Parmi les étoiles

Von lumineusee

51 6 10

C'était le genre de fille rêveuse que l'on aimait regarder. Comme attiré par un aimant invisible. Mehr

1.

50 6 10
Von lumineusee

Mes yeux sont fermés.

Je sens l'écume de la mer s'écraser doucement contre ma joue.

Mes pieds pendent dans le vide en frôlant l'eau glacée.

Elle est belle la mer.
Noir.
Froide.
Insernable.

Un peut comme moi finalement.

À ce moment, je suis bien.
Sereine.
Presque heureuse.

Je dit "presque", parce que, heureuse serait totalement impossible.

Heureuse.
Ce mot sonne faux à mes oreilles.
Comme un lointain souvenir.
Comme une promesse oubliée.

Je m'allonge dans le sable chaud.
Il s'insinue partout en moi.
Dans mes cheveux, dans mon short rose, entre mes doigts, dans ma peau.
Je me noie en lui.

J'observe le ciel à travers mes cils.
Il est sombre et une multitude d'étoiles brillent.
Comme de petites soucoupes argentées.

Un jour, ma mère m'avait racontée que chacun pouvait avoir sa propre étoile.

Il suffisait de l'aimer.

Elle nous protégeait alors, jusqu'à ce qu'elle meurt.

C'est un mensonge.
Le monde est remplie de mensonges.

Je me souviens encore de cette nuit.
J'étais allongée ici, à côté de ma mère.
Il faisait chaud et on sentait la brise matinale.
Je venais de choisir MON étoile.
Je devais avoir huit ans.

J'étais heureuse.

Mais ça, c'était il y a longtemps.
Avant.
Avant que mon père ne nous abandonne, moi et ma mère.
Avant que celle-ci ne commence à boire.
Et surtout, avant que Élisa me laisse.
Seule.
Dans ce monde.

༞༞༞

- Si jamais je dois partir cette nuit...
- Non ! Bien sûr que non ! Tu vas rester ici. Avec moi.
- ...
- Élisa... Promet le moi...
- Hum...
- Promet le moi !
- Promis...

༞༞༞

Nos voix résonne dans ma tête.
Sa voix.
Comme si je venais de l'entendre.
J'aimerais tellement...
Elle me manque. TU me manques.

Je sens quelque chose d'humide rouler le long de ma joue.

Non.
Je ne veux pas pleurer.
Je ne peux pas.
Pas ici.

Je décide de rentrer chez moi.
Je me relève. Lentement.

Du sable s'échappe de mon short et tombe en petite cascade par terre.

La lumière que diffusent les éclairages au bord de la route est terne.

Je vois encore son visage.
Son sourire est immense et ses dents parfaites.
Elle a de grands yeux bruns.

J'accélère et, sans m'en rendre compte, commence à courir.

Je l'ai laissée partir.
Je suis un monstre.
Je suis une ratée.

Mes larmes coulent le long de mes joues.
Je sens leurs goûts salées quand elle s'écrase sur mes lèvres.

Pourquoi ?
Hein, pourquoi tu m'as laissée ?

Mes larmes me brouillent la vue.
Je renifle.

Je n'en peux plus.
Je veux mourir.
Je veux te rejoindre !

- Pourquoi ?

Ma voix est à peine audible.

- Je t'en supplie reviens !!!

Mes baskets frappent l'asphalte de la route.

- Pourquoi t'es partie ? Qu'est-ce que je t'ai fais ?

Mon mascara c'est aggloméré sur mes joues.
Je hurle.

- Reviens !

Je trébuche alors sur quelque chose et tombe durement contre le macadam.
Ma main est écorchée et mon genou en sang.

Ma tête me tourne horriblement.

Je ferme alors mes yeux.

༞༞༞

Je suis assise sur un lit d'hôpital.
Les murs sont blanc.
Il règne une odeur de malade et de médicaments.

Je me tourne et la découvre.
Elle est couchée dans le lit.
Élisa.

Son visage est serein mais ses traits légèrement tendue.
Ses paupières sont fermées.

Une multitude de petits tuyaux s'enfonce dans son bras, sous sa peau.
La poche de sa perfusion est remplie d'un étrange liquide blanc, presque transparent.

Je détourne mon regard et le pose de nouveau sur Élisa.

Mon Élisa.
Ma soeur.
Ma meilleure amie.

Sa peau, avant si parfaitement noir, est maintenant toute craquelée.
Sa tête est dégarni de tout cheveux.

Une autre larme coule.

Je suis faible. Je suis faible. Je suis faible.
Horriblement faible.
Et ratée.

Je prend sa main dans la mienne et la serre.
Je ne veux pas la lâcher.

Jamais.
Plus jamais.

༞༞༞

Je rouvre les yeux.
Je tremble.

Je me relève alors, difficilement et commence à marcher jusqu'à chez moi.

L'air est moite et il règne une étrange ambiance.
Comme si on venait de vider l'atmosphère de toutes sortes de vie.

Perdue dans mes souvenirs, je ne vois pas tout de suite où je me trouve et je reste plantée, bêtement, à quelques mètres d'une porte où la peinture grise s'est écaillée.

Je regarde la maison.
Elle est petite et peinte d'un blanc salit.

Une multitude de ronces et de mauvaise herbe recouvre le petit chemin de terre qui mène à l'entrée. 

Ma maison.
Ou du moins, ce qu'il en reste.

Je me sens étrange.
Comme apaiser par quelque chose.

Je ferme les yeux quelques seconde, souffle, puis pénètre dans la demeure.

Il fait chaud. Horriblement moite.

Je n'aime pas, je déteste même, être chez moi.
Ça me rappelle trop de chose, trop de souvenirs.

- C'est à cette heure si que tu rentre ?

Je regarde brièvement en direction de ma mère.
Elle est mollement allongée sur le canapé, une bouteille de bière à la main.
Un petit filet de bave coule entre ses lèvres.
Ses yeux bruns fixaient un point imaginaire au dessus de ma tête.

- Salle ratée....

Ses quelque mots me sortent de ma rêverie.
Ils me font l'effet d'un poignard enfoncé dans mon coeur.

J'en envie de lui crier que ce n'est pas vrai, que c'est elle la ratée, j'ai envie de lui envoyer sa bouteille à travers la fenêtre, de lui hurler que je la déteste, qu'elle est horrible.    

Mais je n'en fais rien.

Je sais qu'elle a raison.

Que c'est moi la ratée.

Que c'est moi la faible.

Weiterlesen

Das wird dir gefallen

6.1M 142K 163
Entre lui, la cité, la rue et la famille...
51.2K 3.4K 45
Lorsqu'Olivia a perdu son grand frère, Loan, elle a tout perdu. Son repère, sa bouée, mais par-dessus tout, son meilleur ami. Depuis ce tragique inci...
188K 13.9K 63
"Très bien tu veux être mon ami. Je te laisse jusqu'à dimanche 23h59 pour me détester." Elizabeth est différente. Elle n'est pas capitaine des cheerl...
73.4K 3.3K 65
C'est l'histoire de fatma, 22 ans , qui est très peut sociable et vivais à Nice avec sa mère et son petit frère mais malheureusement elle perd sa mèr...
Wattpad-App - Exklusive Funktionen freischalten