UNTIL LIFE DO US APART

By IfIwere635

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Asma, une jeune Peulh élevée dans une famille stricte, passe l'été à Conakry chez ses sœurs. Elle y rencontre... More

PREMIÈR PAS
LUI
THE PLACE TO BE
L'ENFER A ROUME
ACTION, VERITE OU SHOTS?
DÉCLARATION DE GUERRE
SOIRÉE DE MIERDA
FUIS MOI JE TE SUIS
GAME ON.
JUST UN FILM

LES GRELLES DE CONACRY.

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By IfIwere635

La chaleur étouffante de Conakry m'enveloppait dès que je suis descendue du taxi. Le soleil tapait fort, et l'air était chargé d'une humidité lourde que je n'avais jamais connue à Mamou. Je resserrai mon sac autour de moi, essayant de calmer les battements rapides de mon cœur. J'étais enfin là, dans la grande ville, prête à vivre un été que j'espérais inoubliable.

Autour de moi, les rues bouillonnaient de vie : des vendeurs ambulants criaient pour attirer les clients, des taxis klaxonnaient en zigzaguant entre les piétons, et une multitude d'odeurs se mêlaient, du poisson grillé aux épices piquantes. C'était bruyant, chaotique, mais étrangement excitant.
Alors que je cherchais des yeux l'immeuble où vivait ma sœur Kadja, une voix familière s'éleva derrière moi.

"Asma ! Hé, petite citrouille, par ici !"

Je me retournai et reconnus Zilho , le meilleur ami de Kadja depuis toujours. Grand et solide, il portait son uniforme de soldat avec fierté, sa casquette légèrement inclinée sur le côté. Son sourire chaleureux me mit immédiatement à l'aise.

"Zilho ! Je suis tellement contente de te voir !" dis-je en lui serrant la main avant qu'il ne me tire dans une étreinte amicale.

"Regarde-toi, tu as bien grandi depuis la dernière fois ! Les garçons se font la queue maintenant hein!"

Je rougis gênée par sa remarque, c'est vrai que la dernière fois qu'on s'est revu j'avais 8ans.

Comment était le voyage ? Pas trop fatiguant ?" demanda-t-il en prenant ma valise.

"C'était long, mais ça en valait la peine. Je suis si heureuse d'être ici."

Il hocha la tête en me guidant vers l'immeuble.

"Kadja est encore au travail, mais elle ne devrait pas tarder. En attendant, viens, on va s'installer à l'intérieur. Tu dois avoir soif."

Nous montâmes les escaliers étroits jusqu'au deuxième étage.
L'appartement de Kadja était petit mais accueillant. Les murs étaient peints d'un bleu doux, décorés de quelques photos de famille et de paysages de Mamou. Une brise légère entrait par la fenêtre ouverte, apportant avec elle les sons lointains de la ville.

"Assieds-toi, je vais te chercher de l'eau fraîche," proposa Zilho en déposant ma valise près du canapé. Je m'assis, laissant mon regard errer autour de la pièce. Une petite télévision reposait sur une table en bois, et des coussins colorés étaient éparpillés sur les fauteuils. C'était simple, mais on sentait la touche soignée de Kadja.

Zilho revint avec un verre d'eau et une assiette de bantous, ces délicieuses boulettes de viande épicées que j'adorais tant.

"Tiens, régale-toi. Tu dois avoir faim après ce long trajet.

"Mes yeux s'illuminèrent en voyant la nourriture.

"Merci beaucoup, Zilho. Tu penses toujours à tout." Il s'assit en face de moi, me regardant déguster les bantous avec appétit.

"Alors, raconte-moi. Comment ça se passe à Mamou ? Et le lycée? J'ai entendu dire que tu as passé ton examen d'entrée en Terminale."

"Je souris fièrement. "Oui, je l'ai eu! C'était difficile, mais tous mes efforts ont payé."

"Félicitations, Asma ! Je savais que tu réussirais. Tu as toujours été la plus intelligente de la famille," dit-il en riant. Je rougis légèrement.

"Merci. Maman était tellement heureuse. Elle a même organisé une petite fête à la maison."

"Et ton père, Amadou ? Il doit être fier aussi."

Mon sourire s'estompa un peu. "Papa... il était content, je pense. Mais tu le connais, il ne montre pas beaucoup ses émotions. Il est toujours aussi strict. D'ailleurs, Maman a dû recommencer à vendre de l'attiéké au marché de Pepekale parce qu'il ne lui donne plus assez d'argent."
Le visage de Zilho s'assombrit.

"Ah, Amadou et son caractère. Ta mère est une femme forte. Elle fait tout pour vous."

"Oui, elle est incroyable. C'est aussi pour ça que je voulais venir ici, changer d'air et aider Kadja et Maimouna si je peux.
"Il sourit à nouveau et posa une main rassurante sur mon épaule. "Tu es la bienvenue ici. On est tous contents de t'avoir."Son téléphone se mit à vibrer sur la table. Il le prit et vit que Kadja appelait.

"Ah, c'est ta sœur. Elle doit avoir vu mes messages."
Il décrocha et mit le haut-parleur pour que je puisse entendre."Allô, Kadja ! Devine qui est là ?" dit-il d'un ton enjoué.
Une voix ferme répondit. "Ne me dis pas que c'est Asma..."

Je déglutis, nerveuse."Exactement ! Ta petite sœur est arrivée en surprise," confirma Zilho.

Un soupir se fit entendre de l'autre côté de la ligne. "Et elle a pensé qu'il était inutile de prévenir, c'est ça ? Je suis encore au travail, je ne rentre pas avant une heure."

"Ne t'inquiète pas, je m'occupe d'elle en attendant. Tout va bien."

Kadja resta silencieuse un instant avant de répondre. "Très bien. Je serai là dès que possible. Merci, Zilho."
La ligne coupa, et je sentis mon estomac se nouer.

"Elle est en colère, n'est-ce pas ?"

Zilho haussa les épaules. "Tu connais Kadja, elle aime que tout soit organisé. Mais ne t'inquiète pas, elle sera contente de te voir."
Une heure plus tard, la porte s'ouvrit brusquement, laissant apparaître Kadja, toujours aussi élégante malgré la fatigue évidente sur son visage. Vêtue d'une robe traditionnelle sobre et de foulards assortis, elle dégageait une aura d'autorité et de sérieux.
"Asma," dit-elle simplement en me regardant avec des yeux perçants. Je me levai rapidement, un sourire hésitant sur les lèvres.

"Bonjour, grande sœur."

Elle s'approcha et me serra brièvement dans ses bras avant de reculer. "Pourquoi ne pas avoir prévenu que tu venais ? Tu sais que j'ai un emploi du temps chargé."
"Je voulais vous faire une surprise, à toi et Maimouna. Je suis désolée si ça te cause des problèmes," répondis-je timidement.
Elle soupira en passant une main sur son front.

"Ce n'est pas très responsable, Asma. Ici, les choses sont différentes de Mamou. Il faut s'organiser."
Zilho intervint, essayant de détendre l'atmosphère. "Allez, Kadja, elle est jeune et enthousiaste. Et puis, on est contents de l'avoir avec nous pour l'été."
Kadja jeta un regard à Zilho avant de hocher la tête.

"Bon, as-tu mangé quelque chose ?"

"Oui, merci. Zilho m'a offert des bantous."
Un léger sourire apparut sur ses lèvres. "Toujours gourmand, celui-là."

Comme pour répondre, l'estomac de Zilho gargouilla, provoquant un éclat de rire général.
À ce moment-là, la porte s'ouvrit à nouveau, et Maimouna entra en trombe, les bras chargés de sacs de courses.

"Qui fait tout ce bruit ici ?" lança-t-elle avant de poser les yeux sur moi.
"Asma ! Ma petite peste préférée !" s'écria-t-elle en laissant tomber les sacs pour me prendre dans ses bras.
Maimouna était l'opposé de Kadja. Elle avait un visage rond et souriant, des yeux pétillants de malice et une énergie débordante. Toujours prête à plaisanter, et dire ce qu'elle pense, elle apportait de la joie partout où elle allait.

"Tu aurais pu me dire que tu venais ! J'aurais préparé quelque chose de spécial," dit-elle en me relâchant.

"Je voulais te surprendre," répondis-je en riant.

"Eh bien, c'est réussi. Bon, maintenant que tout le monde est là, que diriez-vous de cuisiner un bon **daapah** avec du **cossan** maison ? J'ai tout ce qu'il faut."
Kadja acquiesça. "Bonne idée. Je vais me changer, et on s'y met."
Nous passâmes le reste de la soirée à cuisiner ensemble, remplissant l'appartement d'arômes délicieux de maïs petrie et de lait fermenté. Entre deux préparations, Maimouna ne cessait de raconter des anecdotes amusantes sur ses aventures en ville, faisant rire tout le monde, même Kadja qui avait enfin laissé tomber son masque sérieux.

« Tu sais, ce voisin, le fils de Saran, il est rentré d'Europe. Il a ramené une voiture, une belle Toyota, mais on dit qu'il a déjà des problèmes d'argent... »

Kadja, fidèle à son caractère sérieux, écoutait avec un sourire en coin. « Ils se croient toujours malins avec leurs retours d'Europe. Mais c'est ici que la vraie vie se passe. »

"Et tu te souviens de Moussa, celui qui prétendait être un grand homme d'affaires ? Eh bien, figure-toi qu'il s'est fait arnaquer par un vendeur de montres fausses ! Il a fini par courir après le vendeur en plein marché, c'était un spectacle !" raconta Maimouna en mimant la scène. Je riais aux larmes, heureuse d'être entourée de mes sœurs.
Après le repas, repues et fatiguées, nous rangeâmes la cuisine avant de préparer nos couchages. Maimouna et moi partageâmes le salon, étalant des matelas sur le sol frais.
Avant de dormir, Maimouna se tourna vers moi, les yeux brillants.
"Demain, on ira au marché de Madina. J'ai repéré des pagnes magnifiques que tu vas adorer. Et peut-être qu'on s'arrêtera pour manger un peu d'attiéké sur le chemin."

"J'ai hâte," répondis-je en souriant, imaginant déjà les couleurs vives et les étals débordants du marché.

Alors que les lumières de la ville s'estompaient et que les bruits de la rue se faisaient plus lointains, je fermai les yeux, le cœur léger.
Cet été à Conakry promettait d'être riche en découvertes et en émotions, bien plus que je ne l'avais imaginé.

Le lendemain matin, Kadja partit tôt pour son travail à la poissonnerie. Je me retrouvai seule avec Maimouna dans l'appartement, un petit deux-pièces simple mais bien entretenu, situé dans un quartier animé de Conakry. Les murs étaient peints en bleue pâle, et une vieille radio jouait des chansons en langue peulh dans le salon.

Pendant que nous préparions le riz et le fouti, une sauce végétale faite de gombo, d'aubergine et de piment, Maimouna ne put s'empêcher de me taquiner :« Toi là, Asma, avec ta grosse tête d'intello, tu vas voir ce que c'est que de cuisiner à Conakry ! Pas comme à Mamou où tout est facile. »
Je lui souris en silence, concentrée sur la découpe des légumes. Malgré la chaleur étouffante de la ville, je me sentais bien ici, loin des cris et des disputes de Mamou.

En remuant la sauce, je me rappelai des crises de colère de père, et de la manière dont maman, s'évertuait à subvenir aux besoins de la famille en vendant de l'atiéké au marché de Pépékalé, depuis que papa ne lui donnait plus d'argent.
Je pris une grande inspiration avant de demander, d'une voix hésitante :« Mouna, tu sais que maman a recommencé à vendre de l'atiéké au marché ? »

Mouna secoua la tête, visiblement exaspérée.
« Eh Allah, elle est fatiguée, notre pauvre maman. Il faut vraiment qu'on trouve un moyen de l'aider. »

L'après-midi, après avoir terminé notre repas, nous décidâmes d'aller faire quelques courses au grand marché de Madina. Nous nous habillâmes simplement, mais avec soin, conscientes des regards que nous attirions dans la rue.

Au marché, nous achetâmes quelques fruits et légumes, mais je traînais volontairement dans les allées, fascinée par les étals colorés et l'agitation qui régnait autour de nous. Maimouna, plus pragmatique, voulait rentrer.

« Asma, ça suffit maintenant, on a tout ce qu'il nous faut. Rentrons avant que la pluie ne nous attrape ! » dit-elle avec impatience.Je la suppliai du regard, espérant prolonger notre sortie.

« Encore un peu, Mouna, s'il te plaît. Il y a tellement de choses à voir ici, regarde ces belles robes là-bas ! »
Mouna soupira, résignée.

« D'accord, mais pas trop longtemps. »
Nous nous dirigeâmes vers une boutique de vêtements européens, admirant les belles robes exposées. Les prix étaient exorbitants, bien au-delà de ce que nous pouvions nous permettre, mais les étoffes chatoyantes captivaient mon attention. Soudain, un grondement de tonnerre résonna au-dessus de nos têtes, et de grosses gouttes de pluie commencèrent à tomber. Nous nous précipitâmes sous un hangar en bordure de la rue, un petit restaurant de rue où l'on vendait de l'atiéké et des haricots.
« Eh bien, on est coincées ici pour un moment, » commenta Maimouna, un peu agacée.
Je restais silencieuse, mes yeux toujours fixés sur les robes à travers la pluie.

"Elle te plaise?" Me demanda Mouna.

"Oui mais pere ne me permetra jamais que je de les portés."

"Mais justement il n'est pas là!"
Repliqua t-elle un sourire malicieux.

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