Chapitre 12 :
Lorsqu'il pénétra dans la cafétéria pour l'utiliser comme raccourci vers le stand de tir, Adam apperçu Estelle assise à une table. Seule dans la grande pièce désertée, elle tenait sa tête entre ses mains, presque accaparée par d'obscures raisons.
Il se dirigea vers elle, un peu curieux. Réfléchissait-elle encore à ses récentes prémonitions ?
- Estelle ?
Elle ne réagit pas. Ses yeux étaient fermés, montrant son intense concentration.
- Estelle, tu m'entends ?
La jolie rousse sursauta quand elle sentit la main chaude du garçon sur son épaule.
- Hein ? Euh... quoi ?
Adam fut étonné. La jeune fille semblait nerveuse. Pourquoi ? Il s'assit à la table.
- Tu penses encore à cette vision ?
Elle soupira. Devait-elle faire confiance au jeune homme ? Devait-elle lui avouer ce qu'elle avait découvert ?
- Non... ce n'est pas ça.
- Alors quoi ? Tu n'es pas heureuse qu'Enalih aille bien ?
- Si ! Mais...
- Mais quoi ?
Elle ne répondit pas, en plein dilemme.
- Tu peux tout me dire tu sais !
- Tu ne t'énerveras pas ?
- Promis.
- Et tu répondras sincèrement à toutes mes questions ?
- Si tu veux.
Elle prit une grande inspiration et lâcha la bombe.
- Est-ce qu'Enalih est médium, Adam ?
Le jeune homme faillit s'étrangler.
- Quoi ?
- Est-elle médium ?
- Comment veux-tu que je le sache ?
- Ne me mens pas ! Cria Estelle. Je sais qu'il y a un truc que tu ne dis pas ! Il y a un truc entre vous ! J'ai vu son regard avant qu'elle ne tombe... ce regard... c'est le même que j'ai quand j'ai des visions éveillées ! Et... Tu t'es comporté bizarrement. Comment savais-tu qu'elle étouffait ? Pourquoi tu n'as pas laissé Ethan la prendre ?
Il ne répondit pas. La jeune fille était très perspicace. Ou alors...
- Je suis sûre qu'elle cache quelque chose que toi tu sais ! Elle n'a pas voulu expliquer ce qui s'est passé avant sa syncope parce que je suis sûre que c'est une vision !
- Je t'arrête tout de suite ! Je sais juste qu'elle est télépathe. Et qu'elle sait que j'ai l'empathie.
- Quoi ? C'est... comment elle sait ça ?
- J'en sais rien.
- Ça n'explique pas pourquoi tu t'es écarté comme si elle t'avait brûlé.
- Elle était semi consciente. Elle parlait dans sa tête et j'ai voulu savoir ce qu'il lui arrivait. J'ai activé mon pouvoir et elle m'a hurlé dessus. Littéralement. Elle hurlait qu'elle étouffait. Ça m'a tellement surpris ! Sa voix a résonnée dans ma tête comme si une cloche sonnait sur mon crâne. Et ensuite, elle n'a pas voulu qu'Ethan la touche, sans doute parce qu'elle ne l'aime pas. Et surtout elle m'a menacé de se venger un max si je ne l'aidais pas. Parce qu'elle avait compris pourquoi je l'entendais. Du coup, je l'ai écouté.
- C'est tout ? Demanda Estelle distraitement.
- Oui !
- Sûr ?
Sa voix lui mit la puce à l'oreille. Elle semblait presque soulagée. Et en même temps, suspicieuse.
- Pourquoi ça t'intéresse tant ? Après tout, si je...
La lumière se fit dans son esprit. Nervosité, questions, énervement, possessivité... Estelle était jalouse. Elle se comportait comme l'une de ses anciennes copines.
- Tu es jalouse ?!
La jeune fille faillit s'étrangler.
- Quoi ?!
- Es-ce que tu es jalouse ?
Elle rougit pour la deuxième fois de la journée. Ce qui amusa considérablement le jeune homme. D'un côté, il espérait qu'elle lui offre une réponse positive. D'un autre... il ne voulait pas qu'elle réponde. Sans doute pour ne pas être déçu.
- Mais de quoi tu parles ?
- Est-ce que tu es jalouse parce que je partageais quelque chose avec Enalih ?
Il y a un truc entre vous ! Avait-elle dit quelques minutes plus tôt. C'était plutôt évident !
- Je... non ! Non, pas du tout ! J'étais vexé que tu en sâches plus que moi sur elle alors qu'elle et toi... c'est comme chien et chat !
Il haussa un sourcils.
- Bon... peut-être un peu.. avoua finalement Estelle. Mais c'est parce que tu la dévisages depuis le début et qu'il semble y avoir quelque chose entre vous... quelque chose que je ne comprends pas.
Moins sincère que ça, c'était impossible. Comment avait-elle put lâcher autant d'informations devant Adam ? Décidément, fréquenter Enalih et sa vive sincérité sarcastique ne lui réussissait pas.
- Wow... Euh... Ok !
- C'est ridicule. Je me sens ridicule. Et il me semble que tu allais quelque part.
- Oui... on se voit tout à l'heure ?
Subite envie de l'embrasser. Envie à laquelle il n'accorda aucune attention. Estelle et lui se connaissaient depuis... assez longtemps. Et il l'avait toujours considéré comme une bonne amie. Jamais il n'avait voulu la traiter comme les autres filles, du fait de leur relation si... fusionnelle. Il ne pouvait pas gâcher tout ça sur un coup de tête.
- Si tu veux !
Et il déguerpit rapidement. Estelle était jalouse. Il n'en revenait pas. Mais quelle était sa jalousie ? Une jalousie amicale ou amoureuse ?
***
- Ethan et Enalih, je suis bluffée ! C'était très bien pour un début ! La progression tout en douceur, comme si l'un se souciait de la santé de l'autre est une très bonne idée, dans le romantisme ! J'espère que vous travaillerez ensemble sur ce joli pas de deux !
Enalih souffla discrètement. L'effet n'était pas voulu, tout ça à cause de l'attention presque maladive qu'il lui accordait.
- Au risque de me répéter... Je n'ai pas mal ! Lui attesta-t-elle.
- C'est normal, je fais attention ! Et Eva adore ça en plus !
- Tshhhh...
- Aller, souris ! Tu n'es pas contente de valser aux bras d'un si beau garçon ?
- La modestie t'étouffes ma parole...
- Ne me dis pas que tu n'aimes pas que je prenne soin de toi ?!
- Hum... je ne veux pas m'y habituer. Après tout, tu n'es pas mon partenaire officiel ! Minauda la jeune fille.
- Tu n'as pas dit non... j'en déduis donc que tu aimes ça ! C'est très flatteur !
Il n'avait pas saisit le sarcasme suintant copieusement de la voix de la jeune fille.
- Qui n'aime pas se faire chouchouter de temps en temps ? Le truc c'est que je n'aime pas ces regards que me lancent tes futures petites copines. Très gênant, d'être confronté à la jalousie.
Là il comprit qu'elle se foutait de lui ouvertement. Et très sérieusement.
- Et moi qui croyait que tu étais sincère...
- Je suis rarement sincère, mon poussin. Très rarement. Après tout, mon mode de communication n'est-il pas l'ironie ?
- Poussin ? Répéta-t-il comme si le reste de la phrase n'était pas important. On en est déjà au surnoms mignons ?
- Apparemment ! Que veux-tu que je te dises ? Ton charme fait de l'effet ! Railla-t-elle.
- Je savais que tu ne resterais pas de marbre bien longtemps ! Après tout, je suis étonnement beau !
- Pas plus beau qu'Evan ou Adam !
La phrase le choqua au plus profond de son être. Et il eut la bizarre sensation qu'elle n'avait pas eu l'intention de mettre Adam à la fin... que c'était juste pour ne pas paraître bizarre...
- Quoi ? Tu rigoles ! Je suis largement plus mignon qu'eux !
- Si tu le dis, je te crois ! Après tout, tu t'y connais super bien en canon de beauté masculin !
- J'aurais été pris en mannequinat !
- Oui, oui !
Il allait répliquer quand il vit Evan débouler avec deux garçons.
- Enalih ! Crièrent-ils pour attirer son attention.
La jeune fille se retourna et, avec un énorme sourire et se dirigea vers eux, en emportant au passage une bouteille d'eau fraîche sortie d'on ne savait où.
Ethan décida de rejoindre un instant Yves, qui venait à son tour de terminer de danser avec Elodie, jolie blonde sans formes et meilleure danseuse du groupe.
- Tu as vu ça ? Non mais c'est incroyable ! Cette fille attire les mecs comme un aimant !
- Je vois vraiment pas ce qu'ils lui trouvent. Elle est certes très jolie, mais c'est une autiste quoi... une imbécile de retardée ! En plus, je suis sûr qu'elle ne se rend même pas compte de son effet sur les garçons !
- Yves t'es saoulant franchement ! Elle est pas du tout idiote comme tu le crois ! Si t'apprenais à la connaître...
Enalih éclata d'un rire frais.
- Non mais regarde-la rire avec eux comme ça ! Tu les as vu ? Je comprends pas comment une fille de son acabit peut traîner avec ce genre de personnes...
- Euh... ils sont tous les 3 pompiers il me semble... Elle traîne souvent avec des pompiers... et si elle l'était aussi ?
- Noooon ! Se serait ridicule... quoique ! J'adorerais qu'elle soit là pour s'occuper de moi si jamais je me faisais mal !
- Comme toi tu étais la pour elle ce midi ?
- Oui ! Tu as tout compris !
- Pfff n'importe quoi !
- Quoi ?
- Tu la connais pas, qui te dit qu'elle elle pas un genre d'alumeuse ?
- Qui ? Demanda Enalih, qui s'était discrètement glissé parmi les danseurs pour parler à Ethan.
- Toi, sortit automatiquement Yves.
Elle le regarda en souriant, jusqu'à ce qu'il se rende compte de sa bourde.
- Euh... désolé. C'est pas ce que je voulais dire !
- Ah mais si, c'est exactement ce que tu voulais dire...
- Je n'ai rien contre toi ! Ne va pas...
- Tu as fini de parler, Ethan ? Qu'on termine notre danse !
- Euh... oui...
- Bien ! À plus tard, Yves !
Elle l'emmena vers la piste, ne se souciant plus de l'imbécile ami de son partenaire, qui soit dit en passant, la saluait en se demandant comment elle connaissait son nom.
Ethan, en voyant les regards étonnés des jeunes pompiers de Veniz, sentit monter en lui une irrépressible possessivité, qui atteignit son apogée quand il surprit le doux regard qu'Enalih leur lança.
Alors, pendant tout le pas de deux, il resta collé à la jeune fille, se fit languissant, tendre, et totalement sensuel. En bref, il était époustouflant, ce qui surpris Enalih. Que lui arrivait-il ?
À la fin ils étaient essoufflés, rubescent mais en complète symbiose.
- Ouf.. je suis fourbue ! Souffla Enalih. On se voit tout à l'heure Ethan ?
Et elle fila aux vestiaires pour cacher sa gêne. Ce genre de danse où toute l'émotion devait être transmise la mettait un peu mal à l'aise. Non pas qu'elle ne ressentait aucune émotion, non !
Qu'est-ce qui me gêne alors ?
Et voilà qu'elle découvrait qu'elle était à fleur de peau. Et qu'elle ressentait parfaitement les vibrations émotives qu'on lui envoyait. À la base, ce n'était pas sensé être gênant... mais il fallait l'avouer, Ethan était beau garçon et le fait qu'il lui transmette autant de vibrations quasi sexuelles la chamboulait complètement.
Tellement, qu'elle ne remarqua que d'un oeil distrait qu'un groupe de danseuses l'attendait de pied ferme à la sortie du bain.
- Mais à quoi tu joues, petite pétasse ?
Avant qu'Enalih ne s'en rendre compte, Elodie se dressait sur son passage.
Elle... c'est celle qui danse avec Yves... ça sent pas bon !
Ne faisant pas grand cas de la jeune fille et de sa clique, Enalih passa son chemin pour aller s'habiller. Parce que, contrairement aux autres, elle n'aimait pas s'exhiber en serviette devant toutes les autres.
- Eh ! Tu m'écoutes, l'autiste ?
Non seulement cette fille est chiante, mais en plus, elle est têtue... c'est bien ma veine !
- Je t'ai causé !
La jeune fille qui se tenait devant Enalih était blonde, avec des cheveux paille et une peau emplie de tâches de soleil ce qui faisait un ensemble original et très mignon, surtout sur son visage, faisant ressortir le gris anthracite de ses yeux.
Ah mon dieu, qu'ai-je fait pour mériter une embuscade pareille ?
- Alors comme ça, on arrive un après-midi comme une fleur, on se permet de danser avec le plus mignon de tous les garçons ET on sympathise avec lui ?
Ah, merci Seigneur d'avoir répondu à ma précédente question, quoiqu'il faudrait revoir le mode de communication. Ça craint trop. Pfff... La jalousie... j'aurais dû m'en douter.
- Ce n'est pas le plus mignon. S'entendit-elle dire.
Mais qu'est-ce que je fais ? Depuis quand je sors ce genre de phrase ? Tsh... n'importe quoi.
D'abord interdite, Elodie sentit ses lèvres s'étirer en un sourire carnassier sous les gloussements de ses compagnes.
- Oh ! Mais c'est qu'elle parle, en plus ! C'est ce qui a charmé Ethan ? Que tu saches parler correctement ?
- Si c'était le cas, tu l'aurais séduit très facilement. Or à ce que je sache, tu ne sors pas avec lui.
- Parce qu'elle fait de l'humour en plus ! Comme c'est touchant !
- Ne t'y trompe point, je suis très sincère. Ce n'est pas ma faute si apparemment je suis ici la seule douée de cette qualité unique qu'est la sincérité.
- Comment ? Siffla Elodie. Qu'as-tu osé dire ?
- Bah ne me dis pas que tu ne sais pas que toutes ses filles qui te suivent comme des chiens ne cherchent que la popularité ! Elles se servent de toi. Et tu mérites vraiment mieux que ça ! Dit très sincèrement Enalih.
- Toi par exemple ? Railla la jeune blonde.
- Désolée, quand je dis tu mérites mieux que ça, je ne vise pas si haut !
La remarque jeta un froid autour d'elles, ce qui amusa terriblement Enalih. Autour d'elle, on la jaugeait pour voir si elle était sincère ou si elle rigolait.
- T'es qu'une putain d'autiste ! Cracha finalement Elodie.
- Ouh la ! Tout doux sur la putain ! Rappelle-toi que je ne suis pas comme toi ! Et que c'est sans doute pour ça que j'attire Ethan.
Si elle savait qu'il ne souhaite que de l'amitié...
-Tu m'as traité de pute là ?
- Moi ? Jamais ! J'ai juste évité que le mot garce ne sorte de ma bouche... oups !
- Franchement, je vois pas ce qu'il te trouve ! Tu es pathétique.
- On ne joue simplement pas dans la même cours. Toi tu es celle en manque d'attention et moi celle qui peut très bien vivre sans. Malheureusement les gens ne le comprennent pas et oublient de me laisser tranquille. Et pour ce qui est de ce qu'il me trouve...Demande-le lui ! Après tout, tout es bon pour tenter une approche !
- Dis-tu ça en connaissance de cause ?
- Certainement pas ! Moi, je ne lui avait rien demandé à ce c... ce garçon.
- Ben voyons ! À qui veux-tu faire croire ça ?
- À une pimbêche blonde qui ressemble à un brin de paillasse. Maintenant si tu veux bien m'excuser, contrairement à vous, je suis attendue.
La poussant de l'épaule, Enalih sortit du vestiaire.
Les ennuis commencent !
- Qu'est-ce qui t'as pris tout ce temps ? Demanda Evan.
- Oooh rien de spécial ! Un petit accrochage dans les vestiaires.
- Avec qui ?
- La blondasse furax qui vient pour m'en coller une.
- Pourquoi ?
- Sa main la démange, Tom.
En effet, comme une furie, Elodie se dirigeait vers le petit groupe.
- Ethan ! Chantonna la petite brune. Il me semble qu'Elodie voulait te parler !
Et elle s'en alla avant que ça ne dégénère, attendant à peine les 3 garçons.
***
- Caroline, as-tu tamponné les dossiers que je t'ai remis ?
- Lesquels ? Demanda distraitement la jolie sorcière.
- Ceux pour l'autorisation d'Enalih.
- Ah ! Oui, ils sont là !
Emy, pressée, embrassa son amie tout en écoutant son Epikostig. Elle s'assit en face d'elle, lui tendit un petit objet, dit : "Massilia" sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche et déguerpit avant que son amie ne refuse quoi que se soit.
- Vous êtes en train de me dire qu'Enalih est passé à l'infirmerie entre midi et 14h et que ce n'est que maintenant que je l'apprend ? S'écria-t-elle.
- J'ai dû remplir un petit dossier. Il faudrait d'ailleurs que vous parliez à votre protégée, sur ses petites... syncopes. Vous verrez, c'est assez impressionnant.
- Va-t-elle mieux ?
- Oui. Mais je préfère que vous alliez la voir demain. Se serais préférable. Surtout qu'elle est nerveuse, je l'ai vu plusieurs fois porter inconsciemment sa main à son collier ou regarder son Epikostig.
- Oui c'est vrai, j'aurais dû aller la voir. Mais j'ai tellement de paperasse... merci d'avoir appelé Madysson.
- Il n'y a pas de quoi.
En raccrochant, Emy se sentit coupable. Elle avait presque abandonnée sa "nièce ". Et celle-ci souffrait d'un important trouble de mémoire. Comment avait-elle put faire une chose pareille ? Décidément, elle faisait tout de travers.
***
Allongé sur son lit, Harold réfléchissait. Il s'était déjà salit les mains par le passé, ce qui ne l'avait que moyennement affecté. Après tout, à cette époque là, il avait une famille et devait rapporter de l'argent à la maison. Mais ce temps était révolu ! Il était seul, complètement, définitivement et irrémédiablement seul. Et sa conscience le taraudait.
- Pourquoi faut-il toujours penser ? Murmura-t-il.
Pourtant, il le savait bien, son dilemme n'en était pas un. Il savait ce qu'il avait à faire.
Oui, il avait prit sa décision.
***
" - Papa ! Sourit Nedra en enlaçant l'homme au visage débonnaire qui se trouvait devant elle".
Cette rencontre, elle en avait rêvé des mois entiers. Pouvoir serrer Michel Gold dans ses bras. Être à nouveau rassurée. Et libre.
Cela signifiait tellement pour elle. Pouvoir faire ce qui lui plaisait, sans avoir la pression pour maintenir en vie sa seule famille. La seule personne qu'il lui restait.
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Hey ! Je m'étonne moi-même de poster aujourd'hui ! Comme quoi, l'inspiration peut venir très facilement !