27 Escapades
-Enfin ! J'ai failli vous attendre, ricana notre prisonnier.
Son sourire m'horripilait. Et je ne pouvais m'empêcher de l'imaginer en train de s'en prendre à mon propre enfant.
-Ris tant que tu le peux encore parce que crois moi tu t'en es pris à la mauvaise personne et tu ignores ce que je suis capable de faire pour les miens.
Mère ouvrit la cellule du vampire et malgré moi j'eus un frisson et un geste de recule me souvenant que quelques heures plus tôt moi aussi j'étais enfermée dans l'une de ces geôle. Mais ce n'était pas le moment d'être faible, j'étais une princesse et la dirigeante du pays et ce traître payerait chèrement ses actes.
-Pourquoi es-tu là ?
Il sourit de plus bel.
-Pour quelle raison le dirais-je ?
-Parce que je n'hésiterai pas à employer la manière forte.
-Vous ne m'impressionnez absolument pas.
-Bien comme tu voudras, dis-je durement avant de tendre ma main devant moi visualisant son cœur dans sa cage thoracique. Je le comprimais lentement faisant en sorte de lui laisser juste assez d'espace pour continuer de respirer.
-Ma fille t'a posé une question.
Il retint un gémissement reprenant son souffle du mieux qu'il pouvait.
-Et je ne compte pas y répondre.
-Pourquoi t'en es-tu pris à mon petit fils ?
Une seconde l'entendre parler de Ryan comme son petit fils me fit sourire, elle le considérait comme faisant partie de notre famille.
-Pourquoi lui en particulier ? enchérit Nolan.
-Pour vous détruire, cet enfant, tous vos sujets le savent, vous le considérez comme le votre. Nous avons simplement voulu frapper où ça fait mal.
Je dû faire appel à tout mon sang froid pour ne pas l'étriper. A la place je pressais un peu plus son organe vital.
-C'est ma sœur qui t'envoie ?
-Qui... qui d'autre ? Elle espérait qu'en tuant le fils de sa nièce cette dernière ne se remettrait pas de son décès et se laisserait aller aux effets de la rose des Immortels.
Je riais.
-Elle me sous estime, murmurais-je. Nolan, pourrais-tu aller chercher Lorenzo, Angela et Rafael s'il te plaît ?
-Pourquoi faire ?
-Je suis certaine que mon frère a bien des idées pour torturer cet homme. Angela pourra lire ses pensées et si cela ne fonctionne pas Rafael pourra le mordre.
Mon époux sourit, hocha la tête et quitta le sous sol au pas de course.
-Vous êtes incapable de me torturer, sourit notre prisonnier. Vous êtes faible.
Il en était persuadé. L'ancienne Jude aurait peut-être eu des scrupules mais pas ce nouveau moi. Je souris à mon tour.
-Vous ignorez de quoi je suis capable. Commençons par les doigts, qu'en pensez-vous mère ?
-Judicieuse idée, je te laisse faire, après tout Vasile est ton prisonnier, pas le mien.
-Parfait, il fallait que je me fasse la main avec ma faculté, dis-je avant de tourner le poignet.
Immédiatement son auriculaire craqua en prenant une forme anormale.
Il eut un petit cri mais n'eut pas le temps de reprendre son souffle que je passais au prochain, y mettant plus de force.
Lorsque j'arrivais au niveau du coude j'entendis clairement l'os éclater avant de percer sa chair.
Un autre cri de douleur quitta ses lèvres closes.
-Vous êtes une belle garce, souffla-t-il entre ses dents serrées.
-Merci, souriais-je. Tu ne comptes toujours rien nous dire ?
-Allez crever.
-Merci mais ça je l'ai déjà fait. Deux fois en fait. Je prends donc ça pour un non.
Je pensais être dégoûtée par ce que je faisais mais en réalité j'y prenais plaisir, cet homme s'en était pris à mon enfant et je ne parvenais pas à effacer de ma tête les images que je me faisais de son attaque.
-Si je peux me permettre un conseil tu devrais essayer les rotules, d'après mes siècles d'expérience cela est douloureux, dit mère sans quitter Vasile des yeux.
-Je vous en prie mère, dis-je en lui montrant le prisonnier. Je vous laisse faire, je ne demande qu'à apprendre.
Elle sourit et sans même bouger d'un pouce la jambe du vampire se retrouva dans un drôle de sens et ce dernier se mit de nouveau à crier. J'en profitais pour rompre la seconde jambe. Immédiatement son corps s'affaissa uniquement retenu par les menottes à ses poignets.
Je m'avançais face à lui pour mieux plonger mes yeux dans les siens.
-Je ne suis pas faible.
Je l'imaginais en train de se tordre de douleur, ses os cassant un à un avant de se ressouder pour se briser à nouveau. Le dire à voix haute ne servait à rien, déjà son souffle se faisait haletant son corps répondant instantanément à ma volonté.
Il hurlait à en perdre haleine quand No revint avec mon frère et mes amis.
-Je vois que tu n'as pas besoin d'aide, murmura Lorenzo en détaillant Vasile qui se tordait dans tous les sens.
-Je peux savoir pourquoi il hurle à la mort ? s'enquit Rafael.
-Il croit que le moindre de ses os casse encore et encore, j'ai pensé que peut-être ça l'aiderait pour répondre à nos questions.
-On va bien voir, répondit Angela. Tu en as assez ? Tu veux que ça s'arrête ?
-Oui.
Je cessais son supplice en un coup d'œil.
Il me foudroya d'un regard menaçant les canines allongées.
-Vous le payerait, gronda-t-il.
-Parle et tu ne seras plus torturé, murmura No.
-Je... Je n'ai rien à dire, on m'a envoyé avec des ordres précis mais je n'en sais pas plus.
-Il ment, objecta Angela.
Eugénie soupira, visiblement agacée et Nolan avança une main crépitante sur Vasile.
Son corps eut des convulsions avant qu'il ne puisse reprendre son souffle.
-Si Léanadora préfère la torture psychique et Nolan fait ça proprement ce n'est pas mon cas, marmonna Lorenzo en tirant une sorte de petite trousse de sa poche intérieure et qu'il ouvrit pour laisser apercevoir différents objets tous plus dangereux les uns que les autres. Personnellement j'ai une préférence pour l'ancienne méthode qui est, je le conçois, un peu plus salissante. Maintenant c'est à toi de voir soit tu parles maintenant soit tu te tait et d'ici cinq minutes tu me supplieras de t'achever.
-Je... Elle envoie des immortels pour vous épier afin d'être au courant de ce qui se passe ici. Ma reine fait en sorte de vous occuper avec des traquenards pour ne pas que vous puissiez vous préparer lorsqu'elle passera à l'attaque.
-Quand viendra-t-elle ? demandais-je soudainement inquiète.
-Je l'ignore.
-Il est sincère, remarqua Angela.
-Dis nous combien d'immortels ont été envoyé au château, ordonna Son Altesse.
Il rit faisant redoubler ma colère envers lui.
-Il n'y a pas que des immortels, des humains aussi, pourquoi croyez vous que c'est moi qui a été envoyé ?
Je compris aussitôt, il était là au cas où les humains qu'Élisabeth avait infiltré au château se dégonflent, de cette manière il pourrait les contrôler avec sa faculté.
-Malin, ne pus-je m'empêcher de dire. Qui ? Qui sont les mortels infiltrés ?
-Pour ça il va falloir cogiter beauté.
L'insolence illumina son visage faisant gronder mon mari.
-Je vais lui arracher son sourire narquois, marmonna Rafael les yeux parés d'or.
Eugénie se contenta de lever une main le stoppant alors qu'il avançait.
-Angela qu'as-tu récolté ?
-Et bien j'ai quelques noms mais j'ai peur qu'il en manque et que lui même ignore quels humains ont été mandatés au palais. Je crains qu'il ne nous serve plus à rien. Il ne sait pas grand-chose malheureusement.
Un sourire m'échappa alors que mes iris se figeaient.
-Dans ce cas autant nous débarrasser de lui.
C'était plus fort que moi l'idée de le tuer de mes mains m'emplissais de joie. Cette part froide et sans pitié qui avait pris le pas sur ma personne durant un mois luttait pour refaire surface.
Et ce crétin se mis à rire nous prenant tous de court.
-Hélas je vais vous décevoir, Ma reine a bu de mon sang et si je meurs, à l'instar de tous ceux qu'elle a fait venir ici, elle le saura. Et croyez moi elle viendra aussitôt. Je crains de devoir calmer vos ardeurs Léanadora, vous allez devoir me garder en vie. Pire il va falloir m'empêcher de mettre fin à mes jours, sourit-il de toutes ses dents.
Un sifflement passa entre mes lèvres. Il était menotté les vêtements en lambeaux et le visage crasseux et il venait de retourner la situation et ça me mettait hors de moi.
-Il dit vrai, murmura Angela.
-Nous le garderons en vie dans ce cas, pour autant rien ne m'empêche de l'égorger là maintenant tout de suite et d'attendre qu'il se remette, grognais-je en faisant venir à moi l'un des jouets de mon frère, une lame affûtée qui brilla à la lueur des torches.
Mère ne bougea pas, Lorenzo et Rafael non plus mais Nolan lui tenta un pas vers moi.
-Tu vas tout de même le torturer ? demanda-t-il surpris.
-Il a mordu Ryan, il voulait sa mort, je pourrai passer mes nuits et mes jours à le faire se tordre de douleur que ça ne suffirait pas.
J'étais sincère, je rêvais de voir cet enflure brûler mais je ne pouvais pas alors autant que je lui fasse payer son geste.
Avant qu'Angela ou mon époux n'ouvre la bouche j'étais en face de Vasile.
-Vous comptez utiliser votre faculté à nouveau ? Vous êtes pathétique, vous n'êtes rien, pas même la princesse que vous tentez d'être en vain.
-Non, ma main me suffira. Je suis bien plus forte que vous mon cher, moi je sais qui je suis et envers qui je suis loyale, murmurais-je en jetant un coup d'œil à Eugénie. Et contrairement à ce que tu sembles penser je n'ai pas peur de me salir un peu.
Je me penchais vers son oreille et reprenais plus bas d'une voix que seul lui perçu.
-Crois le ou non je prend un malin plaisir à voir la souffrance sur ton visage et si je peux verser un peu de ton sang je ne vais pas m'en priver. Je meurs littéralement d'impatience à l'idée de planter cette lame dans ta gorge. Tu es un idiot de penser que parce que je suis la dernière née je ne sais pas faire preuve de froideur, je peux être aussi impitoyable que mes frères et sœurs, voir plus.
Et rivant mes yeux aux siens je plantais le couteau dans la jugulaire de notre prisonnier tranchant sa chair en évitant de le décapiter.
Tout de suite le sang gicla tâchant, comme je m'y attendais, ma jupe et même un peu mon visage.
Lorsque je quittais les sous sol il faisait de drôles de bruits se perdant dans le flux d'hémoglobine qu'il perdait.
No ne me suivit pas immédiatement visiblement choqué que j'ai pu faire preuve d'autant de froideur mais il allait falloir qu'il s'y fasse, la rose m'avait changé, quand bien même j'étais toujours moi. Elle m'avait endurcit et finalement c'était une bonne chose, une dirigeante ne pouvait pas faire preuve de faiblesse.
-Oh bon sang que t'es-t-il arrivé ?! s'exclama Audrey en levant la tête de son ordinateur lorsque j'arrivais dans la bibliothèque.
-Ce n'est pas mon sang. Ce crétin en bas m'a tapé sur le système c'est tout.
Lisbeth rit.
-Toi torturant quelqu'un ? Et bien j'aurais tout vu.
-En vérité il a fini par parler, je lui ai arraché la moitié de la gorge parce qu'il m'en pensait incapable et qu'il a voulu la mort de Ryan, murmurais-je en prenant la serviette qu'un serviteur me tendait. Merci.
-Je vous en prie majesté.
Avant d'essuyer le sang sur mes joues je récoltais une toute petite goutte que je fourrais dans ma bouche. Je déglutis sans prêter attention à mon dégoût, il fallait que je sache s'il essayait de se tuer et il n'y avait pas trente-six solutions pour ça.
-Rappel moi de ne pas tenter de tuer ton cher Ryan, marmonna Lisbeth en quittant la bibliothèque un livre sous le bras.
-Jude ? Ça va ? s'enquit No qui venait d'entrer dans la pièce.
-Oui pourquoi ?
-Ce que tu viens de faire ne te ressemble pas et...
Je soupirais, et s'il n'acceptait pas que je sois différente d'avant ? S'il préférait l'autre version de moi-même ?
-No, je vais bien. Seulement il faut que tu comprennes qu'avec tout ce que j'ai vu dans la rose certaines facettes de ma personne ont changé. Je me suis endurci No, avec ce que j'ai vécu j'y ai été contrainte et forcé. Et aujourd'hui je l'accepte, j'accepte de ne plus être humaine, de ne plus être innocente. Alors oui je sais, avant jamais je n'aurais eu le courage de trancher la gorge d'un prisonnier les yeux plongés dans les siens mais maintenant je le peux et crois moi je suis capable de choses bien pires quand cela concerne ceux que j'aime.
-Je... Je comprends, et je t'accepte telle que tu es mon amour il va simplement me falloir un peu de temps pour m'habituer à cette nouvelle part de ta personne.
Je hochais la tête rassurée. Il m'aimait qu'importe que je sois légèrement différente et ça m'emplissait de joie.
Il déposa un baiser sur mes lèvres avant de grimacer.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Tu empestes son sang.
-Je vais prendre une douche et me changer.
Je m'empressais de quitter la bibliothèque pour gagner notre chambre.
Là je pris une douche rapide avant d'enfiler un petit chemisier à jabot rose sur lequel étaient imprimées des petites chauves-souris et une jupe noire taille haute dans laquelle je rentrais mon chemisier.
Au moment de sortir le coffret doré posé sur mon bureau qui renvoyait la lumière du soleil matinal attira on regard. Mon diadème.
Je l'ouvris pour venir toucher les pierres de ce dernier, cette couronne était à moi, je l'avais porté à plusieurs reprises mais aujourd'hui, tout comme ma chevalière posée à côté je n'osais pas le poser sur ma tête. Je ne me sentais pas encore prête à la porter. Je referma précipitamment le coffret avant de quitter nos appartements.
Je croisais Léandre dans les couloirs et en voyant les motifs sur mon haut il rit.
-Tu es sérieuse ?
-J'adore les chauves-souris depuis toujours, ce n'est pas ma faute si l'une d'elles a mordu mère, riais-je à mon tour.
-Au moins personne pourra te reprocher que tu ne prends pas ton rôle de princesse dirigeante au sérieux.
-Exactement !
Audrey tapait toujours sur son ordinateur lorsque je revins.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Je regarde les universités.
-Mais je croyais que tu ne voulais pas y...
-Oui je sais mais j'ai trouvé une spécialité sur l'environnement et l'architecture à l'université de Columbia qui m'intéresse.
-C'est super ! m'exclamais-je en jetant un coup d'œil à la page ouverte sur son ordinateur.
J'avais toujours voulu aller à l'université et depuis quelques temps j'avais enfin trouvé ce que je voulais étudier.
-Et si on allait y faire un tour ? proposais-je enthousiaste.
-Oh oui !
Nolan, qui notait les quelques noms des traîtres humains qu'Angela lui avait donné, échangea un regard avec cette dernière assise un peu plus loin à rédiger une partition. Il avait peur de me laisser seule avec Audrey et hors du château qui plus est. Et je ne pouvais pas lui en vouloir avec tout ce que j'avais fait durant les dernières semaines.
-S'il te plaît No. Viens avec nous ! Je te promets que tout se passera bien.
-Je ne peux pas j'ai promis à Ryan d'assister à son entraînement.
-Rafael alors ! Audrey sera avec moi et très certainement Alistair aussi.
-Tu devrais la laisser s'aérer un peu Nolan, murmura Angela avant de se replonger dans sa partition. Et puis ce n'est pas comme si elle sortait pour aller faire les magasins.
-Cette université t'intéresse réellement ?
-Bien sûr ! Leur programme de sciences humaines à l'air génial.
Voilà quelques semaines que je m'y intéressais, même en étant malade j'y avais songé même si c'était pour d'autres raisons qu'aujourd'hui.
Mon mari sourit et commença à sortir de la grande pièce.
-Où vas-tu ?
-Prendre la relève auprès de Ryan et demander à Rafael de venir pour vous accompagner.
-Merci, souriais-je.
-Je vais chercher Alistair et mon sac à main. J'ai trop hâte ! s'exclama ma meilleure amie.
Je courais chercher mon sac également avant de gagner le garage.
Là j'attrapais les clefs d'une Chevrolet qui se fondrait parmi d'autres véhicules.
Je venais juste d'ouvrir le garage et de faire sortir la voiture quand mon amie revint avec sa moitié et Rafael.
Une fois montés, Audrey et Alistair derrière et Rafael devant je remontais mes lunettes de soleil à monture papillon sur mon nez et tournais la clef.
-C'est parti !
Le disciple alluma la radio pour mettre à fond une musique du moment avant de mettre en route le GPS.
-Je me trompe ou tu es aussi content que nous d'aller visiter cette université ?
Il haussa les épaules une moue sur les lèvres.
-Et comment ! Non pas que je n'aime pas les vampires mais j'avoue être content de pouvoir voir et discuter avec de jolie filles au sang chaud, qui sait peut-être en ramènerais-je une au palais.
Je riais.
-N'oublie pas que tu es là pour me surveiller tout de même.
-Avec toutes les têtes qui vont se tourner sur vous deux ne t'en fait je ne vais pas t'oublier, Alistair non plus ne va pas oublier Audrey d'ailleurs.
L'intéressé sourit.
-Je ne vais pas lâcher Audrey d'un pouce.
Une fois sur le campus je me jetais presque hors de la voiture trop heureuse de pouvoir enfin venir faire un tour ici. Et surtout sortir de l'enceinte du palais.
-Ça vous embête si nous on va par là ? demanda ma progéniture en pointant du doigt l'opposé d'où je voulais me rendre.
Moi ça ne m'ennuyait pas mais j'interrogeais Rafael du regard, après tout c'était lui mon chaperon.
-Non pas de problème on se retrouve tout à l'heure au même endroit, et il m'entraîna parmi les étudiants qui couraient partout.
De toute évidence les cours étaient bientôt terminés, ou l'étaient puisque certains avaient des cartons dans les bras ainsi que des valises.
Rafael avait eu raison, les regards s'attardaient sur moi alors que j'aurais voulu me fondre dans la masse.
-J'ai horreur de ces coups d'œil qu'on me lance, marmonnais-je en parcourant les couloirs d'un des complexes.
-Je suis désolé de te le dire mais il va falloir que tu t'y fasses mon chaperon. Tu passes beaucoup de temps avec les tiens qui sont habitués à ta perfection, les humains eux ne le sont pas et n'importe qui ici, moi y compris peut remarquer que tu es une femme magnifique. Je dirais même que tu es un canon Jude et je crois que tu seras toujours observée de cette façon. Tu sais tu ne t'en es peut-être pas rendu compte mais tous les dirigeants, toi y compris sont d'une beauté presque hypnotique, vous éclipsez n'importe quel autre immortel, vous avez ce petit truc étincelant qui rappel votre mère et qui fait que l'on ne peut s'empêcher de vous regarder.
-Génial.
Il rit.
-C'est la première fois que j'entends une fille se plaindre d'être trop belle.
-Ce n'est pas drôle. Je n'aime pas être jugée sur mon physique. Je sais que je suis belle, ce n'est pas de la prétention, je le sais parce que tous vampire l'est, mais j'aimerais que les gens arrêtent de me dévisager.
-Je comprends, murmura-t-il avant de m'entraîner pour me faire faire un tour de salles vides. Je te vois bien là assise à prendre des notes, ou même à faire un exposé. Vois le côté positif ta condition de dirigeante t'aura au moins préparé aux oraux. Non parce que cet amphithéâtre est ridicule à côté de votre salle de bal.
-Oui c'est une façon de voir les choses. Mais si tu veux savoir chaque fois que je prends la parole devant notre cour je stresse comme pas possible.
-Et bien tu le caches bien en tout cas.
Je visitais tout ce que je pouvais du campus, faisant abstraction du mieux que je pouvais des étudiants qui s'arrêtaient pour me regarder. Je rassemblais des tas de documents, du simple flyer d'informations jusqu'aux papiers d'inscriptions avant de gagner l'endroit où je devais retrouver mon amie.
Rafael était plus loin derrière et n'arriva que quelques minutes plus tard. Il ne vit pas immédiatement les deux étudiants qui me fixaient d'une façon plus que menaçante. Leur parfum alléchant au point que je ne me posais même pas de question sur leur nature arriva jusqu'à mes narines. De toute évidence ils savaient ce que j'étais et voir une immortelle ici ne leur plaisait pas.
Les yeux du blond virèrent à l'or et malgré moi je ne pu me retenir de sourire en laissant mes incisives s'aiguiser et mes iris se figer.
J'entendis clairement le grondement du second alors que Rafael arrivait à mes côtés.
-Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il tout de suite.
-Il semblerait que les disciples présents sur le campus n'apprécient pas ma visite, répondis-je en pointant les deux étudiants du menton.
Ces derniers fixaient maintenant mon ami et ils ne tardèrent pas à lui faire comprendre de les suivre. J'emboîtais le pas de Rafael sans attendre qu'on m'invite, hors de question que mon ami ait des problèmes simplement parce que j'étais un vampire.
Nous nous retrouvâmes dans un amphithéâtre vide.
-Tu devrais avoir honte de t'allier à l'un des leurs ! s'exclama presque aussitôt celui aux cheveux châtains les yeux luisants à l'instar de son ami.
-Si tu savais mon pote à quel point tu es à côté de la plaque, rit Rafael. Non seulement je suis allier avec elle mais en plus je lui suis loyal et je la sert, répliqua-t-il en déposant un baiser sur le haut de ma main.
Ils ricanèrent.
-Tu te la tape c'est ça hein ? Dans ce cas ce serait compréhensible il paraît qu'ils sont plutôt doués au...
-Non je suis son ami.
-Et un jour elle viendra te siphonner dans ton sommeil.
Ce fut mon tour de rire.
-Rafael sait très bien que jamais je ne m'en prendrai à lui. Mais c'est si facile de balancer ça à un immortel n'est-ce pas ? Je n'ai rien demandé, tout ce que je veux c'est poursuivre mes études. Et j'en ai rien à faire qu'il y ai des disciples de la lune sur le campus, je côtoie les vôtres tous les jours et ça n'a jamais posé de problème. Mais si vous cherchez les ennuis je ne peux plus rien pour vous.
Mes yeux se figèrent, s'injectant de métal.
-On ne cherche rien, tu n'as rien à faire ici et tu n'es pas la bienvenue.
-Sache que je vais où j'ai envie d'aller et personne ne m'en empêche sous prétexte que j'ai le sang froid.
-C'est ce qu'on verra, marmonna le blond avant de bondir sous sa forme de loup sur moi.
D'un mouvement de la main sous ma volonté il traversa l'amphithéâtre retrouvant forme humaine.
-S'il te plaît Jude ne les tue pas, murmura Rafael.
-Mais pour qui tu me prends ? Je ne vais rien leur faire je me défends c'est tout, répondis-je presque indignée.
Je n'avais rien demandé moi, je venais juste visiter une université potentielle et eux s'en prenaient à moi. Et franchement j'avais envie d'être tranquille.
Le deuxième vint à la charge et je le bloquais de l'autre main avant de m'approcher d'eux en le tenant par ma faculté.
-En toute franchise je pourrais vous tuer en un battement de cil mais contrairement à ce que vous pensez je ne suis pas une meurtrière. Tout ce que je veux c'est la paix et entre vous et ceux qui attaquent mon château et se mêlent à ma cour j'en ai assez, dis-je froidement mes canines s'allongeant sous l'énervement.
Oh oui j'en avais marre et j'étais au bord de l'implosion.
Je devais gérer trop de choses à la fois et avec les images de moi commettant des horreurs qui revenaient sans cesse dans ma tête ça devenait compliqué.
-Jude ?
Audrey entra dans la pièce me surprenant une courte seconde pendant laquelle j'abaissais ma poigne mentale.
-Mais qu'est ce qui se passe ici ?
Je n'eus pas le temps de répondre que je sentis une mâchoire se refermer sur mon bras.
Alistair réagit presque tout de suite marmonnant des paroles dans sa barbe empêchant les disciples de revenir à la charge je ne sais comment.
-Majesté vous allez bien ?
-Je vous ai déjà dit de m'appeler par mon prénom, marmonnais-je en secouant la tête pour me remettre les idées en place.
-Et moi de me tutoyer, sourit-il.
-Ce crétin m'a mordu.
-Tu peux crever pour que je referme la plaie le monstre.
Je ris.
-Tu t'en ais pris au mauvais vampire, je n'ai pas besoin de ta salive.
-Vous devriez partir avant que les effets te fasse perdre connaissance.
Le blond rit.
-Ne vous inquiétez pas de ça, murmura Rafael en me tendant son poignet un sourire insolent sur les lèvres.
Je compris qu'il m'invitait à prendre de son sang pour mieux refermer la plaie sur mon bras. Alors sans attendre je le mordis sans lâcher les deux disciples des yeux. Je ne bus que quelques gorgées retenant le moindre besoin bestial qui menaçait de me submerger. Et une fois que je sentis ma peau se résorber je piquais mon doigts sur une de mes dents avant de laisser quelques gouttes sur les quatre traces qui marquaient l'avant bras de mon ami.
-Merci, souriais-je.
-Et ouais les mecs nous sommes tous les deux immunisés.
Le sort d'Alistair s'arrêta et Audrey se positionna devant moi en posture d'attaque.
-Laissez la tranquille elle ne vous a rien fait.
-Si on revoit l'une de vous deux sur le campus sachez que notre groupe se fera une joie de vous tuer.
-Et bien on va avoir un problème parce que je ne sais pas pour toi Jude mais moi je compte bien venir étudier ici en octobre.
-Et comment ! répliquais-je.
-Et comme un averti en vaut deux sachez que je suis le chef de meute de la meute de New-York et ces deux immortelles sont sous la protection de ma meute mais également de son Altesse Eugénie qui n'est autre que la mère de Jude que boucle d'or vient de mordre.
-Parfait comme ça tout est clair entre nous, murmura l'autre en souriant. On ne vous manquera pas.