Indestinés

By mrs-banger

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L'amour est beau ...Oui, l'amour est beau, jusqu'au moment où il commence à devenir une épreuve. Aimer ne rim... More

🎀
Prologue
Doutes
Doutes 2
Cachotteries
Rupture
Querelles et Réconcilation
Déception
Consolation
Briefing
Le pardon
Découverte
Decouverte 2
Decouverte 3
Jaloux ?
Puce à l'oreille
Debrief
Bon Korité ♥
Surprise
Altercation
Mémorable
Memorable 2
Memorable 3
Alliance
Choc
Le Karma
Le karma 2
Le Karma 3
Confrontation
Confrontation 2
Blessé
Blessé 2
Pris au piège
Ennuis Sur Nous
Ennuis sur Nous 2
Ennuis sur Nous 3
Drama
Drama 2
Réconciliation
Reconciliation 2
Un regard sur l'amitié
La Pénitence des hommes
Engouement
Affrontements
Affrontement 2
Retour sur le passé
Frustration
Lourd échange
Lourd échange 2
Confusion
À coeur ouvert
À cœur ouvert 2
Désillusion
Troubles
Troubles 2
Peine
Mésentente
Étincelles
Soirée sanglante
De Retour
Avant la Tempête
Qu'à un fil
Égo & Co
Égo & Co 2
Égo & Co 3
Égo & Co 4
Secret dévoilé
Secret Dévoilé 2
Secret Dévoilé 3
Un peu de recul
Un peu de recul 2
Bond en avant
Post baiser
Post baiser 2
Post baiser 3
Concertation
Concertation 2
Concertation 3
Concertation 4
Concertation 5

La Penitence des Hommes 2

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By mrs-banger


Suite
Point de vue Mamadou
••

   Je me racle la gorge puis commence à dire à Daba :

— Je tenais avant toute chose à m'excuser. Je t'ai fais tant de mal, et je m'en excuse énormément.

Titillée par mes mots, elle esquisse un sourire amer et me dis :

— Tu ne sais même pas à quel point ...

Oui, je ne le sais pas mais je commence à avoir une idée. Avant que je ne puisse reprendre, elle me demande en croisant les bras, :

— As-tu conscience du nombre de fois où j'ai souffert de ton absence, de cette distance que as instauré entre nous ? De ce défaut de communication que tu as créé ?

Assailli par la honte, je baisse la tête. Non, je ne le sais vraiment pas mais j'imagine, que c'est incalculable.

— Tu sais, reprend-elle, j'ai essayé maintes et maintes fois de me rapprocher de toi, de savoir ce qui n'allait pas. Je croyais que tu avais des problèmes, c'est pour ça que je ne t'ai jamais brusquer. J'étais persuadée qu'il y'avait une raison valable derrière ton étrange attitude. Je te faisais confiance. J'étais bien loin de me douter, que pendant tout ce temps, tu allais plus que bien et que tu étais au contraire entrain de t'amuser avec une autre fille.

Je secoue la tête :

— Je te promet que je ne m'amusais pas avec une autre fille ...

— Alors que faisiez vous exactement ? Tu veux me faire croire que j'ai tord ? Que mes yeux ce sont trompés ? Que ce que j'ai vu et ce que je crois sont complètement différents ?

— Je sais que tu as du mal à y croire mais je t'assure que tel est le cas.

— Foutaises !

— Écoute moi, je te promet que je ne te mens pas.

Elle secoue la tête simplement, sans un mot de plus. Je la jauge et je vois une personne épuisée mentalement, épuisée de cette relation, épuisée de ma personne. On dirait même, que le fait de me regarder lui est insoutenable au point où elle évite de le faire. Mon cœur se serre. À ce stade, je dois la dégoûter.

Afin de lui remonter le morale, je trouve judicieux de lui dire,

— Tu as raison, tu as été une copine exemplaire. Je suis parfaitement d'accord lorsque tu dis que tu as toujours essayé de t'impliquer dans ma vie, de te soucier de moi. C'est vrai, tu n'as jamais rien voulu que de me témoigner ton soutien, d'être là pour moi. Je t'assure, j'ai bien vu tout les efforts que tu faisais, tes appels, tes messages ... Je sais même que tu n'arrêtais pas de demander de mes nouvelles à mes amis ...

Elle secoue la tête et me dis amèrement :

— Je ne penses pas que tout ça t'ai importé. Toutes ces choses que j'ai faites pour toi, tout cet l'intérêt que je te portait, l'amour que je te vouait, je ne pense pas que ça t'ai importé ne serais-ce qu'une seule fois. D'ailleurs, je me demande même si cette relation ai déjà compté pour toi ...

— Elle a compté, je réponds aussitôt, je te l'assure.

Elle glousse, à la limite amusée par mon audace.

— Eh bah ce n'est pas ce que tu m'as montré, me dit-elle. Tu sais ce que je pense ? Je pense que si tu y croyait vraiment, que tu me considérai réellement comme ta copine, tu aurais fait de moi ta confidente et tu m'aurais tout dis. Tu n'aurai pas eu de secrets pour moi, duma tok bay lacc ci lan nga neik. En tant que ta copine, so amei problem warnga wara mana ñieuw bacci mane nga diss mako wayei dara, Mamadou mane xamalumala dara. Je n'ai aucune idée de ce que tu vis, je ne sais pas ce que tu endure. Et pourtant j'ai essayé, j'ai fais tout ce que je pouvais pour que tu me parles, en vain. Tu as cessé de me rendre visite, et tu ne réponds même plus à mes messages.

J'ai honte de le réaliser, mais j'ai vraiment été un piètre petit ami.

— Es-ce cela ta définition d'une relation ? me demande t'elle alors que j'ai toujours la tête baissé.

J'ai si honte ... Je n'ose plus la regarder.

— Xana sa xarit sax dinga waxtanak mom, dingako diss say soxla ? ajoute t'elle.

Le plus amusant, c'est que j'ai également du mal à parler de mes problèmes à mes amis. La preuve , une seule personne est au courant de ce que j'endure et il s'agit effectivement de Madou. Mis à part lui, je n'en ai parlé à personne d'autre et même lui, il ne l'aurai certainement pas su s'il ne m'avait pas tiré les vers du nez. ... Voyons ! C'est quand-même malheureux.

Pour une fois, je me remet en question. Je réalise que j'ai vraiment tord, tord sur tant de choses, tant de détails. La personne que je suis, ma personnalité, fait que j'ai du mal à m'exprimer, à parler aux gens de mes problèmes. J'ai du mal à partager ce que je vis avec mon entourage, à les permettre de s'immiscer dans mon quotidien et d'en savoir davantage sur moi. Mais pourquoi donc ? Pourquoi ? Comment se fait-il qu'une personne sensée ai autant du mal à se laisser aider ? Serait-ce possible que je crois me suffir à moi même ? Pourtant, je suis conscient d'avoir besoins de soutien, étant dans les moments les plus dures de ma vie. Mais, pourquoi donc j'éprouve ce blocage malgré tout ? Pourquoi ? Pourquoi je n'arrive pas à m'ouvrir au gens ? À leur permettre d'être là pour moi ? Pourquoi je rejette systématiquement tout les gens qui tiennent à moi ? Que m'arrive t'il au final ?

Daba me sort de mes pensées en me disant, :

— De toute façon, tout ça n'a plus d'importance. On n'est plus ensemble.

Je lève la tête pour la regarder. Elle a l'air si découragée, si exténuée. Sans nulle doute, elle a déposé les armes. Mais qui d'autre ne l'aurait pas fais à sa place ? Je ne mérite pas que quelqu'un se batte autant pour ma personne. Je ne mérite pas autant d'espoir, mon cas est perdu d'avance. Je ne peux pas lui en vouloir d'abandonner, ses raisons sont valables.

Sentant que le silence risque de s'éterniser, j'y met un terme en lui disant :

— Je ne sais pas quoi te dire. Dans toute cette histoire, tu es la seule a avoir raison. Effectivement j'ai tord, j'ai merdé. Tu étais une perle entre mes mains et je n'ai pas su en prendre soin. Tu ne voulais que me rendre heureux, mais c'est moi qui ai fini par te rendre malheureuse. Je t'ai gardé auprès de moi alors que je n'étais pas capable de m'occuper de toi. Et au lieu de te laisser partir, je t'ai encouragé à te battre pour un combat perdu à l'avance.

Nos regards se croisent et je vois que ce que je dis ne lui fais ni chaud ni froid. Je lis sur son lyrisme que m'écouter est une perte de temps et elle a raison, il est exacte qu'elle a déjà donné plus qu'il ne le fallait pour moi.

J'inspire un bon coup et lui dit, avec sincérité :

— À vrai dire, je t'avoue que je n'étais pas conscient de ton implication, d'à quel point cette relation était importante pour toi. D'ailleurs je me rends compte que tu as été meilleure que moi. Tu n'as cessé de te soucier de moi même lorsque je t'ai rejeté.

Je secoue la tête, outré de mon propre attitude.

— J'ai vraiment été une sale ordure avec toi, dis-je. Je te demande pardon, pour toute la peine que je t'ai causé.

Elle ne répond pas, me laissant continuer ma tirade :

— Daba tu as été une copine exemplaire. Le problème n'a jamais été toi comme tu le sais, ça a toujours été moi. Je suis le souci. Et c'est vrai que je fais face à tellement d'épreuves dans ma vie actuellement, que je n'ai plus la tête à des relations amoureuses.

Elle sourit amèrement et réplique :

— Tu as des problèmes, je le comprends. Mais je ne comprends pas que tu ne puisses pas les partager avec moi. Moi, ta copine. En faite, c'est ce qui me confirme une fois de plus que je ne suis pas si importante à tes yeux. Tu te serai confié à moi si tu me considérai réellement comme ta petite amie, puisque je ne vois pas l'intérêt que tu dises être avec moi si tu ne daigne même pas à compter sur ma personne dans les moments difficiles. Je t'aurai soutenu tu sais ? Mais décidément, toi, tu n'as rien compris au concept de relation.

Je l'écoute continuer :

— On ne se met pas en relation uniquement pour le principe de dire que ki sama copain la wala ki sama copine la, nono. Une relation rime également avec le fait de pouvoir compter sur l'autre, de pouvoir trouver une oreille attentive en lui quand on en a besoin, d'être soutenu par lui. Une relation consiste au fait de pouvoir être là quand l'autre en a besoin, de pouvoir le soutenir, de pouvoir lui prouver qu'il n'est pas seul. Une relation c'est de pouvoir compter sur quelqu'un. C'est ça une relation, mais j'imagine que tu ne le sais pas encore une fois, étant donné que tu m'as largement prouver que tu n'as pas besoin de moi, que je n'étais en couple qu'avec mes illusions.

Elle secoue la tête négativement et ajoute :

— J'ai perdu du temps avec toi, à croire en une relation qui était déjà vouée à l'échec depuis le début.

Je hoche la tête avec regret :

— Je suis désolé pour tout ça ...

Elle lève les yeux au ciel, faisant transparaître son ennuis.

— D'ailleurs, je reprends malgré cela, je sais qu'il n'y y'a plus rien entre nous mais, je tiens quand-même à t'assurer encore une fois que je ne t'ai pas trompé, ne serais-ce qu'une seule fois depuis qu'on n'est ensemble.

— Dit-il ... souffle t'elle simplement en tournant la tête.

— Je te l'assure. La fille avec qui tu m'as trouvé hier soir était notre bonne, elle s'appelle Aïda. Il ne se passe rien entre nous. La vérité c'est qu'elle est venu hier nous amener à manger et elle en as profité pour me prêter un peu d'argent afin que je puisse régler nos factures.

À cela son visage de décompose. Elle siffle :

— Tu lui a demandé de l'argent ? À elle ? Alors que moi, TA copine, je suis là ?

Oh ! Encore une mésentente. Je me hâte de rectifier :

— Non je ne lui ai rien demandé, elle en n'a pris l'initiative.

Heureusement, cela réussi à la calmer. Mais ce n'est pas pour autant qu'elle se retienne de jouer les suspicieuses.

— Ah bon ? fait t'elle d'un air dubitatif. Elle t'a prêté de l'argent aussi facilement, et tu veux me faire croire qu'il ne se passe rien du tout entre vous ?

Elle glousse et continue :

— Pour quelle raison quelqu'un ferait preuve d'autant de bonté ? Sans aucune contre partie ?

— Ma mère a fait beaucoup pour elle du temps où elle était notre bonne, je lui explique , c'est d'ailleurs la raison pour laquelle elle fais tout ça pour nous, elle se sens redevable envers elle.

— Et c'est tout ? s'enquiert-elle. Je te rappelle que je vous ai également trouver très proches, les mains entrelacées ?

— Elle me suppliait de prendre l'argent, je réponds au tact.

Elle lève à nouveau les yeux au ciel, ne croyant pas un seul mot de ce que je dis.

— Oui c'est ça, murmure t'elle. Prend moi pour une conne.

Je pousse un soupire.

— Écoute, je commence, je ne te demande pas de me croire. Je tenais simplement à te le dire, au moins pour que tu saches. Pour le reste, l'essentiel c'est que je suis quitte avec ma conscience. Je sais que je ne t'ai jamais trompé.

— Même si tu ne l'as jamais fait cela n'empêche que tu m'as beaucoup fais souffrir ça relève du même, relève t'elle du tic au tac.

J'acquiesce de la tête.

— Je sais, dis-je, et je m'excuse encore une fois. Je suis désolé.

Elle secoue négativement de la tête en desserrant ses bras.

— Ne le sois pas, me répond-elle alors. C'est moi qui suis plutôt désolé d'avoir été assez naïve pour te donner mon cœur.

Ses mots me heurtent de pleins fouet. Je suis abasourdi par leur violence. Alors que j'essayais de trouver quelque chose à répondre, elle me dis :

— Va t'en, on n'as plus rien à se dire. De toute façon ci adina, xawma ak kan lay donaat deh, wayei dotoul manak yaw.

Sans me laisser le temps de contester, elle tourne les talons, me laissant bouche-bé, fixant sa silhouette disparaître tout en étant torturé par le poids de ses mots.


Plus tard, 18h
Point de vue de Ibrahima
••

Je venais de mettre mes baskets. Vu que ce soir je n'ai pas de séance d'entraînement à l'agence, j'en profite pour courir un peu. D'ailleurs je vais voir la bonne à la cuisine et lui annonce :

— Clara, je sors.

— D'accord, à tout à l'heure.

Sur ce, je m'en vais. Une fois dehors, je passe plus de 30 minutes à faire mon footing et lorsque je fini, je décide de faire un petit détour.

Je débarque devant la maison de Jeanne. Je voulais la voir donc je lui envoie un message où je lui dis que je l'attends devant chez elle et que j'aimerais la voir. 30 minutes plutard, après m'avoir fais bien poireauter, elle débarque avec le visage fermé. Elle se tient devant moi et croise les bras.

— Qu'es-ce que tu veux ? fait-elle sèchement.

— Je suis venue m'excuser. Je suis désolé pour hier.

— Tu n'avais pas besoin de venir. Je ne veux pas que tu t'excuse si tu n'y pense pas un mot !

— Non, je suis sincère. Je suis vraiment désolé.

Elle détourne la tête, n'y croyant pas un mot. Je reprends alors :

— Écoute, je ne vais pas te le cacher, j'ai vraiment apprécié la soirée qu'on n'a passé ensemble. J'ai aimé être avec toi. Cela faisait un moment que je ne m'étais pas senti aussi ... bien.

Elle pose à nouveau son regard sur moi, à nouveau intéressée par ce que je dis.

— Alors pourquoi tu agis comme ça ? me demande t'elle.

— Je te l'ai déjà dis, c'est moi le problème.

Elle souffle. Je ressens alors son agacement. Je reprends :

— J'ai vécu des choses, terribles dans ma vie. Ce qui fait qu'aujourd'hui, j'ai du mal à me laisser aller.

Elle fronce les sourcils :

— Mais de quoi as-tu peur ?

Je prend une seconde avant de lui répondre :

— J'ai peur de souffrir.

Elle m'écoute reprendre :

— J'ai peur de m'attacher et qu'une nouvelle fois encore, on m'abandonne.

Comme si ces mots suffisait à briser sa garde, elle baisse les bras et me dit avec un ton suave :

— Mais je ne compte pas t'abandonner.

— Peut-être, tu as certainement raison. Mais je ne sais pas. Je pense que je ne suis pas encore prêt à donner mon cœur à nouveau.

Ce que je dis semble alors la refroidir. Aussitôt, elle croise à nouveau les bras arbore à nouveau son air las. Voyant qu'elle comptait se taire, j'essaie de la faire parler.

— Dis moi quelque chose.

Elle fronce les sourcils en me regardant.

— Tu veux que je te dise quoi ? fait-elle, irritée. Tu viens de me dire que tu n'es pas pret à te mettre en couple, que veux-tu que je te dise ? Que veux-tu que j'y fasse maintenant ?

Je la fixe, ne sachant que dire. Elle reprend :

— Tu n'es pas prêt, tant mieux. Je ne vais pas te forcer à te mettre en couple avec moi. Tu as besoin de temps pour guérir de tes blessures et blabla, d'accord ! Il n'y y'a aucun problème.

Oui, il ne devrait plus y avoir de problèmes ...

— Prend le temps qu'il te faudra, rajoute t'elle. Pendant ce temps, moi je vais voir ailleurs et je vais passer à autre chose tout simplement.

Je la regarde simplement, ne sachant plus quoi dire. J'ai l'impression que cette histoire commence à être bâclée.

— Maintenant que tout est dit, reprend-elle, cette discussion peut s'arrêter là. On n'a plus rien à se dire donc, tu peux rentrer chez toi. Ce n'était même pas la peine de venir, j'avais déjà compris tout ça.

Sur ce, elle tourne les talons et s'en va. Je reste stoïque, ne sachant plus quoi faire. Comment agir ? Je dois être heureux ou en colère ? Je ne sais pas. Je n'étais pas prêt à me mettre en relation, alors je devrais certainement me réjouir. Mais alors ? Pourquoi je n'y arrive pas ? Pourquoi j'ai l'impression, d'avoir perdu quelque chose. Aurais-je préféré me mettre en couple avec elle ? Sincèrement, je désire la rattraper et lui dire que j'ai changé d'avis. Cela voudrait il dire que je l'aime ?

Je ne sais pas si c'est le cas mais pour dire vrai, je n'ai pas envie de la perdre.


20 h
Point de vue de Madou
••

Après le départ de Ibrahima, je me suis retrouvé seul, avec personne pour me tenir compagnie. Mes frères sont sortis. Mon père est occupé avec ses affaires de marabouts au téléphone et ma mère et Jojo sont dans la cuisine. D'ailleurs, vu que je m'ennuyais, j'ai décidé d'aller embêter ces dernières.

Je me lève du canapé. J'ai un peu le tournis mais comparé aux premiers jours, ça commence à aller mieux. J'ai mal partout sur le corps mais j'arrive quand-même à me déplacer. Il faut juste que j'évite de faire des gestes brusques pour ne pas réveiller la douleur de mon bras et de ma tête.

J'arrive en cuisine. Je salut Jojo et ma mère puis va directement vers les frittes qu'elles avaient poser sur un plateau. Ma mère qui me connait assez bien, intercepte aussitôt ma main curieuse :

— Arrête ! fait-elle en me tapant sur le dos de la main avec la cuillère qu'elle tenait.

Je repose la frite que j'avais prise en faisant une petite moue.

— Mais j'ai faim moi ...

— Nga xar ba rer bi paré ! elle réplique. Ténga délou fanga jiuguer, défo fi dara. Yaw da melni sa agression bi dala geuna xiif lo.

Frustré, je croise les bras.

— C'est injuste, je murmure.

— Xalébi mano guen sama wagn bi ?

Je ne réponds pas. Au même moment, mon père débarque dans la cuisine.

— Nangeine déif ? nous salut il.

Avant qu'on ne puisse répondre, il s'en va également prendre une frite sur le plateau. En le voyant faire, ma mère ouvre grand la bouche.

— Qu'est-ce qu'il y'a ? demande mon père en voyant sa réaction, ne comprenant pas l'erreur qu'il venait de faire.

— Elle vient de m'interdire de toucher à ses frites, je lui explique en me tenant la taille.

— Wa mane damay wadjia jiommi wala ? se met elle à dire.

Moi et mon père on se regarde, sentant les histoires arrivés.

— Wa guein lein sama wagn sax ! fait-elle soudainement en se levant.

Avant d'obéir, je me permet de dérober une dernière fois une frite.

— Wa Madou mbi dou deig yein ? s'insurge ma mère en se tenant la taille.

Jojo qui regardait toute la scène jusqu'ici se met à rire.

— Mère dama xiif, dis-je.

— Yaw ya xiif ? répète t'elle. Yaw minga xamni binga xeuyei batay yangui deureukh ? Doma dimabali ?

— Dafa febar, bayil jiammoul, me défend alors mon père.

Ma mère lui lance un regard meurtrier, le faisant aussitôt lever les mains pour s'excuser.

— Wa baxna guein lein rek yein sama wagn, nous chasse t'elle. Xawma foleine xiffé. Ni ngein di deif rek kouleine guiss fokni doleine leik alors que yeina daxa ñioukh ci Sénégal.

— Mingi beuga moche deh ... je murmure en allant vers la porte.

— Guein lein la wax ! fait-elle en levant sa louche.

— Bon moi je sors au passage, fait mon père.

— Na sa nguelaw nangou ( Bon vent ) ! lui répond-elle simplement.

Il se dirige vers la porte. Me rappelant soudainement d'une chose, je l'interpelle :

— Papa attend !

— Oui ? fait-il en s'arrêtant. Lou xewati ?

— J'ai un service à te demander.

Il revient vers moi en fronçant les sourcils :

— Dis moi.

— Tu te souviens de Mamadou ?

— Mamadou ? Quel Mamadou ?

— Mamadou Diop, mon camarade de classe.

Il prend un instant à se rappeler :

— Ah oui Mamadou ? Oui, je me rappelle de lui. Qu'es-ce qu'il y'a ? Il lui est arrivé quelque chose ?

Je hausse les épaules.

— Plus ou moins, dis-je.

Il plisse les yeux, perplexe :

— Qu'es-ce qu'il y'a ?

— Au fait, je commence, il a des problèmes au sein de sa famille actuellement. Sein keur ins bi dangay warou.

— Comment ça ? fait-il.

— C'est son père, je lui explique. Il s'est réveillé un bon jour et il a commencé à avoir des comportements bizarres.

— Des comportements bizarres ? répète t'il avec un sourcil froncé. Que veux-tu dire par là ?

— Il a rencontré une femme et depuis, il a changé complètement. À cause d'elle, il a quitté sa famille. Il passe son temps à lui courir après et il ne vit même plus chez eux.

Étonné, il écarquille les yeux.

— Loy wax ni ? fait-il.

— Billay yaw ni deih la deimé, j'affirme en secouant négativement la tête. Et je m'inquiète sérieusement pour lui et sa famille. Je commence à me demander s'il n'a pas été marabouter au final ...

Il hoche la tête, du même avis que moi.

— Cela se pourrait bien, me dit-il en croisant les bras. Les femmes sont capables de toutes choses.

— Je pense également ...

Il secoue la tête, complètement abasourdie par ce que je lui ai dis.

— Pourrais tu y faire quelque chose ? je lui demande, mon ton trahissant mon inquiétude.

À ma question, il arbore un air soucieux.

— Que veux-tu que je fasses ? souffle t'il.

— Nga déif Listikhar, je propose. Nga xol s'il y'a quelque chose derrière toute cette histoire, si possible ...

Mon père garde le silence, prenant un instant pour réfléchir à ma demande. Je le regarde alors peser le pour et le contre. Me demandant pourquoi ça prenait autant de temps ... Finalement, il hoche la tête et me dit :

— D'accord, il n'y y'a pas de problèmes. Je vais essayer de voir ce que je peux faire. AK lumci manti doon rek, après dinala revenir.

J'esquisse un sourire et hoche la tête.

— D'accord papa, merci beaucoup.

— Bon je vais y aller maintenant, à tout à l'heure.

Il s'en va de la maison. J'allais également retourner dans ma chambre lorsque la porte se rouvre à nouveau, dévoilant soudainement la silhouette de mon amie d'enfance, Rougui.

— Salut ! fait-elle.

— Salut ! Comment tu vas ?

— Je vais bien et toi ?

— On n'est là.

Je la regarde marcher jusqu'à moi et la jauge comme si c'était la première fois que je la voyais. Elle est si belle et charmante, si bien habillée et elle sens bon. Je la regarde avec admiration. À propos, j'ai remarqué que depuis son retour de Louga elle a nettement chante de look. Ce n'est pas qu'elle s'habillait mal avant, mais j'avoue que là c'est clairement bien mieux. Elle a l'air davantage féminine, plus charmante, plus élégant. À la limite...sexy. Ok !! Je divague. Mais, sérieusement elle s'est vachement améliorée question habillement. Et voilà que j'en viens à me demander si ce n'est pas parce qu'elle a un nouveau copain ... Hum. J'en suis presque jaloux. Elle ne l'a jamais fais pour moi ça...

Bref ! Je me réjoui vraiment de la voir. J'attendais patiemment sa visite. Je suis ravie de savoir qu'elle ne m'a pas oublié et qu'elle est venue comme promis s'enquérir de mon état. D'ailleurs elle se met à rire. Intrigué je lui demande :

— Pourquoi tu ris ?

Elle secoue la tête :

— Non rien. Juste ça me fait drôle de te voir avec un nez cassé et une bandage à la tête. On t'a vraiment pas raté.

— Ouais malheureusement, je souffle.

— Tu te sens comment ? me demande t'elle en posant sa main sur mon avant-bras.

Le contact de sa main fait frissonner mon corps.

— Je vais mieux Alhamdoulillah, je lui réponds tant bien que mal

— Alhamdoulillah. J'espère que tu seras bientôt de retour à l'école.

— Oui ne t'inquiètes pas, j'ai simplement encore le tourni mais je crois pouvoir revenir d'ici 2 à 3 jours. Je vais revenir à l'école Inchallah.

— Inchallah. Il est temps. Tu nous manques.

— C'est réciproque je t'assure.

— Attend, je vais aller saluer ta mère ! me dit-elle en relâchant mon bras.

Elle part en cuisine saluer ma mère et Jojo comme dit. À son retour, nous gagnons le salon. On s'installe, elle s'assoit à côté de moi. L'odeur de son savon m'efflore au passage les narines. Elle sent si bon...

— Je t'ai apporté des fruits, me dit-elle soudainement en prenant son sac.

Je fronce les sourcils.

— Encore ?

Elle esquisse un sourire. Sort un sachet de son sac à dos, me le tend et répète :

— Encore.

Je prend le sachet en la fixant.

— Tu sais que tu n'as pas à te tracasser à m'acheter des fruits à chaque fois que tu viens ? je lui demande.

Elle secoue négativement la tête.

— Ce n'est pas un tracas, me dit-elle. Ça me fait plaisir.

J'esquisse un sourire, appréciant sa gentillesse.

— D'accord, merci. J'apprécie.

Elle acquiesce.

— Tu as fais quoi aujourd'hui ? je lui demande en posant le sachet sur la table basse.

— Ah rien du tout, fait-elle en haussant les épaules.

Elle s'adosse au canapé et reprend :

— La routine.

— Tu reviens de l'école ?

— Non, je n'avait pas cours ce soir. Juste le matin.

— Ah je croyais sax que c'était le cas vu que tu as ton sac à dos ...

Elle secoue la tête.

— Non pas du tout. En faite, justement, je l'ai amené parce que je t'ai apporté les cours.

Elle reprend son sac, en sort un de ses cahiers qu'elle me tend. Je le prends en la remerciant.

— Merci. Je vais me dépêcher de recopier.

— Je l'espère, souffle t'elle avec un sourire en posant son sac à côté d'elle.

Elle s'adosse ensuite à nouveau contre le canapé et ferme les yeux. Et comme si tout le poid du monde reposait sur ses épaules, elle prend une grande inspiration et souffle sereinement. Je la regarde en me disant qu'elle est vraiment belle. J'avais oublié qu'elle pouvait être aussi charmante ...

Lorsque je détourne les yeux, mon regard se pose malencontreusement sur une petite boîte tombé au sol. Cela me fait instinctivement froncer les sourcils en voyant une chaîne en dépassée. Je lui demande aussitôt :

— T'as acheté une nouvelle chaîne ?

Elle ouvre les yeux et fronce les sourcils.

— Quoi ? fait-elle en se redressant.

— La chaîne, je lui dis.

Elle suit mon regard et lorsqu'elle la voit, elle la ramasse à la hâte et la remet aussitôt dans son sac.

— A-Ah oui ... elle fais avec un petit rire nerveux.

Je fronce les sourcils. Sa réaction me laissant perplexe. Pourquoi j'ai l'impression qu'elle veut le cacher ? Maintenant que j'y pense, je pense avoir déjà vu ce genre de collier. C'est très tendance ces derniers temps et j'ai vu qu'on n'en faisait pas mal la vente sur les réseaux. Et si je ne me trompes pas, ce n'est absolument pas pour le cou. Eh beh ! Je fronce les sourcils. Qu'es-ce que cela veut dire ?

— C'est un collier pour la taille, ou bien je me trompes ? je lui demande soudainement.

À ma question, elle ne répond pas, confirmant davantage mes soupçons. Perplexe, je me redresse et lui demande fermement :

— Qui te l'a offerte ?

— Euh, p-personne ... bégaie t'elle.

Je fronce davantage les sourcils. Mes nerfs commençant à chauffer.

— Tu te fous de moi ? je l'interroge.

Elle ne me répond pas. Son silence eu alors le don de me calmer. Non, il faut que je me ressaisise. Ce n'est pas la bonne méthode à emprunter avec elle. On n'a déjà vecu ce genre de situation, et le fait de lui crier dessus n'a jamais résolu grand chose.

Sur ce, je me rassis et prend une grande inspiration pour me calmer. Il faut que j'essaye de lui parler sereinement, sans qu'on ne se dispute.

— Pourquoi tu ne veux pas me dire qui te l'a offerte ? je reprends d'une voix plus poser. Je veux juste savoir.

Elle ne me répond toujours pas, m'ignorant. Cela eu le don de booster mon énervement. Mais il ne faut pas que je le lui montre. Il faut que je sois patient avec elle si je veux qu'elle me parle.

— Répond moi, je veux juste savoir. Je m'inquiète pour toi.

Elle fronce les sourcils et me regarde enfin :

— Pourquoi tu t'inquiètes ? Qu'es-ce qui te fais croire qu'il y'a de quoi s'inquiéter ?

— Ton attitude ! je réponds tout simplement. Pourquoi as-tu caché cet objet comme si je ne devais pas le voir ? Et quand je t'ai demandé qui te l'a offerte tu n'as pas voulu me répondre. S'il n'y y'avait rien tu te serais expliquer sans problème. Alors pourquoi tenais tu à me le cacher ?

Elle hausse les épaules et souffle comme si de rien n'était :

— Bah rien ...

— C'est ton gars qui te l'a donné ?

Elle ne répond pas. Je prend alors doucement sa main avec la mienne disponible et lui dis gentiment, pour ne pas la brusquer :

— Si c'est ton gars tu peux me le dire tu sais. Je ne comprends pas pourquoi tu cherches à me le cacher.

Elle ne répond toujours pas.

— Tu sais, je dis alors, j'aurai aimé connaître ton gars, même si je sais que tu n'es pas du même avis.

Elle me regarde à nouveau :

— Pourquoi tu tiens autant à le connaître ? me demande t'elle soudainement.

Pourquoi j'y tiens autant ? Bonne question. Je hausse les épaules.

— Je pense le devoir, c'est tout. Après tout tu es comme ma petite sœur, je pense que la moindre des choses est de savoir avec qui tu sors, quel genre de personne il est. M'assurer que ce soit une bonne personne.

— C'est une bonne personne, m'assure t'elle aussitôt.

Pff. N'y croyant pas un mot, je hausse les épaules en lâchant un petit rire.

— Si tu le dit, je murmure. Mais je crois que si c'était vraiment le cas, il ne t'aurais pas acheté un truc pareil. J'ai l'impression qu'il ne te respecte pas trop ton gars ...

— Ce n'est pas à toi de juger si c'est le cas ou pas ! me répond-elle du tic au tac, froidement.

Je constate à son regard que je l'ai énervé. J'ai dit ce qu'il ne fallait pas. Mais ce que j'ai dis est pourtant censé.

— Je suis assez grande pour décider de qui me respecte ou pas moi-même, reprend-elle. Et puis ce n'est pas toi qui sort avec lui, c'est moi ! Donc si je te dis qu'il est correct, met toi dans la tête qu'il l'est. Je ne te demande pas ton avis.

Heurté de plein fouet par le ton sèche qu'elle emploie, je garde le silence, essayant de ne pas aggraver davantage la situation.

— De plus, si tu crois que qui ce soit pourrai se jouer de moi, c'est mal me connaître. Ñiakouma fayda.

— Je n'ai pas dis que tu l'étais, j'essaie de rattraper le coup.

— Et pourtant c'est ce que j'ai cru comprendre, elle lâche en arrachant sèchement sa main de la mienne.

Je serre la mâchoire, m'empêchant de lui répondre. Je risque de dire des choses que je ne devrais pas.

— Le problème avec toi Madou, reprend-elle alors, c'est que tu agis à chaque fois comme si j'étais naïve, idiote, facile à dupée. J'ai l'impression que tu me prends constamment pour une conne, que tu crois que si tu ne me dis pas quoi faire, je risque de faire de la merde. Il faut que tu arrêtes , ça commence sérieusement à bien faire. S'inquiéter c'est une chose, mais se foutre de moi en est une autre. Je ne suis pas ta petite chose que tu peux contrôler à ta guise, que tu peux diriger. Je fais mes propres choix toute seule, ce n'est pas à toi de les faire à ma place. Je n'ai pas besoin que tu me surveille comme de l'huile sur le feu.

Elle se lève soudainement, prend son sac et me dit :

— Pour ton information, la personne avec qui je suis me respecte parfaitement. Je n'ai pas besoin que tu le vois pour en avoir la confirmation. C'est une bonne personne, très responsable, qui connaît ma valeur et qui s'occupe très bien de moi.

Je la fixe, muet comme une carpe. Ses mots semblent être des piques que l'on m'enfonce en plein cœur.

— Il m'aime et me le montre parfaitement ! ajoute t'elle, comme pour me tuer.

Je me contracte la mâchoire. Il l'aime ? Je vois ... Pourquoi avait t'elle besoin d'ajouter cela. Je pense que je n'avais pas envie de l'entendre. J'ai l'impression qu'elle veut me faire culpabiliser, me montrer qu'il y'a quelqu'un qui l'aime et qui l'a chéri, comme je n'ai pas pu.

Je baisse la tête, le cœur lourd. J'éprouve le désir de lui dire qu'elle se trompe, à croire que quelqu'un d'autre puisse l'aimer autant que moi. Mais je ne peux pas. Et pourquoi je le ferai au juste ?

— Et puis c'est quoi ton problème ? reprend-elle en agitant les mains. Pourquoi t'es obligé à chaque fois de trouver des problèmes là où il y'en n'a pas ? J'ai aussi l'impression que tu essayes de diaboliser mon copain. Qu'es-ce qui te prend ? Quel problème as-tu avec lui ? Tu ne le connais même pas, pourquoi le juge tu autant ?

— Justement c'est ça le problème je ne le connais pas ! je trouve à dire.

— Mais ça ne devrait pas être un problème, c'est justement ça le principe. Tu ne devrais pas pouvoir juger quelqu'un que tu ne connais pas.

Je prend une grande inspiration, remonté à bloc.

— Qu'es-ce qui ne va pas chez toi ? elle reprend.

— Si tu daignait à me le présenter peut-être que je serai plus rassuré.

— Ou peut-être que tu devrais aussi me faire confiance et me croire lorsque je te dis que c'est une bonne personne.

— Je suis désolé mais je ne peux pas être rassuré par de simples phrases. J'y croirait davantage si je venais à le constater moi même.

Sans un mot de plus, elle se retourne et me dit en partant :

— C'est bon, tu m'as assez énervé pour aujourd'hui. Je m'en vais. Bonne soirée !

— Attend ! On n'a pas fini de discuter...

— J'en n'ai fini pour aujourd'hui !

Elle sort de la pièce, sans se retourner. Son départ me frustre. Je serre les poings, énervé.

Pourquoi ça se termine toujours comme ça entre nous ? Pourquoi ne pouvons nous pas discuter calmement sans que ça finisse en pétard ?

J'expire, essayant de me calmer. Je suis tellement en colère que mes maux de tête reviennent me tourmenter. Purée ! Je n'apprécie pas la façon dont elle agis dès que l'on parle de son petit ami.

Qu'es-ce qu'il a de si spécial en fin de compte ?


Merci d'avoir lu

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