En me réveillant je tâtais le bout de ma couette et constatait que Praline, mon chat n’était pas là. Je me frottais les yeux péniblement cherchant la motivation pour me lever. Je me tirais difficilement du lit, j’avançais dans mon salon et praline ouvrit ses yeux tous mignons.
-Alors mon beau ! Lui dis-je
Il miaula et je le nourris. Je pris en vitesse mon petit déjeuner et m’habillais . J'avais opté pour une tenue sérieuse composée d'un pantalon de tailleur et d'une chemise. Je vis mon reflet dans mon miroir, cette tenue m'allait assez bien. Mes cheveux blonds et mes yeux clairs ressortaient à merveille.
Je sortis de chez moi et regardais l’heure. 8h07, mon entretien d’embauche était à 8h30. Je pris le bus et, vers 8h25, arrivais sur (je l’espérais) mon futur lieu de travail.
L'immeuble était vraiment grand. De grandes baies vitrées étaient au dernier etage et devaient, à mon avis, donner sur un panorama spectaculaire.Des portes automatiques s'ouvrirent à mon passage. Je pris alors un fauteuil libre dans la salle d'attente et m'y assis.
Je regardais l’heure, 8h40. Visiblement, le recruteur avait du retard. 8h55, 9h15, 9h30. L’heure tournait, pourtant, personne ne vint me chercher. Quand soudain, vers 9h40, un homme d’une cinquantaine d’années, avec des lunettes et des cheveux grisonnants, sortit du bureau et dit :
-Anna Hyvando ! C’est à vous.
J’entrais donc dans le bureau et il me dit sèchement :
Je vous préviens Mademoiselle Hyvando, un garçon de votre âge est venu avant vous. Il voulait également le poste alors nous le lui avons donné.
-Pardon ? Dis-je choquée de ce que je venais d’entendre.
-Le poste d’ingénieur étant donc pris, il reste une place pour devenir sa secrétaire.
-Attendez. QUOI ? J’ai fais des études d’ingénieur, postulé chez vous et dans d’autres entreprises, qui m’ont toutes refusées ! Vous étiez mon dernier espoir et vous me dites que parce qu'une personne est venue plus tôt que moi dans la journée, elle est prise en priorité ?! Qu’est-ce qu’il a en plus que moi ?
-C’est un homme.
Ce fut la goutte de trop. Je ris d’un rire fort. Un rire nerveux.
- Ha... ha...hahahaha !! Non mais vous vous rendez compte de ce que vous dites là? Criais-je, hystérique. Sous prétexte qu’il est un homme vous le priorisez et me proposez d’être sa secrétaire ? Votre poste, mettez-vous le où je pense ! Et votre entreprise aussi !
L’homme leva les yeux et je me retins de lui assener une claque dont il porterait la marque plusieurs jours. D’un bond, je me levais et pris violemment mon CV, ma lettre de motivation et un autre dossier me concernant sur son bureau.
Je sortis de la pièce en prenant soin de bien claquer la porte. Je partis le plus vite possible du bâtiment, et une fois dehors, je me mis à courir, sans trop savoir où, les larmes aux yeux. Je voulais rentrer chez moi. Mes cheveux me tombaient devant le visage, se mélangeant à mes larmes et au vent de ma course.
Soudain, je heurtais quelqu’un, de plein fouet.
Je me relevais et dégageais les cheveux, mouillés, de mon visage. Devant moi se tenait un homme légèrement plus agé et plus grand que moi. Au sol, mes documents éparpillés gisaient. L’inconnu me regardait, avec un mélange d’interrogation et d’amusement.