Un matin, je m'éveillai avec une agréable sensation de sérénité. Cette nuit était passée si vite, alors que d'habitude je n'arrivais pas à fermer l'œil... Je mis quelques instants avant de me rappeler où je me trouvais. Puis je me levai et j'ouvris les rideaux. J'admirai la vie sauvage, le petit lac où des cygnes se laissaient glisser, la pelouse grignotée par de petits lapins gris, le bois au loin. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il pouvait être, et je m'en moquais. Je voulais me libérer de tout, même du temps.
Je descendis à la cuisine et j'ouvris les placards pour trouver de quoi me servir un petit-déjeuner. Des céréales, du porridge. Il restait un peu de café dans la cafetière à piston et j'en remplis une tasse que je fis chauffer au micro-onde. Il était agréable de prendre son temps et d'observer le paysage derrière la vitre, tout en dégustant des pancakes. Ici, malgré tout, cela commençait à devenir chez moi.
Le temps passa sans que j'en prenne conscience. Au bout d'un long moment, mes pensées m'entraînant, je sortis me promener près du lac que je voyais depuis ma fenêtre. Au bout de la rue, derrière la maison, un petit sentier prenait le relais et on accédait en quelques minutes à cette étendue d'eau derrière laquelle un bois s'adossait. A mon arrivée, des cygnes s'approchèrent de moi, et des moineaux, des canards, des mouettes rejoignirent l'eau du lac pour s'y désaltérer. Je n'avais rien à leur donner à manger. Je m'accroupis un instant pour les regarder. Au bord du lac, des milliers de pâquerettes tendaient leur cou sur l'herbe encore humide de rosée. Mon regard s'accrocha soudain sur un trèfle à quatre feuilles. Quelle chance ! Je le cueillis, il me porterait bonheur. Un souffle d'air chaud et sucré me traversa et je frissonnai.
Derrière le lac se trouvait un petit bois, dans lequel je m'enfonçai. Sous mes pas les brindilles craquaient, je pouvais sentir l'humus et les herbes fraîchement mouillées ; sous mes doigts l'écorce des chênes était rugueuse, et en levant les yeux les feuilles rendues fluorescentes par le soleil ressemblaient à d'immenses germes de vie.
Après quelques minutes de marche, j'arrivai à une barrière en bois, que j'enjambai. Derrière, un petit ruisseau faisait son chemin. Je le longeai en remontant sur la gauche, jusqu'à ce que j'atteigne un grand champ. Des perdrix s'envolaient devant moi. Je m'accrochais aux chardons, mes mollets se frottaient aux grandes herbes. C'était exaltant de découvrir tout ça juste à côté de chez soi. J'étais heureuse, seule dans la nature. C'était revivifiant, la campagne tout proche, le grand air et ces grands espaces. Je me sentais bien, mieux que depuis bien longtemps.
Lorsque je rentrai, l'après-midi se terminait. La promenade autour du lac m'avait éblouie et exaltée. Alors que je tentais de me résoudre à écrire un mot sur une carte postale pour Guillaume, la porte d'entrée s'ouvrit soudainement et un groupe d'hommes fit irruption dans la pièce.
Mathieu vint à moi :
« Anne, j'ai invité quelques collègues de travail... »
Il y avait un énergumène prénommé Donald, qui était venu avec son journal intime sous le bras, Ben, un écossais roux qui fumait la pipe, Tom, un grand gaillard aux cheveux blonds coupés au carré, portant un grand cardigan et un chapeau style détective privé, et Heinrich, l'allemand à petites lunettes. Alex amena des bières sur la table du salon, et je me joignis à eux. Ils parlaient tous si vite que je ne saisissais rien à leur conversation. Je me tournai vers Ben, et je tentai de lui parler ; il me fit répéter plusieurs fois, lui non plus ne comprenait pas ce que je disais.
« Tu as trop d'accent français. Je comprends rien à ce que tu dis. »
Je souris. Lui aussi avait un accent. Il roulait les « r » à tel point que ça en devenait comique. Je demandai à Donald pourquoi il gardait son journal intime avec lui quand il était en public.
« On sait jamais, on a toujours des choses à écrire.
- Oui, mais devant les gens ? Ça ne te met pas mal à l'aise ?
- Non, au contraire. J'aime bien attirer la curiosité des personnes que je croise, j'aime le fait qu'ils puissent se demander ce que j'écris, comment j'écris. Parfois je laisse mon journal sur une table, et j'attends que des gens le lisent. C'est excitant d'être lu, d'être découvert. »
Il était blogueur, son métier consistait à rédiger des articles en ligne sur divers sujets. Il était rémunéré à l'article. Intéressant. Tom m'adressa la parole :
« Alors, toi, la nouvelle... Comment trouves-tu Lochan Wynd ?
- Bien. C'est sympa ici, ça a beaucoup de charme.
- As-tu été faire un tour près du lac ?
- Oui, cet après-midi justement.
- Fais attention. C'est un lieu chargé de sombres histoires... »
Je ne voyais pas du tout quels mauvais présages pouvaient être liés à un endroit si charmant. Mathieu nous interrompit :
« Déjà une semaine que tu es là, et je suis sûr que tu n'es pas encore allée au pub ! C'est un sacrilège. Allez ! »
Poussée par les hommes, je finis par les suivre. La décoration intérieure était chaleureuse : au sol une épaisse moquette, un plafond peint et illuminé de lampes, de grands miroirs sur les murs, une bibliothèque en fond et une cheminée sans âtre.
Le serveur me regardait avec insistance. J'allai au comptoir commander un remontant.
« Un whisky on ice pour la dame... » m'annonça-t-il en me donnant la consommation, un sourire en coin.
« Merci.
- Française ?
- Ça s'entend tant que ça ?
- Oui. C'est charmant, l'accent français. Très sensuel. »
Je me sentis rougir.
« Vous êtes en vacances ?
- Non, enfin un peu, si on veut. Je suis venue me changer les idées, mais je compte bien me trouver un travail. Mes économies ne vont pas durer éternellement.
- Je vois. Vous cherchez quel type de job ?
- Je ne sais pas encore.
- Revenez me voir, on risque d'embaucher d'ici peu. Notre serveuse nous quitte. »
D'un signe de tête il désigna la jeune fille qui passait un coup de torchon sur les tables. Je remarquai que son ventre était un peu arrondi. Je me sentis soudain mal à l'aise. Lara. Ne pas y penser...
« C'est pas tout à fait ce que je recherchais comme boulot, mais je vous tiendrai au courant. »
Je pris mon verre et je retournai m'asseoir à table avec les autres.
William s'enflammait. Il faisait une thèse en histoire et politique sur St Andrews. Il interrogea Heinrich l'allemand :
« Est-ce que tu te sens coupable que ta nation ait créé un homme tel qu'Hitler ? Comment aborde-t-on cela dans les cours d'histoire ?
- En Allemagne les intellectuels parlent beaucoup de cette période afin de comprendre ce qui a pu se passer, d'accepter et d'oublier, mais la nouvelle génération ne s'en préoccupe pas, elle ne se sent pas concernée, c'est le passé, tout ça, tu vois...»
Je demandai à Alex ce qu'il pensait de St Andrews :
« Ce n'est pas la vraie vie ici. On est comme dans une bulle, dans un endroit hors du temps qui aurait sa propre logique.
- A ce point ? demandai-je. Je ne comprenais pas pourquoi il disait cela.
- Cette ville est une usine à étudiants. On nous organise des excursions, des bals, des rencontres avec des anciens élèves... Nous devons suivre le chemin tracé pour nous et accepter de jouer le jeu.
- Et tu trouves le temps pour étudier, avec tout ça ? »
Il sourit.
« Oui. Je reste parfois à la bibliothèque universitaire jusqu'à 22h... Je sais que je serai récompensé, un diplômé de l'Université de St Andrews est toujours reconnu et sollicité. Mais pour en arriver là, l'université nous soutire de l'argent à la moindre occasion. »
Autour de la table, il y avait des riches et des pauvres, des étudiants et des professeurs... J'avais à apprendre de tous. Ainsi réunis, nous comparions nos points de vue. La discussion s'engagea, sur la philosophie, sur les différences entre les cultures, sur les voyages, le cinéma. Pour donner plus de poids à notre conversation, nous avalions de grandes gorgées de bière.
Le pub ferma ses portes. Je rentrai au 7 Lochan Wynd avec mes nouveaux compagnons. Mathieu était petit et gringalet, fier de son pays natal. Ses cheveux bruns mal coiffés lui donnaient un air d'Einstein. La porte d'entrée n'était pas fermée à clé et comme je m'en étonnais, il m'expliqua qu'ils laissaient toujours la porte ouverte. Je demandai pourquoi, mais il était déjà parti chercher une bouteille de vin. Je m'assis sur les marches devant l'entrée, avec Alex et William. Mathieu revint bientôt.
« Mais c'est infect ! m'exclamai-je, après avoir trempé mes lèvres dans le verre qu'on me tendait.
- Et oui, mais, Anne, on n'est pas en France. Ici, il n'y a pas mieux », m'expliqua Mathieu.
C'était du vin californien. Je n'en avais jamais bu auparavant. Je fus contrainte de parler anglais, pour que William et Alex puissent comprendre. Le vin rendait les mots plus coulants, les choses plus faciles à saisir. Malgré tout, j'étais frustrée d'avoir encore tant de mal à dire ce que je voulais en anglais. Les mots se bousculaient dans ma tête...En français, j'avais des choses à dire, mais au moment de m'exprimer en anglais, le vocabulaire s'amenuisait, et au final je ne sortais que des banalités. Je parlais comme dans les livres, me fit remarquer William. Parler anglais était presque exotique, pour moi ; cela me donnait la sensation d'oublier les choses qui m'étaient arrivées en français.
Il se faisait tard, et je décidai d'aller me coucher. Comme je passais près de lui, Alex m'attrapa le bras :
« Ne verrouille pas la porte de ta chambre. »
Je fis un rêve étrange et intense, qui me laissa troublée à mon réveil. Je rêvai que je marchais sur l'eau, nue, et que sous mes pieds se reflétaient des nuages blancs. Je savais que c'était moi, mais je n'avais plus la même apparence : j'étais blonde et très blanche, les cheveux longs. Derrière moi, je sentais une présence, je n'étais pas seule, mais en me retournant, je ne voyais personne, seulement des arbres. En me penchant sur la face du lac, mes cheveux s'allongèrent pour toucher l'eau, et à ce moment je devins translucide puis liquide, jusqu'à me fondre avec le lac. Depuis le fond des eaux, sans pouvoir en sortir, je voyais des personnes passer près du bois, me chercher sans me voir. Mes cheveux flottaient devant mes yeux, tout autour de moi je sentais le poids de l'eau, et soudain quelque chose me prit la main, je me retournai et je vis Lara, âgée de quatre ou cinq ans, qui me souriait.
Je me réveillai en sueur, la bouche pâteuse, le cœur battant à tout rompre. Je ne reconnaissais pas la pièce. Où étais-je ? Après quelques secondes qui me permirent de reprendre mes esprits, je me levai et tirai le rideau de la fenêtre.
Là-bas, je pouvais distinguer le lac derrière l'épais brouillard, avec les grandes ombres des arbres qui se dessinaient tout autour. J'avais besoin d'air, j'ouvris la fenêtre. De minuscules gouttes fraîches vinrent brumiser mon visage. Cela faisait du bien. J'entendis quelques corbeaux croasser, leur cri se répercutant dans tout le paysage. Le soleil n'était pas encore levé, mais le jour commençait à poindre, diffusant une faible lumière.
Mon regard tomba soudain sur une silhouette qui s'éloignait doucement du lac. Quelle idée de se promener de si bonne heure ! Un retour de soirée bien arrosée ? Je plissai les yeux pour y voir plus clair : c'était une jeune femme en robe de chambre, aux cheveux longs. Peut-être était-elle somnambule ? Elle finit par sortir de mon champ de vision.
Je refermai la fenêtre et retournai dans le lit, mais je n'arrivais pas à me rendormir. Les minutes me semblaient interminables. Le temps me paraissait si long depuis que j'avais perdu mon bébé... La nuit, j'attendais sans savoir quoi. J'ouvris Hamlet et tentai de lire, sans y parvenir : les mots n'avaient aucun sens sous mes yeux. Enfin, j'allumai la télévision et la regardai d'un œil vide.
Le lendemain matin, on frappa à ma porte :
« Anne, le petit-déjeuner est prêt. »
Je descendis en pyjama, l'esprit embrumé et la tête lourde.
Mathieu était assis à table, avec William. Cela sentait bon le bacon grillé.
« Petit déjeuner du dimanche... »
Il y avait des œufs brouillés, du bacon et des pancakes au sirop d'érable. Un régal ! William parlait, mais c'était difficile de se concentrer sur ce qu'il disait, de bon matin. J'avais l'impression que ma cervelle était aussi brouillée que les œufs de mon assiette. Je devais mettre le français sur « off » et l'anglais sur « on ».
« T'as bien dormi ?
- Oui, ça a été, merci. »
Mathieu et William se lançaient des regards silencieux. Puis Mathieu m'expliqua :
« Ta chambre... Elle est longtemps restée vide.
- Tu sais que la maison appartient à la grand-mère d'Alex, qui vit maintenant en maison de retraite... ajouta William.
- Elle a toujours dit de ne pas verrouiller les portes ici.
- Et ta chambre donne sur le lac.
- Donc c'est pour ça qu'elle est restée vide. »
Surprise, ma fourchette en suspens, je leur demandai en les regardant bien dans les yeux :
« Pour ça qu'elle est restée vide... Je ne comprends pas... Pourquoi elle est restée vide ? »
Ils avaient l'air d'hésiter. Mathieu se lança, en français :
« Anne, tu es une chic fille, tu mérites de savoir. Certaines personnes ont décidé quitter la maison après avoir dormi seulement une nuit dans la chambre où tu loges actuellement. Il y aurait des bruits bizarres. On s'inquiète pour toi, c'est tout. Cela fait plus d'une semaine que tu dors ici et tu ne nous as encore rien dit. En plus, depuis que tu es arrivée, on t'a à peine vue. »
J'étais abasourdie.
« C'est gentil, les gars, mais j'ai rien entendu. C'est quoi, un genre de « bizutage » du nouveau colocataire ?
- Mais non, c'est sérieux. Si tu dis que tout va bien, alors tant mieux.
- Je me réveille souvent la nuit, s'il y avait eu quelque chose de bizarre je l'aurais entendu. Il est où, Alex ?
- Il est parti à la messe.
- A la messe ? ».
Seul un haussement d'épaules me répondit. William s'éclipsa. Mathieu alluma une cigarette, puis sortit sur les marches de l'entrée pour la fumer. Je finis mon petit-déjeuner, pleine d'interrogations. Il me faudrait demander à Alex si ces histoires étaient vraiment fondées. La maison de sa grand-mère ? Des bruits la nuit ? Mis à part mes cauchemars et mes insomnies, la nuit rien d'autre ne me dérangeait. Je partis prendre ma douche et lorsque je redescendis, Mathieu n'avait pas bougé, il était toujours assis sur les marches. Je le rejoignis sur le pas de la porte.
Il me vit à peine arriver, tant il était absorbé par une fenêtre du deuxième étage en face.
« Qu'est-ce qu'elle est belle, putain ! »
En plissant les yeux, j'examinai la fenêtre pour voir ce qui la distinguait des autres, mais elle n'avait rien de spécial, elle ressemblait exactement à toutes les fenêtres du bâtiment.
Soudain, une silhouette se dessina dans l'encadrement et je compris. La jeune fille avait de longs cheveux bruns raides comme des bâtons avec une grande frange. Ses yeux d'un vert étincelant, sa peau blanche et ses lèvres rouge cerise harmonisaient un visage anguleux et particulier. On aurait cru un tableau de Picasso. Son rire éclata jusqu'à nous, et Mathieu m'attrapa le poignet :
« Cette fille, c'est une déesse. Je n'arrête pas de penser à elle. Hier elle m'a souri.
- Tu lui as parlé ?
- Non, pas encore... Je ne sais pas quoi lui dire. »
Soudain la porte d'en face s'ouvrit.
« Salut Mathieu ! »
Le jeune homme avait une crête drue au milieu du crâne, une masse de cheveux rouges sur l'hémisphère gauche, bleus sur l'hémisphère droit. Il portait un peignoir de bain, et il avait à la main un lecteur mp3 dont les fils des écouteurs remontaient jusqu'à l'intérieur de ses oreilles. Sa tête marquait le rythme de la musique par de petits hochements saccadés.
« Salut Pete. Ça va ?
- Ouais, ouais, cool. Regarde !»
Il détacha le haut de son peignoir sans pudeur pour découvrir son épaule gauche. Un tatouage tribal entourait son bras et on pouvait deviner que la peau, dessous, était encore un peu irritée.
« Il est cool non ?
- Tu vas rester avec ce truc sur ta peau pendant toute la vie, tu sais ça ?
- Ouais, c'est cool. Ma grand-mère paternelle avait un tatouage de Mickey Mouse sur le haut du sein, ça assurait, même avec sa peau ridée.
- Si tu le dis...
- Ce soir vous faites quoi les gars ? »
Il me fit un clin d'œil avec un sourire en coin.
« On se voit au pub ?
- Ouais, peut-être. » répondit Mathieu.
Pete nous fit un signe de la main et s'éloigna.
« C'est qui ?
- Pete. Le frère de Rebecca. »
Rebecca, le tableau de Picasso.
« Mathieu ?
- Mmh ?
- J'ai réfléchi à ce que vous avez dit. Tout à l'heure, pendant le petit déjeuner. Cette nuit je n'ai rien entendu de spécial, mais par contre j'ai vu quelqu'un. »
Il se retourna :
« Tu as vu quelqu'un ? Dans ta chambre ?
- Non, non... Je fais des insomnies, souvent, et cette nuit encore, impossible de me rendormir... Je me suis levée et j'ai regardé à la fenêtre, et là, j'ai vu comme une ombre qui marchait, c'était une femme je crois. Les cheveux longs.
- Une femme qui marchait dehors... Tu sais, il y a pas mal de monde qui se promène là-bas la nuit. Histoire d'avoir la frousse. C'est un peu lugubre comme endroit.
- Pourtant, j'y suis allée hier après-midi, et j'ai trouvé ça superbe. C'est agréable, il y a des cygnes...
- Tu rigoles, c'est plutôt marécageux et humide... »
Rebecca réapparut à la fenêtre d'en face. Elle coiffait ses longs cheveux noirs qui glissaient sur ses épaules avec grâce.
Mathieu ne m'écoutait plus. Je le laissai à ses rêveries et je rentrai àl'intérieur de la maison pour passer le restant de la journée aux miennes.