Le visage de Sophie s’empourpra puis elle frappa la table avec son poing.
« Mais merde ! Donnez-moi une épée que je puisse aller me battre ! »
Verak ne savait pas quoi faire pour calmer sa maitre. Elle ne devait pas aller se battre car sa blessure pourrait la condamner.
« Vous n’êtes pas entièrement rétablit et le mestre exige que vous restiez dans votre lit ! Déclara le Hunter.
- Ah parce que maintenant c’est le mestre qui donne les ordres ? Ragea Sophie. Je suis votre commandante et j’exige d’aller me battre comme tous les Hunters ! »
Le bruit de la dispute, qui accablait Verak, résonnait à travers tout le donjon. Il n’était couvert que par le fracas des canons dehors. Un Hunter se précipita dans le hall du donjon en haletant.
« Maitre ! Nous venons de perdre le contrôle de la tranchée extérieur ! S’exclama-t-il. »
Verak s’énerva et suivit le Hunter hors de la chambre. Sophie voulu les suivre mais, elle entendit un cliquetis. Elle essaya d’actionner la poignée de la porte mais celle-ci resta fermée.
« Il m’a enfermé où je rêve ?! S’exclama la Némianne. »
Un tir de canon retentit suivit d’un fracas terrible, comme celui d’un éboulement. Sophie imagina le pire. Peut-être que le premier donjon venait de s’effondrer ou pire encore… La Hunter regarda tout autour d’elle, en cherchant un moyen de sortir de cette salle. Elle se précipita devant la fenêtre. La mer était recouverte de navire, arborant le pavillon du lion doré d’Alexandre. Le soleil se couchait et avait zébré le ciel avec ses rayons flamboyants.
« Alors… C’est comme ça que ça devait se terminer… Murmura Sophie en sentant les larmes lui piquer les yeux. »
La Némianne se sentait prise au piège, comme si les murs de sa chambre se resserraient sur elle. Soudain, la peur de mourir envahit son esprit. Elle qui était si espiègle, avait une peur monstrueuse de mourir en combattant. C’était cette même peur qui l’avait paralysé, 20 ans auparavant, pendant son combat avec Vindrel. Mais cette fois ci, Florian n’était pas là pour l’aider. Sophie regarda ses mains. Elles tremblaient de terreur. La jeune maitre essaya de se calmer et de rassembler ses esprits.
« Qu’est-ce que ferait Florian… Soupira Sophie… Et Aurore… »
Puis elle se mit à réfléchir, tandis que les canons tiraient à l’extérieur des murailles d’Aiguail.
« Florian aurait déjà défoncé la porte pour aller repousser l’armée… Et Aurore aurait mis son armure céleste et se serait envoler à travers la fenêtre pour aller défendre la forteresse… Mais moi je n’ai pas la force de mon frère ni le pouvoir d’Aurore… »
Sophie se baissa et sortit une caisse de dessous son lit. Celle-ci avait le symbole des Hunters gravé dessus. La Némianne ouvrit le coffre puis en sortit deux gantelets argenté, serties de deux énormes améthystes. Sur le dessus des gantelets il y avait deux grosses lames courtes qui pouvaient se rétracter, comme la lame du gantelet de Flora. Puis Sophie les enfila et se mit à la fenêtre.
« Quand une porte se referme, une autre s’ouvre… Marmonna-t-elle en regardant la paroi extérieure. Voyons voir si je suis toujours aussi agile qu’avant. »
Elle agrippa une pierre qui ressortait de l’alignement et se suspendit à elle. Sa blessure la fit souffrir mais Sophie ne s’arrêta pas pour autant. Elle en attrapa une autre pierre et commença à monter le donjon. Arrivé à mi-hauteur, Sophie regarda les navires de guerre. Ils bougeaient et se mettaient en position d’attaque. Un d’eux canonna le donjon. Une volée de boulet noir percuta l’arrière de la structure. Celle-ci s’ébranla pendant que des roches tombaient dans l’océan. La main gauche de Sophie glissa, à cause du choc. La Némianne se calma et se hissa plus haut. Puis elle sauta sur le côté droit, là où résidait sa prochaine prise.
« C’est comme faire du cheval, ça s’oublie pas. Ricana Sophie. »
Après de nombreux effort pour rester accrocher, la guerrière réussit à atteindre les créneaux, en haut du donjon. Elle se hissa dessus et regarda les navires. Il en venait toujours plus. Sophie prit un boulet, qu’elle plaça dans la bouche d’un canon, et mit le feu à la mèche avec un boutefeu. Puis elle s’écarta et boucha ses oreilles de chat. Le canon fit feu et le boulet partit loin vers un navire. Sophie se précipita pour regarder où il allait atterrir. Elle afficha un sourire en le voyant trouer la coque d’un navire de guerre.
« C’est pas en abattant un navire que je vais gagner cette bataille… Soupira-t-elle. »
Elle tendit ses bras de chaque côté avec beaucoup de lenteur puis ferma les yeux pour se concentrer.
« Voyons voir si je suis digne de mon titre et de l’enseignement de Stélla ! Dovina rosi stoma ! La lumière et les ténèbres s’allient pour rétablir l’équilibre du monde ! »
Deux sphères d’énergie apparurent dans ses mains. Dans sa main droite, la boule d’énergie était noire avec des reflets violets et semblait attirer à elle toute la lumière environnante. Dans sa main gauche, la boule d’énergie irradiait d’une intense lumière immaculée. Une violente bourrasque se fit sentir. Les nuages dans le ciel commencèrent à tourbillonner et des éclairs frappèrent les navires, y mettant le feu. Sophie rejoignit ses mains et brisa les deux sphères l’une contre l’autre.
« Car la création vient de la destruction ! »
Plusieurs cercles dorés, à peine visible, apparurent devant la Hunter. Ils étaient superposés et frappés par d’ancienne gravure draconnique. Les cercles se mirent à tourner chacun dans le sens opposé à celui qui était derrière lui. Quand les gravures concordèrent enfin, les cercles se stoppèrent et un cercle, encore plus grand que les autres, apparut. Il tourna et se stoppa.
« En ce jour, j’invoque le puissant Ravage !!!! Cria Sophie »
Le grand cercle s’ouvrit et un énorme rayon de lumière se propulsa vers l’armada royale. La puissance était si grande, que le souffle avait fait voler les canons du donjon derrière Sophie. Le rayon était accompagné d’un silence macabre, qui n’était perturbé que par les tirs de canon et la bataille qui faisait rage dans Aiguail. Le ciel, malgré ses nuages noirs d’orage, s’était éclairci d’un seul coup d’une intense lumière blanche. Le rayon percuta un navire le traversant comme s’il n’était qu’une vision brumeuse, puis continua sa progression, détruisant tout sur son passage. Soudain, deux cercles d’or, plus visibles que les autres, apparurent de chaque côté de Sophie. Ils s’ouvrirent puis tirèrent des rayons, plus petits que le premier.
« Voici pour vous ! La face cachée du Ravage ! S’écria Sophie »
Les navires prenaient feu ou étaient vaporisés par le gros rayon de lumière. Puis, Sophie tendit sa main droite vers le ciel, au-dessus de l’armada. Une multitude de cercles dorés parsemèrent le ciel et s’ouvrirent à leur tour. Ils tirèrent leurs rayons et détruisirent l’armada dans sa totalité. Les cercles se refermèrent puis Sophie tomba à genou. Des fumeroles s’élevaient des navires en feu. La mer était jonchée de débris de coque et de corps sans vie. Sophie regretta bien vite d’avoir fait appel à la face cachée de l’Arcane du Ravage. Son corps était complétement meurtri. Des entailles étaient apparues le long de ses bras et elle sentait que son bras droit était cassé. Il pendait mollement, sans que Sophie puisse bouger ne serait-ce qu’un doigt. Stélla l’avait prévenu que cette Arcane était dangereuse et que la puissance dégagée était incommensurable. Mais Sophie avait-elle eu le choix ? Si elle ne l’avait pas fait, la forteresse d’Aiguail aurait été anéantit de chaque côté, alors que là, les Hunters ont encore une chance de vaincre l’armée terrestre du roi. La vue de Sophie commença à se brouiller et, elle se sentait tomber en avant. Sa tête heurta la pierre froide du donjon. La douleur mettait la jeune maitre au supplice mais elle n’avait pu assez de force pour crier. Puis elle sentit une odeur familière qui s’approchait d’elle. C’était une odeur de vieux parchemin mélangé à une odeur d’ingrédient alchimique. La trappe en bois du donjon s’ouvrit et tapa un des créneaux avec violence.
« Me… Mestre… Epal… Demanda Sophie en rassemblant ses dernières forces. »
Le vieil homme s’approcha de sa jeune maitre avec autant de rapidité que lui permettait son grand âge.
« Maitre Sophie, nous allons nous occuper de vous. Ne bougez pas. Répondit le mestre.
- Et pour… Aller où hihi… Ironisa Sophie. »
A la fin de sa phrase, la Hunter toussa en crachant du sang, qui s’étala sur le donjon.
« Où avez-vous mal maitre ? Demanda Epal en faisant signe à deux Hunters de venir.
- Heu… Partout en fait…
- Je vois… Portez la et faites attention à ne pas trop la faire souffrir davantage. Ordonna le mestre aux deux Hunters. »
Les deux guerriers s’exécutèrent puis suivirent le mestre à travers le donjon. Ils descendirent les escaliers jusqu’au hall d’entrée, puis attendirent que Epal revienne avec deux fioles. Le liquide, à l’intérieur, était aussi rouge que le sang de Sophie. Le vieil homme fit boire à la jeune maitre une des fioles, puis demanda aux deux Hunters de le suivre. Soudain un Hunter, dont les habits étaient en charpie, ouvrit la porte d’entrée du hall et s’écroula. Il essaya de ramper vers le mestre. Ce dernier s’approcha de lui et se baissa pour voir ce qu’il avait. Le Hunter lui agrippa le pied droit et l’implora de l’achever… Le mestre fut presque choqué et regarda le corps de plus près. Une grande partit arrière de sa jambe droite avait été arraché jusqu’à l’os et le bas de son dos avait été presque totalement calciné.
« Le… Le donjon est… Tombé aux… Mains de l’ennemi… »
Le mestre lui prit la main et la serra aussi fort qu’il pouvait tout en regardant le guerrier dans les yeux. Puis, il vit la lueur de la vie qui le quittait peu à peu. La main du blessé desserra son étreinte puis tomba sur le sol. Le mestre se leva, la tête baissé, et conduisit les deux Hunters devant une bibliothèque. Un des Hunters portait Sophie, tandis que l’autre avait dégainé son épée et couvrait leurs arrières. Le mestre bougea un gros livre à reliure rouge, vers lui puis un cliquetis se fit entendre.
« Vite mestre ! Pressa le Hunter aux aguets. »
Des cris se faisaient de plus en plus entendre. Ils se rapprochaient à une vitesse effrayante. La bibliothèque glissa vers la droite et laissa apparaitre une ouverture dans le mur.
« Où cela mène-t-il ? Demanda le Hunter qui portait Sophie.
- Ca mène dans les entrailles d’Aiguail. Dit simplement le mestre en pénétrant dans le mystérieux escalier. »
Sophie se mit à bouger brusquement dans les bras du guerrier. Celui-ci la laissa descendre de ses bras puis resta en alerte, prêt à la rattraper si elle venait à flancher. Mais elle ne tomba pas. Son bras droit pendait mollement vers le vide tandis qu’elle suivit le mestre, sans un bruit et sans dire un seul mot. Les deux Hunters les suivirent jusqu’en bas de les escaliers. Le mestre déverrouilla une porte en bois, renforcé par des plaques de fer, puis pénétra dans la salle. Sophie arriva à son tour et n’arrivait pas à croire ce qu’elle voyait. Les murs de cette salle étaient recouverts par des mots en lettres de sang.
« Qu’est-ce que c’est que cette salle… ? Demanda Sophie sans arriver à détourner son regard de ce décor macabre. »
Le mestre se trouvait à l’autre bout de la salle et essayait d’ouvrir une porte.
« Croyez-moi maitre, il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas savoir… Répondit le vieil homme. »
Sophie s’énerva. Elle en avait assez qu’on lui cache des choses. Même l’existence de cette salle lui était encore inconnu jusqu’à ce qu’elle y rentre.
« Je vous ordonne de me répondre, mestre Epal ! »
Ce dernier soupira puis se retourna vers sa maitre. Il avait pris un air grave et triste.
« Je savais que ce jour arriverais avant que je quitte ce monde…
- Quelle est cette salle et que veut dire le mot sur les murs ? C’est quoi un ‘Ethéré’ ?
- Maitre Sophie… Cette salle… Elle fut la cellule de Stélla pendant quelques semaines… Et ces inscriptions sur les murs… Elle les a écrites avec son propre sang…
- Je ne peux vous croire ! S’exclama Sophie. Et pourquoi aurait-elle fait cela ?
- Vous n’avez pas été présente quand cet incident s’est produit… Vous étiez à Spina avec Dame Flora. Mais je peux vous jurer que Stélla n’était plus elle-même. Elle était comme… Folle… Possédé par quelque chose… Elle avait ses bras entaillé de partout, suintant de sang. Votre frère m’avait ordonné de l’examiner de près. Il avait tenu être présent pendant mon examen et maitre Aurore aussi tenait à être là. Au fur et à mesure que j’enlevais les vêtements de Stélla, je découvrais des entailles, des plaies et des hématomes sur tout son cœur… J’avais l’impression qu’elle s’était fait passer à tabac par plusieurs personnes. Et puis… C’était Stélla… Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais. C’était comme voir un ange qui s’était lui-même arraché les ailes. C’était incompréhensible. Pas seulement pour moi mais aussi pour maitre Aurore et votre frère. Quant à ce mot, Ethéré… Personne ne sait vraiment qui ils sont. Pour certains, ils étaient un peuple antérieurs aux dragons et auraient vaincu les Holos pour la toute première fois, pour d’autres ils sont les ancêtres des Holos. Toujours est-il qu’ils étaient des êtres immensément puissants. »
Un bruit d’explosion retentit en haut et toute la structure se mit à trembler pendant quelques instants.
« Merde ! Que se passe-t-il encore ?! Ragea Sophie. »
Les deux Hunters qui assuraient la protection de Sophie arrivèrent dans la salle de puis les escaliers.
« La réserve de poudre, du deuxième donjon vient d’être anéantit ! S’exclama un des deux.
- L’armée royale a complétement détruit toute résistance sur les remparts et le premier donjon. Continua le deuxième. Nos troupes continuent le combat sur le premier pont mais les barricades ne tiendront pas longtemps !
- Et Ser Verak ? Demanda Sophie. Un de vous sait où il est ?
- Impossible de le savoir, maitre. Le chaos règne en haut… »
Sophie baissa la tête de tristesse puis se dirigea en boitant vers l’escalier.
« Où allez-vous maitre ? Demanda le mestre.
- Je vais défendre ma forteresse…
- Vous n’y pensez pas tout de même ! S’exclama Epal. Si vous sortez, vous allez y rester !
- Maitre… Commença un des deux Hunters. Mestre Epal à raison… C’est terrible mais nous ne pouvons pas vous laisser remonter…
- Que dites-vous… Vous oseriez aller contre votre maitre ? Demanda Sophie sans vraiment attendre de réponse. Je vous ordonne de me laisser passer ! »
Les deux Hunters dégainèrent leurs épées et se mirent en garde.
« Votre sécurité est notre priorité. Je vous en prie, maitre, ne nous compliquez pas la situation…
- Nos frères se battent en haut pour défendre chaque parcelle de cette forteresse et pour défendre leur maitre. Ils meurent pour vous permettre de vivre. Mais si vous montez… Si vous mourrez… Alors ils auront donné leur vie pour rien… »
Sophie serra son poing gauche puis grimaça de douleur. Elle en avait assez d’être un fardeau…
« … Alors donnez l’ordre de replie… Finit-elle par dire.
- Se serait nous montrer lâche et considérer que tous les Hunters qui sont morts, jusqu’à maintenant, ont donné leur vie pour rien. Déclara le mestre. L’armée royale bloque le seul accès à la terre. Les Hunters qui défendent nos derniers donjons ne peuvent plus se replier…
- Alors vous voulez que je prenne la fuite en laissant derrière moi mes frères et sœurs Hunters ?!
- Non je vous demande de vivre. Et de nous venger…
- Je…
- Vous devez fuir ! C’est la seule solution ! S’exclama le vieil homme. »
Des bruits de combat et le bruit d’une porte qui claque se firent entendre en haut.
« Les soldats du roi ont percé les barricades ! Constata un des deux Hunters.
- Allez prêter mains forte en haut et assurez-vous de couvrir la fuite de notre maitre ! Ordonna le mestre. »
Les deux guerriers s’exécutèrent et se précipitèrent dans les escaliers. Un des deux revint sur ses pas et donna un pistolet au mestre, puis retourna au combat.
« Attendez ! Revenez ! Cria Sophie. Vous allez mourir si vous y allez !
- Ils le savent… Marmonna Epal en regardant l’arme à feu. Ils savaient qu’ils devraient faire ce sacrifice un jour ou l’autre… Mais ils n’ont aucun regret de le faire. Car ils donneraient volontiers leur vie pour vous. Vous avez été la meilleure commandante de cette forteresse et la plus aimée aussi. C’est pour ces raisons que vous devez vivre.
- Vous venez avec moi Epal ! »
Le vieil homme déverrouilla la deuxième porte de la salle puis l’ouvrit. Sophie s’approcha et vit un petit tunnel, creusé dans les fondations de la formation rocheuse, qui menait à un minuscule quai. Le mestre tira la Némianne hors de la salle puis la mit dans une sorte de cercueil en bois.
« Que faites-vous ?! S’exclama Sophie.
- J’accompli mon rôle. Je vous sauve la vie…
- Venez avec moi mestre Epal… Demanda la maitre avec tristesse.
- … J’aurais voulu que cela se termine d’une tout autre façon mais… Il me reste une dernière tâche à accomplir ici… Et puis… Il n’y aurait pas eu de place pour moi dans votre embarcation… Dit-il en souriant. »
Il posa le couvercle sur le cercueil puis repoussa l’embarcation de sa maitre avec le pied.
« Ne me laissez pas toute seule Epal ! Paniqua Sophie en tapant sur le couvercle.
- Vous ne serez jamais seule maitre. Nous serons tous à vos côté, vous observant depuis le Valhalla… »
Le cercueil dériva. Sophie continuait de frapper le couvercle avec son bras gauche tout en versant des torrents de chaudes larmes. La houle se fit plus forte. La Némianne en conclu que le cercueil avait quitté le quai et ses eaux peu profonde pour l’océan. Elle continua de frapper le couvercle. Soudain, il s’entrouvrit, laissant un mince filet de lumière pénétrer le cercueil. Sophie l’ouvrit complétement et regarda autour d’elle, espérant voir Aiguail. Mais, au moment où ses yeux se posèrent sur son foyer, la forteresse explosa d’un seul coup. Le dernier donjon s’écroula sur sa formation rocheuse. Puis une deuxième explosion détruisit la base de la roche qui soutenait le donjon du milieu. Celui-ci tomba vers le premier donjon et, tel un parcourt de domino, le percuta et le fit chuter à son tour vers la cour intérieur d’Aiguail. Sophie compris ce qui s’était passé. Le mestre avait enflammé toutes les réserves de poudre de la forteresse. Ce qui avait provoqué toutes les explosions et la destruction d’Aiguail.
« Non… Sanglota Sophie en essayant de se convaincre que ce n’était qu’un mauvais rêve. Aiguail… Mes amis… Pourquoi… »
Puis la Myrmidon regarda les épaves de navire et enfin le ciel, qui était redevenu sombre.
« Non !!! Hurla Sophie, comme si elle voulait attirer l’attention des défunts Précurseurs. »
Puis la colère prit le pas sur sa tristesse. Sophie regarda les falaises qui avaient accueilli Aiguail et chercha du regard les étendards d’Alexandre. Quand elle en vit un, elle se leva et prit une grande inspiration.
« Je te tuerais Alexandre !!! Je te traquerais et je te ferais payer pour tout le mal que tu viens de faire ! Je n’aurais pas de repos tant que ta carcasse de chien ne pourrira pas à mes pieds ! Je réunirais une armée si grande que tu ne verras qu’elle sur des lieux à la ronde. J’assiègerais Rabanastre et toutes les citadelles qui accepterons de te cacher puis je les éliminerais toutes ! Je vengerais la mort de mes amis et t’enfoncerais ma lame dans ton cœur tout en énumérant tous les noms des Hunters que tu as tués ! Je le jure sur mon nom et mon titre de Hunter ! Courts ! Enfuis toi loin de moi car tu viens de réveiller la fureur d’une dragonne ! »