Tarik & Mira - Pnl

By yzn-rmt

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Elle, renfermée et triste Lui, renfermé et haineux La tristesse et la haine peuvent créer l'amour ?? Tarik e... More

Chapitre 0
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 30
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Chapitre 34
Chapitre 36
Chapitre 37
Bonus
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Chapitre 35

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By yzn-rmt

Le lendemain

Je me réveille sans bruit, le genre de silence qui pèse. Il n'est pas là. Pas un mot, pas un appel, pas même un foutu message.

Je vais dans le salon et comme prévu... chaos. Des fringues, des cendres, une canette vide au sol. 

Tarik n'est pas rentré de la nuit, et en plus, il a laissé sa merde comme si j'étais la bonniche de service.

Tu sais quoi, poto ? Je veux bien être patiente, compatissante, mature — ce que tu veux — mais faut pas abuser non plus. 

Ton ex débarque chez moi, tu pètes un câble, tu casses mes meubles, tu cries comme un malade... et tu disparais dans la foulée ? 

T'as cru que j'étais qui ? 

Tu veux jouer à ça ? Très bien. Moi aussi je peux jouer.

Je fais mon sac et file voir Aya sur Paris. Une vraie respiration. 

Elle me parle de ses galères avec Rayan, de ses dramas habituels, et je ris. Vraiment. Un peu nerveusement, un peu faussement, mais je ris quand même.

On marche dans les rues de Paris, on mange un truc, on parle de tout sauf de Tarik. 

Et c'est précisément ça qui me fait du bien : faire comme s'il n'existait pas. Comme s'il n'avait jamais existé dans mon salon, dans mon lit, dans ma vie.

Je rentre vers 19h. Et là... monsieur est là. Posé. Tranquille. Sur le canapé. Comme si rien ne s'était passé. Il a rangé ses affaires, nettoyé un peu. 

Et je pourrais presque me dire "OK, il a compris". Mais non. Parce que je le vois, en train de fumer. Dans le salon. Là où je lui ai dit cent fois de pas le faire.

Un nuage de fumée, et ma patience qui part en fumée avec.

Moi : Tu te fous de ma gueule ?

Il tourne à peine la tête. Une expression fermée, froide, comme si j'étais le problème.

Tarik : Me casse pas les couilles.

Ma mâchoire se serre. Sérieusement ? Il revient après 24h de silence radio, et c'est moi qui l'énerve ?

Moi : Tu disparais 24h après avoir foutu la merde, et tu reviens comme si de rien était ?

Tarik : C'est ma maison, je fais ce que je veux.

Moi : Mais t'as aussi des responsabilités vis-à-vis de ta femme !

Tarik : Je m'en bats les couilles.

Je le fixe. Je sais même pas si j'ai envie de pleurer ou de l'étrangler. Peut-être les deux en même temps.

Moi : Mais t'as quoi dans le crâne, putain ?!

Tarik : Évite de crier aussi.

Moi : C'est la seule solution pour que tu m'écoutes !

Tarik : Je t'ai dit que je m'en bats les couilles.

Moi : T'es sérieux là ? 

Un blanc. Un vrai. Lourd. Mon cœur tape si fort que j'ai l'impression qu'il va se décrocher. Il me regarde avec un mélange de colère et de fatigue, puis se lève.

Tarik : Tu sais quoi ? Je me casse d'ici.

Il prend son sac, son téléphone, et passe la porte.

Je ne bouge pas. Je dis rien. Même pas un regard.

Tu veux partir ? Pars. Je vais pas supplier quelqu'un qui me traite comme une option. 

T'as cru quoi, Tarik ? Que j'allais pleurer, courir après toi, te rappeler que tu m'aimes ? Bah non. Je suis peut-être tout sauf parfaite, mais je suis pas ta chienne.

3 semaines plus tard

Trois semaines. Zéro message. Zéro appel. Le vide.

D'après les gars, Tarik s'est volatilisé. Plus personne le voit, plus personne sait où il est. Et moi ? Moi je fais semblant de m'en foutre. 

Je rigole aux blagues des autres, je vis ma petite vie. Mais le soir, quand je me couche dans ce grand lit froid, j'ai le cœur qui vrille.

J'ai pleuré, ouais. Comme une faible. Pas devant les autres, évidemment. Seule. Comme une conne.

Et ce que je pige pas, c'est pourquoi il est parti. Pourquoi cette rage, pourquoi cette fuite. Et j'aimerais l'appeler, hurler, lui dire de revenir, de s'expliquer. 

Mais je peux pas. Parce qu'à force de tolérer l'intolérable, on devient complice de sa propre chute.

J'en ai marre de son petit jeu. Et cette fois, c'est moi qui ne joue plus.

Point de vue de Tarik

Je pourrais dire que j'avais une raison de partir.

Mais la vérité, c'est que j'en avais pas. Rien de précis. Juste un trop-plein. 

Une boule dans la gorge que j'arrivais pas à cracher. Une sensation d'étouffer, alors que j'étais là, vivant, libre, marié à la seule femme que j'aie jamais aimée.

Voir Siham... ça a été comme se prendre une gifle du passé. Pas parce qu'elle comptait encore. Elle comptait plus.

Mais elle me rappelait le gars que j'étais avant. Le mec instable, qui foutait tout en l'air. Qui vivait la nuit et s'éteignait le jour. Le genre d'homme que Mira ne mérite pas.

Alors ouais, j'ai fui. Pas pour l'ex, pas pour le clash... mais pour moi. Parce que je me suis vu dans le miroir, ce soir-là, et ce que j'ai vu m'a dégoûté.

Trois semaines. Trois putains de semaines chez mon daron, à zoner comme un fantôme dans ma propre vie. 

J'arrivais même plus à dormir. J'avais la gueule dans le vide, le cœur en apnée, et cette envie de rien.

Yanis : Ohhh Nabil il appelle.

J'ai soufflé. J'avais pas la force d'entendre ce que je savais déjà. Mais j'ai décroché.

Moi : Allô ?

Nabil : T'es sérieux là ? Trois semaines Tarik ! Tu t'es barré comme si t'avais disparu de la surface de la Terre.

Moi : Ouais...

Nabil : Je sais que c'est à cause de Mira. Mais t'es marié maintenant, gros. C'est pas comme avant. Tu peux pas te casser à la moindre embrouille. 

Moi : Je fuis pas.

Nabil : Alors t'attends quoi ? Qu'elle t'oublie ? Qu'elle passe à autre chose ? Tu crois qu'elle s'est pas posé cent questions pendant que toi t'étais là à te cacher ? 

Je me suis adossé au mur. Il avait raison. J'avais fui. J'avais fui l'image de moi-même. J'avais fui l'idée que je pouvais la blesser. 

Et je m'étais pas demandé une seule fois ce qu'elle, elle pouvait ressentir.

Moi : Ouais, t'inquiète... J'arrive.

Le lendemain, j'ai pris ma voiture comme un condamné qui revient sur les lieux du crime. Mon cœur battait trop fort pour que je sois vraiment prêt. Mais fallait bien revenir un jour.

Quand je suis entré dans l'immeuble, les gars m'ont salué comme si j'avais fait une pause. Pas comme si j'avais déserté. 

Ça m'a mis un coup. Personne savait que dans ma tête, c'était la guerre.

J'ai monté les escaliers, ma main tremblait presque sur la poignée. En ouvrant, je l'ai vue.

Mira. Jogging, brassière de sport, les cheveux attachés. Elle avait changé. Même son regard. Elle m'a vu, elle a rien dit, elle a juste tourné les talons et s'est dirigée vers la chambre.

J'ai pris une douche rapide, histoire de reprendre mes esprits. Quand je suis sorti, elle était sur le canapé. Cette fois avec un t-shirt. Dommage... mais c'était pas le moment de penser à ça.

J'ai pris une grande inspiration.

Moi : Mira ?

Mira : Hm ?

Moi : Tu sais pourquoi je suis parti ?

Mira : Non. J'attends que tu me le dises.

Moi : Et bah... moi non plus, je sais pas vraiment.

Mira : Donc tu disparais comme ça, sans même savoir pourquoi ?

Moi : C'est flou... C'est comme si j'avais un truc coincé dans la gorge depuis des années, et que c'est sorti d'un coup. J'ai pas su gérer.

Mira : Ouais bah moi, je suis pas dans ta tête. Et heureusement, parce que ça a pas l'air très clair là-dedans.

Moi : Ça m'énerve.

Mira : Quoi ?

Moi : D'avoir été... ce que j'ai été.

Elle a froncé les sourcils.

Mira : C'est-à-dire ?

Moi : Un mec perdu. Violent. Égoïste. Qui a fait n'importe quoi. Et maintenant, j'ai l'impression que même quand tout va bien, je vais finir par tout saboter.

Mira : Et tu crois que fuir, c'était mieux ?

Moi : Non. Mais j'avais honte. Honte que tu voies qui j'ai vraiment été. Que tu saches ce que j'ai fait. Ce que j'ai failli refaire. J'ai toujours rêvé d'être un homme que ma femme admire. Un père que mes enfants pourraient respecter. Pas un fantôme hanté par ses erreurs.

Mira : Je peux l'entendre mais ça ne justifie pas les insultes et ton comportement, je suis ta femme Tarik, pas ton jouet. 

Elle m'a regardé sans rien ajouter avant de me tourner le dos. Et je crois que c'est ça qui m'a le plus tué.

Alors je me suis levé. Je suis allé vers elle. J'ai posé mes mains sur ses hanches et je l'ai tournée doucement vers moi.

Elle m'a regardé dans les yeux, sans flancher.

Moi : J'ai tellement honte, Mira.

Mira : De quoi exactement ?

Moi : De t'avoir laissée seule. De t'avoir blessée. D'avoir été ce mec sans avenir. J'ai pas peur que tu saches, j'ai peur que tu me voies différemment. Que tu perdes cette lumière dans les yeux quand tu me regardes.

Elle m'a rien dit tout de suite. Et puis, elle a levé la main et... m'a mis une claque.

Pas forte. Pas violente. Mais juste assez pour me faire lever les yeux.

Mira : Plus jamais tu dis ça. T'as pas besoin de jouer au mec parfait avec moi. Si je t'ai épousé, c'est parce que je t'aime. Pour ce que t'as été, pour ce que t'es devenu. Et surtout pour ce que t'essayes encore de devenir. J'ai jamais cessé d'être fière de toi. Même quand t'étais au fond. Même quand tu croyais que j'allais t'abandonner.

Sa voix tremblait un peu. Mais elle tenait bon.

Mira : T'es pas une erreur. T'es mon choix.

Je l'ai prise dans mes bras, et j'ai serré fort. Comme si la serrer suffisait à recoller les morceaux. À faire taire la voix dans ma tête qui disait que j'étais pas assez bien pour elle.

On a fini dans le lit. Pas pour faire quoique ce soit, juste pour retrouver un peu de silence, un peu de paix. Et pour une fois, j'ai réussi à dormir.

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