Honesty. (Larry / L.S)

By espoir_blues

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Liven est forcé d'intégrer un groupe de soutient car il est victime de violences conjugales. Et son tuteur ne... More

Presentation
Chapitre 1 + 2 : Décision.
Chapitre 3 : Honesty.
Chapitre 4 : Réunion.
Chapitre 5 : Scar.
Chapitre 6 : S'impliquer.
Chapitre 7 : Étape 1.
Chapitre 8 : Confiance.
Chapitre 9 : Persévérance.
Chapitre 10 : Compromis.
Chapitre 11 : Entente.
Chapitre 12 : Game over.
Chapitre 13 : Erreurs.
Chapitre 14 : faire face.
Chapitre 15 : confesser.
Chapitre 16 : se concentrer.
Chapitre 17 : Confrontation.
INFORMATION
Chapitre 18 : Autonomie.
Chapitre 19 : Pas à pas.
Chapitre 20 : Panique.
Chapitre 21 : Aller de l'avant.
Chapitre 22 : Amenager.
Chapitre 23 : Improviser.
Chapitre 24 : Organiser.
Chapitre 25 : Laisser aller.
Chapitre 26 : se reposer.
Chapitre 27 : Se changer les idées
Chap 28 : rejouissance.
Chapitre 29 : paris.
Chapitre 30 : habitude.
Chapitre 31 : routine.
Chapitre 32 : Pique-nique.
Coucou
Chapitre 33 : Lise.
Chapitre 34 : progrès.
Chapitre 35 : choc.
Chapitre 36 : Humiliation.
Chapitre 37 : semaine noire.
Chapitre 38 : roi.
Chapitre 39 : challenge.
Chapitre 40 : cinema.
Chapitre 41 : Bon anniversaire.
Chapitre 42 : Fragile.
Chapitre 43 : Difficultés.
ANNONCE :)
Chapitre 44 : Décisions.
Chapitre 45 : you bring me home.
Chapitre 46 : lumos.
Chapitre 47 : Manhattan.
Chapitre 48 : Numéro 2.
Chapitre 49 : Aller aux extrêmes.
Chapitre 50 : Oops.
Chapitre 51 : Jour 1.
Info
Chapitre 52 : Presse.
Chapitre 53 : entente.
Chapitre 54 : Un point partout.
Chapitre 55 : Strike.
Chapitre 56 : mise au point.
Chapitre 57 : Jalousie.
Chapitre 58 : Variety.
Chapitre 60 : Bienvenue à la maison.
Chapitre 61 : Cadeau.
Chapitre 62 : Breaking news
Chapitre 63 : People.
Chapitre 64 : Moi aussi.
Chapitre 65 : frayeur.
Chapitre 66 : Questions.
aux nouvelles

Chapitre 59 : Etoile.

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By espoir_blues


Au final, j'ai fait une petite sieste et j'ai avancé dans ma lecture de manuscrits. Il fallait bien que je trouve quelque chose à faire de la journée. Il est presque vingt-et-une heures... Je suis stressé, même si je n'ai aucune raison de l'être. Il va falloir que je me faufile jusqu'à sa chambre sans me faire voir. Je n'aime pas trop ça, mais je prends mes précautions avant de traverser le couloir. Personne ne m'a vu entrer, j'en suis sûr.

Je lève les yeux vers mon hôte. Wow.. Edward est très élégant dans son costume fleuri. Il me faut un bref moment d'admiration avant de pouvoir retrouver la parole.

- Joli costume.

Un costume qui lui ressemble.

- C'est mon costume des grandes occasions !
- J'étais sûr que tu avais un costume "original" quelque part, dis-je en souriant.

Il m'emmène jusque dans la pièce principale que je découvre avec émerveillement. Il y a des bougies partout, des roses, de jolies lumières, et un dîner... C'est sublime. Je ne le savais pas aussi romantique. J'ai des étoiles plein les yeux.

- Ça te plaît ?

Je pose ma main sur sa joue et l'embrasse en guise de réponse. Il est tellement beau. Tout est beau. Et ça me donne davantage envie d'aller dans la chambre que de dîner... Mais je patienterai.

- Que me vaut ce repas ?
- Je crois qu'on n'a jamais eu de vrai rencard, m'explique-t-il, je voulais corriger ça.
- Et qu'est ce qui se cache sous ces cloches ?

On dirait un repas gastronomique, je suis curieux de savoir ce qu'Edward me réserve. Son attention me touche beaucoup, je suis très heureux qu'il veuille "corriger" la situation. À vrai dire, je n'ai jamais eu de vrai rencard avec personne. Avec Scar, c'est allé très vite, et puis il n'est pas franchement fleur bleue.

- Ouvre.

Je m'assois et soulève la cloche au dessus de mon assiette et une délicieuse odeur de risotto s'en échappe.

- Tu me connais bien, dis-je en souriant.

Je suis ravi. Lui non plus ne mange pas de viande, c'est le rencard rêvé. Pourtant je n'attaque même pas mon assiette, je suis distrait, je l'observe. C'est une de mes activités préférées.

- Quoi ? J'ai quelque chose sur le visage ?
- J'ai le droit de te regarder.

Il réfléchit une seconde avant d'afficher son air de "j'ai une idée de génie".

- On devrait faire un rendez-vous à l'aveugle, un jour !

Je ne peux pas m'empêcher de rire. J'aime bien quand il pense à des choses originales.

- Pas très pratique. On serait aveugle tous les deux ou juste l'un de nous deux ?
- Hm.. Pourquoi pas juste toi ? propose-t-il avec un sourire malicieux.
- Comme par hasard !

Je l'imagine déjà me mener à la baguette, je préfèrerais encore que ce soit lui qui ait les yeux bandés, histoire de pouvoir m'amuser un peu.

C'est fou, on a beau passer des dizaines et des dizaines de repas ensembles, on a toujours quelque chose à se dire. Ed est de bonne compagnie, je sais que je ne m'ennuierai jamais avec lui. Encore une fois, on a passé une soirée formidable. Le repas était délicieux, lui était charmant. On a même bu un peu de champagne, et Edward s'est arrêté à une coupe, il n'en a pas voulu plus. Ses efforts payent, on voit que son rapport à l'alcool a changé, il est plus modéré. Il ne se prive pas complètement, ça ne servirait à rien. Ça lui donnerait encore plus envie. Tout comme j'ai très envie de fumer maintenant qu'on a fini de manger... Mais j'attendrai demain.

- Viens.
- Viens où ?

Il me tire par la main pour qu'on aille sur le balcon. Il y a donc un balcon dans sa suite, c'est génial.

Il fait bon dehors, plus frais. Les saisons défilent trop vite. On est au cinquième étage, alors les passants ne peuvent pas nous voir, pas la nuit. On est tranquilles.

- Qu'est ce que tu vas faire en rentrant ?
- Je te l'ai dit, trouver un job, répond-il en passant son bras autour de mes épaules.
- J'espère que tu ne travailleras pas le soir...
- Pourquoi ? demande-il d'un air coquin. Tu as des projets pour moi ?
- Je veux juste que tu sois là le soir, dis-je d'un air nonchalant.
- Et moi tu sais ce que je veux ?
- Non ?

Que j'arrête d'être aussi exigeant ?

- Qu'on vive ensemble, lâche-t-il simplement.

Oh...

J'ai un sourire jusqu'aux oreilles tellement je suis heureux d'entendre ça.

- Moi aussi ! C'est ce que je veux aussi !

Il me rend mon sourire et se penche pour m'embrasser.

- Alors vivons ensemble.

Je suis aux anges. Pourtant je me mets tout de suite à penser aux contraintes, à ce que ça va nous coûter et au temps que ça va prendre de chercher, qu'il faut que ce soit près de mon travail mais pas loin non plus de son université... Et puis le bail sera à mon nom parce que lui n'a pas vingt-et-un ans...

- Liv ?
- Quoi ?
- Arrête de penser.

Oui, il a raison. Inutile de penser à tout ça, on aura tout le temps d'y réfléchir en rentrant. Je suis surexcité par cette nouvelle. Non seulement je ne serai plus dans les pattes d'Aloïs, mais en plus je verrai Ed au quotidien. C'est la meilleure chose qui puisse m'arriver. Je ne vivrai pas seul, je serai en sécurité avec Edward et je n'aurai pas à m'inquiéter pour lui parce que je le verrai tous les jours. Et je dormirai avec lui chaque nuit. Je suis heureux rien que de l'imaginer. Ce sera chez nous, et chez personne d'autre. Un bonheur stable dont je rêvais.

Cette soirée est parfaite, le cadre est parfait, les étoiles scintillent dans le ciel, c'est magnifique.

- Je pourrai regarder ça toute la nuit.
- Ça tombe bien que tu dises ça, remarque-t-il en sortant un papier de sa poche qu'il me tend avec joie.
- Qu'est ce que c'est ?
- Regarde.

Je déplie rapidement la feuille. Je mets un petit peu de temps à comprendre de quoi il s'agit, c'est écrit "certificat d'authentification" avec des coordonnées géographiques et un tas de charabia, avec une photo. La photo d'une étoile.

- Tu as baptisé une étoile pour moi ?!
- Shhhht ! Ne crie pas. Bon anniversaire.
- Mais c'est demain mon anniversaire !

Il rigole en haussant les épaules.

- J'avais hâte.

Je n'en reviens pas. Je ne savais même pas que c'était possible de nommer une étoile. C'est touchant, c'est un très beau cadeau, j'en ai les larmes aux yeux... Je les serre dans mes bras de toutes mes forces.

- Pourquoi "Eden" ?
- C'est le mélange de nos deux noms, m'explique-t-il. Je trouvais ça amusant. Maintenant on a notre propre bout de paradis dans le ciel.

Oh... Quel incommensurable romantique. Je ne mérite pas de telles attentions.

- Merci...
- Tu sais... Je n'ai pas vraiment réussi à savoir si c'était une arnaque ou non, admet-il en passant la main dans ses cheveux. Si ça se trouve c'est bidon...
- Je m'en fous ! Je ne veux pas savoir. C'est le meilleur cadeau qu'on m'est jamais fait.
- Dans ce je m'engage à te trouver un meilleur cadeau chaque année, répond-il avant de m'embrasser.
- J'espère que tu vas m'acheter la Lune l'année prochaine.

Il éclate de rire en me reconduisant à l'intérieur. C'est vrai qu'il commençait à faire un petit peu frais dehors.

- Tu veux me voir nu ?

Il se retourne subitement en faisant les gros yeux, ce qui me fait éclater de rire à mon tour.

- Je crois que tu as bu un peu trop de champagne, plaisante-t-il.
- Je suis très sérieux, c'est ta chance.
- Oh, dit-il d'un ton charmeur, si j'avais su j'aurais baptisé des étoiles plus tôt...

Il s'approche de moi et m'attrape par les hanches pour m'embrasser. Un frisson me parcourt la colonne vertébrale.

- Va dans la chambre, dit-il en se détachant brièvement de moi. Je débarrasse et j'arrive.

Ravi d'être invité à passer la nuit ici ! De toute façon je me serais imposé. Je l'aime beaucoup dans ce joli costume mais j'aimerais avoir le plaisir de le voir se déshabiller. Regarder Edward ôter ses vêtements est un spectacle dont on ne se lasse pas.

En parlant de vêtements, j'enlève les miens et les pose sur une chaise. Je garde mon pull et mon caleçon. Puis je me glisse sous les couvertures. Cinq minutes plus tard, il me rejoint dans la chambre et éteint les lumières. Je le vois bouger dans l'ombre des bougies, ça crée une ambiance chaleureuse.

J'assiste à mon petit spectacle préféré.

- Ce n'est pas un striptease, plaisante-t-il, pas la peine de m'observer.
- D'ici là ça m'en a tout l'air pourtant, dis-je en souriant.
- Et ça te plaît ? demande-t-il en grimpant sur le lit.
- Oh que oui.

Il s'attache les cheveux en un joli chignon avant de se glisser sous la couverture également, flatté par le compliment. Je me demande pourquoi il porte un pantalon de jogging, pour une fois je n'aurais pas été contre le fait qu'il l'enlève...

- Et moi ? Quand est ce que je vais voir ce qui me plaît ?
- Hm... Il va falloir venir le chercher, dis-je pour le provoquer.

Il me gratifie de son plus grand sourire et soulève la couette pour venir s'asseoir sur mes cuisses. La sensation dans mon estomac est immédiate. D'un côté j'ai des papillons dans le ventre, mais de l'autre une peur bleue de la situation.

- Quoi ? Ca va ?
- Oui, oui.

Je relativise. Avoir Edward à moitié nu au dessus de moi est loin d'être la pire chose au monde. C'est même très agréable. Je dois me concentrer sur le positif. On a passé une soirée merveilleuse, j'ai une totale confiance en lui, il est peut être temps de faire un effort et de mettre mes peurs de côtés.

- Alors ? J'attends tes ordres, m'explique-t-il en rigolant.

Ca se voit qu'il n'a aucune mauvaises intentions, ni même des intentions d'ordre sexuelles. Il n'attend rien de moi, il ne fait que s'amuser. Je pourrais passer le reste de la soirée à le regarder. Comment on peut être aussi beau même sous cet angle ? Ed est une créature qu'on ne rencontre pas deux fois dans une vie.

Je lève les bras pour lui faire comprendre qu'il peut m'enlever mon pull, ce qu'il n'hésite pas une seconde à faire. J'ai un peu froid soudainement, mais ses mains viennent rapidement me réchauffer. Il me caresse le torse avec la délicatesse que je lui connais.

- Comment ça se fait que je t'ai si peu vu ne serait-ce qu'en caleçon ? demande-t-il gentiment.
- C'est un privilège rare, dis-je en souriant.
- Un privilège pour Aloïs, plaisante-t-il amèrement.

Il me fait rire. J'adore qu'il soit jaloux. Je ne suis pas habitué à ce genre de réaction. Personne n'a jamais été jaloux pour moi.

- J'aime bien tes tatouages, ajoute-t-il en dessinant les contours avec ses doigts. Au début je pensais que tu faisais tout pour les cacher.
- Ce n'est pas ça que je cachais.

Il plisse les yeux avant d'attraper mes poignets pour les inspecter.

- R.A.S, monsieur l'agent ?
- Je te surveille, répond-il avec un peu plus de sérieux.

Il joue avec l'élastique de mon caleçon.

- Alors ?
- Toi d'abord.
- Ah bon ? s'étonne-t-il en haussant les sourcils.
- Oui.
- D'accord, dit-il en se levant pour se déshabiller complètement, mais tu ne pourras pas me reprocher de bander.

Il rigole. Il n'a vraiment aucune gêne à parler de sexe, contrairement à moi... Je hausse les épaules. Pour sa défense, je suis au moins aussi excité que lui par tout ça.

Quand il vient se rassoir sur moi, entièrement nu, je ne peux contenir ma réaction. J'eclate de rire.

- Alors ça, c'est super vexant, remarque-t-il un peu grognon.
- Désolé ! dis-je en rigolant. C'est juste que... Wow. Je n'étais pas prêt. C'est un sacré mini-Edward...
- Oh non je t'en prie ! râle-t-il. Ne l'appelle pas comme ça !
- D'accord, d'accord... Mini-grand-Edward.

Il me donne une tape sur la tête. J'ai beau rire, ce n'est pas très très rassurant. Je n'ai jamais... "pratiqué" avec un engin de ce gabarit. On a beau dire ce qu'on veut, moi ça m'effraie un peu.

- Bon allez, à ton tour.
- Ah non ! Je ne peux pas entrer en compétition avec...

Je le pointe du doigt.

- Avec ça.

Il continue de jouer avec l'élastique de mon caleçon.

- Écoute-moi bien, Liven Wellington, il est hors de question que je ressorte de cette chambre sans en avoir vu au moins autant qu'Aloïs.

Il me fait encore rire avec cette obsession. Il ne lâchera pas l'affaire. En même temps, je lui ai promis... Et puis si je veux passer à l'action, il faudra bien franchir le pas. Et le plus tôt sera le mieux, parce que plus on attend, plus ce sera embarrassant pour moi.

- Bon, ok. Vas-y.
- C'est vrai ? se réjouit-il.
- Dépêche avant que je ne change d'avis.

Il est tout content, on dirait qu'il s'apprête à ouvrir un cadeau de Noël. Il se recule pour pouvoir faire glisser mon caleçon le long de mes jambes jusqu'à l'ôter complètement. Puis il prend tout son temps pour m'observer sans aucune gêne. Heureusement qu'on est presque dans le noir, c'est moins gênant.

- Bon ! Tu ne veux pas prendre des photos non plus ?
- Ah si, carrément, répond-il immédiatement.

C'est à mon tour de lui donner une tape sur la tête, ce qui a le mérite d'attirer son attention. Je le tire par le bras pour qu'il revienne à ma hauteur. Il est allongé sur moi maintenant, sa tête au niveau de mes épaules.

- Tu es allongé sur...
- Mini-Liven ?
- Ne l'appelle pas comme ça !
- Tu vois !

Je le savais. Je savais qu'Edward me ferait rire en toutes circonstances, même quand je suis gêné ou apeuré. C'est avec ce genre de personne que je veux être. C'est avec lui que je veux être.

- Mini-Liven est en action ? me demande-t-il d'un air coquin.
- Ne dis pas ça !

Il rigole. Qu'est ce qu'il est beau quand il sourit... Tout le temps. Est ce qu'un jour je vais arrêter de m'émerveiller comme un ado ? Ça devient grave. Je n'ose même pas imaginer combien d'années je vais fantasmer sur ce magnifique corps nu.

- T'as des capotes ?
- Pardon ?
- Je parle de capotes.
- Oui, j'ai compris, dit-il sans vraiment comprendre. Mais...
- Oui ou non ?
- Oui, je pense, dans mon portefeuille j...
- Va en chercher.

Ma décision est prise, il n'est plus temps de reculer. Ed part faire ce que je lui ai demandé, et revient vite prendre sa place. Il l'enfile rapidement. Je sens une montée de stress.

- Liv...
- Ne me dissuade pas.
- Je ne veux pas te dissuader, dit-il en se penchant au dessus de moi, juste au dessus de mon visage. Je veux t'assurer que tu peux dire "stop" à n'importe quel moment.
- Je sais.

J'ai droit à son plus beau sourire. Je ne peux pas m'empêcher de passer la main sur sa joue, encore.

- Je suis heureux.
- Tu n'imagines pas à quel point ça me fait plaisir, répond-il avant de m'embrasser.

Ça y est, c'est parti. Le festival des sensations. Le poids de son corps, sa chaleur, son parfum. Je ne suis plus distrait par ses plaisanteries maintenant, je ne pense plus qu'à ça. Le burlesque de la situation s'est envolé, il n'y a plus que nous deux maintenant. Dans cette chambre silencieuse.

Quel bonheur de laisser glisser mes mains sur son corps, épouser les courbes de ses muscles pendant qu'il couvre ma peau de baisers. Sentir son souffle dans mon cou me donne des frissons... Je n'ai jamais été aussi excité de toute ma vie.

Pourtant... Au contact de son mini-grand-Edward, une montée de panique m'envahit. J'ai les mains moites, le coeur battant et les larmes aux yeux. C'est trop tard, je ne peux plus reculer maintenant... C'est moi qui ai déclenché tout ça, pas lui. C'est moi qui l'ai voulu, c'est ma responsabilité.

Le temps s'est arrêté, la situation a changé en une fraction de seconde. Je suis mort de peur, j'ai la gorge nouée, au point que c'en est douloureux. Chaque seconde devient un supplice... Le poids de son corps est devenu oppressant, je me sens vulnérable et sa merci... Ce poids me rappelle... Scar. Je serre les dents, tétanisé.

Ça va se reproduire.

Quand il s'agit de sexe, il n'y a qu'un pas entre plaisir et torture. Là, à cet instant, je sais que je vais revivre le moment le plus terrifiant et le plus douloureux de ma vie... Je me sentais bien il y a moins d'une minute, mais je connais tout le mal que le sexe peut provoquer. J'ai expérimenté cette douleur... J'ai été privé de tout désir et de toute liberté, je n'avais plus aucun contrôle sur mon propre corps... Plus aucun pouvoir de décision...

Pitié... 

- Tu es prêt ?

Son sourire s'efface lorsqu'il croise enfin mon regard. Je saute sur la dernière opportunité que j'ai de fuir et je le pousse sur le côté pour courir m'enfermer dans la salle de bain.

Je fonds en larmes en me laissant tomber contre le mur, nu et dans le noir complet.

Je me sens coupable, j'ai honte, et je n'arrive plus à trouver ma respiration. Mais je me sens soulagé et à l'abri...

- Liv ! dit-il en frappant à la porte. Ouvre-moi ! S'il te plaît !

Comme d'habitude, j'ai tout ruiné. Au moment fatidique, je me suis défilé. Il attendait ça depuis si longtemps... Et moi aussi... Mais je ne peux pas. C'est au dessus de mes forces. J'ai l'impression de pouvoir encore sentir la douleur que m'a infligé Scar ce soir là. La honte de ne même plus pouvoir marcher, la boule au ventre qui m'est restée pendant des semaines, les nuits interminables à essayer de me retenir de pleurer car même ça, ça faisait un mal de chien... Ce traumatisme est ancré en moi. Je n'arriverai sûrement jamais à le surmonter.

Depuis le début de ce voyage j'ai essayé de me convaincre, de créer une association d'idée positive, pour effacer mes craintes. Je pensais qu'une fois que je serai lancé, et qu'il n'y aurait plus d'échappatoire, je serai bien obligé de me forcer, quitte à souffrir un peu en silence. Mais j'ai échoué...

- Liv ! S'il te plaît.

Je suis désolé... Je suis tellement désolé...

J'ai besoin d'air. J'ai besoin d'air.

Il frappe encore à la porte... J'ai la tête en feu et la vue trouble.

- Je me suis rhabillé, dit-il d'une voix plus douce. Ouvre... C'est pas grave.
- Laisse-moi !

Je ne peux pas m'arrêter de pleurer. Et je m'en veux encore plus de lui crier dessus... Mais je veux qu'il parte. Je veux qu'il aille se coucher, je ne sortirai pas de là avant qu'il ne dorme. Je ne veux pas lui parler, je ne peux pas. Pas après ça. Pas maintenant. Je ne peux pas. Je ne peux pas.

Je m'en veux tellement... Je suis minable. Faire une crise de panique maintenant est la pire chose qui pouvait arriver...

- Ne pleure pas... Je suis désolé, dit-il à travers la porte. Tu ne veux pas m'ouvrir ?
- Laisse-moi, dis-je entre deux sanglots.
- D'accord, d'accord... Mais j'attends que tu vienne te coucher, je ne veux pas que tu restes tout seul.

Pleurer m'épuise, j'ai mal à la tête... Et froid. Le carrelage est gelé. Je finis par me calmer, au bout d'un certain temps, tout simplement parce que je n'ai plus de forces. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là dedans. J'ai l'impression que ça fait une éternité. Je me sens vidé de mon énergie...

Quand j'estime que ça fait suffisamment longtemps, je m'efforce de me lever et sortir sans bruit. Heureusement, il s'est endormi en m'attendant... Je me rhabille silencieusement.

Retourner dans ma chambre me semble être une bonne idée, mais je suis exténué... Et je n'ai vraiment pas envie d'être seul. Surtout pas maintenant. J'ai peur... Je ne m'imagine pas traverser le couloir tout seul en pleine nuit. J'ai peur de la solitude. Alors je me glisse dans le lit avec mille précautions pour ne pas le réveiller. Pourvu qu'il ne se réveille pas...

Quand il se met à bouger et qu'il me serre contre lui, mon coeur fait un bond. Mon corps devient rigide et je serre les dents... Mais je réalise vite en voyant ses yeux clos qu'il n'est qu'à moitié conscient. Comme quand on se réveille dans la nuit et qu'on ne s'en rappelle pas le lendemain. Il a dû me sentir bouger dans le lit et il a agit par réflexe. J'ai eu peur qu'il se réveille, parce que je ne veux pas lui parler, mais je suis content d'être dans ses bras. Tout habillé. C'est un soulagement... Je me sens tellement mal...

Quelques larmes silencieuses tombent sur l'oreiller. Je me sens désespéré. Et coincé. Si Ed décidait de mettre un terme à notre relation, ça me briserait le coeur. Mais à cause de moi on ne peut pas non plus avancer et je n'ai pas le droit de lui imposer une relation non-physique. Je ne peux pas le priver de sexe éternellement... Rien ne va comme je voudrais, rien ne fonctionne jamais. Quel est notre avenir ? On n'a pas d'avenir... Il mérite mieux que ce que je peux lui offrir.

Stop. Je ne peux pas réfléchir à ça maintenant... Je suis tellement épuisé...

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