Changée (4)
Dédié à Becky9879 pour m’avoir encouragée à écrire aujourd’hui ET pour me donner une idée ou va mon histoire. Je vais nommer une personne Rébecca pour toi, même si ce n’est pas ton nom. C’est assez proche de Becky. Je t’aime!
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Le reste de la soirée était vite passée. Les garçons ont fait un feu de camp, et j’étais obligée d’y être. Il n’y avait pas de douche fonctionnelle, alors je suis allée me coucher après aller dans le lac avec du savon. Je me sentais dégoutante, mais que pouvais-je y faire?
Durant la nuit, je me tournais dans le lit miteux de la cabine. Mélodie dormait dans le lit superposé au dessus du mien, et elle ne bougeait pas, me laissant croire qu’elle dormait. Moi, je tournais d’un bord et de l’autre, essayant de trouver du sommeil.
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Le lendemain matin, je me suis réveillée à la lueur du soleil perçant par les rideaux. Le lit était vraiment inconfortable, et j’avais un petit tortis-colis. Sans faire de bruit, je me suis levée, et je suis allée dans la cuisine. Mélodie dormait toujours, et les garçons étaient encore dans leur chambre, qu’ils partageaient à six. Il y avait trois lits superposés, et quand j’étais plus petite, je me couchais soit dans les bras d’un de mes frères, soit avec Étienne, soit dans mon propre lit, mais dans leur chambre. À l’âge de huit ans, Maman a décidé que j’étais trop vieille pour partager une chambre avec eux. On allait toujours au chalet en famille. Maintenant, on dirait que les gars y vont toujours tous seuls.
Je me suis dévirée, pour voir une horloge sur le mur, indiquant six heures et quart. Je me suis dit que l’horloge était mal ajustée.
Je suis revenue dans la chambre des filles, et je me suis pris des shorts en jeans et une camisole verte. Je me suis dépêchée à me changer silencieusement, pour ne pas réveiller Mélodie. Je suis sortie par la porte patio, et je suis descendue nue pied sur la plage. Je me suis mise à marcher sur le sable tranquillement, rêvant à ma première journée d’école, demain. Que ferais-je? Je ne connais personne.
Je me suis assise dans le sable chauffé, à cause du soleil qui venait de sortir. Je n’étais plus sur la plage près du chalet, mais plutôt près d’un sentier, menant dans des arbres. Je pouvais à peine voir la rue d’ici, mais je savais qu’elle était là.
Je me suis mise à rêvasser, et je n’ai pas vu le temps passer.
« Te voilà, » Étienne me dit, me sortant de mes pensées.
« Hein? »
« On te cherchait au chalet. »
« Oh. Il me fallait de l’air. Je veux revoir mes amies de France. »
« Tu vas t’en faire icitte. Viens, on va au chalet. »
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« Nous allons tous au gymnase pour attendre le discours de bienvenue de la direction, puis nous partons pour nos classes, » Nicolae m’a dit, avant d’aller voir ses amis avec mes frères. J’ai décidé que je n’allais pas rester plantée là, que j’allais me faire des amies, alors je me suis avancée vers une gang de fille.
« Salut, je m’appelle Dannie Lapointe, » je me suis introduite.
« Et alors? » une des filles m’a regardée comme si je n’étais une moins que rien.
« J’aimerais savoir ou aller, pour la classe… La class de Mr. A. Trembley, » je lui ai dit.
« Et j’aimerais que tu foutes le camp, mais on n’a pas tous ce qu’on veut, me semble. » dit-elle en me poussant sur le côté, sa bande d’amies riant comme des connes.
« Elles ne sont pas très fines, » une fille m’a dit, me faisant me dévirer pour la regarder. « J’étais amie avec elles, et j’ai décidé que ça ne valait pas la peine. »
« Ben, merci. Je m’appelle… »
« Dannie Lapointe, je le sais. Je m’appelle Rébecca Fortin, » m’a-t-elle dit. « Et moi aussi je dois aller à la classe de Mr. André Trembley, » m’a-t-elle annoncée.
« Il y a plusieurs ‘Mr. Trembley’? »
« Deux : Mr. Jean-Philippe Trembley, et Mr. André Trembley. »
Nous marchions en silence pour un petit moment, quand Rébecca brisa le silence. « Me semble que je t’ai vue à quelque part… As-tu une sœur? »
« Non, j’ai cinq frères, » je lui ai répondu.
« CINQ? Ça doit être le chaos chez toi, »
« Non, tu t’y habitues, et ils ne sont pas toujours tous à la maison. Je suis la plus jeune, » je lui ai dit.
« Attends, tu est une Lapointe? Genre, la sœur d’Étienne, et les quadruplets? Ils sont les gars les plus populaires de l’école! Sandrine va être jalouse quand elle va entendre qu’elle a rejeté une offre d’être l’amie de la sœur des quadruplets! »
« Sont-ils toujours appelés les ‘quadruplets?’ Pas Tristan, Derek, Nicolae et Jean-Félix? Comme un groupe, et non quatre individus? »
« C’est ça. Personne ne les appellent par leurs noms, mais ils sont toujours ensemble, et plus souvent sans personne d’autre, autre que Étienne évidemment. Une fois de temps en temps, une fille est permise, si elle est une blonde spéciale. Je pense qu’il en a eu deux, et j’ai le sentiment que bien vite, tu vas passer plus de temps avec eux qu’avec moi.
« Non, je les voit assez à la maison. S’ils me veulent dans leur petit group familial exclusif, ils vont devoir t’accepter aussi. »
« Je doute… »
« Ça va… allons en classe. »
J’ai vite appris que Rébecca avait la même classe que moi, mais pas toutes les mêmes classes : ses classes ‘OPTIONS’ n’étaient pas pareilles.
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‘DRRRRRRRRRRRRRIIIIIING’
Je me suis dépêchée vers l’auto, après avoir dit ‘au revoir’ à Rébecca. Tristan, Jean-Félix et Derek m’attendaient déjà, il ne manquait plus qu’Étienne, car Nicolae était arrivé quelques secondes après moi. Nous attendîmes un bon cinq minute pour Étienne, et le stationnement était déjà vide quand il arriva.
« M’excuse, » murmura-t-il en rentrant à l’arrière.
« Trop occupé à embrasser Mélodie? » Derek taquina, le faisant rougir.
« Tu rougis, » murmura-je dans son oreille, le faisant rougis de plus belle.
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Le lendemain matin, je suis rentrée dans l’école pour voir que Rébecca m’attendait à l’entrée de l’école. « Salut! Nous sommes en sciences humaines ce matin, viens, »
« Comment ça ce fait que tu es excitée comme ça? » demandais-je en baillant. Je me suis levée trop top à matin : Nicolae, Étienne et Tristan ont voulu me faire peur. Ça pas fonctionné, et au lieu, ils se sont mis à me pousser hors du lit, et je me suis cognée la tête sur le meuble. Ça n’a pas rendue ma journée meilleure quand Étienne s’est mis à pousser des cris de dégout, après avoir mis la main dans un produit rouge et visqueux dans mes draps : du sang de menstruation. Un bon réveil : j’ai mes règles encore une fois.
« Danielle? » Rébecca me tira de mes pensées
« Huh? Quoi? Oh, ouais? »
« Tu rêvassais. Qu’est-ce qui ne va pas? Rien, mes frères m’ont juste réveillé brutalement aujourd’hui. Laisse, allons en classe. »
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Durant l’heure du midi, Rébecca et moi sommes allées manger à une table, toutes seules. « Tu n’as pas d’autres amis? »
« Non, » dit-elle, d’un air peiné, gêné. « Tout le monde pense que je suis une ‘freak’. »
« Comment ça? »
« Après avoir laissé Sandrine et sa gang, car j’en avais assez du drame, elle s’est mise à répandre des rumeurs. Du genre que j’étais une pute, folle, et qu’elles ne voulaient pas être amies avec moi. Les rares gens qui savaient que je suis partie, et non que Sandrine m’a laissée tomber, trouvent que je suis folle, que j’ai des problèmes. Tout le monde pense que Sandrine et sa gang sont les filles les plus populaires. Ce sont juste des connes. »
« Mais pourtant, tu es la seule fille normale ici, si tu dis que mes frères sont comme les mascottes de cette école… »
« Regarde maintenant, tu vas voir qu’il y a encore deux filles qui essayent d’êtres leurs amies, » Rébecca roula les yeux.
« Salut Dannie, » Étienne vint derrière moi, me faisant sursauter.
« Oh, Étienne, voici Rébecca. Rébecca, Étienne. »
« Salut, » ils se disent mutuellement. « Bon, Dannie, je me demandais si tu voulais venir manger à notre table. Je veux dire, la table de Tristan, Derek, Nicolae, Jean-Félix et moi-même. »
« Je sais pas… »
« S’il vous plait! »
« Je pense que je vais rester ici, avec Rébecca, » je dis, avec une idée en tête.
« S’il vous plait! »
« Non… Je me suis faite une amie. Je ne veux pas la perdre. »
« Allez! Elle peut venir. Maintenant tu n’as pas de raison à dire non! » Dit-il en prenant mon plateau.
« Ben… Ok, je peux bien… » Je mis un petit peu d’hésitation dans ma voix. Ah, que je suis une bonne actrice, sourit-je à l’intérieur.
« Tu as fais exprès d’hésiter, » constata Rébecca quand Étienne prit assez d’avant.
« Oui. Je suis fière de moi, je suis une bonne actrice, » Sourit-je.
« Pas vraiment, je pense qu’il a vu lui aussi que c’était un rôle. »
« Shhh, les détails. » Souris-je.
«Tristan, Nicolae, Derek, Jean-Félix, ça c’est Rébecca, Rébecca, voici mes frères. » Introduis-je fièrement.
« Elle mange ici? » Derek demanda.
« Oui, à partir de maintenant nous mangeons ici. Étienne nous a invitées, et si vous avez un problème avec elle, je part aussi, »
Les garçons firent tous ‘oui’ de la tête.
« Attends, toi tu es la fille rejetée de l’année dernière! » Étienne remarqua soudain, en plein milieu d’une bouchée. J’était contente que le silence fut brisé, mais avant même que la réponse vint, la cloche sonna.