Entre les lignes du silence

By shashamorow

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Saison 8, quelques jours après l'épisode "Hunteri Heroici". Sam et Dean enquêtent sur des meurtres étranges... More

Entre les lignes du silence

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By shashamorow

La chambre de motel empeste le désinfectant bon marché et l'électricité résiduelle. Les néons grésillent dehors, saccadant la lumière sur les murs jaunis. Sam est parti se coucher dans la pièce voisine, trop fatigué pour entendre les tensions palpables entre Dean et Castiel.

Dean tourne en rond, comme un lion en cage. Ses bottes martèlent le lino. Son souffle est court, les mains sur les hanches, les yeux évitant soigneusement ceux de l’ange.

— Tu vas continuer longtemps à me suivre comme un foutu fantôme, Cas ?

Castiel penche légèrement la tête.

— Tu semblais avoir besoin d’aide.

— Ce que je voudrais, c’est comprendre ce que tu fais encore là, après tout ce que tu nous as caché.

Il y a du venin dans sa voix, mais ce n’est pas de la haine. C’est du feu. De la frustration, du désir comprimé, de la colère mal digérée. Depuis le Purgatoire, depuis ce baiser manqué dans les ténèbres. Depuis l’instant où Cas avait choisi de ne pas revenir… jusqu’à ce qu’il revienne.

Castiel ne bronche pas. Il s’avance d’un pas, puis un autre. Sa voix est grave, basse, plus humaine que d’habitude.

— Je ne suis jamais parti vraiment.

Dean éclate d’un rire sans joie.

— T’appelles ça "être là" ? Tu te pointes, tu disparais, tu nous laisses avec les morceaux. Tu m’as laissé, Cas.

Le silence retombe, lourd. Et puis Dean craque. Il fait un pas en avant, brutal, et attrape Castiel par le col de son trench-coat.

— T’as aucune idée de ce que c’était, là-bas. Sans toi.

— Si, Dean. J’y étais.

Leurs visages sont proches, trop proches. Dean halète, son front frôle presque celui de Cas. Il voudrait le frapper. Il voudrait l’embrasser. Il voudrait crier. Au lieu de ça, il serre encore plus fort, tremble légèrement.

— Dis-le. Dis que t’as eu peur. Dis que t’as choisi de rester loin de moi.

Castiel ne recule pas. Ses yeux brillent d’un éclat étrange.

— Je ne suis pas resté loin parce que je le voulais.

Et tout bascule.
Dean l’écrase contre le mur dans un baiser brutal, désespéré, une morsure à moitié contenue. Les doigts de l’ange agrippent son dos, comme s’il avait peur qu’il s’efface s’il le lâche. Les corps se pressent, les années de tension éclatent dans cette étreinte rugueuse.

Dean grogne entre deux baisers :

— Tu me rends dingue. Depuis des putains d’années.

Les vêtements tombent, un à un, comme des armures jetées à terre. Le trench-coat s’écrase au sol. La chemise de Dean suit, déchirée à moitié. Chaque contact est brut, mais chargé d’émotion, de manque.

— Dis-moi que t’en as envie, Cas, murmure Dean, sa voix rauque au creux de son oreille.

— J’en ai toujours eu envie.

Alors il le prend, contre le mur, sans préavis. C’est brûlant, vrai, tremblant parfois, mais d’une intensité rare. Les souffles se mêlent, les gémissements étouffés dans la peau. Dean s’accroche à lui comme à une bouée. Cas répond avec la même force, la même douleur, la même passion étouffée trop longtemps.

Quand c’est fini, leurs corps restent emmêlés. Le front de Dean contre celui de Cas, les yeux fermés.

— Dis-moi que tu restes, cette fois.

— Je reste. Jusqu’au bout.

....

Le silence, cette fois, n’est plus tendu. Il est lourd de chaleur, d’aveux silencieux.
La peau de Dean est encore moite, collée contre celle de Cas. Ils n’ont pas bougé, l’un contre l’autre, comme si briser ce moment pourrait tout effacer.

Dean respire fort. Sa main caresse lentement le dos de l’ange, comme s’il s’excusait de tout ce qu’il n’a jamais dit.

— Putain, murmure-t-il finalement, les lèvres frôlant la clavicule de Cas. J’aurais jamais cru que ça arriverait.

— Moi si, répond simplement Castiel.

Dean se met à rire doucement, un rire fatigué, presque nerveux. Il n’a plus rien à cacher. Pas ce soir.

— J’suis qu’un con. Je t’ai repoussé mille fois… et toi, t’es toujours là.

— Parce que je tiens à toi, Dean.

Il relève les yeux vers lui. L’expression de Cas est sérieuse, paisible. Dean déglutit.

— Tu tiens à moi ? Ou tu… ?

Il n’ose pas finir la phrase. Il n’ose pas entendre une réponse trop grande pour lui. Mais Cas, fidèle à lui-même, ne détourne pas les yeux.

— Je t’aime, Dean.

Boum.

Une bombe. Une onde de choc.

Dean reste figé, le cœur cognant trop fort.

Alors, il se penche et l’embrasse de nouveau. Ce n’est plus brutal. C’est doux, lent. Une réponse silencieuse. Ses mains glissent sur le torse de Cas, redessinent chaque ligne, chaque cicatrice invisible. Il ne le prend plus. Il le fait sien.

La deuxième fois est plus lente, plus profonde. Les draps grincent, les souffles se perdent dans l’oreiller. Dean gémit son nom contre sa gorge. Castiel agrippe ses hanches, répond avec la même intensité, mais cette fois avec tendresse. Ils se regardent, se touchent comme deux âmes enfin réunies après un enfer sans fin.

Quand ils s’endorment, Castiel est couché sur le dos, et Dean contre lui, la tête posée sur sa poitrine. Comme s’il y avait toujours eu sa place.

— Tu ronfles, marmonne Cas, juste avant de s’endormir à son tour.

Dean grogne. — T’as qu’à pas t’en plaindre. J’te l’ai dit, t’as signé pour rester.

Castiel glisse une main dans ses cheveux.

— Je ne compte plus partir.

[Le lendemain matin]

Le soleil filtre à travers les rideaux miteux. Dean est déjà réveillé. Il observe Cas qui dort encore, la bouche entrouverte, paisible. Et bordel, il est beau. Presque humain.

Il se penche, embrasse doucement sa tempe. Il sent la chaleur contre lui, l’odeur de leur nuit encore présente.

Castiel entrouvre les yeux.

— Tu me regardes dormir, maintenant ?

Dean sourit, moqueur.

— T’as ronflé.

— Tu mens.

— Peut-être. Mais t’es toujours là.

— Oui.

Un silence doux s’installe. Dean soupire, se redresse un peu.

— On a une chasse à finir. Des corps ont été retrouvés dans les bois près de Fairview. Trois ados, le cœur arraché.

— Tu penses à des ghoules ?

— Possible. Ou pire.

Castiel se lève, sans gêne, nu, récupère son trench-coat qu’il enfile sans rien d’autre. Dean le regarde, sourit à moitié.

— Tu sais que t’es sexy comme ça, Cas ?

L’ange penche la tête, interrogateur.

— Tu préférais que je remette ma cravate ?

Dean rigole.

— Non. Reste comme ça. Sauf si tu comptes apparaître comme ça devant Sam.

Pause.

— En fait, si, fais-le. Juste pour voir sa gueule.

Castiel sourit très légèrement.

Ils s’habillent, se préparent à repartir. Mais cette fois, quelque chose a changé. Ils sont plus proches. Plus vrais. Plus ensemble.
Et même dans le chaos, même dans la chasse, Dean sait qu’il ne sera plus jamais seul.

FIN

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