Trois mois.
Cela faisait exactement trois mois que je n'avais pas vu Adrian.
Trois mois depuis cette nuit où il m'avait demandé de lui faire confiance avant de disparaître sous la pluie. Au début, je pensais que ce serait impossible. Impossible de dormir sans repenser à lui. Impossible de passer devant certains endroits sans sentir mon cœur se serrer. Impossible de regarder une voiture noire sans me demander s'il était à l'intérieur.
Puis, petit à petit, les choses avaient commencé à devenir plus simples.
J'avais changé d'université. J'avais déménagé. J'avais supprimé son numéro. Et surtout, j'avais arrêté d'attendre un message.
Je m'étais convaincue que c'était terminé.
Que lui et moi appartenions désormais au passé.
J'étais presque arrivée à y croire.
Presque.
Ce soir-là, je rentrai dans mon appartement vers vingt-deux heures. La pluie frappait doucement les fenêtres tandis que je déposais mon sac près de l'entrée.
Mon nouvel appartement était beaucoup plus petit que l'ancien, mais il était calme. Sûr.
C'était tout ce que je voulais.
Je retirai ma veste avant de me diriger vers la cuisine. Mon téléphone vibra sur la table.
Je me figeai.
Pendant une seconde, mon cœur réagit avant même que mon cerveau comprenne.
Je regardai l'écran.
Numéro inconnu.
Je fronçai les sourcils.
Je n'attendais aucun appel.
J'ouvris le message.
Tu es rentrée.
Mon sang se glaça.
Je relus la phrase.
Puis une deuxième fois.
Une troisième.
Je regardai instinctivement autour de moi, l'appartement était vide évidemment.
Je soufflai avant de reposer le téléphone.
Quelqu'un s'était probablement trompé de numéro.
C'était tout.
Je me servis un verre d'eau et essayai de ne plus y penser.
Deux minutes plus tard, mon téléphone vibra de nouveau.
Tu devrais fermer les rideaux.
Le verre faillit m'échapper des mains.
Je tournai lentement la tête vers la fenêtre.
Les rideaux étaient effectivement ouverts.
Et derrière la vitre...
Rien.
Seulement la rue sombre, les lampadaires et la pluie.
Je m'approchai malgré moi avant de tirer brusquement les rideaux.
Mon téléphone vibra encore.
Cette fois, je n'eus même pas envie de regarder.
Je savais que c'était lui.
Pourtant, mes doigts attrapèrent l'appareil.
Tu as toujours été trop curieuse.
Mon cœur se mit à battre beaucoup plus vite.
Je bloquai immédiatement le numéro.
Puis je posai mon téléphone sur la table et reculai de quelques pas.
— C'est rien.
Ma voix trembla légèrement.
— C'est juste quelqu'un qui s'amuse.
Je répétai la phrase plusieurs fois.
Comme si elle pouvait devenir vraie à force de la prononcer.
Je pris une douche. Je préparai quelque chose à manger. Je regardai même une série pendant une heure.
Je fis tout pour ne plus penser à ces messages.
Vers minuit, je me couchai enfin.
Mon téléphone était posé sur la table de nuit.
Éteint.
Silencieux.
Je fermai les yeux.
Quelques minutes passèrent.
Puis un son me réveilla.
Toc.
J'ouvris immédiatement les yeux.
Mon cœur s'accéléra.
Toc.
Cette fois, j'en étais certaine.
Quelqu'un venait de frapper à ma fenêtre.
Je restai complètement immobile.
Mon nouvel appartement était au quatrième étage.
Personne ne pouvait frapper à cette fenêtre.
Je sortis lentement du lit.
Chaque pas me semblait beaucoup trop bruyant.
Je traversai la chambre et m'arrêtai devant la fenêtre.
Ma main tremblait lorsque je soulevai légèrement le rideau.
Rien.
Personne.
Je soufflai doucement.
Puis je remarquai quelque chose posé sur le rebord extérieur.
Une petite enveloppe noire.
Je reculai immédiatement.
Impossible.
Je ne savais pas comment elle était arrivée là.
Je savais seulement une chose.
Je n'allais pas l'ouvrir.
Je retournai vers mon lit et attrapai mon téléphone. Je voulais appeler quelqu'un.
La police.
Une amie.
N'importe qui.
Mais avant même que je puisse déverrouiller l'écran, une notification apparut.
Numéro inconnu.
Un dernier message.
Ne cherche pas Adrian.
Mon cœur s'arrêta presque.
Puis un deuxième message arriva.
Il te cherche déjà.
Je fixai l'écran, incapable de respirer.
Parce qu'une seule question venait de traverser mon esprit.
Comment quelqu'un pouvait-il savoir que je pensais encore à lui ?