-Plus vite maman, je vais être en retard.
Au devant de notre Fiat, j’essayais tant bien que mal d'activer ma mère au volant qui se débattait avec la circulation de Seattle du lundi matin un jour de vacances.
- Désolé chérie, mais je te promets d'arriver à temps.
Sur ce, ma mère rabattit ses cheveux en un chignon soutenue d’un crayon, passa la 5e vitesse et fit une chose que n'aurait jamais fait auparavant. Elle mit ses deux roues de gauche sur le trottoir et avança comme si de rien n'était devant les conducteurs en colère. Puis, elle tourna sur sa gauche dans les crissements des roues et accéléra. Arriver à la 5e avenue, elle tourna au rond point et s’arrêta d’un frein sec. Finalement, j’arrivai à la salle où mon concours d'harpe avait lieu juste à temps.
Je tendis à une femme à l'accueil qui portait le logo du sponsor du concours, mon inscription et elle m'indiqua la porte des coulisses. Ici, sur les chaises se tenaient plein de jeune de mon âge tiré à quatre épingles et à lunettes qui leurs font des yeux de mouches, les filles étaient même allées chez le coiffeur. Donc j'étais un peu gêné de n'avoir sur le dos qu'une robe blanche en dentelle à manche longue et mes cheveux blonds coiffés à la dernière minute et simplement tombant en cascade sur mes épaules.
Plus le temps passait, plus la pression montait.
-Jessica Wilfried, c'est à votre tour.
En entendant mon nom, je m'avançais sur scène et prier en invoquant tout les dieux grecs et les anges. Ne vous méprenez pas, je ne suis pas polythéiste et je ne crois pas en tout les mythes....enfin pas complètement. C'est juste qu'avec toutes mes lectures de livres comme Percy Jackson j'ai commencé à croire en tout ça. Une harpe dorée était mise à disposition devant les 1000 spectateurs du théâtre. Je marchai mettant un pied devant l’autre doucement pour limiter les grincements du parquet de la scène. Je m'assieds sur le tabouret noir et positionna mes mains sur une corde. Mes doigts tremblaient un peu mais des leurs toucher avec les cordes elles flottèrent presque, je sentis un courant d'air dans ma nuque - malgré la chaleur du mois de juillet et l'absence de fenêtre et de portes dans la salle-, et interprétèrent le meilleure morceau que je n'ai jamais interprété : arabesque 1 de Claude Debussy.
Je joue de la harpe depuis l'âge de quatre ans. C'est en accompagnant ma mère à son travail qui était près d'un magasin de vente d’instruments de musique que tout à commencer. Elle devait demander de la monnaie au "soul-rock" et mes petits yeux verts de petite fille étaient attirés par un très bel objet, une harpe en argent- ce qui était très rare - d'un seul coup tout le monde dans le magasin me regardais jouer des notes justes, sur un instrument que je n'avais jamais touché auparavant. Cette histoire parait sortie d’un film du fantastique quand ma mère la raconte. J'aime beaucoup un tableau chez nous qui représente des anges munies chacun de harpes. C'est de là que ma mère m'appelle "mon ange". Tout le monde pense que ce n'est qu’un surnom parmi tant d'autre, mais pour elle et moi cela signifie bien plus. Je fus surprise de constater que j’étais au milieu de ma partition. C’est comme ça à chaque fois que j’y joue, je me retrouve dans un autre monde ne pensant à des anges. Mon professeur d’harpe Madame Kangohola c’est acharné à me sortir de mes rêves et me concentrai sur mon travail au début de mon apprentissage mais sans résultat, donc je préférais penser au tableau d’ange.
Je me laissai transporter par la musique en oubliant le concours, je jouais simplement pour moi.
Une fois mon morceau fini, je me relevai sous le tonnerre d’applaudissement. En entrant dans les coulisses une fille avec un blazer bien coupé noire et des lunettes aussi ronde qu’un ballon, me lança avec un ton dédaigneux de vainqueurs :
- Mieux vaut tard que jamais, après tout les débutants comme toi sont obligés de verser des larmes de déception avant de percer dans ce monde. Toi tu en auras pour plusieurs années, et elle en repartit d’un rire qui ressemblait plus à un étranglement de chat.
Je ne me préoccupais jamais des mauvaises paroles que les gens ont à mon égard, je me dis qu’ils sont tout simplement jaloux et l’exprime en faisant du mal aux autres.
Le jurée délibéra. Le prix de ce concours est de 500 dollars, et en ce moment on en avait terriblement besoin: mon père est mort d'un cancer il y a 14 ans quand j'avais 2 ans....mais je ne m'en rappelle pas. Donc ma mère jongle entre plusieurs petits boulots pour payer : le loyer, la facture d’électricité et d’eau et mes bouquins scolaires. Je lui avais dit plusieurs fois que ce n’était pas la peine puisque à l’école on donnait gratuitement les livres aux gens comme nous, ils sont usés et déchirer, mais c’est quand même des livres. Pourtant ma mère était trop fière, têtu et refuser que les gens ne la croit pas capable de s’occuper de sa fille. Elle ne se plaignait jamais de l’argent et ne voulait pas me montrer qu’on en manque, c’est pour ça que je veux gagner ce concours.
Les jurées annoncèrent le classement des dix premiers :
10e place.....Camélia Roland
Un tonnerre d'applaudissements résonnèrent dans la salle tendit que la mère de Camélia accompagna sa fille en larme, récupérer l'enveloppe de 100 dollars qui lui était destinée. C’était la fille aux lunettes ronde. Elle avait l’air heureuse et me jeta un regard plein de dédain.
Je ne fis attention au reste du classement seulement lorsque l'un des jurées annonçait:
- Et maintenant la première place revient à..... Jessica Wilfried avec un chèque du montant de 500 dollars.
Je fus sous le choc, ma mère au fond de la salle était au bord de l'éclat mais essayer de se retenir de pleurer parce qu'elle sait que ça m'énerve. Le chèque était immense, littéralement. J’escaladais les marches et serra la main des quatre jurées qui me félicitaient. Je me plaçai au milieu de la l’estrade près des autres neuf premiers du classement avec mon grand chèque. En passant je vis Camélia avec ses joues rouge de colère qui me lançait un regard noir plein d’éclair.
Une fois descendu de la scène, un homme vint me parler. Il était petit, rond, cheveux blanc, avec une moustache comme on les voit chez les pizzaiolos italien. - Jeune fille je vous félicite, vous avez un grand avenir musical.
Merci beaucoup.
Alors je vous conseille de commencer par ce que je vous propose: une grande école de musique à New York ça vous intéresse? Dit-il d'un sourire malicieux.Sur le coup je restais bouche bée, et les seuls mots que je réussissais à bafouiller étaient:
Mais, mais...c'est beaucoup trop loin et je n'ai pas d'argent pour...
Un système de bourse est installé, vous n'aurez rien a payé si les membres de l'administration valide votre admission et, oh que le monde est petit, j'en fais partie. Ajouta t-il avec son sourire qui s'étalait de plus en plus.
Je s'interrompis dans mes rêves quand ma mère me fit signe de venir. Avant de partir il m'attrapa bras et me tendit une carte où était inscris:JACK DELAROSAAdministration école des beaux arts.
Appelez-moi, l’inscription est dans une semaine, et de ce pas il s'en alla en boitant.
***
De retour chez nous, maman accrocha le chèque dans la cuisine en attendant de passer à la banque et me répéta pour la millième fois:
Oh chérie, je suis tellement fière de toi.
Me voyant mal, ma mère et ses sens maternel me dit:
Jessica, pourquoi es-tu si pâle? Quelque chose ne va pas ?
Donc je me jetai à l'eau, je fixais un point du tableau d’anges qui, pour je ne sais quelle raison, brillait:
Il y a un homme...au concert, qui m'a féliciter pour ma prestation et...
Mais c'est bien Jessica, il faut que tu t'habitue aux compliments.
Laisse-moi finir!
Devant mon air sérieux, ma mère posa le pot de cornichons qu’elle tenait et s’assied sur une chaise ;
Il m'a fait une offre d'une bourse de l'université "des Beaux Arts" à New York.
Ma mère ouvrit la bouche comme pour répondre mais elle se résigna et s'assit sur le canapé:
Mon ange, est ce que tu veux vraiment aller à New-York? Je veux dire, l'université de Seattle est proche et tu auras le même avenir. Alors pourquoi allait à l'autre bout du pays juste pour faire de la musique.
Ces paroles me figèrent, comment ma mère qui me soutenait a longueur de journée et qui m'encourager à faire ce que j'aime un beau jour peut dire des choses pareils.
Mais maman c'est mon rêve depuis l'âge de quatre ans: je veux devenir une musicienne professionnelle. Tu ne vois pas que c’est important à mes yeux ?
Elle s'approcha de moi avec une grimace de pitié et leva la main pour me la passer dans les cheveux comme a chaque fois qu'elle voulait m'amadouer.
C’est important pour moi aussi que tu t’épanouisses dans une chose mais, tu sais Jessica, il y a plusieurs option beaucoup plus prés. En plus ce n’est que de la musique, je ne vois pas comment tu pourrais gagner ta vie à faire ça. En plus tu as encore 2 ans devant toi pour réfléchir à ton avenir. Pourquoi précipiter les choses ? dit-elle au moment où ses mains frôlèrent fines et douces ma joue.
Non! J’eus un mouvement de recule et m'écarta d'elle en me levant, et la dévisageai avec dégout. Tu es égoïste, tu ne veux pas rester seul à Seattle donc tu m'oblige à rester. Quelle genre de personne es tu?!
La rage me fit monter de la chaleur dans mes joues, et sur ce, j’attrapai ma veste en cuir et sortie en courant de la maison en prenant soin de claquer la porte. C’est comme si la personne en face de moi n’était pas la femme qui m’a mise au monde et qui m’a élevé pendant 16 ans. Ces seules paroles ont réussi à me faire douter de moi-même.
Je me dirigeais comme toujours chez Gabriel barman d’à côté au pas de course. Il a environ la trentaine mais parait beaucoup trop jeune. C’était, d’après ma mère, un très bon ami à mon père, et j’ai toute de suite vu en lui la partie paternelle que doit avoir chaque personne. Le pauvre, je déballais sur lui tout mes soucis : dispute avec ma mère, amies hypocrites, même le fait que nous n’ayons plus de papier toilette. Et il trouvait toujours les bons mots pour me relaxer. Donc en sortant de ma maison près de Washington Park Aboretum, il me paraissait normal d’aller dans le bar : EVIL de Gabriel.
La déco était sinistre et sombre mais la salle spacieuse. Même si j’ai passé presque toute ma vie dans ce bar, je me méfis encore des alcooliques qui, une fois ivre, n’ont plus conscience de ce qu’ils font. Une fois, un voisin ivre avait lancé une bouteille de bière et l’un des milles bouts de verre vint se ficher dans mes pieds. J’eus une entaille pendant 3 semaines. Je déboulai en trombe et contournai le bar pour entrée dans la chambre où étaient placées les réserves. Elle est fermée à clef pour les clients mais Gabriel m’a donné un double.
Il se tenait assis prés du nouveau fauteuil et contemplé un des nombreux vins. A mon arrivé, ses yeux bleus électriques se posèrent sur moi comme pour la première fois. Il avait opté pour une chemise noire, un jean déchiré aux genoux et des mocassins noir qui lui faisaient un air beaucoup trop ringard. Il a surement lut dans mes pensés car tout de suite il soupira et dit de sa voix rauque :
Qu’est ce qui se passe ? Raconte-moi.
Et de là je me lançai dans un récit de colère plein de grand geste montrant mon désarrois.
Il y eu un silence comme d’habitude, il passa sa main dans ses cheveux blonds et essaya de me réconforter :
Jessica, tu n’as même pas essayé d’en discuter avec elle. Peut être que ta mère a une très bonne raison, et c’est normal qu’elle se refuse à te voir partir puisque tu es son seul enfant. Tous les parents ont peur que la citation: « loin des yeux, loin du cœur » ne soient appliqués à leurs enfants quand ils s’en vont. Donne-lui une chance de s’expliquer. Ne soit pas aussi sévère.
Je baissai les yeux en inscrivant mot par mot ses paroles dans ma tête. Il avait vu juste, encore.
Oui, tu as raison…, mes joues s’empourprèrent de plus belle en constatant la vérité, désolé de t’avoir déranger.
Je me relevai d’une chaise en bois vernis et me dirigeai vers lui que tendait ses bras vers moi. Je le pris contre moi en sentant la sécurité paternel qu’il me procurait.
Tu sais Gab’, tu devrais penser à devenir psychologue. Tu aurais beaucoup de succès, ajoutai-je en me retirant de son étreinte.
Il se retourna d’un petit rire :
Eh bien dommage que je ne connaissais pas de Jessica Wilfried il y a 12 ans - au moment où je devais choisir mon avenir – pour me conseiller.
Tu sais il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves, au moins tu es grand personne ne t’empêche de faire ce que tu veux.
Minute papillon, dit-il en se tenant la tête entre les mains, ce n’est pas mon rêve. et arrête de te focaliser sur ça ta mère ne veut pas t’empêcher de faire ce qui te plait.
Il y eut un moment de flottement avant qu’il fende le silence :
Bon, tu ne vas pas rester te lamenter sur ton sort toute la journée. Allez vient m’aider ! Il y’aura beaucoup de clients ce soir, le match sera diffusé ici.
Il me tendit un tablier avec le nom du bar et m’ouvrit la porte.
J’aidais souvent Gabriel avec le bar, ça me détendais.
Au moment où j’ouvrai la porte, toute une agglomération d’homme en tenue de foot rouge et bleu entra dans le bar en criant :
ALLEZ, ALLEZ SEATTLE !!!
***
MAIS REGARDE, C’EST UNE FAUTE ! IL L’A FRAPPEE AU PIED CE BATTARD !!!
Dans le bar des exclamations et des cris surgissaient à chaque seconde du match. Il y avait même des insultes et des bagarres avec les personnes qui osaient venir dans le bar et qui acclamaient l’autre équipe contre Seattle. Il y en a un qui a perdu connaissance quand un joueur à tirer contre le poteau du goal. Je ne comprendrais jamais l’amour du foot chez certaines personnes. Gabriel et moi, jonglions avec les commandes. Un événement sportif ramène beaucoup de bénéfices dans un bar, m’avait dit un jour Gab’. Et il avait raison : le nombre de bière, vins, whiskeys vendus faisait remplir la caisse de beaux billets.
Mes cheveux se collaient à ma nuque à force de courir ramener les boissons sous cette chaleur de Juillet. Me voyant à bout de l’épuisement Gabriel me fit signe d’aller la chambre des réserves pour souffler un peu. Elle était très grande et divisée en deux parties séparées par une porte en bois. Elle deuxième partie, plus à l’intérieur était la maison de Gabriel. Il ne veut pas vivre ailleurs, il dit que ça lui facilite la vie d’avoir sa maison dans son lieu de travail. Je pris le double de la clef qu’il m’a donné il y a 2 ans dans la poche de mon jean, et ouvris la porte. L’appartement s’ouvre directement sur le salon munit d’un canapé rouge, d’un petit écran de télé et d’un vase posée sur une haute table en verre. Je m’allongeai sur le sofa, et à son doux contact, la fatigue m’envahit et mes yeux se fermèrent presque automatiquement.
Ce rêve était différent de ce que je faisais normalement. J’étais dans un couloir dont le sol et les murs étaient entièrement blanc. Moi-même, je portais une longue robe blanche que je n’aurai jamais osé porter dans la réalité et mes pieds étaient nus. Un crie surgit du fond de ce couloir, je suivis la voix. « A l’aide !! » disait-elle. Mais je connais cette voix, c’est Maman. Je me mis à courir dans ce corridor sans fins cherchant ma mère. Soudain le décor changea et je me retrouvai dans un immense champ de coquelicots que je n’avais jamais vu. Le soleil faisait étincelé ma robe Un homme était de dos devant moi en smoking blanc et des cheveux blonds. GABRIEL ! Je m’avançai, et au moment où je touchai son épaule, il se tourna et dit ses mots avant de disparaître : « tu n’as pas le choix, tu dois le faire. Tu n’es pas faite pour être ici… vivante ! Tu es un … ». Je sentis un liquide sur ma main, du sang. Une peur panique m’envahit et je me réveillai en sursaut.
C’était le rêve le plus bizarre que j’ai jamais fait. J’Inspectai mes mains ; pas de sang, donc ce n’était qu’un simple rêve. Mais quelque chose était louche dans l’appartement de Gabriel ; le soleil. Oh non, j’ai passé la nuit ici. Ma mère sera vraiment inquiète. Je courus vers l’entrée, pris ma veste et me tapai un sprint jusque chez moi.
Le trajet n’était pas si long, heureusement, parce que je ne suis pas du genre sportive. En arrivant, ma mère était assise sur le canapé avec, un regard vide. « Je suis vraiment désolé maman, je me suis endormie chez Gabriel et… », Elle ne perçut même pas s’apercevoir de ma présence, comme si elle était en transe. Je m’avançai : « MAMAN! » criai-je effrayé. Et comme si de rien n'était ses yeux reprirent de la vie et d'un coup elle se leva:
Le fait que tu sois énervé ne te donne pas le droit d'aller passer la nuit chez quelqu'un sans donner de nouvelle...
Mais je n'écoutais pas ce qu'elle disait car, assis sur le canapé, une personne toute petite avec des cornes riait. Ma mère ne parut pas s'en apercevoir. Suis-je folle, c'est pour cela que j'ai fait ce rêve. Je suis folle, et...je ne comprends pas....oui, je suis en train de dormir....c'est ça. Je n'arrivais plus à entendre quoique ce soit. Ma mère bouger les lèvres, et le petit être, surement imaginaire, effrayant rigoler. Un voile noir se posa sur mes yeux, mes pieds se défilèrent et là, j'entendis le bruit de ma tête qui se cognait contre le sol.