Je me réveille avec un sacré mal de tête, comme si on m'avait frappé de toutes ses forces avec une encyclopédie, telle celle qu'on déteste au lycée.
Quand j'ouvre les yeux, il me faut quelques secondes pour retrouver une vue nette. Je remarque que toute la meute est dans la cuisine de Derek, sûrement entrain de radoter des choses sur tout et n'importe quoi.
Je me lève du canapé et pars les rejoindre. Quand j'arrive près d'eux, certains sursautent, surpris par ma présence et d'autres comme Derek et Scott, ne réagissent pas. Ils sont plutôt légèrement paniqués. Et je comprend pourquoi quand mon regard tombe sur elle.
Chrystia.
A : qu'est-ce qu'elle fait là ?
St : (à Scott) : tu vois que je n'ai pas eu une réaction déplacée ?! Elle a la même que moi.
Ly : en même temps, elle vient de se réveiller. Toi, tu savais qu'elle était ici.
St : oh ça va, on ne devrait pas avoir confiance en elle.
D : on n'a pas confiance en elle, on ne fait qu'arranger les choses. Du moins, on essaye.
Ch : je suis là, merci de ne pas parler sur moi comme si je n'existais pas.
St : (en tendant l'oreille) : tu entends cette voix ? Moi, non.
Chrystia soupire en levant les yeux puis se rapproche de Stiles. Elle lui montre ses griffes devant son nez et celui ci fait un bon de trois mètres.
Elle lui sourit, sadiquement puis retourne à sa place.
A : quelqu'un m'explique ?
C : ah bah oui, on t'avait presque oublié. C'est que tu es un ange quand tu dors.
A : je suis un ange en permanence.
Ils s'étouffent en coeur alors que j'éclate de rire.
D : je crois que c'est à elle de te l'expliquer.
Chrystia me regarde, hésitante mais finit par se lever et se dirige vers le jardin. Je décide de la suivre, sans lancer un regard à mes amis. On se retrouve à deux, côte à côte, en train de marcher doucement à l'air frais.
A : c'est spécial.
Ch : de quoi ?
A : d'être à côté de toi, sans devoir... te tuer.
Ch : (en souriant faiblement) : c'est réciproque.
A : faire comme si rien ne c'était passé.
Ch : je sais que ça sera impossible pour toi comme pour moi.
A : je le pense aussi.
Ch : tu te souviens sûrement d'hier soir...
A : le moment où tu m'as transpercé le ventre ?
Ch : (honteuse) : précisément...
A : oui, ne t'inquiète pas. Je m'en souviens très bien.
Ch : je t'ai ramené ici directement et puis, tu t'es endormie. Derek m'a dit que c'était une vision donc on n'a pas cherché à te réveiller. Alors, il m'a conseillé de m'en aller avant que tu te réveilles. Ce que j'ai refusé. Je sais qu'après tout ce qui s'est passé, après tout ce que tu sais, ça va te paraître insensé mais j'ai tellement regretté. Même si je savais que tu allais t'en remettre, je m'en suis voulu de t'avoir fait ça. Toute cette guerre. Tous ces combats contre toi. J'avais les yeux fermés parce que j'étais persuadée que tu n'étais pas au courant alors j'essayais tant bien que mal de me convaincre que je devais arriver au bout de mes fins même s'il fallait te supprimer. Mais quand j'ai su que tu étais partie voir Abigaëlle, j'ai ouvert les yeux. Je ne peux pas.
A : tu ne peux pas quoi ?
Ch : refaire ce que j'ai fait. Te faire du mal, me battre contre toi constamment. Tu es ma fille, bordel. Je suis passée à côté de tellement de choses. Quand je vois ce que tu es devenu aujourd'hui : une femme sublime, pleins de talents, de puissance et surtout, une chose que j'ai perdu avec le temps : de la compassion et de l'amour.
Je ne veux plus me battre contre toi.
A : tout ça, ça signifie quoi ? Que t'arrête tes affaires illégales, tes meurtres, ta quête du pouvoir,... Que tu laisses Beacon Hills ? Que tu veux rattraper le temps perdu ?
J'ai dit cette dernière phrase avec un soupçon d'espoir, que j'aurai aimé dissimuler mais qui n'est pas passé inaperçu, malheureusement.
Ch : oui. J'arrête. J'ai continué ça pendant toutes ces années parce que je n'avais rien d'autre. Aucuns buts, aucunes ambitions sauf celle du pouvoir. Mais maintenant, j'ai trouvé.
A : Chrystia, je ne peux pas tout oublier comme ça.
Ch : je sais. Et je ne te le demande pas, d'ailleurs. Je veux juste essayer d'arranger les choses, même si ça doit prendre du temps.
A : tu crois qu'on peut réellement former une famille ?
Ch : j'espère.
A : et donc ? C'est fini ? Plus d'attaques, plus de morts, plus de personnes kidnappées,... Du moins, jusqu'à ce que quelqu'un prenne ta place.
Ch : ça risque de ne pas tarder, si tu veux mon avis.
A : comment ça ?
Ch : j'en ai parlé avec ta meute. Hier, pendant la nuit, je suis allée à ma base pour annoncer la nouvelle aux autres. Et disons que Sebastian l'a mal pris.
A : Sebastian ? Ton bras droit ?
Ch : oui.
A : comment ça, il l'a mal pris ?
Ch : je le connais depuis des années, c'était le meilleur ami de ton père. Sauf qu'il avait une soif de pouvoir indomptable alors ton père a fini par couper les ponts avec lui. Quelques années après sa mort, j'ai fait un carnage dans un petit village où plusieurs personnes m'avaient causé des problèmes et je l'ai retrouvé là. Alors on s'est lancés dans cette quête. Et puis, quand on a découvert que tu étais ici, j'ai voulu arrêter et partir attaquer une autre ville mais il a refusé. Il voulait Beacon Hills plus que toutes les autres qu'on avait décimé ensemble.
A : il a dit quoi ?
Ch : qu'il trouverait un moyen pour gagner cette guerre avec ou sans moi. Et crois moi, il peut être fort déterminé.
A : c'est parce qu'il n'a jamais eu affaire à moi.
Ch : il me disait s'en arrêt à quel point tu me ressemblais. Surtout au niveau du caractère.
Je rigole un peu parce qu'en soi, il n'a pas tord.
A : raison de plus pour déguerpir de ma ville.
Ch : il est furieux que je le laisse tomber mais il n'est pas dupe. Il sait que je reste plus puissante que lui et toi, encore plus.
A : qu'est-ce qu'il va faire alors ?
Ch : pour l'instant, je n'en sais rien. Mais ça va être facile à découvrir, il n'a pas bougé de la base et certains jeunes sont restés là bas, ils me servent d'espions.
A : tu l'as lâché comme ça ? Fin, il comptait un peu pour toi, non ?
Ch : c'était un ami, un sexfriend plutôt.
A : (faisant une mine dégoûtée) : oh, bon sang Chrystia, je n'ai pas besoin de le savoir.
Ch : oh, chérie, ne fais pas la timide, tu croyais que je jouais aux cartes, peut être ?
A : je me doutais que non mais j'étais pas obligé de l'entendre dans ta bouche.
Elle se met à rire, la voir comme ça, sous son meilleur jour, me fait également ouvrir les yeux.
J'ai foncé dans le tas directement quand j'ai su qui elle était, j'ai pas cherché à voir plus loin que l'image qu'elle donnait d'elle. Elle a les mêmes traits que moi quand elle rigole, son nez se retrousse légèrement et elle a des petits fossettes, moins creusés que les miennes.
Ch : qu'est-ce qu'il y a ?
Merde, elle m'a remarqué alors que j'étais en train de la dévisager.
A : je réfléchissais, c'est tout.
Ch : Alexia... je n'ai pas été là pendant toutes ces années mais si aujourd'hui, tu as des questions, je me ferai un plaisir d'y répondre.
A : quels genres de questions ?
Ch : eh bien, des questions sur n'importe quoi. Des questions existentielles ou des questions personnelles.
A : tu penses quoi de Derek ?
Elle rigole un peu, en secouant la tête.
Ch : eh bien, déjà, c'est un Hale.
A : et tu avais des problèmes avec Talia.
Ch : (en me regardant, avec un sourcil levé d'étonnement) : comment ?
A : mes visions.
Ch : effectivement. Mais si on enlève ça, il est de tempérament assez froid et... chiant.
A : tu viens de le définir parfaitement.
Je rigole à mon tour mais reprend vite mon sérieux.
A : non, il est comme ça avec la plus part des gens mais c'est juste un masque.
Ch : je connais.
A : on devrait peut-être rentrer, ils vont croire qu'on est entrain de s'égorger.
On se met à rire ensemble, cette fois. On retourne dans le hangar, où on retrouve mes amis dans le salon.
C : ah bah ça va, elles sont toujours vivantes.
Je souris, je propose un verre d'eau à Chrystia qui ne refuse pas et qui part de l'autre côté de la pièce.
Je rentre dans la cuisine pour faire nos deux verres quand Cassandre surgit dans l'embrasure de la porte.
Ca : alors ?
A : ça a été. Ça c'est bien passé.
Ca : tu vas faire quoi ?
A : je n'ai plus envie de me battre contre elle. Je vais laisser couler, attendre que ça passe et on verra ce que ça donne.
Ca : c'est sûrement la meilleure chose à faire.
A : mais cette conversation m'a fait penser à autre chose.
Ca : quoi ?
A : je dois les rappeler.
Ca : qui ça ?
A : mes parents. Du moins adoptif.
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Heyy !
Je sais, j'ai encore du retard. Vraiment désolé ! 😅
Alors ? Cette conversation entre mère et fille ?
Que va faire Sebastian ?
Bisous Xxx