On se retrouve pour ce nouvel article dans lequel je vais exprimer mon ressenti personnel face à un phénomène de mode bien présent sur Wattpad : la banalisation d'événements grave ou de récits pornographiques. Tralalalala je vous arrête tout de suite avec ce dernier point : laissez-moi poser mes arguments avant de me jeter Fifty shades of Grey à la figure. Nous pourrons toujours débattre dans les commentaires plus tard, sous réserve de politesse et d'aucun jugement personnel. Pour cet article je vais le séparer en trois parties : je veux d'abord prendre le cas de banalisation de faits graves, ensuite vous faire mon passage sur la pornographie et enfin je vais faire le lien avec ce que je fais sur Wattpad, donner des conseils littéraires pour pouvoir traiter de tels sujets parce qu'évidemment je défends la liberté d'expression. Seulement ne prenons pas à la légère l'approche de ces grands thèmes et malheureusement, il est tellement facile de bâcler un récit volontairement ou non, traitant d'un sujet extrêmement délicat dans l'unique but de faire du clic. On le sait, le trash fait du buzz de nos jours. Mais le buzz ne fait pas de nous des écrivains.
Banaliser des faits graves :
De manière générale, qu'il s'agisse de Wattpad ou non, j'ai eu l'occasion de lire dans ma vie des écrits qui ont hérissé mes poils au point de me faire le même effet que le ferait le crissement d'une fourchette contre de la porcelaine. Non ce n'étaient pas les fautes d'orthographes qui me chagrinaient, c'était bien la façon dont les thèmes étaient abordés. Quels peuvent-être ces thèmes et comment savoir que l'on marche sur des oeufs ? Je vais vous faire une rapide compilation des thèmes qui m'ont le plus choqué du fait de leur banalisation courante :
Le viol - le suicide - le crime - le mariage forcé - le divorce - la maladie - la violence physique - la drogue - l'alcoolisme - la mutilation - la dépression...
La sensibilité d'un individu est une notion très subjective, propre à chacun, et j'en suis consciente. Je ne pense pas être "vieux jeu" du haut de mes 23 ans (...bon 22, je vieillis demain) par le simple fait que je ne suis pas libérée de mes tabous. Il m'arrive d'évoquer certains des thèmes énumérés plus haut dans mes écrits personnels, je sais donc personnellement de quoi je parle. Et bien laissez-moi vous dire que je trouve à la fois ridicule et amateur de servir une soupe à la catastrophe dans l'unique but de saler l'histoire. Ashley et Zayn s'emmerdent avec leur chat, allez on va leur coller une tentative de suicide à chacun et basta. Non, non et non, ça ne fonctionne pas comme ça. Et ce n'est pas non plus la peine de créer un personnage dépressif si dans deux chapitres il sera d'aplomb, la dépression n'est pas la déprime, renseignez-vous sur l'enfer que c'est et le temps que ça dure.
Vos lecteurs, qu'ils soient fidèles ou de passage hasardeusement, ont peut-être vécu l'un de ces faits. Evidemment qu'il est facile de se cacher derrière un pseudonyme sur internet mais vous êtes vous déjà demandé de la peine que vous faites en décrivant une scène de viol ? En refourguant un cancer à la méchante du livre pour l'évincer par le cercueil ? En mutilant votre adolescente pour avoir plus de lecteurs ? Si vous voulez évoquer ces thèmes, et vous en avez parfaitement le droit il n'y a aucune honte à cela, vous vous devez de faire preuve de professionnalisme (même si vous ne l'êtes pas). Sinon c'est la porte ouverte à toutes les dérives. Tout comme un journaliste ne peut pas parler de ce qu'il ne connaît pas sans avoir fait un travail en amont dessus, vous ne pouvez pas piocher dans le chapeau des catastrophes et utiliser le mot sans y ajouter les sentiments et les conséquences d'une manière respectable.
Un dernier point là-dessus : je sens venir les "ouaiiis t'as mis le divorce, tout le monde s'en fout." Oui, j'ai mis le divorce, explications. Prenez un époux 1 amoureux. Prenez maintenant un époux 2 amoureux. Vous les mettez dans le mixer et vous secouez tout ça. Sortez trois bambins, deux chiens et une balançoire. Saucez avec des dimanches en famille et laissez reposer calmement...et puis tout à coup PAF, ça fait pas des chocapics, ça fait un divorce. Résultat : époux 1 et époux 2 se déchirent, le premier bambino joue les médiateurs, le deuxième bambino joue les psychologues et le troisième bambino haït tous les autres parce qu'il se retrouve seul dans son coin. Evidemment, les chiens filent à la SPA, parce qu'à chacun un loyer, on ne joint pas les deux bouts et on vend la balançoire sur le bon coin illico presto. Je peux vous assurer que de manger du surgelé alors qu'on avait passé sa journée à préparer un bon gratin, ça a sacré goût amer. Et les surgelés, on les mange pendant des années si tout se passe bien.
La pornographie :
C'est ici que je vais me mettre les Mesdames Grey à dos. J'en assure la totale responsabilité et suis prête à débattre avec vous mais sachez quelque chose d'important : je n'ai pas lu Fifty Shades of Grey car je n'en ai pas ressenti ni l'envie, ni le besoin, et je ne compte pas faire une critique du livre sans l'avoir lu, je ne compte d'ailleurs pas m'adresser directement ni à l'auteur, ni au livre, ni aux fans. Je parle ici de mon ressenti sur ce que font certains auteurs avec la littérature érotique, c'est à s'en mordre les doigts.
Premier point : l'âge des auteurs ET l'âge des lecteurs. Est-ce que vous pouvez, bon sang, faire marcher votre bon sens moral et sélectionner "oui" dans cette foutue case Adulte à la création de votre oeuvre ? Merci ! La majorité sexuelle en France est à 15 ans, que ça vous plaise ou non. Si vous avez moins de 15 ans et que je vous énerve, je suis désolée mais c'est la loi. Vous n'avez pas le droit de voter en France jusqu'à vos 18 ans, ensuite vous aurez tout le temps de créer votre révolution pour changer cela.
Si vous proposez du contenu pornographique sans avertir votre interlocuteur et qu'un parent porte plainte contre vous parce qu'il a remarqué que Marion, 11 ans, lit du contenu inapproprié tous les soirs en cachette, vous l'aurez dans le baba. Et on ne va pas ouvrir le débat du "si la maman de Marion surveillait sa fille..." parce que dans mon exemple, elle surveille effectivement ce que fait sa fille pour en arriver à se rendre compte du contenu qu'elle peut lire sur une plateforme comme Wattpad.
Second point : connaissez-vous la différence entre un film érotique et un film pornographique ? Le cadrage. On ne verra jamais de plan sur le sexe des partenaires dans un film érotique. Voyez cette subtilité qui vous fait basculer entre un genre et l'autre ? C'est la même chose en littérature. Les mots que vous emploierez décideront de votre genre de récits, rien d'autre. Certains ont réellement envie d'écrire de la pornographie et libre à eux. Dans ce cas il y a des plateformes spécialisées où le lecteur est averti. Pour ceux qui souhaitaient rester poétiques dans l'érotisme et continuer sur Wattpad, travaillez votre style. Faites seulement en sorte d'être en accord avec ce que vous écrivez et de l'assumer pleinement.
Troisième point : est-ce qu'on a besoin de tout savoir ? Je fais parti de ces lecteurs qui, quand ils lisent une belle histoire d'amour, n'ont pas envie de pénétrer (oui j'ai osé) l'intimité de manière trop réaliste. Je sais bien qu'en général je tiens le discours inverse, la cohérence, le réalisme, l'identification du lecteur à travers les personnages...mais on parle de relations sexuelles. Ça reste entre le livre et nous...et les commentaires, les autres lecteurs, et va y qu'on débatte, "tu pensais qu'il en avait une grosse toi ?", "elle s'épile comme moi !". Honnêtement, c'est MON ressenti personnel. Sachez seulement qu'on n'est pas tous ultra réceptifs et en général on ne va pas lire ce qu'on ne veut pas lire. Sauf qu'un lemon est si vite arrivé, sans être prévenu au préalable, et ça m'énerve. Un bon livre que je lis depuis le début, qui me fait ce coup-là sans avertir, c'est un lecteur perdu. Pensez aux lecteurs qui sont gênés comme moi. Ecrivez votre chapitre, mettez y la forme, éclatez-vous ! Mais prévoyez qu'il ne soit pas juste un paragraphe au milieu d'un chapitre quelconque, faites en sorte que celui qui s'y refuse puisse passer outre et continuer sa lecture sans que ça ne dérange qui que ce soit.
Quatrième et dernier point : est-ce qu'on peut écrire une histoire d'amour sans écrire une seule scène de sex ? C'est la question que je me pose au quotidien et qui m'effraie réellement parce que je ne veux pas en écrire et que je me demande vraiment si l'on a encore l'occasion de se faire connaître sans le faire. Mes livres seront lus par mes parents, mes grand-parents, ma sœur, mes amis, mes collègues, mon employeur même. Je n'ai pas envie de faire l'amour littérairement devant eux et je ne pense pas qu'ils liraient ça par plaisir. J'attends vos réponses avec impatience.
Pour en finir avec cet article je vais vous donner mes quelques idées pour vous aider à écrire respectueusement vos thèmes sulfureux afin de devenir des pros du sujet délicat. Voici donc mes conseils :
➔ Sachez de quoi vous parler. Renseignez-vous, mettez-y la forme, soignez le fond.
Si vous n'avez fait aucune recherche sur le sujet et que vous ne l'avez pas vécu, cela se verra à dix kilomètres. Vous ne voulez pas passer pour un amateur, alors faites le travail d'un professionnel.
➔ Ne traitez pas d'un sujet grave s'il est dissociable de l'histoire.
Ça ne sert strictement à rien. Vous ne pouvez pas présenter votre personnage comme une victime d'une agression si son caractère ne s'y prête pas. Votre protagoniste s'est fait agressé, il en subit les conséquences psychologiques et peut-être même physiques au quotidien et pendant un sacré bout de temps.
➔ Restez fins.
La première histoire que j'ai écrite était un mélodrame dans lequel une jeune femme seule, à la rue, survivait péniblement à sa façon et faisait le constat de ses journées chaque soir, assise sur les toits parisiens. Dis comme ça, ça m'inspire. Je vous jure qu'en relisant les conneries que j'ai débitées à l'époque, j'en ai des palpitations. C'est bien simple, quand je ne savais plus quoi écrire, je faisais soit :
a) réapparaître le méchant Stan de l'histoire pour la racketter.
b) lui faire retrouver un jumeau, séparé d'elle à la maternité.
c) la rendre victime d'un énième passage à tabac.
d) un aparté "et si je me suicidais ?"
e) l'entraîner dans une fugue avec une lettre d'adieux (six à son actif).
f) un flashback souvenir avec sa famille adoptive pour chialer un peu plus.
g) la faire retrouver sa mère biologique et écrire disputes sur disputes...
Ça n'arrêtait plus, il y a eu trois livres comme ça. Que ça. Alors certes elle avait trouvé un copain mais même. C'était chiiiiiiiant et loooooourd. On est tous passé par là, souvent par le manque d'expérience. On apprend comme ça. Cela dit un petit coup de pouce ça aide toujours et j'en aurais bien eu besoin alors voici le mien : restez fins.
➔ Restez poétiques dans les scènes érotiques.
Utilisez les champs lexicaux, choisissez bien vos termes, laissez place à l'imagination du lecteur aussi. Cela doit rester un moment d'évasion pour le lecteur, vous devez réussir à le faire rêver. Entraînez vous, de toute façon, à écrire ce genre de scènes avant de vraiment publier.
➔ De la même façon que vous êtes libres d'écrire, laissez au lecteur la liberté de lire ce qu'il veut et de faire l'impasse sur ce qui dépasse ses propres limites.
Facilitez-lui cette impasse et il vous le rendra en lisant la suite.
Je pense avoir pu dire ce que j'avais sur le cœur sans avoir cassé de sucre sur qui que ce soit personnellement et j'en suis contente, je n'écris pas pour ça. Si néanmoins j'ai énervé quelqu'un, je vous demande pardon de l'avoir fait, mon intention n'était pas là. Je souhaitais vraiment évoquer ce fait de société largement représenté sur Wattpad.
On se retrouve vendredi (mon dieu, la semaine défile à une vitesse !) pour un nouvel article intitulé "promouvoir son oeuvre sur Twitter". Je n'ai pas de Twitter pour ce livre là mais rassurez-vous, je sais quand même de quoi je parle, j'essaierai donc de partager avec vous mes expériences. N'hésitez pas à réagir à cet article dans les commentaires, à voter s'il vous a plu et à me suivre sur Facebook "Lulu Marcelle".
A bientôt pour de nouvelles aventures !
Lulu Marcelle