- SHERLOCK, s'écria John immobile devant le réfrigérateur ouvert. Je peux savoir pourquoi il y a une main à la place des légumes dans le frigo.
Sherlock apparu tranquillement sur le seuil de la porte, seulement vêtu d'un drap immaculé, et, le plus naturellement du monde, il lui déclara :
- Ah tu l'as remarqué ! Figure toi que c'est pour mes recherches, les livres de sciences sont bien trop imprécis pour moi, il me faut plus de détails sur ...
- D'accord très bien mais quand tu fais ça, prévient moi ! Ça m'évitera les mauvaises surprises, coupa le blond qui ne voulait pas en savoir plus et dont le coeur avait commencé à palpiter en voyant son colocataire dans un tel accoutrement.
Sherlock ne sembla pas remarquer son trouble, ou du moins, il n'en laissa rien paraître. Évidemment, c'était un Holmes, aucun détail ne lui échappait ! Il passa devant John en le frôlant et regarda où en était l'état de sa main cobaye.
L'ex médecin militaire se racla la gorge pour combler un peu le silence soudain qui s'était formé entre eux. Le détective ne semblait pas soucieux de sortir le blond de son embarras. Pourtant l'instant qui suivit, se fut sans doute lui le plus gêné des deux.
Pas une mouche ne vint troubler le silence, pas un seul pas venant du voisinage, absolument aucun bruit. Sauf un ! Le plus malvenus sans doute, le moins désiré, et encore moins dans ces conditions.
Seul le gémissement, bref et sensuel d'une femme vint briser le calme qui s'était installé. Presque comme un râle, un soupir de satisfaction durant les plaisirs que sont ceux de deux êtres qui s'aiment.
John ne reconnut jamais aussi rapidement un son que ce soir là. C'était l'alarme qui indiquait qu'une femme lui envoyait un message. Mais pas n'importe laquelle, c'était La Femme. Irène Adler. The Dominatrix. Le blogueur se sentit soudain inexplicablement prit par un excès de jalousie. Bon sang elle n'était donc pas morte ! Sherlock ne réagit presque pas, mais John s'aperçu tout de même que son regard marqua un temps d'arrêt. Pourtant en l'espace de moins d'une seconde, il se reprit et feignit l'indifférence comme il savait parfaitement le faire.
- Tu m'expliques, interrogea John, les poings légèrement serrés.
L'intéressé leva la tête de son observation, regarda son colocataire de la tête au pied, puis replongea dans son expérience avec un sourire en coin. Sourire que John ne vit heureusement pas.
- C'est un texto, répondit-il simplement.
John changea son pied d'appui, et regarda dans le fond de la pièce, comme pour garder son calme.
- Cette sonnerie, c'est celle d'Irène Adler, ne fait pas l'innocent. Tu nous a menti Sherlock, elle n'est pas morte, et en plus, tu es en contact avec elle. Tu comptais me le dire un jour peut-être ?
- Que tu le saches ou non, qu'est ce que ça aurait changé ?
Mon Dieu, il était insupportable ! Il avait toujours réponse à tout, un vrai enfant songea le docteur.
- Mais ça change tout, s'exclama le blond dans un élan d'agacement.
Il regretta bien vite ces paroles quand Sherlock releva la tête en le regardant un peu troublé par le fait que la seule mention de Irène Adler mette son compagnon dans un tel état. Certe il le lui avait caché sa survie, mais ils ne s'étaient jamais revu depuis. Les sentiments, Sherlock avait bien du mal à en percer la signification.
- Je ne lui répond jamais, dit-il avec son habituel détachement.
Cette nouvelle sembla apaiser John, qui relâcha un peu ses muscles tendus à bloc.
- Tu l'as déjà revue ?
- Pas depuis que je lui ai sauvé la vie.
À nouveau il détailla John de son œil critique.
- Elle avait raison.
- Je te demande pardon, demanda John, pas très certain d'avoir comprit.
- La Femme, elle avait raison à ton sujet.
John ne comprit pas plus et interrogea son colocataire du regard ce qui lui arracha un soupir.
- Le jour où elle t'a fait venir la rencontrer alors qu'on la pensait tous morte, elle t'a parlé des messages qu'elle m'envoyait, puis à un moment la discussion est devenue d'une véracité qui m'avait échappé jusque là ! Que disait-elle déjà ... ah oui ! Tu lui a fait remarqué que je survivrai à Dieu en personne pour avoir le dernier mot pourtant ces messages restaient sans réponse. À cela elle s'est exclamée "Vous voulez dire que pour lui je suis ... spéciale", tu as répondu à voix basse "Je ne sais pas. Peut-être". Elle a habillement continué la discussion en te demandant si tu étais animé par de la jalousie à son égard. Ce à quoi tu as ad nutum répondu "Nous ne sommes pas un couple" La Femme t'as maintenu le contraire et pour toute réponse tu as rétorqué qu'il était difficile de savoir ce qu'il en était pour moi, mais que toi, tu n'étais pas gay.
John avait écouté sans dire un mot, il ne pensait pas que Sherlock était arrivé si tôt pendant sa discussion avec Irène Adler. Et il était un peu déconcerté à l'idée qu'il ait entendu l'ensemble de son échange avec elle. Il avait dit ça sur le coup, car la Femme, comme à son habitude, l'avait pris au dépourvu en le faisant lui même prendre conscience de ses sentiments. Elle avait été si sure d'elle à ce moment, et lui si peu, et pourtant c'était encore et toujours elle qui avait eu raison. John avait mis du temps à accepter cette inévitable vérité. Mais jamais il n'avait, ne serait-ce que songer, à séduire Sherlock. Il le disait lui même, il était marié à son travail, et même si le blond persistait à croire le contraire, beaucoup se demandait si le plus grand détective de ce monde avait un coeur qui battait quelque part dans ce corps gracile.
- Je ne pensais pas que tu t'en rendrais compte toi même, et je n'avais pas totalement tord, mais je ne te demande rien, j'ai conscience que cela peut te rendre mal à l'aise maintenant que nous en avons parlé, et je me ferais discret je ...
- Et si tu commençais par demander mon avis, coupa le brun.
Il se planta bien en face de John, toujours recouvert de son drap blanc immaculé qui soulignait chaques courbes de son corps.
- Je ... je ne comprend pas, begaya John effrayé par ce qu'allait bien pouvoir dire son ami.
- Tu ne m'as jamais demandé ce qu'il en était de moi. Tu l'as dit : "Difficile de savoir ce qu'il en est pour Sherlock", as tu seulement essayé de le découvrir, dit-il de sa voix profonde et suave.
John senti son coeur palpiter à ses mots et, n'osant pas répondre, trop troublé par les paroles de son tendre ami, se contenta de plonger son regard dans celui bleu acier de ce dernier.
Sherlock abandonna son expérience pour s'approcher de son médecin. Il se retrouvèrent si près, plus près qu'il ne l'avait encore jamais été, que son coeur rata un battement, ou peut-être deux, mais peut importe, John s'en moquait, il n'avait d'yeux que pour l'homme qui se tenait devant lui. Ce même homme qu'on disait incapable d'aimer. Pourtant celui-ci semblait bien disposé à lui prouver le contraire.
John senti le souffle chaud de Sherlock lui carresser le visage, ses yeux, aussi clairs que de la glace, le transperçait de tout son être et son cœur s'emballait de plus belle, battant la chamade comme jamais encore il ne l'avait fait.
Finalement le blond n'y tint plus. Dans un élan d'adrénaline, il s'empara des lèvres de l'homme dont il comptait bien faire son amant. Ce dernier lui rendit son baiser tout en fermant les yeux pour mieux savourer l'instant. John glissa sa main dans la nuque brûlante de son brun et le fit basculé sur le canapé. Il se retrouve à califourchon sur le détective qui, même dans un pareil moment, n'appréciait guère d'être en position d'infériorité. Il s'empressa d'inverser les rôles et se retrouva à son tour à califourchon sur son médecin. Il plongea son visage dans au creux de son cou et John se mordit la lèvre inférieure de satisfaction. Leurs corps enflammés réchauffèrent en un instant le cuir froid et moelleux du canapé, et comme un brasier déclenché par quelques braises, les deux célèbres compagnons s'abandonnèrent à des plaisirs passionnés.
***
Hey premier OS de ce recueil, on commence basique avec une Johnlock, mais je ferais aussi des Mystrade, Mormor, Sheriarty, Adlock, ...
_Awakening_