Arcane - Drarry

By Relween

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Après la guerre, Drago Malefoy s'est reconstruit loin du tumulte : devenu spécialiste des artefacts anciens... More

Chapitre 2 : Adrian
Chapitre 3 : Café
Chapitre 4 : Trois balais
Chapitre 5 : Routine
Chapitre 6 : Debut des emmerdes

Chapitre 1 : Arcane

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By Relween


Le son d'une petite cloche résonna lorsque je franchis le seuil de la boutique. L'endroit était étonnamment sombre, et je plissai les yeux pour en distinguer les détails. Arcane. C'était le nom de cette échoppe encombrée de bibelots anciens. Cela me rappelait étrangement Barjow & Beurk.

Face à moi, de hautes étagères croulaient sous des objets magnifiques, rares... et couverts d'une épaisse couche de poussière. Mon nez me picota immédiatement.

Je m'avançai entre les rangées, à la recherche de la personne qui pouvait bien tenir cet endroit — si tant est qu'on puisse appeler ça une boutique. Mon travail m'amenait régulièrement dans ce genre de lieux sordides pour récupérer des preuves liées à nos enquêtes.

Puis un son ténu m'arrêta : celui d'un balai frottant doucement le sol. Un homme me tournait le dos, et un frisson me parcourut l'échine lorsque je reconnus ses cheveux blond platine.

Je me raclai la gorge. Il cessa de balayer et se retourna vers moi, presque trop lentement.

Il se figea. Moi aussi.

— Potter ? lâcha-t-il sans même baisser son balai.

— Malefoy.

Il posa son balai contre le mur et épousseta machinalement ses vêtements froissés. Nous restâmes un moment à nous dévisager, comme deux ennemis que près de dix ans avaient séparés.

Le dernier souvenir que j'avais de lui remontait à nos dix-huit ans, juste avant qu'il ne soit condamné à six ans à Azkaban. Il avait peu changé. Peut-être un peu grandi, peut-être un peu abîmé. Ses cheveux étaient courts comme à l'époque, mais bien moins soigneusement coiffés. Sa peau restait d'une pâleur presque maladive, marquée par les années.

Je me ressaisis et détournai le regard.

— Tu travailles ici ? Je veux voir le patron, dis-je froidement.

J'entendis — j'hallucinais sûrement — un léger rire. Je reportai aussitôt les yeux sur lui. Un petit sourire en coin étirait ses lèvres.

— Je suis le patron, Potter. C'est ma boutique.

— Depuis quand ?

Son regard glissa vers une étagère, comme s'il cherchait mentalement la date.

— Cinq ans.

Je haussai les sourcils, réellement surpris. Je n'avais pas entendu parler de lui depuis longtemps, mais jamais je n'aurais imaginé qu'on lui laisserait tenir un commerce, surtout celui-ci. Je me raclai la gorge.

— Bref.

D'un mouvement de baguette, je verrouillai toutes les ouvertures : portes, fenêtres, volets. Seule la lumière pâle du bureau éclairait encore la pièce. Malefoy arqua un sourcil, observant les alentours comme s'il s'attendait à un piège.

— Je viens de la part du Ministère.

Je vis ses épaules se crisper.

— Je suis affecté à une branche spéciale de la Justice Magique. On enquête sur les artefacts maudits encore en circulation après la guerre. Lors d'une perquisition, on a trouvé un artefact... dont on est quasiment sûrs qu'il est lié à la magie noire. En creusant, je suis tombé sur cette boutique. Ta boutique. Et sur ton statut d'expert en artefacts anciens.

Les mots avaient eu du mal à sortir.

— La Justice veut que nous collaborions pour l'analyser.

Il me dévisagea longuement, cherchant visiblement la blague ou le piège. Puis, sans un mot, il soupira et se détourna pour s'avancer vers son bureau. Je le suivis, sortant un parchemin officiel.

Je le déposai sur le bureau et pointai la signature.

— Tu dois signer en bas et—

Avant même que je termine, il avait déjà pris le parchemin, le rapprochant de la lumière pour l'inspecter en transparence. Je me mordis l'intérieur de la joue. Il lisait chaque ligne avec une lenteur presque délibérée.

Je levai les yeux au ciel, la fatigue commençant à grignoter ma patience. Finalement, il prit une plume et signa avant de me rendre le document.

Je sortis enfin la raison de ma venue : une petite boîte fermée par un sceau que seul moi pouvais ouvrir. Une mesure de sécurité du Ministère.

Quand j'ouvris la boîte, il prit l'objet — un médaillon — entre ses doigts. Il le reposa aussitôt, comme brûlé. Tout son corps s'était tendu.

— Quelque chose ne va pas ? demandai-je aussitôt.

Il ouvrit un tiroir et en sortit des gants noirs, qu'il mit.

— Cet objet est effectivement sous magie noire. Certaines malédictions brûlent la peau.

Surpris, je hochai la tête. Il saisit alors une fine tige de métal et commença à effleurer le médaillon sous différents angles, étudiant chaque réaction. Je ne comprenais pas ce qu'il faisait exactement, et mes lèvres s'ouvrirent avant même que je n'aie le temps d'y penser.

— Tu connais bien ce genre de médaillon, non ?

Je le vis clairement tressaillir. Une pointe de culpabilité me traversa aussitôt. Dix ans avaient passé. Il avait purgé sa peine. Je n'avais aucune raison de lui remettre son passé sous le nez.

— Oui, répondit-il d'une voix sèche.

Il retira l'un de ses gants, dévoilant sa main nue. Lentement, il l'approcha du médaillon. Une brume sombre se forma aussitôt autour de l'objet, prête à s'enrouler autour de sa peau comme pour la mordre.

— La personne qui détenait ce médaillon ne veut surtout pas qu'on l'ouvre, dit-il calmement. Le sortilège est bien plus complexe que je ne le pensais. Il réagit à la chaleur humaine... et il se défend.

Avec une petite pince métallique, Malefoy attrapa un fragment de papier et l'approcha de l'objet. Avant même qu'il ne puisse le poser dessus, le papier s'embrasa, consumé par une flamme soudaine.

— Je ne pourrai pas régler ça en un jour, Potter. Ça va me prendre plusieurs jours, voire des semaines, pour identifier les sortilèges de cet artefact, comprendre comment les contourner et vous fournir ce que vous souhaitez.

Rien de surprenant, au fond.

— Et ce n'est pas le seul objet sur lequel je dois travailler, j'ai...

— Celui-ci devient ta priorité numéro une, Malefoy, le coupai-je. Tant que cette affaire est ouverte, je serai ici. Tous les jours. À chaque heure. Pour travailler avec toi. Ce sont les désirs du Ministère.

Il me dévisagea longuement, les yeux légèrement plissés, comme s'il cherchait à lire mes intentions entre les lignes. Puis il souffla, résigné.

— Si ce sont les désirs du Ministère...

Malefoy remit ses gants et approcha le médaillon avec une lenteur presque cérémonielle. Je restai debout à côté de son bureau, les bras croisés, observant ses gestes sans trop savoir quoi faire de mes mains.

Il disposa plusieurs outils : une loupe enchantée, un scalpel d'argent, un flacon d'encre mouvante. Tous parfaitement alignés. Évidemment. Puis il se pencha, la lumière du bureau glissant sur ses cheveux.

Je suivis chaque mouvement avec une attention que je ne savais pas avoir encore. Drago travaillait avec une précision presque... élégante. Chaque manipulation était réfléchie, mesurée. Rien à voir avec le garçon nerveux que j'avais connu.

Pendant quelques minutes, le silence remplit la boutique. Seul le tic-tic de la tige métallique frappant le médaillon rompait l'air.

Et puis, sans réfléchir, je lâchai :

— Tu t'y connais vraiment bien... en magie noire.

L'erreur me frappa une seconde après.

Malefoy se figea.
Le métal cessa de tinter.
Il releva enfin la tête, et son regard gris me transperça.

Ce n'était pas de la colère.
C'était... plus lourd.
Plus usé.

— Je m'y connais surtout en choses que je n'aurais jamais voulu apprendre, dit-il d'une voix basse.

Un poids se logea aussitôt dans ma poitrine. Je détournai les yeux, mais il avait déjà repris son travail, plus raide, moins gracieux.

— Ce n'était pas ce que je voulais dire, soufflai-je.

Aucune réaction.
Aucun son.

Juste le bruit sec de la pince contre le métal.

Je restai planté là, incapable d'effacer mes mots. L'atmosphère s'était densifiée, presque palpable. On aurait dit que le médaillon réagissait lui aussi : un léger frémissement vibra dans l'air, comme un battement de cœur anormal.

Malefoy recula brusquement la main.

— Il devient instable, constata-t-il, serrant les dents.

Une fine aura sombre pulsait autour de l'objet, à peine visible dans la pénombre du bureau. Draco murmura un sortilège d'apaisement — une formule rapide, précise, élégante. L'aura se calma, mais pas complètement.

Il souffla, posant la tige de métal.

— On ne pourra pas l'ouvrir sans le désarmer complètement. Et pour ça, il faudra identifier chaque couche de magie, une par une.

— D'accord, répondis-je.

— Ça prendra du temps.

— Je sais.

Il me lança un bref regard, presque surpris de ma réponse.

Puis il ajouta, plus doucement :

— Il faudra... que tu restes calme, Potter. Les artefacts ressentent les fluctuations émotionnelles.

Je haussai un sourcil.

— Tu es en train de dire que c'est moi qui l'ai mis dans cet état ?

— Je dis que tu n'aides pas, répondit-il sèchement.

Je sentis une réplique acerbe monter mais la ravale au dernier moment.
Il n'avait pas tort.
Pas ce soir.

Il reprit un nouvel outil, une sorte de plume enchantée, et approcha à nouveau le médaillon qui vibrait faiblement comme un animal effrayé.

Le silence retomba.
Plus lourd.
Plus dense qu'avant.

Et au milieu de ce silence, je me surpris à regarder la façon dont sa mâchoire se contractait lorsqu'il se concentrait. Ses cils pâles frémissaient à chaque pulsation de l'objet, et une mèche de cheveux rebelle tombait sur son front.

Je secouai la tête, agacé par moi-même.

Il ne releva même pas les yeux quand il murmura :

— Si tu continues à me fixer comme ça, Potter, l'objet va finir par exploser... ou moi avec.

Un frisson me parcourut.
Sa voix n'était ni moqueuse, ni dure.
Juste... étrangement sincère.

Je détournai le regard, le cœur étonnamment serré.

La première soirée s'annonçait longue.

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