain d'essayer de reprendre son souffle et grimaça.
— Quoi ?!
— Bouges.
— Azy... Il nous manque un joueur vu que... que Sim... Simba est parti soigner l'écureuil...
— Je m'en bas les couilles, bouges.
Se redressant, Sabri scruta de manière bizarre Tarik, peu surpris de se faire envoyer chier étant donné que c'était à peu près l'une des seules façons de s'exprimer de son grand, mais ce fut surtout l'expression gêné et blême de Jasmine.
— Wesh Mina, ça va ?
— Ouais elle allait bien avant que tu rappliques ton cul, grommela Tarik, passant une main dans le dos de Jaz' la voyant de plus en plus mal à l'aise. J'suis sah Sabri, soit tu décale, soit j'te décale.
— Oooookay..... Oulà, y a des bails entre vous ou ....
Le sourire vicieux et la danse de sourcil qu'eu Béné énerva Tarik mais le premier écarquilla les yeux en reculant quand le dernier se redressa de toute sa hauteur, le regard menaçant.
— AZY JE DECONNES ! JE DECONNES WESH ! J'me barre !
Sans se faire prier, Sabri se mit à cavaler comme un lapin à l'autre bout du terrain de jeu, sous le soupir blasé d'AD.
— Il a vraiment parlé de Nabil et d'un écureuil là ? Réagis soudainement Jasmine en fronçant les sourcils, intriguée.
— Ouais.
— Mais...
— On s'en branle et cherches pas à changer de discussion. Tu voulais qu'on parle ici, on le fait, claqua sèchement Tarik.
Jasmine roula des yeux, mais sursauta quand Tarik lui mit une pichinette sur le bout du nez.
— Arrêtes de faire ça, ça m'gave. Donc avant que je m'énerve, réponds parce que là, si vraiment ta seule rép c'est "j'sais pas", je sent que la discussion va s'arrêter là et viteuf.
Constatant qu'il était redevenu sérieux et qu'il avait recommencé à la fixer, Jaz' fit une moue gênée puis reprit là où ils s'étaient arrêtés.
— C'est pas que j'en sais rien Tarik c'est juste que... j'ai pas le mot pour dire clairement ce que tu es pour moi.
— Mais on est pas potes, répéta Tarik, les yeux à nouveau sur le terrain.
— Non, non on l'es plus, s'agaça la jeune fille. Mais... Tu va vraiment faire ça là ? Me repiquer sur ça ? C'est ça ta façon de vouloir "m'expliquer" ?
Sans répondre à sa question, l'esquivant subtilement, le brun fit ripper sa dent sur sa lèvre inférieure avant de se ré-accouder au rebord en métal rouillé.
— Je t'ai dit qu'on était pas sur la même longueur d'ondes mardi, tu t'souviens ?
Le brusque changement de sujet laissa Jasmine perplexe mais bien vite, le rappel amer de ces mots assombrit son humeur.
— Tu...
— Laisses-moi finir, rugis Tarik en la voyant commencer à froncer les sourcils sous la colère. Ouais vu comment tu m'chouff, tu t'souviens. Hassoul, si je te pose la question c'est justement pour savoir si j'ai eu tord ou raison d'dire ça.
— Mais toi même t'as dit que tu savais pas ce que j'étais pour toi... Je comprends pas là..., i souffla Jaz', en passant une main dans ses cheveux.
— Ouais et j'changerai pas de réponses car ce que t'as pas pigé, c'est que j'en sait que dalle parce que je suis paumé Jaz', lui expliqua enfin Tarik, ré-capparant soudainement les yeux de Jaz' qui croisèrent les siennes. Y a pas de je sais pas ce que t'es pour oim parce que tu représente R, c'est pas du tout ça. Mais c'est juste parce que je... je peux pas savoir. Comme tu l'a dit on est plus pote, sauf que j'peux pas faire le mec en disant qu'on est R parce que c'est pas le cas. Voilà, maintenant tu sais, je suis paumé depuis quelques temps mais toi tu sais, alors même si t'as pas l'mot, expliques. Tu vois, je suis prêt à faire des efforts puisque je viens de t'avouer ça alors que moi-même j'ai dû mal à m'dire que j'ai des doutes, mais si tu veux qu'on continu à vraiment mettre cartes sur table, même si c'est moi qui a fait le plus de merde entre nous deux, toi aussi faut que tu sois sincère avec oim.
Pour le coup, tout se mélangea dans l'esprit de Jasmine, ayant eu trop d'infos d'un coup. Elle remarqua dans la gestuelle de l'algérien qu'il se referma sur lui-même, prenant lui-même conscience que ce qu'il venait de dire avait déjà son impact sur leur relation, peu importe l'issue de cette explication. Mais oui il était perdu, mais il l'était encore plus depuis deux jours suite aux aveux à moitié dit de la brune à ses côtés, et il voulait être sûr d'avoir bien compris le sens de ses paroles d'il y a deux jours avant de continuer de lui dire ce qui se passait dans son crâne. Une partie de lui flippait, se rendant compte qu'il venait de faire sous-entendre à Jaz' qu'il pouvait peut-être la voir bien différement qu'il n'aurait jamais pensé. Et à son tour, Jasmine se retrouva un peu perdue face à lui, et surtout troublée.
Elle se sentait soulagée de comprendre qu'elle comptait pour Tarik, même si il l'avait dit à sa manière sans vraiment le faire ouvertement, elle n'était plus sûre qu'elle devait prendre cela comme une bonne chose ou non. Son esprit bloque quelques secondes, sous l'avalanche de sentiments qui lui tordit le ventre, ne s'attendant pas à ce que Tarik lui fasse sous-entendre quelque chose comme ça mais l'émotion qui prima un peu trop rapidement fut la montée d'angoisse et de malaise quand elle comprit ce qu'il lui demandait. La première seconde, elle fut tentée de fuir en se renfermant, lui hurlant à quel point c'était déplacé de sa part d'exiger qu'elle explique ses sentiments alors qu'elle l'avait déjà fait, mais sa conscience lui rappela que Tarik lui posait pas la question pour rien et que si elle déconnait à son tour, c'était elle qui risquait de le perdre. Elle savait pertinemment que dans ce genre de situation, Tarik allait prendre sa fuite comme une trahison et que son égo allait le pousser à se refermer définitivement avec elle.
Soufflant un bon coup, elle décida de se lancer, même si ce qu'elle allait lui avouer la rendait plus que mal à l'aise, sa timidité rprenant le dessus puisqu'elle fut incapable de continuer à lui parler droit dans les yeux. Jasmine était également angoissée, se rendant compte que s'ouvrir vraiment à Tarik pouvait être à double tranchant, et qu'elle risquait de se faire plus de mal qu'autre chose. Mais puisqu'il allait partir, cette idée restant gravée dans un coin de sa tête, finalement, elle se fit la réflexion qu'elle n'avait plus rien à perdre. Si ce n'est sa dignité et son coeur, mais les deux avaient déjà été piétinés il y a deux jours par le mec à coté d'elle donc ça ne pourrait pas être pire.
— Je te vois plus comme un pote... depuis un moment déjà, avoua t-elle enfin. Je te l'ai déjà dit, mais j'peux pas mettre de mots sur ce que t'es... ou pas. C'est... compliqué.
Tarik écouta attentivement Jasmine, l'observant baisser les yeux d'un air gêné et si il fut tenté de la secouer, voulant qu'elle aille plus vite et qu'elle arrête de tourner autour du pot, il n'en fit rien. Il la connaissait et compris que pour elle non plus ce n'était pas facile de dire ce qu'elle ressentait et quelque chose en lui était finalement soulagé qu'elle mette du temps, conscient qu'après ce qu'elle allait lui dire, il allait devoir prendre une décision.
Gênée, Jasmine baissa les yeux sur ses mains qu'elle croisa entre elles et plus précisement sur la bague de sa mère et la pierre azure qui l'habillait. Sa lèvre se retrouva prisonnière de sa dent, qu'elle se mit a maltraiter à la même vitesse que son organe vital qui avait pris un coup de pression. Intérieurement, elle tremblais comme une feuille, ayant même l'impression d'avoir fait une grosse bêtise. Même si Jaz' faisait tout pour éviter de croiser ne serait-ce qu'un milième de sa silhouette, la présence de Tarik lui paru encore plus imposante qu'avant et l'intensité de son regard agrandissait son malaise, ses joues finissant carrément par la brûler sous le rougissement qui imbibait chaque pore de sa peau.
Ses doigts tremblottaent, ses ongles longs se mettant à gratter la peau de son index sous la bague mais, au lieu de s'arrêter là, elle se reprit.
— Enfaite j'ai... c'est... c'est arrivé bien avant qu'on... enfin que j'vois Shenron, grimaça t-elle comme une enfant.
Même si l'ambiance était lourde autour d'eux, Tarik ne pu s'empêcher d'esquisser un sourire amusé en l'entendant parler de leur nuit sous cette forme, comme une gosse de six ans. Jasmine ne remarqua rien, trop stressé pour lui jeter un coup d'oeil et inspira profondément en continuant ses aveux.
— Je... Je savais pas trop... trop ce que c'était au début enfin non, je voulais pas m'en rendre compte. Mais y a beaucoup de trucs qui font que... j'aime bien être avec toi. Par exemple, c'est bête mais j'aime bien quand j'suis dans tes bras. J'aime bien aussi quand on fait rien de spécial mais qu'on passe du temps que tous les deux, même si on regarde juste la télé ou qu'on parle de tout et de rien. J'aime bien quand tu viens la nuit à la maison, même quand tu débarque en pleine nuit et que tu me rejoins dans mon lit pour dormir avec moi, bah parce que je dors mieux et... je me sens bien. J'aime bien aussi quand tu me fais des boussah, même sur le front, je... j'ai l'impression d'être "spéciale". Enfin je sais pas, mais ... même par exemple quand t'étais en Corse et que tous les soirs tu m'appelais ou que tu t'énervais quand j'étais pas dispo tout de suite et que tu me lâchais des "dêpèches wesh", bah j'aimais bien, ça... ça me donnait de l'importance tu vois. Après y a pas que des trucs que j'apprécies, comme le fait que j'aime pas quand t'es pas là, que je déteste quand on se dispute parce qu'à chaque fois on se prend la tête pour rien et on se dit des choses qu'on pense pas, j'aime pas quand tu me réponds pas non plus genre au téléphone ou à mes messages... et je sais que des fois je suis trop sur ton dos aussi mais... c'est juste que... je tiens beaucoup à toi et... j'ai peur qu'un jour tu sois plus là, marmonna t-elle en haussant les épaules, feignant adopter un air détaché même si en vérité, elle avait qu'une envie : s'enfoncer dans un trou de souris. Tu le comprends peut-être pas mais, j'ai besoin de toi. Tout le temps même. Et... c'est pas comme avec Nabil, même si j'peux pas me passer de lui même une seule journée, avec toi, tout est différent. J'y connais rien en relations, la seule que j'ai eu qui a duré six mois c'est avec mon tamagocchi alors...
La fin de sa phrase arracha un ricanement faible chez Tarik, se souvenant parfaitement de cette période là où Jaz' avait quasiment pleuré deux jours quand son animal virtuel était décédé, obligeant Tarik à courir chercher sa glace préférée en se tapant Harry potter pour la réconforter, et bien que ce petit souvenir l'apaise, très vite, la pression qu'il sentait monter en comprenant les insinuations de Jaz' revint au galop, lui donnant un stress horrible.
Mais c'est la dernière phrase qui lui fit capter qu'il avait bien compris le sous-entendu y a deux jours et que ouais, plus rien n'était comme avant.
— Et je regrette pas que ma première fois parce qu'au fond, y a qu'avec toi que j'aurai eu envie de faire ce pas là.
En s'entendant parler, Jasmine se trouva totalement stupide, ayant l'air d'être une gamine qui listait ce qu'elle voulait pour Noël. La honte la pris petit à petit et elle commença à angoisser, se rendant compte que c'était vraiment bizarre d'ouvrir son coeur à quelqu'un et de dire des choses aussi personnelles. Même si Tarik l'avait déjà vu nue, là elle avais la même sensation quoique différente. La brune était consciente qu'en lui disant ouvertement ce qu'elle ressentais pour lui, bien que ça restait assez brouillon étant donné que tout était nouveau pour elle et qu'elle ne savais pas exactement ce qu'elle essentais mis à part que c'était quelque chose de très fort, qu'elle lui donnais des raisons de prendre ses distances, chose qu'il allait sûrement faire.
Sauf qu'elle savais que si elle ne le faisait pas, les questions qu'elle se posais depuis deux jours allait la perturber encore et encore ; et la réaction de Tarik allait lui permettre de voir un peu plus clair. Vu tout ce qu'ils s'étaient envoyé mardi soir, plus leur conversation à l'instant T, une partie d'elle était clairement consciente que tout avait déjà changer entre eux, et que peu importe la fin de ce tte soirée, que ce soit en bien ou en mal, elle devait boucler la boucle une bonne fois pour toute.
Sans le voir, Jasmine sentais les prunelles de l'algérien se faire encore plus insistantes, la rendant encore plus mal à l'aise en plus de son monologue qu'elle trouvait pathétique mais, prenant son courage à deux mains, elle pris une légère inspiration et releva la tête pour oser le regarder enfin.
Tarik n'avait pas bouger, bien que son visage semblait un peu plus fermé, essayant de garder un air le plus inexpressif au possible, mais il la fixait toujours de la même façon. Il n'avait aucun mouvement, ni aucun changement de comportement. Ce que Jasmine ignorait, c'est que la dernière phrase qu'elle avait lâché venait de lui faire un déclic.
Alors qu'elle stressait concernant la réponse possible qu'il s'apprêtait à lui donner, ayant subitement tourner la tête pour porter ses prunelles sur les gars qui faisait une pause pour changer d'équipe, Tarik la pris de cours en changeant brutalement de discussion. Pas parce qu'il faisait semblant de n'avoir rien entendu, mais juste le temps pour lui d'éclaircir les choses dans sa tête en parlant des choses qu'il avait préparées, du moins dans sa tête.
— Je sais que ça excusera ap tout ce que je t'ai fait depuis dimanche, ni.. toutes les merdes que j'ai lâché mardi. J'ai mal dit certains trucs, ça c'est clair et y a la moitié que je pensais pas que ce soit sur le parking ou chez Moha. Mais par contre, même si ça se fait pas, j'le pensais quand j't'ai balancé que dimanche j'voulais pas t'voir. C'est le seul truc que par contre, j'peux pas m'excuser car j'ai toujours été cash avec toi, et ça va pas changer pour autant.
L'ascenceur émotionel était un peu trop violent pour la jeune femme qui tout d'un coup, se senti mal. Alors que je me remettais doucement de ce qu'il venait de m'avouer, sa phrase la piqua profondément et l'entendre lui assurer qu'il était sincère sur ça aussi, ses yeux s'humidifièrent tout seuls. Mais Tarik ne fit pas attention à ses réactions, restant focalisé le regard sur un point imaginaire, essayant de lui expliquer avec ses mots ce que lui ressentais.
— Dimanche, j'voulais pas t'voir parc'que j't'en voulais ouais mais surtout parc'que, j'savais plus où j'en était, ce que j'devais faire. C'est pas cile-fa pour moi Jaz putain. J'ai capté que t'étais paumé mais tu crois que moi j'le suis pas ?! Puis y a ce que j'ai faillit faire dimanche et même si m'arrache les couille de t'l'avouer, ouais j'me suis fait reup. J't'en voulais à mort car normalement, j'aurai même pas dû chercher à comprendre et niquer ce fils de chien mais y avait ta putain de promesse et j't'en voulais parce que j'aime pas l'pouvoir que t'as sur oim. J'aime pas. Donc ouais j'voulais pas t'voir mais pas parce que j'en avais pas envie, juste parce que... j'sais pas. C'est plus facile pour moi quand t'es pas dans les parages et comme Nab' m'a dit que t'avais tapé une crise à cause de ma gueule, ça m'a encore plus donné le mors et... j'arrivais pas tu vois. Et après, cquand j'ai voulu te voir dans la nuit, Kemil était chez toi et le lendemain, t'étais encore avec lui et... ça m'a fait câbler. Ca excuse R, j'sais mais ça, plus notre embrouille et le fait que tu m'ai dit qu'on était plus R, ça m'a piqué et j'ai fait ce que je sais faire le mieux quand j'suis blessé. Me comporter en connard. Parce que j'sais pas pas m'exprimer, ni dire les choses comme elles sont et que c'est plus facile pour moi d'me venger en t'faisant du mal, que de mettre ma fierté de coté.
Le plat de sa paume frotta inlassablement la barbe de son menton alors qu'il plissait les yeux, comme si il réfléchissait à tout vitesse en cherchant ses mots et finit par se racler la gorge.
— J'peux pas t'dire non plus c'que t'es pour moi parce que j'en sais que dalle. Tu vois, tu m'a balancé qu'on pouvait pas être potes et j'suis pas con, j'le sais que t'as raison. Mais l'blem c'est que...
Il s'interrompit en se grattant l'arcade, sa jambre tendue bougeant nerveusement et alors que Jasmine se remettais à fixer son profil, elle constata qu'il faisait son maximum pour ne pas me regarder. Elle-même clignait des yeux, sa poitrine se gonflant ayant peur de comprendre. Mais ce qui l'effraya davantage c'est le changement d'expression qu'eu Tarik quand il se coupa dans sa phrase, son visage montrant de l'incertitude, et Jasmine prit peur de ce qu'il pourrait dire. Elle voulu l'arrêter, sachant pas si elle pourrait encaisser un rejet de sa part encore une fois mais prenant sur elle, en voyant qu'il se renfermait, hésitant sûrement à en dire plus, elle l'encouragea.
— Que quoi ? Lui murmura t-elle en s'adoucissant.
— C'est que m'dire ça, ça m'donne une sécu. Enfin j'sais pas comment dire mais... j'préfère dire qu'on est ça que.. autre chose ou plus rien. J'suis pas prêt à voir le truc différement Jaz', finit-il par avouer en me jetant un regard en coin. Ouais on a couché ensemble mais le truc c'est que... normalement j'devrais pas me sentir bien, j'me sent crade car c'est pas... enfin j'sais pas mais t'es ma srab depuis tipeu, je t'ai vu grandir, je t'emmenais à l'école... J'ai sept piges de plus, et c'est... c'est pas normal ce qui s'est passé putain ! Et j'suis clairement pas le mec avec qui t'aurais dû faire ça. T'es toi et moi j'suis... moi. Y a une merde dans l'équation, tu captes ?
— Attends... Tu... tu regettes ? S'inquiéta t-elle en redressant son buste, la gorge serrée.
Il baissa les yeux mais Jaz' sourcilla quand ses prunelles se décalèrent sur le côté et plus précisemment sur sa silhouette qu'il lorgna de haut en bas avant de remonter sur ses yeux. Elle le connaissait et voyaisnettement que cette discussion le mettait mal à l'aise, mais elle notait aussi l'effort qu'il faisait en essayant de lui faire comprendre les choses sans fuir pour se cacher ou sans se braquer. Il essayait de prendre sur lui, parlant calmement malgré ses nerfs à vifs en le voyant commencer à devenir agité, son pied battant de plus en plus fort contre le sol, elle passa une main sous son bras, et glissa sa main sur celle plus chaude de l'homme, enveloppant le dos de celle-ci. Etrangement, Tarik laissa les doigts fins de la brune glisser entre les sienns, fermant les yeux et même si il eu envie de la repousser sur le moment, ce contact, aussi idiot soit il, l'apaisa, surtout quand Jaz' passa son pouce sur son poignet gauche.
— Nan.
Ses iris suivirent le chemin de celles couleur caramels de la latina et sous sa question, ce fut à son tour d'être stressée.
Jasmine n'insista pas plus en le voyant se renfermer, baissant la tête en passant sa main libre ssur ses cheveux noirs qui devenaient de plus en plus long, attendant patiemment de voir si il reprendrait la parole, lui laissant le temps même si elle était pas sûre qu'il le fasse, en ayant déjà sûrement trop dit. Elle réfléchissais de son côté à ce qu'il venait de dire, le regard fixé sur leurs mains enlacées mais cachés aux yeux des autres, et releva le visage vers lui.
Après avoir entendu ce qu'il venait de lui avouer, cela changeait la donne et bien qu'elle ne lui pardonnait pas totalement ses erreurs d'il y a quelques jours, elle arrivait plus ou moins à comprendre. Sa proposition allait lui faire mal au coeur mais en voyant qu'au fond, ni elle, ni Tarik ne voulait se perdre, elle décida de prendre sur elle à nouveau.
— On.. On peut essayer de redevenir juste des potes si... si tu veux.
Il n'eu aucune réaction, mis à part que son visage se tendit et même si au fond d'elle, elle était consciente que cette situation lui plaisait pas et qu'elle mentait, elle pris une légère inspiration et poursuivit.
— Ca va être... compliqué parce qu'on peut pas faire comme ... comme si rien n'était mais si ça te rassures de rester comme ça....
Sa voix perdit en assurance sur la fin de sa phrase, se rendant compte que c'était surtout de son côté que ça allait être dur à gérer, prenant conscience depuis pas mal de temps qu'elle s'étais plus attaché à Tarik qu'elle ne l'aurai dû, et qu'elle avait vraiment des sentiments pour lui.
— T'es sérieuse ?
La question de Tarik laissa entendre une once de septicisme et Jaz détourna le regard quand il la regarda pleinement, les sourcils froncés. Lâchant sa prise sur sa main, je retira ses doigts des siens et se racla la gorge, hochant la tête.
— Tu m'a pris la tête parce qu'on pouvait pas être srab et là, tu me dis ça ? Releva le brun, un éclat de colère dans la voix.
— Je préfère ça que y ai plus rien entre nous Tarik, répondit-elle en toute sincérité. Après, forcément ça veut dire qu'il faut qu'on arrête de se voir comme on le fait, qu'on s'embrasse en cachette ou même qu'on dorme ensemble... Mais...
— On peut pas être potes Jaz'.
La brune fronça les sourcils à son tour en le regardant, alors que la voix de Tarik était plus qu'assurée à ce moment là, son ton devenant tranchant et pendant une seconde, elle pris peur qu'il lui dise que c'était trop tard et que c'était sûrement mieux qu'il n'y ai plus rien.
— Mais t'as...
— On peut pas être potes parce que c'est trop tard.
— On peut essayer, le supplia t-elle alors qu'il se frotta le visage avec ses deux paumes, comme pour se réveiller d'un rêve étrange.
Mais ce qu'il lui fit comprendre par la suite la tétanisa et elle se fis la réflexion que son petit coeur allait finir par lâcher sous toutes les émotions que Tarik lui faisait subir.
— C'est ça que j'voulais te dire quand j'te disais que tu comprenais pas. Et tu comprends toujours pas putain...
— Mais comprendre quoi ?
— Tu va vraiment m'forcer à le dire ? Sérieux ? Grogna Tarik, agacé.
Jasmine fit naviguer ses prunelles dans les siennes, les sourcils froncés et Tarik eu envie de lui claquer l'arrière du crâne en se disant que c'était pas possible d'être aussi naïve. Pourtant il pensait que vu ce qu'il lui avait dit, c'était quand même assez clair. Mais visiblement, Jaz était moins intellgente qu'il le pensais et il se rappela que si par moment, elle lisait en lui comme dans un livre ouvert, même quand il le voulait pas, dès que ça la concernait elle, c'était comme si elle le connaissait plus aussi bien.
— On peut pas parce que tu m'plais, cracha t-il, le regard de travers.
En deux secondes, les yeux de Mina étaient tellement écarquillés qu'elle était quasi-sure qu'ils allaient finir par exploser. Son coeur tapa un bond énorme dans sa poitrine, sa respiration se coupa sous le choc .
— Tu...Tu... Moi ? Mais... Tu...
Incapable de dire un mot, elle bégaya salement, ayant peur d'avoir eu une hallucination auditive ou ne pas avoir entendu le "pas" à la fin de la phrase du maghrébin. Tarik pris soin dene pas la reagarder, feignant jeter un regard à l'opposé, ne lui permettant aucunement de lire dans ses yeux ou son visage, et pendant un petit instant, Jasmine s'attendis à ce qu'il éclate de rire. La dernière fois qu'un garçon lui avait dit la même phrase au lycée, il avait fini par éclater de rire en l'insultant de bouffonne alors ces mots là étaient pas forcément bien perçu par son esprit. Mais en entendant Tarik se racler la gorge, elle ouvrit la bouche plusieurs fois avant de sortir la première chose qui lui vint.
— Heu... Mer... merci... Enfin je... je crois.
Instantanément, Tarik fit volte face, un air contrarié sur le visage et la toisa de haut en bas. Déjà qu'il était plus que mal à l'aise, les voix de ses potes s'entendant à quelques mètres, la réponse que lui lâcha Jasmine le froissa, le vexant sur le champs.
— J'te dis ça et toi tu me dis "merci" ? T'es sérieuse là ?
Jaz' ouvris la bouche pour tenter de se trouver une excuse mais rien ne vint. Elle-même eu envie de se gifler en s'entendant parler mais elle ignorait quoi répondre et même si elle était consciente que Tarik devait être mal à l'aise d'avoir avouer la chose, son naturel revint au galop et elle était trop perturbée pour réagir intelligement.
— T'as pas compris ou quoi ? S'énerva Tarik en lâchant la rambarde bruatelemnt, les rétines brûlantes de colère.
Le sentant monter en pression, elle grimaça et se senti vraiment conne pour le coup.
— Perdòn mais... je ... je sais pas quoi dire d'autre.
— Tu comprends le blem ou pas ? Poursuivit-il en restant assez proche d'elle, les dents serrés, veillant à ne pas hausser le ton alors qu'il avait qu'une envie, l'insulter. Tu me plais Jaz' ! De ouf ! Et nan on peut pas être potes parce que j'peux pas l'être à cause de ça ! Putain, j'te dit un truc, déjà que j'suis pas à l'aise en me transformant comme un putain de canard mais que j'fais un effort pour ta gueule de latina, toi tu m'réponds ça ?!
— Calmes toi, dégluti Jaz' en le suppliant du regard, jetant un regard paniqué vers les autres alors que Mess leur lança un regard avant de claquer des mains pour faire diversion, voyant le ton monter même si Tarik veillait a s'faire discret.
— Azy, j'sais même pas pourquoi j'perd mon temps là, tu comprend tchi, se braqua t-il.
Consciente qu'il allait se barrer, et que pour le coup, elle avait été pire que maladroite, elle lui attrapa sa main au moment où il tourna les talons, l'empêchant de s'en aller.
— C'est pas ce que je voulais dire ! Calmes toi et restes là... Tarik s'te plaît.
— Nan tu te fous de ma gueule enfaite. Tu crois que c'est facile là ? Rugit-il, piqué.
— Non je le sais et je te force pas à continuer de parler pour me dire ce que tu ressent d'accord ? Je te connais, je suis consciente que tu fais un effort ce soir mais c'est juste que... je m'y attendais pas. C'est tout, me défendis-je. Mais s'te plaît, calme toi avant que les gars t'entendent !
Il sembla peu convaincu, mais Jasmine, à le voir se braquer comme ça lui donna intérieurement envie de sourire, le trouvant mignon. Malgré son énervement, elle voyais qu'il était vraiment pas serein et c'était la première fois qu'elle faisait face à un Tarik aussi peu sûr de lui. Elle relâcha son poignet, adoptant une moue désolé puis se mordilla les lèvres, se sentant mal.
— Je suis désolé. J'ai été maladroite mais... c'est pas facile pour moi aussi. Tu me balance ça comme ça !
Elle écopa d'un regard de travers, et se pinça les lèvres, prenant conscience qu'elle avait merdé et pas qu'un peu. Alors pour lui faire comprendre les choses, Mina su qu'elle devais elle aussi être honnête même si elle l'avait déjà été il y a quelques minutes.
— Je te vois pas comme les autres moi non plus... C'est pour ça que quand tu me dis des choses au sujet de Kemil, que... que tu pense que j'ai couché avec lui ou que... qu'il peut se passer quelque chose, c'est faux. Je suis pas intéressé par lui et... jamais je ferais quoique ce soit avec parce que... y a toi, finissais-je par lâcher.
— C'est la hess.
" Ah bah merci, ça c'est gentil", pensa Jasmine en entendant Tarik lâcher ça en se prenant la tête entre les mains, se frottant les cheveux d'un air dépité.
La brune roula des yeux mais réalisa alors ce que cela insinuait, sentant son coeur se comprimer. Il avait pas besoin de parler pour qu'elle comprenne qu'elle aurait mieux fait de se taire, ayant l'impression que ces dernières confidences venaient de faire tilt dans la tête de Tarik et de le faire paniqué. Son intuition fut encore plus forte quand il daigna enfin la regarder, ses prunelles s'adoucissant, reprenant sa position initale sur la rambarde mais la lueur désolé qu'il lui renvoya suffit amplement à Jasmine.
— Jasmine...
Ca aussi, le fait qu'il l'appelle par son prénom en intégralité, truc qu'il faisait rarement en sachant qu'elle détestais ça ou juste pour la faire chier quand ils se taquinait, lui confirma ses doutes et la honte la submergea. Bien qu'elle se retrouva un peu perdue, tout en sachant que Tarik lui avait clairement fait comprendre que lui aussi la voyait différemment, elle ne chercha pas plus loin, se disant qu'il devait alors faire comme toujours, regretter ses paroles qui au fond, n'avait aucun sens implicite ou du moins, aucun engagement sur quelque chose de concret.
Toutefois elle garda un petit espoir en espérant qu'elle se trompais, s'accrochant au peu de choses qu'il avait dites, sauf qu'il brisa tout en une phrase. Lui donnant l'impression de vivre un ascenceur émotionel compliqué.
— Tu m'plais et je sais ce que j'ai dit mais ça... j'peux pas ...
Tarik vit Jasmine devenir livide, ses cils battant sous son air perdu mais même si il savait qu'il la blessait, avant qu'il ai trouver quelque chose à rajouter, elle se reprit, baissant les yeux lentement sur ses pieds.
— Oublie... Je... C'est rien, bredouilla t-elle, la voix tremblante.
Sa vue se brouilla tandis qu'elle sentais mon coeur se briser pour la deuxième fois de la soirée mais elle secoua la tête en souriant de manière ironique, se disant qu'elle étais trop bête. Comment aurait t-elle pu croire autre chose ? Sur l'moment, elle ne pu s'empêcher d'en vouloir quand même à Tarik, ne comprenant pas pourquoi il n'avait pas directement avouer ça au lieu de tourner autour du pot, lui donnant l'impression d'avoir jouer avec elle ou de gagner du temps pour lui dire les choses.
— Attends, oh... t'barres pas.
Elle sursauta quand il la retins à nouveau, avant qu'elle ne fasse un pas, et la fit revenir vers lui. Elle se raidit sous son touché et s'empressa de tourner la tête de l'autre côté, passant les phalanges de ses pouces sous ses yeux désormais rougies et gonflés suite à l'accumulation de larmes qu'ils avaient subit depuis une heure.
Tarik eu envie de se redresser, de poser les mains sur ses hanches pour la bloquer alors qu'il voulait lui expliquer tout de A à Z mais la présence des autres l'empêchait de pouvoir agir comme il le voulait. Sa pudeur restait là même si il faisait de son mieux pour la laisser de côté afin de vraiment tout mettre à plat avec elle avant de partir, et il ne pouvait se permettre d'être tactile comme il le voulait.
Jetant un oeil vers le terrain, il s'aperçu que les gars avaient cesser de jouer, s'étant installé sur la rambarde à l'opposé, Samy et Mess assis en face d'eux, les autres étales sur le sol à récupérer de leur match ou à fumer un pilon en ricanant entre eux. Nabil était revenu lui aussi, les observant de temps à autre mais après avoir croisé le regard noir de son aîné qui le crama à les mater, il leur tourna le dos, quoique frustré de ne pas savoir ce qu'ils foutaient depuis bientôt une demie-heure à blablater.
Tarik se pinça l'arrête du nez, un peu épuisé par toute ça, mais passa un bras dans le dos de Jasmine pour presser sa hanche, se collant à elle en se redressant. Côté à côte, il serra ses doigts sur la veste blanche de la jeune femme pour qu'elle se tourne vers lui, alors qu'il n'avait que mais Jasmine secoua la tête et tenta d'afficher un petit sourire, restant de profil.
— Ca va... Je vais bien.
— Mais arrêtes de pleurer wesh, j'ai rien dit encore, s'étonna Tarik.
— J'ai pas besoin, je... je suis trop bête, je sais pas ce que...
— Jaz'. Khlass, grogna t-il quand elle tenta de retirer sa mains pour s'écarter.
Du coin de l'oeil, elle croisa son air sévère, ses yeux sombres ne lui laissant pas le choix et capitula, pivotant la tête dans sa direction. Ancitipant déjà ce qu'il allait lui dire, que c'était pas possible etc... elle inspira un bon coup, se préparant à encaisser.
Un grognement sourd lui fit comprendre qu'il voulait qu'elle le regarde, ce que la brune fis malgré son état plus qu'angoissé. Il s'humecta les lèvres puis la regarda pleinement, se mettant sur le côté pour lui faire face, sa main chaude glissant dans le dos de la jeune fille.
— Je te dis pas que c'est mort ou quoi là, donc pourquoi tu réagis comme ça ? J'ai pas eu le temps de parler là.
Jaz haussa les épaules tout en déviant les yeux sur le terrain, échappant à son regard déstabilisant, chose qui le fit soupirer de mécontentement.
— Après ce que je viens d'te dire, t'es sah là ?
N'obtenant aucune réponse de sa part,Tarik se tendit, agacé qu'elle ne comprenne pas les choses d'elle-même et sa main attrapa la mâchoire de la brune pour l'obliger à lui redonner toute son attention.
— Tu m'énerves, c'est un truc de fou. J'ai juré, tu va m'faire péter les plombs un jour.
Les lèvres pincées, elle soutins difficilement son regard, se retenant de ne pas le pousser pour aller s'enterrer sous son lit et ne plus jamais avoir à la recroiser mais il la surpris une fois de plus quand bougea son bras, quittant son dos pour le passer autour de ses épaules, la coinçant contre lui.
— Tu... Tu fais quoi ? bégayai-je, apeurée.
— Tu crois j'te vois pas vesqui mon regard pour calculer le temps que tu peux mettre avant de te barrer comme une hagouna ? Tu restes là.
— Tarik j'ai... j'ai pas besoin que tu répondes, je...
Il lui intima l'ordre de la fermer en lui coulant un regard glacial et elle dégluti, refermant ma bouche à l'instant même. Ses iris naviguèrent dans les siennes et en y lisant la lueur de sérieux et de détermination qu'il s'y installa, Jasmine retins son souffle.
— Tu m'plais ok ?Murmura t-il, faisant un dernier effort bien qu'intérieurement, il se retenait de pas l'envoyer chier en la voyant faire comme si elle comprenait rien. Et wallah que quand j'dis ça, c'est pour R. Je l'ai dit qu'une fois dans ma chienne de vie donc crois pas que c'est des paroles à la con, rugit-il, sa voix plus rauque que d'habitude faisant clairement comprendre à Jaz' qu'il allait pas tarder à atteindre ses limites. C'est pas un del' qui va durer deux jours Jaz', ça fait un bail que j'le sens mais j'avais aps les couilles de l'dire. Ouais j'suis paumé mais le truc c'est que même si j'ai envie de tenté un que-tru avec oit, j'peux pas.
Jasmine serra la rambarde avec ses doigts, tournant vivement la tête en serrant les dents, comprenant qu'elle s'était pas planté. C'était trop d'un coup et elle commençait à être perdu, mais elle refusait de craquer devant lui.
— Hé, regarde-moi, bougonna t-il en attrapant la mâchoire de la brune pour la tourner vers lui. Tu m'connais putain. Tu sais que moi j'suis pas capable d'être en couple ou même de faire un truc propre à deux. Je suis pas capable d'aimer sans détruire, parce que c'est ce que j'fais toujours, j'casse tout ce que j'ai de bien même sans le vouloir et j'veux pas que faire ça avec toi. J'peux pas avoir une meuf et lui devoir des choses parce que j'ai R à donner. Regardes autour de oim, ça a toujours été la merde, j'fais connerie sur connerie parce que j'sais faire que ça. Attends rien d'moi parce que j'ai rien à t'donner Jaz'. Je t'ai dit que j'serais toujours sincère avec oit, et même si ça t'plaît pas, tu dois piger les choses.
Son regard était doux, presque rassurant et la chose la plus étrange que trouva Jasmine fut une sorte de frustration qu'il lui fit ressentir en augmentant la pression de ses doigts sur sa mâchoire. Comme si son corps était en contradiction avec ses pensées.
Jasmine, encore plus perdue mais comprenant les insécurités qu'il avait, se disant qu'au moins il était honnête, l'observa tourner la tête en la lâchant, se courbant à noouveau pour reposer ses coudes sur la rambarde. Mais ce que Jasmine ignorait c'est qu'à cet instant, Tarik était pas sûr de lui, pris entre sa raison et son besoin égoïste. Un regard vers Kemil le fit encore plus monter en pression, mesurant que demain, son départ allait peut-être permettre à son pote d'avoir Jasmine, et si cette simple idée voulait véquer le peu de conscience qu'il avait, il refusa de capituler, se disant que c'était mieux pour eux. de toute façon, il avait rien du tout à lui offrir, la preuve, il devait fuir encore son zoo pour échapper aux flics. Il n'était pas stable, ni sain, et ouais, ça le rendait fou de voir qu'il allait peut-être cracher sur un truc qui aurait pu être bien pour lui.
— C'est ce que tu veux alors ? Chuchota Jasmine après avoir pris la même position que lui, le regardant.
— Nan. J'veux juste c'qu'est le mieux pour toi. Comme j'l'ai toujours fait, répondit-il en tout honnêté.
— Et si j'm'en fous d'avoir le mieux et que je suis prête au pire ?
Il fronça les sourcils, tournant vivement la tête dans sa direction, ses yeux se plissant lorsqu'il chercha dans mon regard une once de folie ou de connerie mais Jasmine était honnête elle aussi et très sérieuse. Timidement, elle baissa les yeux et observa leur mains qui s'effleuraient avant de lier son petit doigt à celui du maghrébin. Tarik suivit son geste, comprenant le sens et son souffle se fit faire plus lent en la voyant redresser le visage, se rapprochant du sien. Pas assez proches pour sentir le souffle de Jaz' s'échouer sur ses lèvres, mais assez pour qu'il n'y ai que quelques millimètres de distances. Leurs regards se croisèrent à nouveau, mais en comprenant qu'au fond, il y avait peut-être quelque chose entre eux, Jaz' décida de passer outre ses peurs et ses doutes, puis pris une légère inspiration et se mordis la lèvre.
— Jaz'...
Rien qu'à sa manière gênée de m'appeler par mon surnom, je compris que son changement de comportement l'interpellait. Ses yeux ne cessèrent de fixer les lèvres pulpeurses du bruns qui étaient relativement proches et ses iris voyagèrent entre ses yeux marrons-verts et sa bouche, son ventre se contractant sous l'envie furieuse et soudaine de l'embrasser, accélérant un peu les palpitations de mon coeur.
Mina était consciente que c'était une mauvaise idée puisqu'il venait clairement de lui faire comprendre qu'il n'y aurait rien de plus entre eux dorénavant. Une partie d'elle était frustrée face à ça, pas vraiment de son avis concernant le fait qu'il voulait que son bien en refusant d'aller plus loin mais elle osais pas lui dire ouvertement, ne voulant pas le braquer alors qu'il venait de s'ouvrir à elle comme il ne l'avait jamais fait. Les secondes passèrent sans que Tarik ne prononce quoique ce soit et bizarrement, il ne la repoussa pas ni même ne s'éloigna alors que ses prunelles ne cessaient d'osciller entre ses yeux et ses lèvres.
— Tu fais chier.
La brune cligna des yeux, lui lançant un regard interrogatif et pour toute réponse,après s'être assuré que les gars ne les regardaient pas, Tarik se recula pour s'adosser à la rambarde, tirant Jasmine vers lui. Peu serein, même l'envie devenant trop tentante malgré tout, il jeta un dernier regard par dessus son épaule, et une fois assuré que sa carrure cachait en partie Jasmine, du moins leurs visages, ses deux mains emprisonnèrent chacune des joues rebondies de la latina ses lèvres s'écrasant contre celles plus douces et sucrées de la brune. Le baiser ne dura pas longtemps, Tarik y mettant fin rapidement, gardant en tête qu'ils étaient pas solo, mais assez pour que Jasmine en ait le souffle coupé.
Quand il éloigna son visage du sien, elle rouvrit les yeux, ronds comme des billes, ne s'attendant pas du tout à ce qu'il fasse ça, mais bien vite, la panique pris Jasmine puisqu'elle se pencha en vitesse pour s'assurer que personne ne les avait observés.
— Tranquille, ils ont vus R, lui assura Tarik en ayant un sourire en coin.
Les prunelles dorées de la brune revinrent sur le brun, mais analysant son geste, elle fronça les sourcils.
— Pourquoi t'as fait ça ? T'es malade !
Tarik lâcha les joues de Jaz', tournant la tête sur le côté en passant son pouce le long de ses lèvres puis se gratta l'arcade, prenant une décision.
— Azy, on tente, lâcha t-il simplement en reportant son regard sur sa brune.
— Attends... attends là... Tu... Quoi ?Je suis perdue là, Soupira Jasmine en passant une main sur son visage.
Tarik attrapa sa main, pressant son pouce dans la paume de Mina, puis baissa ces dernières en liant son petit doigt au sien avant de se racler la gorge. Il était pas sûr de lui, la tête encore pleine de doutes mais malgré la petite voix dans sa tête qui lui disait qu'il faisait une connerie qu'il allait regretter surement, il décida pour une fois, t'écouter autre chose que son crâne ou ses couilles, voulant faire ce dont il avait envie mais aussi besoin.
— Toi et moi. On voit où ça nous mène.
— T'es... T'es sérieux ?
— Ouais, assura t-il simplement, d'un air déterminé.
Mina papillona des cils, mais au lieu de perdre du temps à réfléchir ou à se remettre à douter, un sourire naquît sur ses lèvres, le premier qu'elle lâcha sincèrement à Tarik depuis trois jours.
— T'es sûr de toi ? Minauda t-elle quand même.
— T'as dit que t'étais prête au pire ?
— Oui.
— Donc ouais j'suis sûr, fit-il en attrapant le menton de la brune, déposant un smack sur ses lèvres.
Jasmine ria contre ses lèvres mais Tarik se redressa rapidement, se sentant étrangement plus apaisé pour le coup. C'était bziarre, mais même si une partie de lui était encore troublé et doutais, le fait de mettre un sens à tout ça le soulageait. Il savait pas où ça les mènerait, ni si ça marcherait, conscient que son départ risquait de compliquer leur relation, et bien qu'il était pas encore prêt à se classer "en couple", ouais il voulait tester. Si c'était pour lui la seule façon de ne pas perdre Jasmine, il voulait risquer le tout pour le tout, quitte à devoir surmonter ses démons qui ne le quittait jamais.
Jasmine, se sentant heureuse, même si intérieurement elle savait que même si ils avaient enfin mis ls choses à plat, elle n'avait pas cent pour cent confiance en Tarik, les blessures qu'il lui avait infligés y a trois jours restant quand même à vifs, se hissa sur la pointe des pieds et posa sa main sur la joue de Tarik, l'embrassant à son tour. Tarik fut surprise, mais ne la repoussa pas, bien que lorsqu'elle mis fin à leur baiser, les yeux qu'elle porta sur lui en se mordant la lèvre de son air intimidé fit grogner le kabyle.
— Arrêtes de m'chouff comme as, j'vais t'aspirer la bocca.
Jasmine pouffa en levant les yeux au ciel, mais ferma ces derniers quand Tarik la rapprocha d'elle, entourant son cou de ses bras qu'il croisa dans son dos avant de déposer un baiser sur son front.
— Sah, je ferais de mon mieux.
Alors que d'un coté les choses s'apaisait, de l'autre, les gars s'étaient lancés dans une dernière partie de foot, avant que l'heure n'atteigne dix neuf heures et que la nuit les empêche de voir sur le terrain. Alors que Sabri venait de se prendre la ballon en pleine tête, saignant du nez, Samy était le seul à ne pas se préoccuper de son pote, regardant autour d'eux en attendant que le match reprenne. Mais bien vite, son observation fut coupée quand ses yeux bleus longea les bords du terrain et qu'il surpris une scène qui le fit beuguer.
— wAllah mais...
Il plissa les yeux, mais en revoyant le scène se répéter devant lui, il compris rapidement qu'il ne venait pas d'avoir une hallu. Choqué, il mis sa main devant sa bouche avant de pivoter son buste vers les gars, mais voyant qu'ils étaient tous entrain de demander à Sabri si ça allait, il reporta ses yeux vers Jasmine et Tarik qui s'enlaçait, Tarik déposant un baiser sur le front de leur tipeu.
— PUTAIN LES GARS ! LES GARS !
S'excitant en comprenant qu'il était le seul à avoir été témoin d'une scène qu'il n'aurait pas dû, il commença à s'exciter.
— PUTAIN MAIS OH ECOUTEZ MOI ! AD VIENT DE PREN...
Au moment où il allait crier à tous son scoop, une main se posa brutalement sur sa bouche et il écarquilla les yeux en se sentant tiré en arrière. Il geignit contre la paume qui l'étouffait à moitié, se demandant ce qui se passait mais quand il entendit la voix de Mess à son oreille, il écarquilla les yeux.
— hé hé hé, respires frère...
— Mpfffff...
— Je te lâche mais tu fermes ta gueule, j'te préviens. M'oblige pas à t'enculer Igo.
Samy leva les yeux au ciel mais hocha la tête, et Mess retira sa main avant de se placer devant Samy, grimaçant en frottant cette dernière a son jogging pour retirer la salive de son pote qui avait bavé en parlant. Jetant un regard vers les gars, et vers Tarik ensuite, il plongea son regard menaçant dans celui du plus jeune qui écarquilla les yeux avant de se mettre à se trémousser.
— Putain gros, tu va badder ! Un truc de ouf !
— Fermes là putain ! Gronda Mess en le choppant par le col, profitant de cet avantage puisque Samy avait "emprunté" le maillot de Karim après que les gars se soient foutu de son grain de beauté, l'appelant "troisième téton de gazelle".
— Oh il t'arrives quoi là ?! Sourcilla Samy en fronçant les sourcils vers le poing de Mess qui froissait son tee-shirt.
— J'suis sah gros, tu la boucles.
— Mais y a AD qui vient de prendre la bocca de Mina wesh ! T'as pas...
— Non il a rien pris.
— bah si j'ai...
— N-A-N. AD. A. Fait. R, Siffla le turc, le visage menaçant.
Samy, long à la détente, se trouva perplexe mais secoua la tête avant d'insister, se disant que Mess avait loupé quelque chose et qu'il n'était pas fou, l'ayant vu de ses propres yeux.
— Je te dis que...
— Ok, soupira Mess en relâchant Samy, sachant qu'il comprenait tchi tellement il était perché et entête.
Il plongea sa main dans la poche de son jogging et sorti un billet de vingt avant de le pincer entre deux doigts, le levant sous les yeux de Samy qui louchait dessus.
— Vingt balles et t'as rien vu.
— Ah ! J'suis pas ouf, toi aussi tu l'a cramé ! Réagit Samy en souriant.
— Vingt balles et t'as rien vu. Capiché ?
Comprenant que Mess essayait de le soudoyer, Samy se recula en plissant les yeux.
— J'rêve ou tu veux m'faire fermer ma gueule en m'payant comme si j'étais une michto ?
— T'as tout compris, bravo champion, se moqua Mess en tapotant le plat de ses doigts sur la joue de son pote avec un sourire amusé.
— Wesh mais... Pour qui tu m'prends ? Tu te rend pas compte du scoop de ouf ! Tarik et Mina wesh ! C'est...
— Quarante, le coupa Mess en sortant un second billet qui plaça avec le premier entre son index et son majeur.
Samy, la bouche grande ouverte, lâcha un bruit d'offusquation mais connaissant le blond sur l'bout des doigts, Mess savait qu'il allait craquer .
— Cinquante espèce de bâtard, j'suis pas une gazelle de pauvre moi.
Roulant des yeux, Mess rajouta un billet de vingt et lui tendis.
— Soixante et tu m'jure de fermer ta gueule.
— J'peux quand même le dire à Karim ?
— Nan.
— À Simba ? Wesh faut lui dire frère, j'peux pas garder ça pour oim même pour...
— Soixante-dix. Et si ça t'suffit pas, je te casse deux chicos ou j'envoie AD essayer de négocier. Et tu le coco, la négo', il kiffe pas trop ça, grimaça faussement Mess.
Samy croisa les bras contre son torse, vexé mais soupira.
— Ok mais tu m'file ton jeu de Fifa pour toute la semaine.
— Avec la maille que j'viens de lâcher, tu peux t'le prendre connatd, grogna Mess.
— C'est ça où je dis tout à ma daronne qui le dira à Fatima, qui le répètera à Sofia pour prévenir Nonna..., s'exclama fièrement Samy. Eh tu peux pas m'ppé-fra, j'aurai rien dit aux gars donc techniquement, j'peux le dire à ma mère, c'est pas dans les deals les mamans...
— Salopard, maugréa Mess, conscient de s'être fait entuber. Azy azy, prend et je te descend mon jeu tal.
— C'est toujours un plaisir de marchander avec toi mon jeune ami, souria Samy en s'emparant des billets tout en tapant l'épaule de son pote.
— Non mais par contre j'suis sérieux. Tu fermes ta bouche.
— A propos de quoi ? J'ai rien vu oim. Rien vu, rien entendu. J'suis innocent m'sieur l'agent, feignit Samy en jouant l'innoncent, levant les mains comme lors d'une arrestation.
Mess ricana et lui colla une claque derrière le crâne avant que les deux ne rejoigne le groupe, après que Tarik ait enfin laissé Jaz en clamant vouloir jouer pour sauver l'honneur du zoo.
Au loin, Mina croisa le regard de Samy qui leva son pouce en l'air en souriant, et bien qu'elle fronça les sourcils ne comprenant pas son geste, elle lui fit un signe de main. sans se douter que finalement, oui ils s'étaient fait cramés et que bien vite, c'était pas la seule chose qu'elle allait découvrir.
- Fin du Flashback -
L'esprit parti sur Namek, un smile en coin étira ma bocca en r'pensant à la veille mais je fronça rapidement les sourcils quand je senti un coup de coude au niveau de mon bras, m'faisant grogner.
— Wesh Igo, j'te parle d'puis taleur mais t'entends R, me fis Karim.
Ayant même pas capté qu'il avait changé de place avec mon reuf, j'haussa un sourcil puis retira mon oinj de mes lippes avant de plisser les ieuz.
— C'était important ou intéressant ton truc ?
Karim pencha la tête en regardant devant lui, puis fit une moue.
— Bah pas vraiment... J'te disais juste que j'avais vu le dernier épisode de Malcolm et...
— Ouais donc nan, i fis-je en écrasant le bout rouge de mon pét', le frottant contre la marche.
Taktak mima une moue de mec vexé mais wallah, lui et Samy j'les connaissait par coeur. C'était mes reufs, je les kiffait mais rien qu'ils disaient de la merde H24. Karim un peu moins que l'autre perché avec son bob là. Ils étaient gole-ri, on va pas s'mentir, et même si j'avoue que leur absence s'était fait sentir dans le gang, j'étais pas d'humeur à entendre un débrieff sur la série de l'autre débile de surdoué, ni sur ses frangins aussi cons que les miens. J'aimais bien au début, mais wallah, depuis que Jaz' m'avait surnommé "Reese" avec Nabil pendant un mois parce qu'askip, j'étais aussi con que lui et impulsif, ça m'avait dégoûté. Rien qu'en entendant le générique, j'avais le son des rires de hyènes des deux gremlins là...
Captant que j'avais du m'perdre dans mes pensées un peu plus longtemps que prévu, je me releva de ma marche avant de refaire le chemin que j'avais tracé un quart d'heure plus tôt, pour rejoindre l'autre perchée qui m'servait de copine, espérant que cette fois elle s'était détendue afin qu'on puisse profiter d'un moment à deux avant d'partir.
***
A suivre
***
*** Note d'auteur ***
Holà Guapas !🙊
J'espère que vous allez bien ! 🥰
Perdon pour certaines, mais oui, je poste largement plus tard que ce que j'avais prévu... Toutes mes excuses...
J'espère qu'il vous a plu, sachant qu'il comporte l'un des flashback les plus important de l'histoire 🙂
Bon, ce chapitre a finalement pas eu la fin que je voulais mais je suis quand même satisfaite du résultat. Pour tout vous dire, il devrait être plus long, puisqu'il y a une suite concernant le départ de Tarik qui a lieu le même jour, mais j'ai préféré le couper en deux. Vous aurez donc le prochain chapitre bientôt.
C'est pour cette raison que je redécale le prologue d'un chapitre, il est déjà entamée, mais je vais prendre mon temps pour l'écrire, ayant déjà passer presque une semaine sur celui là.
En tout cas n'hésitez pas à donner vos avis comme toujours et j'ai hâte de découvrir vos réactions sur ce chapitre qui est le plus long de "Dernier Gramme".
Cette fois, c'est sûr, il ne reste que finalement trois chapitres avant le prologue (ENCORE !). Concenant le moment où l'épilogue va être bouclé, j'ai reçu plusieurs DM et commentaires qui me posait la question à savoir si c'était la fin de la fiction.
Alors NON, pas du tout. Ce n'est seulment quand j'annoncerait un EPILOGUE que cela sonnera l'heure de décès de cette fiction mais ce n'est pas prévu avant un bon moment. J'ai pas mal d'idées encore, alors pour ceux qui trouvent que la fiction devient trop longue et/ou lassante, n'hésitez pas à m'en faire part quand même. On sait jamais...
Bref, trèves de balivernes comme dirait ADkhey le Fleuriste 🌷
Pour en revenir à ce chap, qu'avez vous pensé de :
— Le début du chapitre ?
— La complicité entre Tarik et Mina ?
— La petite dispute sur la décision de Tarik ?
— Son point de vue ?
— Le flashback ?
— Les "confidences" de Tarik aka l'homme au coeur froid jusqu'à l'oesophage ?
— Samy et Mess ?
— Des théories pour le prochain chapitre ? 🙂
En tout cas, je vous laisse ici pour cette nuit et vous dit à bientôt 😊
Merci encore à vous et surtout à _noraa ! 🥰🥰🥰
Keurs sur vos moustaches et Buenas tardes mes guapas ! ❤️
Squaluxe 🕊💫