Les larmes des Saphirs

By AnonymousReadWritter

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Après un accident de voiture, Amelia va être contrainte d'aller habiter chez son cousin, Ryan, dans une ville... More

Mise en bouche.
Prologue.
01. une rencontre pas comme les autres.
02. Une fête pas comme les autres.
03. le début d'un cauchemar.
04. Le début d'une nouvelle vie.
05. S'adapter.
06. Un sale caractère.
07. Un pas en avant, deux pas en arrière
09. Un tournant surprenant.
10. L'après-coup.
11. Un demi-anniversaire.
12. Le passé.
13. La rencontre.
14. Retour en arrière.
15. Fight, flight or freeze ?
16. L'accident.
17. Melanie Sawyer.
18. La sorcière de l'ouest.
19. Une remise en question.
20. L'explication.
21. Mise au point.
22. Il faut une première à tout.
23. Souvenir.
24. Stella.
25. Retour sur le passé.
26. Stella et Melanie.
27. Un moment pour craquer.
28. Paranoïa.
29. Rencontre non désirée.
30. Se retrouver.
31. La légende.
32. Menaces cachées.
33. Derrière le brouillard.
34. La vision.
35. Madeline.
36. Retour à la réalité.
37. Les quatre pierres.
38. Mise au point.
39. Melanie.
40. Gaby.
41. S'échapper au plus vite.
42. Le calme avant la tempête.
43. Le mot.
44. Le mot II.
45. Un deuxième masque tombe.
46. Monsieur Capuche.
47. Un aperçu du passé.
48. Se tourner vers l'avenir.
49. Tourner la page.

08. Une discussion s'impose.

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By AnonymousReadWritter

Le Lieu des Saveurs était un petit bar à café situé à quelques centaines de mètres du lycée. Sur la devanture était dessiné en gros le nom du café, puis, juste en-dessous, une version abrégée accolée à un hashtag « #LLdS ». Les propriétaires nous incitaient à poster sur les réseaux sociaux en utilisant ce code #LLdS afin de promouvoir leur établissement. J'aimais beaucoup venir ici, car c'était convivial, jovial et que nous étions toujours bien servis. Les tables étaient en bois, et les propriétaires avaient collé des morceaux de mappes-monde sur chacune d'elles : près de la porte, une carte de l'Afrique, indiquant où se trouvent les meilleurs crus de cafés ; contre la fenêtre se succédaient l'Europe et une partie de l'Asie. On pouvait ainsi savoir d'où provenait chaque arabica proposé dans l'établissement. Les chaises étaient elles aussi en bois foncé.

À l'intérieur, le comptoir également en bois verni avait une teinte un peu plus claire que les tables et les chaises. On pouvait voir la vieille machine à café, chromée comme celles que l'on trouvait dans les diners dans les années 70. Elle était énorme, mais magnifique je dois dire. Dès qu'on pénétrait dans l'établissement, une légère odeur de café nous arrivait : c'était doux et fort à la fois, mais pas une odeur trop prenante qui donne le tournis. Bien sûr, au fil du temps, Le Lieu des Saveurs avait étendu son offre et proposait désormais du thé, des sodas en bouteilles mais aussi de quoi grignoter : cookies, brownies, sandwichs ou viennoiseries.

J'étais assise à une table près du comptoir, scrutant le continent Africain que je ne connaissais que très mal. Apparemment, les meilleurs cafés viennent d'Ethiopie. Pour l'avoir goûté, je peux dire qu'effectivement, celui que j'avais en face de moi l'un de mes préférés. Je l'accompagnais d'un verre d'eau afin de ne pas tâcher mes dents. J'attendais patiemment qu'Anthony fasse son apparition afin que nous puissions discuter. Cela faisait trois jours que je refusais de lui adresser la parole, mais j'avais accepté de le retrouver ici après les cours afin de discuter de "l'incident" comme il aimait appeler ça.

- Je ne pensais pas te trouver ici. Ce n'était pas la voix de mon petit ami.

- S'il te plaît Evan, laisse-moi. *Pas maintenant. Fiche-moi la paix, ou tu vas encore tout gâcher.* Je ne savais pas si le jeune homme allait me laisser tranquille ou s'il allait attiser un peu plus la colère d'Anthony. J'attends quelqu'un.

- Et ce quelqu'un serait-il un gros connard impulsif et incapable de faire confiance ? Pour toute réponse, je lui adressai un regard noir et un soupir. En même temps, le connaissant, je comprends pourquoi il est aussi jaloux : aucune fille saine d'esprit ne voudra de lui. Il sait que s'il gâche cette relation avec toi, il est foutu.

- Et maintenant tu insinues que je suis folle de rester avec lui... et bien merci ! Et bonne soirée. Sa pique m'avait atteinte. Même si une part de moi savait que je ne devrais pas être aussi gentille avec Anthony, le fait qu'on me le jette en pleine figure me faisait mal.

- Non, non ! Ce n'est pas ça que je voulais dire, ce n'est pas toi qui... Alors qu'Evan essayait de s'excuser, je lui fis un petit signe pour lui faire comprendre que mon petit ami était sur le point d'arriver. Ok, je dégage, mais on n'en restera pas là, toi et moi.

C'était sympa de la part d'Evan de ne pas se faire prier, de ne pas chercher à provoquer Anthony. Je pense qu'il avait eu un peu peur la dernière fois et que ça l'avait calmé dans ses envie de faire chier au monde. Il me fit un petit signe de la main et alla s'asseoir à une table de l'autre côté de l'établissement. Mon petit ami poussa la porte et me trouva du regard sans avoir à chercher. Il vint s'asseoir sans passer par le comptoir pour passer commande.

- Comme je suis content de te voir ! J'avais peur que tu ne viennes pas. Si tu savais comme je m'en veux... j'ai passé les trois derniers jours à réfléchir, à chercher comment t'expliquer les choses et... il parlait vite, ce qui me donnait à penser qu'il était nerveux.

- Arrête ! Ma voix le calma instantanément. Respire. Je t'ai dit qu'on allait discuter, et c'est ce qu'on va faire, mais calme-toi. Je le vis inspirer profondément puis expirer lentement.

- Mais tu as aussi dit que si les choses ne changeaient pas... il ne termina pas sa phrase, la laissant en suspens pour m'inviter à embrayer sur cette idée. Il ne perdait pas de temps.

- Oui Anthony. Je n'en peux plus de tes crises de jalousie. Je parlais bas, essayant de rester calme. Est-ce que je t'ai déjà donné une raison de ne pas me faire confiance ?

- Non, jamais. Il répondit après une seconde de silence.

- Alors je ne comprends pas pourquoi tu es... tu... tes crises... c'est... je ne comprends pas pourquoi tu agis comme un con. Mes mains s'enroulèrent autour de ma tasse de café. Je baissai mes yeux et vit la main d'Anthony apparaître dans mon champ de vision. Il la posa sur la mienne. Tu roulais à 150 sur une route à 50km/h !! Alors que je cauchemarde encore sur mon accident !!

- Je sais que j'ai un problème. Il ne releva même pas ma phrase sur les cauchemars. Je le sais bien, j'en suis conscient. Et je suis vraiment désolé de t'infliger ça. Ce n'est pas un manque de confiance, en entendant ces mots, je levai brusquement la tête en le fixant d'un regard noir, bon, peut-être que j'ai quelques difficultés à te faire confiance.

- Quelques difficultés ? Tu plaisantes en disant ça j'espère ! Je ne voulais pas hausser le ton, mais cela devenait difficile face à sa mauvaise foi.

- Non... OUI !!! Raaah ! Amelia, chérie... je suis vraiment désolé. Il serrait ma main si fort dans la sienne que j'avais presque mal. Je ne veux pas te perdre. Je... je sais que tu ne me tromperais jamais, tu es trop droite pour ça, mais quand je vois les mecs qui te tournent autour, et surtout Evan Walker, je... il entrelaça ses doigts aux miens et je le laissai faire, je ne sais pas... j'ai... j'ai peur.

- Tu as peur ? Je fronçai les sourcils. Je ne m'y attendais pas. Peur de quoi ?

- Que tu finisses par te rendre compte que n'importe lequel de ces mecs est mieux que moi. Sa déclaration me fit l'effet d'une bombe. Il avait l'air profondément blessé en me disant cela ce qui lui fit baisser les yeux. Je sais que j'ai tendance à m'emporter facilement et que j'ai un caractère plutôt difficile, mais... il s'arrêta pendant quelques secondes, et reprit en relevant son regard vers moi, je t'aime Amelia. Et je ne veux pas te perdre, que se soit à cause de mon caractère, ou parce qu'un autre viendra te conquérir.

- Je ne suis pas une girouette Anthony. Je ne vais pas te quitter pour les beaux yeux du premier venu. J'indiquai de la tête une direction que mon petit ami suivit de ses yeux. Surtout pas pour ceux d'Evan Walker.

- Je sais... je t'assure que je le sais bien. Mais quand je vois ce mec t'adresser la parole, je ne sais pas comment l'expliquer... j'ai cette furieuse envie de lui coller mon poing dans la figure.

- Moi aussi, si ça peut te rassurer.

- Evan Walker représente tout ce que je n'aime pas chez un homme. Il pourrait avoir n'importe quelle autre nana, pourquoi est-ce qu'il essaye de te voler à moi ?

- On s'en fiche de lui... ce n'est qu'un abruti... on n'est pas là pour parler de lui. Je pris une gorgée de café avant de continuer. Écoute Anthony, comme je te l'ai dit, ça ne peut plus durer. Quand j'habitais à Lightwoods, c'était encore supportable. Mais maintenant, on va dans le même lycée, on habite dans la même ville... tu me piques au moins une crise par jour, et je n'en peux plus et...  

Une voiture au-dehors effectua un freinage d'urgence, faisant crisser les pneus sur le bitume. Je sursautai en entendant ce bruit, et pendant quelques secondes, je ne savais même plus où j'étais. Une douleur s'étendit de ma nuque jusqu'à l'arrière de mes yeux, envahissant progressivement toute ma tête. Je n'étais plus dans ce joli café. J'étais dans une forêt sombre. Pendant quelques secondes, je revis le sang de mon père sur mes mains. J'étais figée sur place, incapable de bouger. C'est la voix de mon petit ami qui me ramena sur terre. Lorsque le brouillard de ma tête s'éclaircit, je vis Evan, debout à côté de sa table (est-ce qu'il était vraiment sur le point de bondir jusqu'à moi où est-ce que je rêvais ?), puis je reportai mon regard sur Anthony qui me tenait fermement la main. 

- Amelia... tu m'entends ? Pour lui répondre, je hochai la tête. Est-ce que ça va ? À nouveau, je hochai la tête pour lui répondre. Chérie, tu en es sûre ? Pendant un instant, tu étais complètement ailleurs... j'ai cru que...

- Oui, oui, ça va. Ça... je pris mon verre d'eau et le terminai d'un trait. Ça va.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Anthony semblait inquiet. Il ne cessait de me fixer et de passer sa main sur mon visage. Face à mon silence, il insista un peu plus, l'air toujours plus inquiet. Je soupirai avant de prendre la parole.

- C'est rien. La voiture qui a freiné dehors... ça m'a rappelé...

- L'accident. Il s'adossa à son siège, sans lâcher ma main. Bon sang Amelia ! Est-ce que tu en as parlé à quelqu'un ? La conseillère par exemple ? Le fait que je ne lui en n'ai pas parlé à lui ne l'effleurait même pas.

- Ce n'est pas ce qui importe maintenant. J'essayais d'éviter cette discussion car non, je n'en avais parlé à personne.

- Chérie, je suis sérieux.

- Moi aussi je suis sérieuse. Tu veux m'aider ? Il hocha la tête pour me montrer que oui, il désirait m'aider. Alors trouve une solution pour ne plus agir comme un con. Je bus une dernière gorgée de café et fis signe au serveur de me remplir mon verre d'eau à nouveau. Ça sera déjà un soulagement de ne plus avoir à m'inquiéter de tes réactions.

- Je vais tout faire pour ça. Merci ma chérie. Il approcha sa chaise de la mienne pour être juste à mes côtés. Merci de ne pas me quitter. Il me prit dans ses bras et je posai ma tête sur son épaule en fermant les yeux pour ne pas voir Evan, dans le fond de la pièce, qui nous regardait attentivement. Je te promets de ne plus jamais te faire de mal... de ne plus jamais conduire comme je l'ai fait... de ne plus faire de crises de jalousie. Il murmurait à mon oreille, et je lui répondis de la même façon.

- C'est ta dernière chance Anthony. Ne la gâche pas s'il te plaît.

Pendant quelques minutes, Evan resta dans son coin à nous observer. Puis Anthony me proposa de me ramener à la maison, chez les Sawyer. Il poussa un peu plus en me disant qu'il voulait que nous passions une partie de la soirée ensemble, afin de nous retrouver. J'acceptai en lui expliquant que je devais d'abord prévenir Gabrielle, parce que j'étais censée la retrouver. Elle voulait que nous discutions, mais je ressentais le besoin de me retrouver un peu seule avec Anthony. Il avait l'air d'avoir compris, d'être sérieux dans ses promesses.

Je pris alors le téléphone et composai le numéro de ma meilleure amie. Je m'attendais à ce qu'elle ne soit pas très heureuse que je la laisse tomber pour mon petit ami, mais elle fut étonnamment compréhensive et me proposa de l'appeler dès qu'Anthony serait parti. À la seconde. Je le lui promis et elle raccrocha, me souhaitant de bonnes retrouvailles, ce qui, dans la bouche de Gabrielle, sonnait de façon coquine.

Une fois arrivés chez les Sawyer, je demandai à ma tante Claire si elle était d'accord que je reçoive Anthony dans ma chambre. Je prétextai un travail à faire sur un devoir et elle accepta sans hésiter. Au fond, je pense qu'elle n'était pas dupe, elle savait que nous n'étions pas là pour travailler, mais elle commençait à me connaître, et elle savait que je n'étais pas du genre à faire n'importe quoi. Une fois devant la porte de ma chambre, je réalisai que c'était la première fois qu'Anthony venait ici... dans cette pièce. Soudainement, je me sentais un peu intimidée.

- Tu... tu peux entrer.

Il passa le pas de la porte et regarda autour de lui. Il n'avait jamais mis les pieds dans mon ancienne chambre, et c'était également une première fois pour celle-ci. Il passa la main sur la petite coiffeuse devant laquelle je cachais la cicatrice qui barrait encore mon front, puis se dirigea vers le bureau. J'avais accroché un tableau en liège à côté de celui-ci, et j'y avais épinglé quelques photos. L'une de ces photos nous montrait Anthony et moi, assis sur un muret en train de sourire. Nous avions pris ce selfie quelques semaines avant mon accident.

- Tu as l'air heureuse sur celle-ci.

- C'était une belle époque il faut dire. Avant tous les drames. Je sentais une pointe de tristesse qui remontait à la surface. Anthony se rapprocha de moi et me prit dans ses bras. 

- Je vais faire des efforts ma chérie. Tu verras. Et un jour, tu seras aussi heureuse que sur cette photo, je te le promets. La fin de l'été approchait, et j'espérais sincèrement que ses crises de jalousie aussi approchaient de la fin. 

* * * * * 

- Tu vois, quand tu l'as connu, je n'aurais jamais pensé que ça pourrait fonctionner entre Anthony et toi. Gaby avait une qualité, c'était d'être très honnête. Parfois même un peu trop. Franchement, il était vraiment con à l'époque. Mais je dois dire qu'il a quand même un peu changé depuis cette histoire. Tu l'as rendu meilleur ma belle ! Elle agita sa main en l'air pour faire signe à la serveuse de venir. Nous venions de nous asseoir à une table dans notre petit café Le Lieu des SaveursEt encore plus depuis votre fameuse discussion après son délire Fast and Furious, il y a deux mois. Mais bref. Ce que je veux savoir, c'est comment était votre soirée ? Elle haussa les sourcils de façon suggestive ce qui me fit éclater de rire. 

- La soirée était très bien. La serveuse arriva, et je commandai un café au lait froid. Gaby demanda un double expresso. Une fois la serveuse partie, je continuai sur le thème abordé par ma meilleure amie : Anthony. Depuis notre discussion il y a deux mois, et bien oui, il a vraiment fait des efforts. 

- Bon, il serre toujours des dents quand un mec s'approche de toi, mais au moins, il se contente d'envoyer des regards noirs pendant deux minutes au lieu de te piquer des crises à tout bout de champ. Elle prit l'élastique qui serrait son poignet et s'attacha les cheveux en moins de cinq secondes. Mais Amelia, aller... raconte-moi ta soirée ! Fais-moi rêver ! Tu sais que je vis ce genre de choses par procuration ! Tandis que la serveuse arrivait avec nos boissons, Gabrielle joignit ses mains, comme pour me montrer qu'elle me suppliait de lui raconter ce qu'il s'était passé.  

- Il m'a emmenée dîner dans un petit restaurant. 

- Ouais... et après le resto ? Elle se penchait presque sur la table. 

- Tu veux que je saute toutes les parties romantiques ? Je dis ça sur un air innocent. J'imaginais déjà sa réaction, et je ne me suis pas trompée : elle ouvrit de grands yeux et afficha un large sourire. 

- Tu veux dire qu'Anthony sait être romantique ? Elle applaudit pendant quelques secondes et ouvrit de grands yeux pétillants. Vas-y... dis-moi tout ! Même si ça fait mal à la pauvre célibataire que je suis ! Elle but une gorgée de son café, et je commençai à lui donner quelques petits détails en souriant. 

- Il m'a ouvert les portes.

- Oooh ! 

- Il a reculé ma chaise pour que je puisse m'asseoir. 

- C'est pas vrai !!! Je fonds ! 

- Il a payé l'addition sans hésiter. 

- Aaaah ! Je veux un Anthony moi aussi ! 

- Il m'a dit que j'étais resplendissante. 

- En même temps, c'est moi qui t'ai aidée à te préparer. Normal que tu sois parfaite et resplendissante ! 

- Il m'a raccompagnée chez moi. Je m'arrêtai de parler, avec un petit sourire sur les lèvres. 

- Et... ? Elle trépignait d'impatience. Pour faire durer un peu le plaisir de la voir ainsi, je ne dis rien. Amelia ? À nouveau, plus elle trépignait, plus j'attendais. Oh, s'il te plaît !!!!! Ne me laisse pas dans l'ignorance ! Cette fois-ci, la douce torture avait assez duré pour Gaby. J'ouvris la bouche pour lui raconter la suite. 

- Nous avons donc marché jusqu'à chez moi. Je l'ai fait rentrer en douce pour que tante Claire ne l'entende pas. Au fur et à mesure que je continuais, je voyais Gaby s'étaler un peu plus sur la table pour ne pas en perdre une miette. Son célibat commençait vraiment à lui peser, il fallait absolument lui trouver un copain. Nous sommes montés dans ma chambre et puis... nous avons allumé la télévision. 

- Roh ! S'il te plaît Sainte Amelia ! Dis-moi qu'il a été doux et passionné à la fois !! Fais-moi rêver ! 

- Tout ce que je peux te dire, c'est que depuis qu'on a eu cette discussion à propos de ses crises et de son mauvais caractère, les choses vont nettement mieux entre lui et moi. Je bus une gorgée de mon café et continuai à expliquer à ma meilleure amie l'évolution de ma relation avec Anthony. Il est plus attentif, plus gentil, plus doux... et oui, plus passionné aussi parfois. Je ne pus m'empêcher de rougir un peu en disant ça. Mais on n'a pas encore été jusqu'à la partie qui t'intéresse le plus. On se contente de... se peloter un peu, de s'embrasser... il n'a pas encore réussi à m'enlever de sous-vêtement même s'il lui arrive de tenter malgré tout. Mais dès que je dis que je ne veux pas aller plus loin, il l'accepte sans ronchonner. Je rougis encore un peu plus. 

- T'es sérieuse ? Et Anthony ne dit rien? Il a vraiment changé !!

- Je ne suis pas si innocente non plus. On trouve un terrain d'entente entre mes limites et ses besoins. 

- Ça y est ! Je suis officiellement jalouse ! Elle dit cela en riant. Puis, elle reprit un peu plus sérieusement. Tu sais Amelia, je suis contente pour toi qu'il ait réussi à changer aussi vite. Vraiment. Elle se tut pendant quelques secondes, mais je sentais qu'il y avait quelque chose qui la turlupinait. 

- Mais... ? 

- Je me demande juste comment il fait. Après tout, personne ne peut changer aussi radicalement en si peu de temps. Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas trop où Gaby voulait en venir. J'ai toujours connu Anthony comme ça... son agressivité et son impulsivité, son côté un peu violent. Et du jour au lendemain, c'est devenu un agneau. Je sais qu'il était ultra protecteur envers toi, surtout depuis ton accident, mais je ne peux pas m'empêcher de me demander comment il fait pour garder son calme alors qu'il y a deux mois, il en était incapable. Pendant quelques secondes, un silence plana autour de nous, comme si le monde s'était mis sur pause pour me laisser le temps de réfléchir. 

- Je me suis posé la même question. Mais tu sais quoi ? Elle hocha la tête de gauche à droite. Je m'en fiche. Tant qu'il est sympa avec moi, je me fiche de savoir s'il prend des cours de boxe ou s'il assassine des ours en peluche innocents le soir à la lueur d'une bougie. Tout ce que je sais, c'est qu'il est gentil avec presque tout le monde, tout en restant protecteur envers moi.

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