- Ivy -
La prochaine fois que je suis invitée à une soirée, empêchez moi d'y aller. Vous m'éviterez une gueule de bois des plus horribles. Tout ce dont je me souviens c'est d'avoir beaucoup trop bu. Je me souviens aussi de Calum. Je devais vraiment être dans un sale état pour avoir accepté de passer du temps avec cet abruti profond. Après avoir passé la dure épreuve qu'était d'ouvrir mes yeux, je me levai. Oula ma tête ! Pourquoi les murs bougent ? Pourquoi je n'ai qu'une chaussure ? Ils étaient tous les quatre dans la cuisine.
- Oula ! Toi, vient t'asseoir avant de tomber.
Ashton tira la chaise et frappa l'assise avec sa main, faisant par la même occasion un bruit horrible. Ma tête résonne.
- Moins de bruit.
- Vous vraiment dans un sale état tous les deux.
Il désignait Hood, il était assis sur le plus de travail un verre d'eau à la main. C'est vrai qu'il était bien amoché. J'ose même pas imaginer ma tête.
- Est-ce que tu te souviens de quelque chose ?
- Pour être franche... non ! Le trou noir total.
Ils rigolèrent excepté Hood. Lui non plus ne doit plus se souvenir de rien.
- Je veux même pas savoir ce qui s'est passé. Tout ce que je veux, c'est dormir.
J'avais ma tête entre mes mains.
- Elle étaient pas jaune la cuisine hier ?
- Ma cuisine a toujours été verte.
- Ahhh !
Ils rigolèrent encore une fois. Je suis sûre qu'elle était jaune.
- C'est pas le tout mais je vais partir à la recherche de ma chaussure.
En sortant, j'ai donné un coup d'épaule à quelqu'un.
- Pardon !
- Ivy c'est un mur.
Je le savais. Ils ricanèrent une fois de plus. J'ai pu entendre Luke dire : "Je vais aller l'aider. C'est mieux pour... tout le monde." Et effectivement il m'avait rejoint. La maison était vraiment dans un bazar pas possible.
- Tu te souviens vraiment de rien ?
- Mise à part le fait d'avoir abusé niveau alcool. Non. Il a dû se passer quelque chose vu comment vous insistez sur la chose. Alors dit-moi.
- Je te le dis parce qu'on l'a dit à Cal. Vous vous êtes embrassés.
- Putain...
- Et pas qu'une fois.
- Plus jamais de fête, plus jamais.
Il rigola. C'est pas drôle Hemmings ! J'ai osé embrassé cet être stupide qu'est Calum Hood. En attendant ça tourne là haut, je vais aller m'asseoir sur le canapé.
- Pas de trace de la chaussure disparue ?
- Volatilisée.
Hood s'assit à côté de moi, je ne sais pas si c'est lui ou moi qui en peste l'alcool. Peut être nous deux. Il dormait à moitié. Les autres nous avaient rejoint, ils étaient dans une meilleure forme que nous.
- Je vais pas pouvoir rentrer chez moi dans cet état là.
- Tu peux rester là, le temps de.. comment dire évacuer tout l'alcool que t'as dans le sang.
- Merci pour cette proposition, Hood. J'accepte avec joie.
- Vous avez vraiment besoin de décuver tous les deux.
On le sait Michael. Merci.
J'avais fini par m'endormir. A mon réveil, il ne restait que Hood et moi même. Il rangeait ce beau bordel. Je suis gentille, je vais l'aider.
- Eh je crois que j'ai retrouvé ma chaussure ! Ah non c'est une bouteille.
- Retourne dormir !
- J'y pense très sérieusement, tu sais.
Nettoyer toute la maison nous a tout de même pris deux heures.
- Je te conseille d'aller te doucher, tu te sentiras mieux.
C'est gentil de ta part. Il me montra où était la salle de bain, comment marchait la douche, il prêta même une serviette de toilette. Maintenant j'attends qu'une chose, qu'il sorte. C'est assez déstabilisant. Woh ! Calum Hood arrête de me regarder et sort.
- Calum !
- Quoi ?
- Je sais pas, devine.
A voir sa tête, je me doute que ça n'est pas arrivé à son cerveau.
- Sort !
- Ah euh pardon.
Rah débile !
Il avait raison ça m'avait fait le plus grand bien. J'ai toujours la tête qui tourne et qu'une seule chaussure mais bon.
- Tu peux y all..
Ah il dort. Adorable, il sourit et son nez bouge ! Qu'est-ce qu'il te prend Ivy ? Il n'est pas adorable, non.
- Ça fait combien de temps que je dors ?
- 15 minutes.
Il partit prendre sa douche. Une fois qu'il fut revenu, il me proposa une partie de Fifa après tout j'avais que ça à faire.
- Mais c'est pas possible tu peux pas avoir gagné ! T'appuies sur tous les boutons. Ça devrait être interdit !
- Qu'est-ce t'es mauvais joueur !
- Non je ne le suis pas !
- Si.
- Tu sais même pas comment jouer.
- C'est la chance du débutant.
Il souffla et il dit ne pas être mauvais joueur ? Oui bien sûr tout le monde y croit !
- Tu sais que je t'ai acheté un cadeau ?
- Toi ? Ivy Hayes ?
J'allai le chercher dans mon sac et revins lui donner le petit sac dans lequel était emballé.
- Un miroir de poche ? T'es sérieuse ?
- Comme ça tu pourras te regarder quand tu veux. C'est génial pour les gens narcissiques comme toi, non ?
- Merci alors !
- Ça vient du coeur.
Un long silence s'installa. Très gênant.
- Ils t'ont dit ce qu'on a fait hier ?
- Luke me l'a dit, oui.
Il soupira.
- Comme tu dis.
- Le pire c'est que j'ai aucun souvenir de ça.
Je le voyais se rapprocher de plus en plus de moi. N'y pense même pas abruti.
- Tu fais quoi là ?
- Je ravive mes souvenirs. Je m'explique en le refaisant, tout me reviendra.
- D'accord. C'est le moment où je me casse.
Je pris mon sac et partis. J'avais pu entendre : " Allez ça va je rigolais ! Ivy revient, c'est bon ! " Crétin.
++++
- Tu veux toujours pas raviver tes souvenirs ?
- Lâche-moi, Hood.
- J'ai toujours pas retrouvé ta chaussure pourtant j'ai cherché absolument partout.
- C'est peine perdue. Maintenant laisse-moi manger tranquille.
- Ta table est bien, elle a une bonne exposition, pas troo de vent.
- Si je te suis bien, tu comptes rester là ?
- En fait, je garde la table. Ils sont partis chercher à manger.
- C'est touchant d'apporter autant d'attention à moi.
- Bizarrement ils t'aiment bien. Je comprends pas pourquoi.
Les trois 'rockers' prirent place à ma table. Heureusement j'avais Hemmings à côté de moi, ce qui me permettait d'avoir une discussion normale.
- Isaac dit que votre père est revenu. C'est vrai ? Enfin pourquoi ?
- Oui, il est revenu. Pourquoi ? Ma mère dit que c'est parce qu'il est en formation dans la région et qu'on l'héberge pour lui éviter de payer un hôtel. Mais je pense qu'il y a autre chose.
- Ils se disputent, c'est ça ?
- Ouais... C'est pour ça que je veux qu'Isaac reste éloigner de la maison le plus possible. Je veux pas qu'ils les entendent crier, c'est déjà dur pour moi alors imagine pour lui.
- Je suis désolé, Ivy.
Il me fit un petit câlin, petit certes mais ça m'avait un peu soulagée.
- Tu peux le garder jeudi ?
- Je vais chez le médecin...
- Moi je peux !
Vraiment Hood ? Il avait écouté toute la conversation, j'en suis sûre.
- Me regarde pas comme ça. Je suis largement capable de garder ton frère. En plus, il est facile à vivre.
- De toute façon j'ai pas le choix.
Je lui fais confiance mais si il arrive quoique ce soit mon frère, je l'égorge.
++++
- T'as en aucun cas le droit d'emmener Isaac !
- Si.
- T'as pas le droit ! T'as pas le droit ! Tu peux pas revenir comme une fleur et m'enlever mon frère.
- Je suis son père !
- Tu l'as abandonné. Tu nous as abandonné. Comment le juge a pu autoriser ça. T'as abandonné toutes tes responsabilités.
- Calme-toi, ma chérie on peut rien faire.
C'en était trop. Mon père ne pouvait pas nous séparer d'Isaac. En fait la vraie raison pour laquelle il était revenu était me prendre mon frère. Je le déteste. Comment ma mère peut rester calme face à cette nouvelle ? Comment ?!
- Où est-ce que tu vas ?
- Ça ne te regarde pas.
Où j'allais ? Je ne sais pas vraiment. Tout ce que je veux c'est sortir de cette maison. Ne plus les entendre crier. Ne plus être confronté à cette oppression constante. J'avais besoin de quelqu'un, de quelqu'un à qui parler. C'est pour ça que je suis allée sonner chez Luke. J'étais en larmes, j'étais énervée. Quand la porte s'ouvrit, je me jetai dans ses bras.
- Il veut nous enlever Isaac. Il a pas le...
J'avais éclaté en sanglot. Il me demanda de me calmer et me fit rentrer. Hood était là. Génial. De toute façon je n'avais nul part où aller.
- Il va l'emmener à l'autre bout du pays.
- Mais pourquoi ?
- A cause de travail de ma mère, elle est je cite : trop peu présente, ce n'est donc pas un bon environnement pour qu'un enfant de 5 ans puisse s' épanouir correctement.
- Tu peux t'en occuper.
- Je suis pas majeure.
- Tu l'es dans deux mois.
- De toute façon la décision est prise.
Hood était à côté, il jouait avec ses manches et ne disait rien. D'en avoir parlé m'avait un peu soulagé.
- Il part quand ?
- Mercredi prochain.
- T'as encore un semaine pour profiter de lui.
Liz m'avait ramené après le dîner. J'avais eu le droit à l'interrogatoire de mon père, j'étais montée directement dans ma chambre en l'ignorant. Après un douche rapide, j'étais allée me mettre au lit. On frappa à ma porte. Si c'est ce qui me sert de père, je l'étouffe avec mon oreiller. Et non c'était Isaac.
- Je peux dormir avec toi ?
- Bien sûr.
Il prit place à mes côtés et se colla contre moi.
- Je veux pas partir Ivy. Je veux rester avec toi et maman.
- On trouvera une solution. On en trouvera une.
- Mais je vais connaître personne à Melbourne.
- T'auras aucun souci pour t'intégrer. Je te fais confiance. Et puis tu vas découvrir une nouvelle ville. On est jamais allé à Melbourne.
J'essayais de le rassurer. Je ne veux pas qu'il parte. Isaac est mon petit frère, il est tout pour moi. Je pourrais sauter sous un train pour lui, tout ce que je veux c'est qu'il soit heureux. Après tout peut être que cette décision n'est pas si mauvaise que ça, peut être qu'il profitera mieux de son enfance avec mon père. Mais ce qui m'inquiète le plus c'est qu'il soit rejeté par les autres, Isaac est un garçon très sociable mais vous savez quand on arrive en cours d'année on est souvent mis à l'écart, j'ai aussi peur qu'on s'en prenne à lui.
On était jeudi. Qui dit jeudi dit ? Malédiction du jeudi. Mais aussi cours de dessin, j'en avais grandem besoin. Le dessin, la peinture arrivaient toujours à me détendre, c'était ma façon de m'échapper, d'oublier mes soucis. Luke et sa clique avaient encore une fois mangé à ma table. Ça fait du mal de l'admettre mais ils sont sympas, je les avais jugé trop vite. Hood ? Toujours insupportable, on faut avec. J'allais d'ailleurs chercher Isaac chez lui. J'avais un peu honte d'être face à lui depuis ce qui est arrivé avant hier. Je me sentais stupide d'avoir pleuré et parlé de mes problèmes de famille devant lui.
- Uh .. Je sais que tu vas encore plus me detester.. Isaac s'est blessé.
- Quoi !?
- Je suis désolé. En plus je faisais super attention. Il s'est mis à courir, il a trébuché, il s'est égratigné les genoux et le menton.
Oh le con ! Il m'a fait peur. Quand il m'a dit qu'il s'était blessé j'ai tout de suite pensé au pire.
- C'est pas grave.
Il était étonné que je lui dise ça. Il croyait vraiment que j'allais lui crier dessus pour des égratignures.
- Tu sais c'est un enfant de 5 ans alors c'est tout à fait normal qu'il se râpe les genoux, les coudes ou encore le menton. Ça serait même inquiétant si ça n'arrivait pas.
- Je peux pas retourner à la maison, Ivy. Ils vont encore crier.
Moi non plus je ne veux pas y retourner, Isaac, moi non plus. Mais on est bien obligé.
- Vous avez qu'à rester un peu.