Afraid to lose control
And caught up in this world
I've wasted time, I've wasted breath
I think I've thought myself to death
I was born without this fear
Now only this seems clear
I need to move, I need to fight
♫ — Come With Me Now; KONGOS
Arya se redressa, épuisée. L'accès à la porte était libre, il fallait agir maintenant.
L'un des sorciers Ordre de Merlin avait été grièvement touché par un sort, et il gisait inanimé au milieu d'eux, parcourut de temps à autre d'une vague de frissonnements. La Main Rouge commençait à reprendre le dessus, et Abelforth, Brownn, Malefoy et les deux autres sorciers qu'ils avaient libérés ne pourraient tenir encore longtemps face au déchaînement de sorts qui s'abattaient sur eux. Et au milieu d'eux, Elíanna observait le combat avec effrois, vulnérable et impuissante.
− Arthur ! le prévint-elle. La voie est libre !
Le jeune sorcier abaissa aussitôt le bouclier magique qu'il avait mis en place pour se précipiter vers les portes. Il dévala les escaliers quatre à quatre, il vola presque jusqu'aux lourds battants de bois contre lesquels il s'arrêta en s'écrasant presque, emporté par son élan.
− APERTUS CLAVEM MANIBUS RŬBĔR !!! s'exclama-t-il de toutes ses forces.
D'immenses symboles et runes apparurent sur la porte dans un scintillement argenté avant de disparaître en crépitant dans l'air, ne laissant sur le bois que leurs empreintes brûlées.
Ils avaient réussi ! Un immense soulagement s'empara d'Arya et elle glissa un regard vers sa mère. Elle allait enfin pouvoir la faire sortir de cet enfer !
Au moment même où elle reprenait espoir, le visage de Sarral apparu soudain parmi ceux de ses adversaires. Il se fraya un passage, parmi ses sorciers qui les prenaient toujours d'assaut, pour se placer à quelques mètres à peine du palier où ils luttaient, au mépris des sortilèges qui volaient entre les deux camps. Arya le vit poser son regard sur elle tirer lentement sa baguette de sa manche. Désespérée, elle se tourna vers les portes. Scorpius et Albus s'étaient précipités pour aider Arthur à les pousser.
Elles s'ouvrirent dans un craquement qui se mua en grincement sonore et une bouffée d'air venue de l'extérieur balaya le hall.
Arya s'apprêtait à entraîner sa mère vers la sortie quand elle se figea de nouveau. Albus, Scorpius et Arthur reculèrent, baguettes levées.
Un groupe d'une dizaine de sorciers venait d'apparaître à l'extérieur devant les portes, au milieu des herbes hautes de l'Écosse.
Et Soames marchait à leur tête.
Pendant quelques instants, Arya crut qu'elle allait s'effondrer.
Ils étaient cernés ! Ils étaient regroupés sur le palier qui faisait office de hall, et ils devaient maintenant faire face aux renforts de la Main Rouge qui venaient d'apparaître devant les portes.
Arya leva sa baguette vers son professeur de Défense Contre les Forces du Mal, avec une boule effroyable dans le ventre. Le sorcier encapuchonné qui ouvrait la marche avec Soames abaissa son capuchon et brandit lui aussi sa baguette, d'un geste vif, et ils s'engagèrent dans l'escalier.
Quelques exclamations fusèrent parmi les sorciers rouges et quelqu'un hurla finalement distinctement au-dessus de la cohue du combat.
− Les Protecteurs !
Arya se sentit hésiter.
Les Protecteurs ?
N'était-ce pas Gellert Grindelwald qui les avait mentionnés quand elle l'avait appelé avec la Pierre de Résurrection ? Si...bien sûr que c'est lui, qui d'autre sinon ? Il en avait brièvement parlé, par rapport à la Table de Meygin qu'ils possédaient jadis pour surveiller l'apparition des « Destinés » au sein des Lignées de Merlin, avant qu'ils ne se la fassent voler par la Main Rouge. Mais Gellert lui avait raconté que les Protecteurs avaient tous étés massacrés par la Main Rouge. Aucun d'eux n'avait survécu.
Ça n'avait aucun sens... Mais pourquoi dans ce cas le petit groupe de sorciers ne les attaquait-il pas ? Et Soames...elle avait passé la moitié de son année scolaire à la pousser à utiliser ses pouvoirs, Arya en était persuadée, c'était pour le compte de la Main Rouge... Et si tout ceci avait eu un autre but ? Tous les actes étranges et déplacés de Soames pouvaient-ils s'expliquer autrement ?
Il était trop tard pour agir, le groupe de sorciers arrivait à sa hauteur. Elle se raidit quand Soames passa à côté d'elle. Aucun d'eux n'esquissa de geste pour les attaquer.
Les Protecteurs se joignirent aux autres, et le combat changea soudain radicalement.
Arya se faufila jusqu'à Arthur, elle avait une idée en tête.
Celui-ci avait de nouveau déployé un grand bouclier devant eux, et il serrait les dents sous l'impact des sorts qui s'écrasaient dessus.
− Il faut faire sortir tout le monde ! lui glissa-t-elle.
− Et neutraliser Sarral ! ajouta-t-il. Si on l'arrête, si on tue ou on capture le grand Maître, tous les autres penseront que c'est perdu, ils prendront peur, ils se rendront ou ils fuiront !
Arya leva la tête vers Sarral. Il lançait des sorts puissants, qui ébranlaient le bouclier d'Arthur, épuisant le jeune garçon. Le bouclier se rompit soudain, mais loin d'être impuissant, Arthur projeta toute sa magie sur Sarral. La protection que le Haut Mage invoqua ne l'épargna que très peu, il tomba, et se releva aussitôt. Il chancela et leur coula un regard mauvais. Puis il tourna les talons pour disparaître derrière la ligne de ses sorciers rouges.
− Que doit...
Mais elle n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Arthur venait de s'élancer à travers le hall, faisant fit du combat, pour se ruer à la poursuite de Sarral. D'un geste furieux de la main, il écarta les sorciers rouges qui lui bloquaient le chemin, sa magie les jetant au sol avec violence. Malefoy profita de cette ouverture pour traverser le champ de bataille et s'engager derrière Arthur, à la poursuite du Maître de la Main Rouge.
Arya voulut se précipiter aux trousses du sorcier, mais une main s'agrippa fermement à son épaule et la tira en arrière. Elle se débâtit, il n'y avait pas une seconde à perdre : déjà les sorciers rouges se relevaient, et Arthur avait besoin d'elle, il allait avoir toutes les peines du monde à vaincre celui qui avait été sa seule famille, c'était si évident qu'Arya en avait mal au cœur.
− Arya ! Calme-toi !
Elle se figea, reconnaissant soudain la voix. Elle se tourna vers cette personne qui tenait toujours fermement son épaule.
Potter !
Elle ne l'avait pas vu arriver, mais maintenant qu'elle regardait dans la bonne direction, elle voyait les Aurors transplaner à l'extérieur, sur le pas de la porte, escalader les escaliers et envahir le palier, se mêlant aux Protecteurs.
− Vous avez eu mon message ! s'exclama-t-elle.
Ils étaient sauvés ! Ils étaient au moins égaux, voire supérieurs en nombre à la Main Rouge ! Elle se sentait si soulagée que toute tension la déserta momentanément, à tel point qu'elle se mit à chanceler, sous le regard inquiet de l'Auror.
− Rose nous a transmis le message du Patronus, elle a dû s'arrêter dans un village et utiliser de la poudre de cheminette pour me prévenir à temps ! Tous les Aurors que j'ai amenés avec moi sont triés, ils sont fiables !
− Il faut arrêter Sarral ! s'exclama-t-elle, encore préoccupée par le départ subit d'Arthur.
− Où est-il ?
− Arthur et Malefoy lui courent derrière ! Il est parti dans le couloir Est !
− Arthur ?
− Le garçon qui nous avait attaqués dans la Cabane Hurlante. Il est avec nous maintenant, il faut lui faire confiance !
Son ton était empressé et suppliant. Harry hocha la tête.
− Je vais les suivre, tu restes là !
− Non je...
− Reste ici ! insista-t-il. Sors avec ta mère. Emmène James, Albus, Scorpius et Fred, et sortez dehors ! Mettez-vous à l'abri.
Arya fit un signe de consentement de la tête. Harry se redressa, appela Ron, Vlad et Silvius et ils traversèrent le hall, courbés pour échappés aux sorts qui fusaient de part et d'autre, avant de disparaître dans le couloir Est.
La jeune fille se tourna, cherchant sa mère du regard parmi les Protecteurs et les Aurors qui envahissaient l'espace. Elle la repéra soudain auprès de James et de Fred qui l'encadrait de leur baguette. Arya se précipita vers eux, rejointe par Scorpius et Albus.
-Il faut sortir ! s'exclama Fred.
− Où est mon père ? demanda Scorpius d'un ton inquiet.
− Il poursuit Sarral avec Arthur, Potter et quelques Aurors !
− Qu'est-ce qu'on fait ? demanda James en réprimant un tressaillement quand un sortilège perdu passa à quelques centimètres de son épaule.
− Il faut détruire la pierre !
Les cinq amis se tournèrent vers Elíanna.
La tête rentrée dans les épaules, elle sursautait à chaque déflagration magique. Sa voix était pourtant ferme et déterminée quand elle reprit la parole.
− Nous devons tirer avantage de ce désordre et détruire la pierre. Sans elle, tout ceci n'aura plus aucune raison d'être. Si la Main Rouge continue de se battre, en dépit du fait que nous sommes maintenant plus nombreux, c'est parce qu'ils protègent la pierre noire. Si nous la détruisons, ils n'auront plus rien à protéger, plus aucune cause pour laquelle se battre.
Arya cilla, surprise par la combativité de sa mère.
− Elle a raison, décréta James. Il faut détruire Surthil. Et ce sera la fin de la Main Rouge, pour toujours.
Arya hocha la tête, tremblante. Elle s'était crue tirée d'affaire, mais s'approcher de la pierre pouvait s'avérer mortel sans potion pour brider et étouffer ses pouvoirs. Mais sa mère avait vu juste. Détruire Surthil était la seule solution.
− J'ignore où se trouve la salle de la pierre ! Avoua-t-elle.
− Moi je le sais, fit sa mère en lui lançant un regard entendu.
− Non maman, tu ne peux pas venir, tu dois sortir dehors et...
− Essaies-tu de donner un ordre à ta mère ? demanda Elíanna d'un ton faussement fâché.
− Tu n'es pas une sorcière et ici tu es donc vulnérable, répliqua Arya d'une voix grave. J'ai déjà perdu mon père, il n'est pas question que tu disparaisses toi aussi.
Sa mère en resta muette quelques instants, pétrifiée par ces paroles, surprise qu'Arya mentionne le père dont elle n'avait pas soufflé un mot depuis son décès. Arya soutint son regard, persuadée qu'elle comprenait.
− Madame Grindelwald, Arya à raison, souffla Fred. Vous n'avez rien pour lutter contre les sorciers.
− Il faut se décider, et vite, les pressa Scorpius que la proximité du combat rendait nerveux.
− Nous pourrions la protéger, suggéra James.
− Nous ne sommes que des sorciers de premier et second cycle et ce sont des mages noirs, rappela Albus dans un soupir.
− Mais nous sommes plus malins, contra Scorpius.
− Écoutez, ordonna soudain Elíanna avec fermeté, je suis une adulte et vous n'êtes que des enfants, alors soit vous sortez dehors avec moi, soit je vous mène où se trouve la pierre.
− Mais maman tu...
− Arya, je te demande de m'écouter.
Cette soudaine sévérité laissa Arya pantoise quelques minutes.
− Que proposez-vous ? demanda Fred.
− Je pourrais me transformer en ours et porter madame Grindelwald sur mon dos, de cette façon elle me guidera. Vous n'aurez qu'à suivre et me couvrir contre les attaques.
− Ça me paraît acceptable, fit Scorpius.
Arya lui lança un regard de travers. Sa mère, vulnérable moldue, au milieu d'un véritable champ de bataille ne lui paraissait pas vraiment acceptable.
− Alors ne perdons pas de temps ! s'exclama James.
Et aussitôt il se transforma, sans aucun effort, en un ours brun de taille moyenne, robuste et massif. Cette apparition soudaine de l'animal déclencha un léger mouvement chez les Aurors et les Protecteurs, mais aucun sort ne fusa vers eux. Elíanna était déjà presque juchée derrière les épaules de l'ours quand Arya aperçut Brownn ouvrir de grands yeux.
Sans doute venait-il de comprendre leur plan. Il fallait faire vite avant qu'il ne les empêche d'agir, pour leur propre sécurité. Soames se tournait d'ailleurs vers eux et ce fut le moment de partir.
− Courrez ! commanda Arya.
Aussitôt, James bondit au milieu du hall et des combats. Sous l'effet de la peur et de l'excitation, la magie d'Arya surgit et elle eut à peine le temps de visualiser mentalement son attaque que son pouvoir frappait déjà les sorciers rouges, ouvrant une brèche dans leur rangée de combattants. Fred, Albus et Scorpius lancèrent au passage quelques sortilèges de pétrification au moment où ils s'engouffraient dans le couloir Ouest, s'assurant que les sorciers rouges poussés et assommés par la magie d'Arya ne se relèveraient pas.