La musique résonnait tellement fort que j'avais l'impression que mon cœur battait au même rythme.
Je souriais.
Pour une fois, je ne pensais à rien.
Je fermai les yeux et laissai mon corps suivre la musique. Mes bras se levèrent naturellement, mes hanches se balancèrent au rythme des basses et, pendant quelques secondes, j'oubliai tout.
Je dansais.
Je pleurais aussi.
Mais personne ne pouvait le voir.
Les lumières de la boîte traversaient mes paupières fermées, laissant apparaître des éclats rouges, bleus, violets. La chaleur de la salle collait à ma peau et les basses faisaient vibrer chaque partie de mon corps.
Je me sentais légère.
Comme un petit flocon emporté par le vent.
Une sensation improbable.
Je souris encore plus, montrant toutes mes dents.
Pas parce que j'étais heureuse.
Parce que c'était plus facile de sourire que d'expliquer pourquoi je dansais ici presque tous les soirs.
Ici, personne ne me demandait ce qui n'allait pas.
Personne ne voulait savoir ce qui se cachait derrière mon sourire.
Sous les lumières de la boîte, je pouvais être n'importe qui.
Une fille libre.
Une fille qui n'avait besoin de personne.
Une fille qui n'avait pas passé son enfance à attendre qu'on vienne la chercher.
Une fille qui n'avait pas appris trop tôt que certaines personnes promettent de rester, avant de disparaître sans se retourner.
Alors je dansais.
Je dansais jusqu'à oublier mon propre prénom.
Jusqu'à ce que mes jambes tremblent.
Jusqu'à ce que mes pensées deviennent silencieuses.
Jusqu'à ce que la musique soit la seule chose capable de me faire respirer.
Puis, soudainement, la musique s'arrêta.
Le silence me frappa de plein fouet.
Et avec lui, tout le poids que j'avais réussi à repousser pendant ces quelques minutes retomba sur mes épaules.
Sans prévenir.
Sans mon consentement.
Mes jambes cédèrent.
Je tombai à genoux au milieu de la piste.
Je baissai la tête.
C'était horrible.
Ce poids.
Cette sensation d'étouffer alors que personne ne me touchait.
J'en avais marre.
Tellement marre.
Je relevai lentement les yeux.
La scène devant moi était floue à travers mes larmes.
Tous ces regards.
Certains me désiraient.
D'autres me jugeaient.
Certains me regardaient avec pitié.
Mais personne ne me regardait avec sympathie.
Personne ne voyait vraiment la fille derrière les lumières, le maquillage et les sourires.
Et pourtant...
Oui.
C'était mon travail.
Et je l'aimais.
Je crois.
Parce qu'ici, lorsque la musique s'allumait, je pouvais enfin respirer.
Dès que les premières notes retentissaient, quelque chose changeait en moi.
Je n'étais plus cette fille fatiguée.
Je n'étais plus celle qui avait peur.
Je n'étais plus celle qui attendait.
J'étais simplement moi.
Ou peut-être la version de moi que j'aurais aimé être.
Je lançai un dernier sourire au public avant de me relever.
Mes jambes étaient encore tremblantes, mais je ne laissai rien paraître.
Je quittai la piste et rejoignis les coulisses.
À peine arrivée, une collègue m'interpella.
— Cinq minutes de pause, lança-t-elle.
Je hochai simplement la tête.
Cinq minutes.
C'était tout ce qu'il me restait avant de devoir retourner là-bas.
Je me dirigeai vers ma petite commode et m'arrêtai devant le miroir.
Je me regardai quelques secondes.
Mes cheveux étaient légèrement défaits.
Mon maquillage avait coulé sous mes yeux.
Je pris un mouchoir et essuyai rapidement les traces de larmes.
Je me plaisais à qui ?
Je faisais pitié à qui ?
Je ne savais même plus.
Je savais seulement que mon reflet me semblait étranger.
Comme si je regardais une fille que je connaissais sans vraiment la reconnaître.
Je fis quelques retouches.
Un peu de fond de teint.
Du mascara.
Un peu de gloss.
Puis je reposai mon maquillage.
Cinq minutes.
C'était largement suffisant pour faire semblant que tout allait bien.
Je m'installai dans le petit canapé au fond de la pièce.
Je ramenai mes jambes contre moi et soupirai.
La musique me parvenait encore à travers les murs.
Étouffée.
Lointaine.
Comme un battement de cœur.
Je fermai les yeux.
Juste quelques secondes.
Mes paupières devinrent lourdes.
Mon corps se détendit peu à peu.
Et comme presque chaque fois que je fermais les yeux...
Je repartais ailleurs.
Je retournai dans cette nuit.
______
J'avais treize ans.
Il pleuvait.
Je me souvenais de cette pluie comme si elle était tombée hier.
Elle était glaciale. Elle traversait mes vêtements et collait mes cheveux contre mon visage. Mes chaussures étaient trempées depuis longtemps et mes doigts étaient tellement froids que je ne les sentais presque plus.
En haut d'un immeuble abandonné, je regardais la vue.
C'était tellement haut.
C'était incroyable.
J'étais surprise de voir autant de personnes, de bâtiments, de maisons, de voitures... Tout semblait si petit d'ici.
Je ne savais plus depuis combien de temps j'étais là.
Quelques minutes.
Une heure.
Peut-être davantage.
À treize ans, on ne devrait pas connaître ce genre de fatigue.
On ne devrait pas avoir cette sensation de ne plus vouloir rentrer chez soi.
Enfin...
Je n'avais même pas de chez-moi.
J'étais abandonnée dans un foyer.
On ne devrait pas regarder le monde autour de soi en se demandant si quelqu'un remarquerait notre absence.
Moi, je me posais cette question.
Et la réponse me semblait évidente.
Personne.
Je baissai les yeux.
Mes larmes se mélangeaient à la pluie.
Je ne voulais plus entendre les voix dans ma tête.
Les cris.
Les portes qui claquent.
Les promesses jamais tenues.
Les « je reviendrai ».
Les « ça ira mieux ».
Les adultes avaient toujours quelque chose à promettre.
Ils étaient beaucoup moins doués pour rester.
Je voulais en finir.
C'était trop dur.
Je n'arrivais plus à continuer.
C'était trop lourd pour moi.
Je fermai les yeux.
Puis j'entendis des pas.
Je ne bougeai pas.
Les pas se rapprochèrent.
Quelqu'un s'arrêta à quelques mètres de moi.
— Tu vas attraper froid.
Je ne répondis pas.
Une seconde passa.
Puis deux.
— Bon... d'accord. C'était probablement une remarque stupide.
Je tournai légèrement la tête.
Un garçon se tenait là.
Il avait environ quatorze ans.
Ses cheveux étaient trempés et quelques mèches collaient à son front.
Il portait un sweat sombre qui semblait beaucoup trop grand pour lui.
Je ne voyais pas clairement son visage.
La nuit était trop sombre.
— Tu peux partir, murmurai-je.
— Je pourrais.
Il ne bougea pas.
Je fronçai les sourcils.
— Alors pars.
— J'y réfléchis.
— Pourquoi ?
Il haussa les épaules.
— Parce que je suis peut-être un peu têtu.
Je soupirai.
— T'es bizarre.
— On me le dit souvent.
Il finit par s'asseoir à quelques mètres de moi.
Il ne me toucha pas.
Il ne me demanda pas de sourire.
Il ne me demanda pas ce qui n'allait pas.
Il resta simplement là.
Après quelques minutes, il demanda :
— Tu pensais vraiment que personne ne viendrait ?
Je regardai mes chaussures.
— Oui.
— Pourquoi ?
Je haussai les épaules.
— Parce que personne ne vient jamais.
Il resta silencieux.
Puis il dit :
— Alors je vais rester.
Je levai les yeux vers lui.
— Pourquoi ?
Il regarda la pluie tomber.
— Je sais pas.
Puis il ajouta :
— Peut-être que ce soir, quelqu'un doit rester.
Je ne répondis pas.
— Comment tu t'appelles ?
Il tourna la tête vers moi.
— Kael.
Je répétai son prénom intérieurement.
Kael.
— Et toi ?
— Naya.
— Naya...
Il prononça mon prénom doucement.
— Ça te va bien.
Je fronçai les sourcils.
— Un prénom, ça peut aller à quelqu'un ?
Il réfléchit.
— Je sais pas.
— Donc tu racontes n'importe quoi.
— Probablement.
Un petit rire m'échappa.
Je me surpris moi-même.
Il sourit.
Puis il se leva.
— Attends ici.
— Pourquoi ?
— Je reviens.
— Tu vas où ?
— Acheter quelque chose.
— Quoi ?
Il me regarda.
— Du chocolat.
— J'aime pas le chocolat.
Il haussa un sourcil.
— Tout le monde aime le chocolat.
— Pas moi.
— Menteuse.
— Je te connais même pas.
— Justement.
Il partit.
Je le regardai disparaître dans la rue.
Quelques minutes plus tard, il revint avec deux chocolats.
Il m'en tendit un.
Je le regardai.
— Il est écrasé.
— Je sais.
— Il ressemble à une semelle.
— Il était vivant quand je l'ai acheté.
Je souris.
Je pris le chocolat.
— Merci.
Il s'assit à côté de moi.
Nous mangeâmes en silence.
Puis je lui demandai :
— Tu fais quoi dehors à cette heure-là ?
— Je marche.
— Sous la pluie ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— J'aime bien.
— T'aimes bien être trempé ?
— Non.
— Alors ?
Il haussa les épaules.
— J'aime bien marcher.
Je souris.
Il était vraiment bizarre.
— Tu habites où ?
— Pas très loin.
— Avec tes parents ?
Il regarda devant lui.
— Oui.
Je ne posai pas davantage de questions.
Il me demanda :
— Et toi ?
Je baissai les yeux.
— Je n'ai pas de parents.
Il ne répondit pas immédiatement.
Il aurait pu dire « désolé ».
Tout le monde disait toujours ça.
Mais lui ne le fit pas.
Il demanda simplement :
— Tu es toute seule ?
Je hochai la tête.
— Oui.
Il regarda la pluie.
Puis il dit :
— Alors ne le sois pas ce soir.
Je le regardai.
Je ne savais pas pourquoi cette phrase me fit aussi mal.
Ou peut-être que si.
Parce que personne ne m'avait jamais demandé de rester.
Personne ne m'avait jamais simplement proposé sa présence.
Il se leva finalement.
— Je dois rentrer.
Mon cœur se serra.
— Tu reviendras ?
Il s'arrêta.
Je regrettai immédiatement ma question.
Il se retourna.
— Je sais pas.
Je baissai les yeux.
Il s'approcha et retira un petit bracelet noir de son poignet.
Il me le tendit.
— Garde-le.
— Pourquoi ?
— Comme ça, tu te souviendras de moi.
Je pris le bracelet.
— Je te le rendrai.
— Non.
— Pourquoi ?
Il sourit légèrement.
— Parce que je veux que tu le gardes.
Je regardai le bracelet.
Puis lui.
— Je te reverrai ?
Il resta silencieux quelques secondes.
— Peut-être.
Puis il partit.
Je le regardai disparaître au bout du couloir, près de l'escalier, puis descendre les marches.
Je ne connaissais presque rien de lui.
Je ne connaissais pas son nom de famille.
Je ne savais pas où il habitait.
Je ne savais même pas à quoi ressemblait réellement son visage.
Mais je connaissais son prénom.
Kael.
Et cette nuit-là, il m'avait donné une raison de voir le lendemain.
________
Je me réveillai brusquement.
J'ouvris les yeux d'un coup, le souffle court, comme si je venais de remonter à la surface après avoir passé plusieurs minutes sous l'eau.
Mon cœur battait encore beaucoup trop vite.
Je portai instinctivement une main contre ma poitrine.
Boum.
Boum.
Boum.
Je restai immobile quelques secondes, incapable de comprendre où j'étais.
Puis la réalité revint peu à peu.
Les coulisses.
Le vieux canapé.
La lumière blanche au-dessus de ma tête.
L'odeur du parfum, de la fumée et de l'alcool qui flottait encore dans l'air.
Et surtout...
La musique.
Elle traversait les murs, étouffée par les portes, mais suffisamment forte pour faire vibrer légèrement le sol sous mes pieds.
Je regardai autour de moi.
J'étais revenue.
Ici.
Dans le présent.
Pendant quelques secondes, j'avais encore l'impression d'être là-bas.
Sous la pluie.
Sur ce toit.
À treize ans.
Avec lui.
Je fermai les yeux et passai une main sur mon visage.
Encore lui.
Toujours lui.
Ce garçon.
Ce prénom.
Kael.
Sept ans.
Sept ans que je faisais presque chaque nuit le même rêve.
Sept ans que cette nuit revenait me hanter.
Sept ans que je revoyais cette pluie, cet immeuble abandonné, ce bracelet noir autour de mon poignet...
Et lui.
Je n'avais jamais réussi à l'oublier.
Je savais seulement qu'il avait quatorze ans cette nuit-là.
Qu'il m'avait trouvée sous la pluie.
Qu'il s'était assis près de moi alors qu'il aurait très bien pu continuer son chemin.
Qu'il m'avait donné un chocolat écrasé.
Un bracelet.
Et surtout...
Une raison de rester.
Parce que s'il n'était pas venu cette nuit-là...
Je serais probablement morte.
Cette pensée me serra la poitrine.
Je baissai les yeux vers mes mains.
Il avait été le premier.
Le premier à me regarder sans pitié.
Le premier à rester sans rien demander en échange.
Le premier à me dire, sans même me connaître, que je pouvais encore donner une chance au lendemain.
Et après toutes ces années, je ne savais même pas où il était.
Je ne savais pas s'il se souvenait de moi.
Je ne savais même pas s'il était encore en vie.
C'était ridicule.
Je ne connaissais presque rien de lui.
Je ne savais pas à quoi ressemblait réellement son visage.
Je ne connaissais pas son nom de famille.
Je ne savais pas où il habitait.
Je ne savais rien.
Et pourtant, une partie de moi continuait à espérer le retrouver.
Comme si quelque part, il m'attendait encore.
Je regardai l'heure sur mon téléphone.
Ma pause était presque terminée.
Je soupirai.
— J'ai besoin d'une cigarette...
Je me levai lentement du canapé.
Mes jambes étaient encore un peu engourdies.
J'attrapai mon paquet posé sur la petite table, enfilai ma veste et sortis par la porte arrière de la boîte.
À peine dehors, l'air froid me fit frissonner.
Je refermai la porte derrière moi.
Le bruit de la musique devint immédiatement plus faible.
La rue était presque vide.
Quelques voitures passaient au loin, leurs phares éclairant brièvement les murs avant de disparaître dans la nuit.
Je m'adossai contre le mur.
Je sortis une cigarette et l'allumai.
La petite flamme éclaira mon visage pendant une seconde.
J'inspirai profondément.
La fumée brûla légèrement ma gorge.
La première bouffée me détendit.
Je fermai les yeux quelques secondes.
J'essayai de chasser le rêve de ma tête.
Kael.
Pourquoi est-ce que je pensais encore à lui ?
Pourquoi maintenant ?
Je secouai légèrement la tête.
Puis j'entendis un petit bruit.
Quelqu'un venait d'écraser une cigarette sur le sol.
J'ouvris les yeux.
À quelques mètres de moi, un homme était appuyé contre le mur opposé.
Je ne l'avais même pas remarqué en sortant.
Il était grand.
Très grand, même.
Il portait un long manteau noir qui descendait presque jusqu'à ses genoux.
Ses cheveux sombres étaient légèrement désordonnés, comme s'il venait de passer une main dedans plusieurs fois.
Une cigarette se consumait encore entre ses doigts.
Il ne semblait pas particulièrement intéressé par moi.
Il regardait simplement la rue.
Je le dévisageai quelques secondes.
Quelque chose chez lui me semblait étrange.
Je ne saurais pas dire quoi.
Peut-être son attitude.
Il avait l'air complètement détaché du monde qui l'entourait.
Comme s'il pouvait rester là pendant des heures sans prononcer un seul mot.
Puis, comme s'il avait senti mon regard, il tourna lentement la tête.
Nos yeux se croisèrent.
Et quelque chose se produisit.
Une sensation étrange me traversa.
Un frisson descendit le long de mon dos.
Mon cœur rata presque un battement.
Je ne compris pas pourquoi.
Je ne le connaissais pas.
Je ne l'avais jamais vu auparavant.
Enfin...
Je crois.
Son regard était froid.
Pas méchant.
Juste...
Distant.
Mais pendant une fraction de seconde, j'eus l'impression d'avoir déjà vu ces yeux quelque part.
Je détournai les miens la première.
Je pris une nouvelle bouffée de cigarette pour me donner une contenance.
Quelques secondes passèrent.
Puis je demandai :
— Vous travaillez ici ?
Il tourna légèrement la tête vers moi.
— Non.
Une réponse.
Simple.
Je tirai une bouffée.
— Vous attendez quelqu'un ?
— Oui.
— Depuis longtemps ?
— Une heure.
Je tournai la tête vers lui.
— Et vous êtes toujours là ?
— Oui.
— Vous êtes patient.
— Non.
Je souris légèrement.
— Pourtant, vous attendez depuis une heure.
Il ne répondit pas.
Je le regardai du coin de l'œil.
Il était vraiment bizarre.
Mais je ne savais pas pourquoi, sa présence ne me dérangeait pas.
Au contraire.
Je repris :
— Vous venez souvent ici ?
— Non.
— Première fois ?
— Oui.
— Alors pourquoi vous êtes venu ?
Il me regarda quelques secondes.
Son regard resta posé sur moi.
— Pour quelqu'un.
— Ah.
Je hochai la tête.
— Et cette personne est en retard.
— Oui.
— Elle a intérêt à avoir une bonne excuse.
Un silence s'installa.
Puis il répondit :
— Il en aura une.
Je haussai légèrement les sourcils.
— Il ?
— Oui.
— Donc c'est un homme que vous attendez ?
— Oui.
Je souris.
— J'espère qu'il en vaut la peine.
Il ne répondit pas.
Je ne savais même pas pourquoi je continuais à lui parler.
Peut-être parce qu'il ne semblait pas vouloir parler à qui que ce soit.
Et j'avais toujours eu un talent particulier pour embêter les gens qui avaient l'air de vouloir être tranquilles.
Je le regardai.
— Vous êtes toujours aussi bavard ?
Il tourna les yeux vers moi.
— Seulement quand on me pose des questions.
— Donc je parle trop ?
— Oui.
Je le fixai, légèrement vexée.
— Vous auriez pu dire ça plus gentiment.
— Tu voulais une réponse honnête.
Je haussai les épaules.
— Pas forcément.
Pendant une seconde, quelque chose changea sur son visage.
Un mouvement presque imperceptible.
Comme un sourire.
Je souris à mon tour.
Puis je demandai :
— Comment vous vous appelez ?
Il resta silencieux quelques secondes.
Son regard se posa de nouveau sur moi.
— Kalen.
Je répétai mentalement son prénom.
Kalen.
Mon cœur se serra légèrement.
Je ne savais pas pourquoi.
Ce prénom me semblait...
Familier.
Je secouai discrètement la tête.
— Kalen...
Il hocha simplement la tête.
— Oui.
Je tirai une dernière bouffée de cigarette.
— Joli prénom.
Il ne répondit rien.
Sympa.
Je regardai la rue devant moi.
Puis lui.
Il était toujours là, les mains dans les poches de son manteau.
Je ne savais rien de lui.
Et pourtant, j'avais cette étrange impression que quelque chose m'échappait.
Je finis par souffler :
— Eh...
Il tourna lentement la tête vers moi.
— Soyez clément avec la personne que vous attendez.
Il fronça légèrement les sourcils.
— Pourquoi ?
Je haussai les épaules.
— Je sais pas.
Je jetai ma cigarette au sol et l'écrasai du bout de ma chaussure.
— Je sais même pas pourquoi je reste à côté de vous.
Il me regarda quelques secondes.
Puis je répondis simplement :
— Sympa.
Je souris.
— Tu parles beaucoup
— Ma pause est finie.
Je me tournai vers la porte.
Ma main se posa sur la poignée.
Je me retournai une dernière fois vers lui.
— À une prochaine fois, j'espère.
Il me regarda sans expression.
— Mieux pour toi : à jamais.
Je restai silencieuse une seconde.
Puis un sourire apparut sur mon visage.
— Quel charmeur...
Je secouai la tête et ouvris la porte.
La musique m'envahit immédiatement.
Avant de rentrer complètement, je jetai un dernier regard derrière moi.
Kalen était toujours là.
Immobile.
À sa place.
Comme s'il n'avait jamais bougé.
Je refermai la porte.
______________
Coucou tout le monde 🥹❤️
Je sais, j'ai été absente beaucoup plus longtemps que prévu... je suis vraiment désolée.
Merci à ceux qui sont encore là et qui continuent de suivre mon histoire malgré mon absence. 🫶🏻
Je suis enfin de retour, et j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.
Promis, cette fois, je vais essayer de ne pas disparaître aussi longtemps. 😭❤️