strange bird

By lilyiswritingstories

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Hazel n'est pas confortable avec le changement, ni avec la couleur rouge, ni avec les gens en général. Mais e... More

un nouveau départ
Chapitre 1 : le lycée et tout ce qui va avec.
Chapitre 2 : je n'aime vraiment pas les conflits.
Chapitre 3 : cette sensation bizarre que je n'aime pas beaucoup.
Chapitre 4 : le jour où j'ai décidé de sortir de ma tour d'ivoire.
Chapitre 5 : cette chaleur presque étouffante.
Chapitre 6 : des contradictions, trop de contradictions.
Chapitre 7 : quand on essaye de rentrer dans le moule.
Chapitre 8 : le pouvoir attractif des mathématiques.
Chapitre 9 : des livres et des chansons.
Chapitre 10 : home like home.
Chapitre 11 : humainement impossible, terriblement consumant.
Chapitre 12 : Forks, la ville des secrets.
Chapitre 13 : l'heure de dire la vérité.
Chapitre 14 : je ne crois pas aux légendes.
Chapitre 15 : le trop plein qu'est mon esprit.
Chapitre 16 : quand le rationnel n'existe plus.
Chapitre 17 : tout était vrai, rien ne fait sens.
Chapitre 18 : je ne suis pas faite pour ce monde.
Chapitre 20 : je baisse les armes.
Chapitre 21 : un rouge flamboyant.
Chapitre 22 : strange birds.

Chapitre 19 : une attente déchirante.

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By lilyiswritingstories

« - Je déteste le mois de Février ! »

Je ne pus réprimer un petit sourire quand je vis Taylor entrer dans notre cuisine, les bottines et le bonnet pleins de neige. Forks était recouvert d'une fine couverture blanche depuis déjà quelques jours. Harry en était tout heureux, la neige n'était pas courante en Californie. Il s'amusait à se rouler dans la poudre blanche jusqu'à avoir le visage rouge. Quant à moi, je trouvais le spectacle plutôt joli, apaisant. Ce qui n'était visiblement pas le cas de mon amie.

« - C'est une horreur sur la route, j'ai failli avoir un accident une bonne dizaine de fois.

- Tu n'es pas sensée mettre des chaînes, sur les roues ? Lui demandais-je, plaçant mon marque-page à l'endroit où j'avais stoppé ma lecture.

- Depuis quand tu t'y connais en voitures ? »

Elle accrocha ses affaires au porte manteau, soupirant d'aise en découvrant la chaleur de la pièce. Nous étions mercredi, mon père travaillait dans son bureau, tandis que ma mère et Harry s'étaient décidés à braver le froid pour faire quelques courses. Le frigo vide était une bonne source de motivation.

« - Qu'est-ce que tu lis ? Me questionna Taylor en s'avachissant sur la chaise en face de moi.

- Le théorème des Katherine.

- Encore un John Green ? Tu deviens fan, rit mon amie en sortant ses affaires de littérature. »

Nous devions travailler sur une rédaction qui nous posait problème à toutes les deux. Taylor m'avait proposé, en début de semaine, de travailler ensemble pour que la tâche soit plus aisée. Bien sûr, j'avais accepté. La littérature m'intéressait, contrairement à Taylor. Mais cette dernière savait davantage organiser les idées pour en faire un type de rédaction approprié pour le lycée. Cette entraide nous avantageait mutuellement.

« - Bon, si on s'y met maintenant, on aura fini assez tôt pour regarder le dernier épisode de Grey's Anatomy.

- Ils n'arrêteront jamais cette série ? M'étonnais-je en songeant à toutes ces années de diffusion.

- Je n'espère pas ! »

Je secouai la tête en riant, Taylor était une fan irrévocable de cette série. Je la regardais de temps en temps avec elle, je savais que cela lui faisait plaisir. En réalité, elle tentait depuis plusieurs semaines d'occuper le temps qu'on passait ensemble avec le maximum d'activités. Elle parlait plus que d'habitude, me laissant rarement le temps de répondre. Même si mes capacités à comprendre les comportements des personnes étaient restreintes, je savais pertinemment pourquoi elle agissait de la sorte.

Les évènements de la réserve s'étaient produits presque un mois plus tôt. Nous n'avions pas aborder la chose avec Taylor, depuis. Je n'avais pas recontacté Embry, ni remis un pied à La Push. En apparence, tout était redevenu normal. Bien sûr, la réalité était toute autre. Je dormais peu. J'étais exténuée. Je me réveillais toutes les nuits, brûlante d'envie de passer un coup de fil à Embry, même si je détestais le téléphone. J'aurais voulu qu'il soit là. Il me manquait horriblement. Cette douleur, ce noeud au creux de mon ventre, avait totalement dépassé la peur envers sa réelle identité. Mais j'étais incapable de faire un pas en sa direction. Ses derniers mots prononcés avaient eu l'effet d'une balle en plein coeur. Il aurait préféré ne jamais entrer dans ma vie. C'était absurde. Parce que je ne m'étais jamais sentie aussi en vie qu'avec lui.

« - Eh oh, Hazel ? Tu m'écoutes ?

- Hm ? Marmonnais-je distraitement à l'attention de mon amie. »

Taylor soupira devant mon état second. Cela arrivait souvent, ces temps-ci. Accaparée par mes pensées, j'en oubliais le monde autour de moi. Je préférais me réfugier dans des songes, dans des livres, plutôt que d'affronter la réalité.

« - Tu n'as pas eu de nouvelles, depuis la dernière fois ? Finis-je par demander.

- De quoi tu parles ? Souffla mon amie en tournant une page de son manuel.

- Leah, Seth... Ils n'ont pas essayé de te joindre ? »

Taylor se raidit à ma question. Cela ne lui plaisait sûrement pas, mais j'en avais assez de faire semblant. Je n'avais pas assez de force pour ça, contrairement à elle. Sa vie semblait avoir repris son cours, tandis que moi, j'étais bloquée dans le passé.

« - Si, finit par répondre Taylor. Pour l'introduction, je pensais à...

- Embry n'a pas essayé, lui, la coupais-je.

- Oublie-le, tu t'en porteras bien mieux !

- J'ai l'air de bien me porter ? »

A nouveau, Taylor se figea. Elle releva lentement son regard vers moi, semblant se rendre compte petit à petit de la situation actuelle. Elle paraissait fatiguée, elle aussi. Cela devait être éreintant, de devoir faire semblant à longueur de journées. Je savais que toute cette histoire l'affectait. Qui resterait de marbre face à ça ? Mon amie finit par reposer le manuel sur la table, avant de soupirer lourdement.

« - Je sais que tu ne vas pas bien, commença Taylor. Parce que tu es très attachée à lui, mais... Enfin, Hazel, il... Il se transforme en...

- Je sais, la coupais-je.

- Et quoi, ça ne t'inquiète pas ?

- Bien sûr que si ! M'emportais-je. J'en ai fait des cauchemars. J'en fais toutes les nuits. Mais pas parce que j'ai peur de lui, parce que j'ai peur de ne plus jamais le revoir, et c'est la pire chose que j'ai jamais ressentie. »

Taylor resta silencieuse. Elle n'était pas habituée à m'entendre autant. Mais j'avais besoin de lui dire ce qu'il se passait réellement dans ma tête, dans tout mon corps. A qui pouvais-je me confier ? Même si elle n'était pas prête à entendre toutes ces choses, j'avais l'impression de pouvoir exploser à tout moment, si je ne les partageais pas. C'en était douloureux. Et je savais que Taylor souffrait aussi de la situation.

« - Leah m'a laissé une dizaine de messages vocaux, soupira-t-elle. Me demandant de la rappeler, de venir la voir, ou si elle pouvait passer chez moi... Qu'elle allait tout m'expliquer, qu'elle était désolée...

- Tu n'as rien répondu ?

- Non. J'avais juste envie de mettre cette histoire derrière moi, expliqua Taylor en passant une main sur son visage tiraillé. Apparemment, personne n'y arrive.

- C'est ton amie, lui rappelais-je.

- Une amie avec des caractéristiques un peu spéciales, non ?

- J'ai des caractéristiques un peu spéciales, moi aussi. »

Ma remarque la fit rire, elle se détendit davantage sur sa chaise. Elle semblait tiraillée, tout comme moi. Leah était son amie, au même titre que Seth ou Quil, qu'elle connaissait très bien. Elle devait à présent vivre avec l'idée que les personnes qui partageaient son entourage proche ne sont pas celles qu'elles prétendaient être. Elle tentait par tous les moyens de s'occuper, de combler le vide, mais ses amis lui manquaient.

« - J'arrive toujours pas à y croire, souffla Taylor en secouant la tête.

- Tu avais fait beaucoup de recherches, pourtant, lui fis-je remarquer.

- Ce n'est pas la même chose que de lire des légendes sur Internet, et voir une amie d'enfance se transformer en loup géant devant ses yeux ! »

Taylor avait raison. Même si nous avions des doutes avant d'être spectatrices de la transformation, cela ne rendait pas l'histoire plus acceptable. Les cernes sous les yeux de mon amie m'indiquaient que je n'étais pas la seule à en faire des insomnies.

« - Embry t'a tout raconté ?

- Oui, acquiesçais-je.

- Tout colle avec les légendes ?

- Tout, répétais-je en repensant à ma dernière discussion avec lui.

- Qu'est-ce que tu comptes faire ?

- A propos de quoi ? Lui demandais-je, perdue.

- Eh bien, tu ne peux clairement pas rester loin de lui. Tu ressembles à un zombie, comme la dernière fois. On dirait qu'un lien vous unie, c'est dingue.

- J'ai eu ma dose de choses dingues pour toute une vie, soupirais-je.

- Tu devrais le rappeler, finit par déclarer Taylor.

- Tu étais la première à ne plus vouloir que je m'approche de lui ! M'étonnais-je.

- Plus le temps passe, et plus je me dis qu'Embry est vraiment la dernière personne à pouvoir te faire du mal. Malgré sa condition de mutant... »

Cette discussion était vraiment hors norme. Je n'aurais jamais pensé pouvoir déblatérer au sujet de garçons avec une amie. Encore moins sur des garçons qui se transformeraient en loups.

En fin d'après-midi, Taylor reprenait la route pour rentrer chez elle. Nous avions tout de même réussi à avancer sur notre devoir, malgré le fait que nos esprits étaient ailleurs. Tout comme le reste de la semaine, au lycée. Je savais que Taylor était de plus en plus tentée de contacter son amie. La curiosité était plus forte que la raison. Quant à moi, j'espérais qu'Embry se manifesterait, d'une façon ou d'une autre. Qu'il essaie, au moins. Mais il n'en fut rien. La neige continuait de tomber, et moi, je continuais de la regarder par la fenêtre.

« - Tu es sûre que tu ne veux pas venir ? »

La petite voix fluette d'Harry retentit dans ma chambre. Nous étions samedi, et mes parents avaient décidé de sortir se balader avec mon petit frère. Ils avaient aussi espéré que je daigne les rejoindre, mais je n'en avais pas le coeur. Je préférais regarder la neige de loin, au lieu de l'affronter.

« - Oui, lui répondis-je en tentant de lui sourire.

- Tu as l'air triste, marmonna-t-il en s'asseyant sur mon lit.

- Non, je vais bien, mentis-je en sachant pertinemment que je ne savais pas jouer la comédie.

- Tu t'es disputé avec ton amoureux ?

- Ce n'est pas mon amoureux, Harry, soupirais-je.

- Tu t'es quand même disputé avec lui, insista-t-il.

- Un peu, avouais-je.

- Vous devriez vous réconcilier, me conseilla-t-il.

- Et pourquoi ça ?

- Parce que t'as beau dire que c'est pas ton amoureux, tu souris beaucoup plus quand tu reviens de la réserve. »

Sur ces mots, il planta ses lèvres sur ma joue pour y déposer un baiser, avant de sortir de la pièce en sautillant. Il portait déjà son bonnet et ses gants, prêt à affronter la neige. Je souris en le voyant se rouler dedans, par la fenêtre. Je n'avais pas envie de leur gâcher leur après-midi en broyant du noir à côté d'eux. Harry avait raison, je souriais plus quand je voyais Embry. Mais la réalité était beaucoup plus compliquée que ça.  En voyant leur voiture s'éloigner dans la rue, je décidai de sortir de ma chambre pour me rendre dans la pièce où reposait mon piano. Cela faisait quelques semaines que je n'y avais pas touché, aucune inspiration ou envie ne m'y avait porté.

Je m'assis sur le petit banc qui lui faisait face, cherchant un air à reproduire. Je laissai mes doigts se balader sur les touches, ne réfléchissant pas au son que cela pouvait produire. C'était incroyablement libérateur. J'eus l'impression de laisser une part de mes émotions à chaque mouvement de mes mains. Le rythme de ma mélodie se fit de plus en plus rapide, se calant sur les sentiments dévastateurs que je pouvais éprouver. Au milieu de cette création qui n'avait aucun sens, je perçus le bruit d'un moteur de voiture. Je stoppai tout mouvement, tendant l'oreille vers le son qui venait interrompre celui du piano. Il ne ressemblait pas à celui que faisait la voiture de mes parents. Je me concentrai dessus, jusqu'à ce qu'il se coupe. J'entendis ensuite une portière s'ouvrir, puis claquer fermement.

Quelques secondes plus tard, un « toc-toc » virulent retentit dans tout le rez-de-chaussée. Mon coeur loupa un battement, alors que je me précipitai vers la fenêtre de la pièce pour tenter d'apercevoir mon visiteur. Je ne pus que remarquer sa voiture, véhicule que je ne connaissais pas. Elle était petite, bleue et poussiéreuse. Un deuxième coup retentit. Mon interlocuteur était visiblement pressé que je lui ouvre. Je descendis les escaliers avec précaution, peu désireuse d'ouvrir la porte. Je n'avais pas envie de discuter, ou de voir qui se soit. Peut-être que ma mère attendait un colis. Ce ne serait pas très aimable de ma part de faire la morte et attendre que le livreur parte.

Arrivée au rez-de-chaussée, j'entendis un troisième coup. La personne dernière cette porte allait finir par la défoncer. J'accélérai le pas, décidée à m'en débarrasser. Je tournai la clé dans la serrure et fis un pas en arrière pour découvrir l'objet de mon agacement.

« - Seth ? »

Je fus on ne peut plus étonnée en découvrant le jeune homme sur le pas de ma porte. Il n'était jamais venu chez moi. Comme ses compères, il n'était vêtu que d'un short et d'un t-shirt, malgré le froid qui commençait d'ailleurs à pénétrer à l'intérieur de la maison. Apparemment, il avait arrêté de faire des efforts pour maintenir l'illusion de l'adolescent normal. Il savait que je connaissais toute la vérité. A quoi bon s'embêter avec des pulls et des pantalons ? En relevant le regard vers lui, je remarquai une expression étrange sur son visage. Il semblait à la fois soulagé de me voir, et anxieux.

« - Salut, Hazel, commença-t-il en parlant rapidement. Je suis désolé de te déranger...

- Entre, le coupais-je. J'ai froid. »

Il s'exécuta sans discuter, tandis que je refermais la porte derrière lui. J'avais toujours apprécié Seth, depuis que je l'avais rencontré. Je le préférais d'ailleurs à sa soeur. Il était d'une gentillesse incroyable. Je le jaugeais du regard quelques secondes. Même si je l'aimais bien, je me demandais ce qu'il faisait chez moi un samedi après-midi. Ce n'était pas commun.

« - Qu'est-ce que tu fais là ? Finis-je par demander, tandis qu'il regardait autour de lui.

- Je n'avais pas ton numéro de téléphone, et puis si je lui avais demandé, il m'aurait interdit de te contacter.

- Qui ça ? M'étonnais-je.

- Embry, déclara-t-il. »

Je fronçai les sourcils. Pourquoi Seth avait-il besoin de me contacter ? Et pourquoi Embry lui aurait interdit de le faire ? Mon interlocuteur semblait affreusement nerveux à l'idée de dire quoi que se soit. C'était étrange, mais je m'attendais au pire. Cette visite n'était pas anodine, Seth ne se serait pas déplacé pour simplement me saluer. Surtout après les évènements du mois dernier. J'attendis qu'il ne s'explique, croisant mes bras sur mon buste pour tenter de me réchauffer.

« - On a besoin que tu viennes à la réserve, commença Seth.

- Pourquoi ? Et qui ça, on ?

- Moi, Sam, Jared, tous les autres. Et surtout Embry, même s'il ne sait pas que je suis ici, marmonna-t-il.

- Je ne comprends rien, soupirais-je en attendant des explications plus précises.

- Ecoute, je sais qu'Embry t'a expliqué le principal de notre situation, et je suis désolé que tu aies eu à l'apprendre de cette façon, et je sais aussi que ça doit être vraiment difficile à accepter... déblatéra-t-il à une vitesse phénoménale. Mais je veux que tu penses à Embry, en tant que personne, avec qui tu passais une majorité de ton temps il y a quelques semaines, et...

- Seth, dis moi ce qu'il se passe, le coupais-je.

- Embry est blessé, déclara-t-il fermement.

- Ce n'est pas le seul, soufflais-je.

- Non, je veux dire physiquement blessé. »

Je me figeai à nouveau. J'attendais que Seth continue, qu'il en explique davantage, mais il se contenta de se diriger vers la porte d'entrée. Il m'invitait à le suivre. Comme s'il était impératif que je sois présente. Et, étrangement, je ressentais exactement la même chose. Comme si ma place était là-bas. Comme si je devais, par tous les moyens, me retrouver aux côtés d'Embry. C'était une nécessité, une évidence. Je ne pouvais pas affronter le regard de Seth, car tout ce que je voyais sur son visage, c'était de l'inquiétude, de la peur. La situation était-elle si grave que ça ?  Je ne réfléchis pas une minute de plus. J'enfilai machinalement ma veste, mes chaussures, et sortis affronter le froid. 

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