RIO
Depuis l'épisode de la maison close il y a une semaine, je fais du sur place. Que ce soit pour mon enquête sur la mort de Amber, ou sur qui est réellement Ezequiel.
Je l'ai croisé quelques fois dans les couloirs de l'entreprise, il est resté distant sans m'adresser la parole, mais j'ai senti son regard sur moi à quelques reprises.
Je ne comprends rien à ce type.
Mon instinct me dit de ne pas m'en approcher, mais une autre part de moi est bien trop intriguée.
Je suppose que Campbell est un trafiquant de drogues, et que certaines filiales de l'entreprise sont là pour blanchir l'argent. Ce n'est qu'une supposition, mais j'imagine que c'est Ez qui s'occupe de la partie illégale des choses.
Mais pourquoi ?
Il est clairement très intelligent et à l'aise dans son univers. Il n'a pas besoin de Campbell, c'est son visage à lui qui fait trembler tout le monde.
Même s'il est complètement fermé d'apparence, je sais qu'il cache quelque chose de bien moins tranquille en lui. J'ai appris à décrypter les gens qui m'entourent depuis que je suis gamine, ma mère étant une experte dans ce domaine, elle a tout fait pour que je sois toujours en mesure de comprendre qui sont mes adversaires.
Mon caractère volcanique m'empêche d'analyser mon environnement, je suis trop impulsive pour ne jamais me foutre dans la merde. Mais habituellement, je suis plutôt forte pour comprendre les autres.
Sauf qu'avec Ezequiel, c'est compliqué.
Il est toujours calme, même quand il est violent, ses coups sont maîtrisés et distribués avec précision. Il ne prend pas de plaisir à se battre, et pourtant il est doué, signe qu'il a forcément dû subir un entraînement.
Allongée dans mon canapé, je peste contre ce connard en me frottant le visage. La lumière matinale de ce lundi m'arrache un grognement, et je me sens toujours insatisfaite.
Je suis clairement en manque de cul.
Je ne suis pas une adepte des coups d'un soir, je préfère un plan cul régulier sans attaches. Au moins mon partenaire sait à quoi s'attendre, et je ne suis pas obligé de faire semblant de m'intéresser à sa vie personnelle. Le problème, c'est que Knox ayant des tendances de poetic lover, je n'ai plus personne avec qui baiser.
Easton m'a envoyé des messages.
Mais nan, trop collant.
Le genre à vouloir un câlin après le sexe quand tout ce que je veux c'est dormir. Ça ne me dérange pas de partager mon lit avec un mec, je n'ai juste pas envie qu'il me prenne pour son putain de doudou.
C'est comme ça que les sentiments naissent, par des contacts intimes silencieux qui sont plus éloquents que des mots.
Et je n'ai pas le temps pour ça.
Quant à Ezequiel, même si j'adore le chauffer, ce n'est pas un partenaire potentiel. C'est un criminel sans morale, capable de regarder une gamine se faire vendre sa virginité sans rien ressentir.
Même si j'admet que physiquement, il a le don d'allumer mon désir comme s'il avait un interrupteur.
Ayant pris de l'avance sur mon programme de droits, je me fais chier. Je suis normalement en semaine de cours, mais je n'ai aucun intérêt à y assister maintenant qu'Amber n'est plus là. J'y allais encore pour elle, mais aujourd'hui ce serait juste une perte de temps.
Je n'ai pas eu le temps de faire grand-chose avec le boulot, et Campbell a fait comme si l'altercation chez Beaver n'était pas un truc suspect. Pour ma part, j'ai besoin qu'il me croit de son côté. Donc quand il m'a demandé comment ça s'est passé, j'ai simplement souri en disant qu'il n'y avait eu aucun problème.
Je sais parfaitement qu'Ezequiel lui a tout raconté, mais il a compris le sous-entendu.
" - Vos secrets sont les miens boss."
Dans tes rêves connard.
J'ai voulu me rendre au club échangiste que Amber fréquentait, mais ce dernier est actuellement en travaux, je dois être patiente.
Ce qui n'est clairement pas l'une de mes qualités.
Je m'assois en attrapant mon téléphone qui vibre sur la table basse, et souris en lisant le nom de l'appelant.
Maman ❄️
Je prends l'appel visio, et mon sourire s'agrandit encore plus quand son visage apparaît à l'écran.
Ma mère biologique ne m'aimait pas, elle voulait prendre la place de chef de gang de mon père et a monté un plan tordu pour le faire. Moi, je n'étais qu'un moyen pour elle de pouvoir contrôler mon père.
Gregorio Hernandez.
Et quand je les ai perdu tous les deux à cause de sa trahison, c'est Echo qui m'a pris sous son aile avec Arès.
Ils sont devenus mes parents, et grâce à ça, je n'ai plus jamais été seule.
- Bonjour maman.
Ses longs cheveux blancs encadrent son visage aux traits doux, ses yeux d'un bleu profond plongent dans les miens et un sourire maternelle étire ses lèvres.
- Bonjour ma Luciole. Comment tu vas ? Tu es beaucoup trop silencieuse ces derniers temps.
Une grimace déforme mon sourire, et j'admet mentalement que je ne communique pas beaucoup en ce moment.
- Je vais bien maman, j'ai été très prise par le travail. Et toi à la maison, tout va bien ?
Ses paupières se plissent légèrement pour essayer de découvrir ce que je cache..
- Les flocons de neige sont infernaux, mais ils vont bien et ton père prend un malin plaisir à apprendre à Paige à être flippante. Maintenant dis moi réellement comment tu te sens ?
Même si on ne partage pas le même sang, je sens ce lien profond qui nous unis.
Nous sommes une famille, peu importe ce que raconte notre ADN.
- Merci maman, mais je t'assure que je vais bien. Amber me manque c'est vrai, mais je suis confiante, l'inspecteur dit qu'il a des pistes.
Je reste impassible, maîtrisant au mieux les expressions faciales involontaires que chaque être humain fait quand il ment.
L'enquête ne donne rien, je me suis déplacée trois fois au poste, et les trois fois on a refusé de me recevoir en me disant qu'on me tiendrait au courant.
- J'ai l'impression que tu oublie qui t'as formé Rio.
Oup's.
L'élève n'a jamais dépassé le maître dans notre cas.
Mais c'est ma mère, elle est inquiète, mais comprend mon besoin de gérer les choses par moi-même. C'est un peu une experte dans l'art de tout faire dans le dos de tout le monde.
- Je te laisse souffler, pour l'instant, mais sache que cette conversation n'est pas terminée. Je t'appelle pour un service ma Luciole.
Impossible de refuser si elle m'octroie le droit de ne pas passer sous son détecteur à mensonges.
Elle est un peu flippante quand elle joue la flic.
- Dis moi tout maman.
Elle me sourit, s'installe plus confortablement dans le canapé beige du salon, et approche un peu le téléphone.
- Tu te souviens de Jared O'Brien ? Il a besoin d'un coup de main juridique pour que son affaire devienne légale. Mais il n'y connait rien et le connaissant il va certainement faire de la merde. Est ce que tu peux l'aiguiller ? Il est établi à Boston et m'a demandé de l'aide... Je ne peux pas refuser, pour Alfie.
N'ayant rien de prévu cette semaine puisque je ne suis pas en entreprise, et que mon prof m'incite lui-même à ne pas venir et plutôt à bosser de mon côté sur d'autres domaines, j'ai du temps à tuer.
Jared est plutôt cool même s'il n'est pas vraiment du bon côté de la barrière, mais c'est un Irlandais.
Donc un connard selon la loi Turner.
- Le fils d'Alfie veut faire dans le légal ? J'ai quelques doutes mais qu'est-ce que je ne ferais pas pour toi ?
Je prends un air théâtral pour la faire rire, parce que j'adore ce son.
- Evidemment que non, c'est une façade. Il reste le fils d'Alfie comme toi la fille des Turner ma Luciole, donc s'il t'emmerde tu le met au sol en lui passant le bonjour de ta mère.
J'éclate de rire en hochant la tête, lui promettant de lui coller quatre balles en souvenir de son père s'il m'emmerde, ce qui évidemment la fait rire.
Je raccroche en notant l'adresse, et réserve un billet en direction de Boston pour dans deux heures.
Espérons que je trouve de quoi m'amuser un peu.
»»----- ★ -----««
Après un voyage d'une heure et demie, la voiture envoyée par Jared m'emmène directement à lui, me laissant découvrir une énorme maison victorienne en apparence.
C'est une maison close, je connais suffisamment les goûts de ce type et ses ambitions pour le comprendre d'un simple coup d'œil.
Je pense que ça peut marcher.
Sauf que c'est un O'Brien, un sale con qui prend des décisions de merde.
Je tape quelques coups sur la porte qui s'ouvre sur un homme à la carrure imposante, il m'étudie brièvement avant de me reconnaître et d'ouvrir en grand pour me laisser passer.
C'est encore en travaux, des bâches plastiques au sol avec quelques tâches de peintures, des échafaudages pour refaire les plafonds et près des escaliers qui mènent à l'étage.
Je monte les marches ma petite valise en main, ma mère m'ayant prévenu qu'il y en aurait pour plusieurs jours et que je serais logé sur place.
Je débouche sur le couloir, observant les murs fraîchement repeint en noir, qui ne comporte pas de décorations pour le moment. Je longe l'étage, me dirige directement vers les doubles portes en bois massif, et entre sans frapper.
Son bureau est sûrement la première pièce qu'il a refait. Le parquet est brillant et foncé, un grand tapis noir est devant le bureau qui semble être en acajou. Jared y est appuyé nonchalamment, une chemise blanche qu'il a retroussée sur ses avant-bras, des cheveux noirs sont coiffés pour dégager son visage.
Il est pas mal dans son genre, athlétique avec une gueule de tombeur, assortie à un sourire en coin qui fait craquer toutes les filles. Sans parler de ses yeux, un mélange de gris bleu qui lui donne un air plus énigmatique.
Son regard rencontre le mien, et il se redresse avec un grand sourire.
- Dire que je me suis passé de ta beauté pendant plusieurs années, tu es magnifiquement bandante Rio.
Je ricane quand il me prend dans ses bras, m'offrant une étreinte amicale que je lui rends avant de s'écarter.
- Je ne baiserais pas avec toi Jared, t'es pire qu'Ezra et c'est pas un compliment.
Il se marre en haussant les épaules innocemment, et je réalise que nous ne sommes pas seuls.
Putain mais qu'est-ce qu'il fout là lui ?
Ezequiel est adossé contre le mur de gauche, toujours avec une veste sans manches et capuche sur la tête. Un simple tee-shirt noir sur un jean foncé complète le tout, et je peux lire qu'il est lui aussi surpris de me voir ici.
- Rio, je te présente Ezequiel -
Mais je le coupe, pas besoin de présentation malheureusement.
- Te fatigue pas, on se connaît déjà.
- Et tu en es absolument ravi, rétorque Ez impassible.
Connard.
Ca c'est ma réplique.
- Ton originalité est incroyable, un peu comme ta capacité à me faire chier.
Il reste impassible, totalement imperméable à tout ce qui sort de ma bouche.
- Comme ta capacité à maîtriser tes émotions de sale gamine.
Je vais le démembrer et balancer ses restes dans une cuve d'acide.
- Utiliser un mot qui ne fait pas partie de ton vocabulaire doit être compliqué, monsieur je suis aussi expressif qu'un pou.
Jared nous observe tour à tour en souriant comme un con, alors que j'ai envie d'arracher la langue de l'autre monsieur je sais pas faire une putain d'expression faciale.
- Hé beh, il y a tellement de tension entre vous que je suis à deux doigts de faire l'inauguration ce soir pour faire profiter mes clients de l'électricité que vous dégagez.
Ezequiel se redresse et s'avance vers Jared, m'ignorant alors que je soupire d'avance en maudissant la destinée de toujours le foutre sur mon chemin.
- Ce n'est pas de la tension mais de l'exaspération, qu'est ce qu'elle fout là ?
- Qu'est-ce que toi tu fous là connard ?
Il baisse les yeux vers moi, et me lance un sourire cynique que j'ai envie de lui scalper.
- Je viens hanter tes cauchemars Turner.
Crois moi Barrow, quand je rêve de toi c'est tout sauf horrifique.
Mais hors de question de lui avouer, je le regarde avec dédain tandis que Jared sourit comme un con.
- J'ignorais que vous vous connaissiez, mais c'est encore mieux. Rio est là pour s'assurer que toute mon affaire est réglo d'un point de vue juridique, pour m'aider à établir les contrats, mais aussi parce qu'elle est le visage des Turner. Avoir la fille d'Écho et Arès Turner à mon bras pour faire connaître ma maison va booster ma réputation.
J'hausse un sourcil dans sa direction, bras croisés sous ma poitrine en le toisant.
- Tu me prends pour une influenceuse des putes ? Je vais te coller quatre balles O'Brien.
Jared se marre, et secoue la tête en me faisant un clin d'œil qui me fait sourire.
- Et si on faisait mieux que nos parents ? Au lieu de se tirer dessus, on baise comme des malades ?
- Tu finirais accro, hors de question de t'avoir comme stalker. Et lui du coup, qu'est-ce qu'il fout là ?
Un sourire de connard sur le visage, je comprends que le côté légal ne sera pas le seul de ses ambitions.
- Ezequiel est là pour être celui qui montre l'étendu de mes relations. Tout le monde le connaît dans le milieu et il fait flipper. Il va s'occuper de la concurrence qui voudrait faire foirer mon business. Nous nous connaissons depuis des années et cette collaboration nous convient à tous les deux.
Jared se recule en se marrant quand il voit que l'un comme l'autre, on est pas emballé à l'idée de se retrouver ensemble.
- Votre duo va faire parler de ma maison et c'est exactement ce que je veux. Faites monter la tension durant les prochaines soirées que l'on va passer ensemble et le soir de l'inauguration je devrais refuser des entrées.
Et ça le fait rire tandis qu'Ezequiel soupire en croisant les bras sur sa poitrine
- Vu son air de gardienne de prison, tu risques de faire fuir ta clientèle mec. C'est pas la bonne nana pour faire ça.
Putain mais il se prends pour un cadeau violette man ?
- Tu t'es regardé ? Tu ressemble à un tueur en série connard. Et pour information, je suis bandante alors ta gueule.
Comme si j'allais douter de moi à cause de lui.
Il se tourne vers moi, et sourit légèrement en se baissant pour murmurer à mon oreille.
- Un tueur en série qui arrive à te faire mouiller vilaine Tornade.
Oh merde.
Je tente de rester de marbre, mais son souffle qui a effleuré ma peau met à mal mon talent d'actrice, tandis qu'il se redresse l'air de rien en se tournant vers Jared.
Parfois je me demande même si je l'excite vraiment tellement il passe d'un état à un autre.
- T'as déjà des noms à me communiquer sur la concurrence ?
Jared acquiesce et se place derrière son bureau, tout en faisant glisser une feuille vers nous en pointant des noms sur une liste.
- Carter et Haxford, mais rien de bien méchant, c'est celui ci qui va me casser les couilles.
Je suis son index du regard, et lis le nom qui ne me dit rien.
Curtis Harrington.
Ezequiel lève les yeux vers Jared le visage fermé, et moi j'observe son attitude.
- Dans quelle type d'affaires il trempe à Boston ?
Il le connaît.
La réaction était presque imperceptible, mais il ne peut pas contrôler une veine qui se gonfle sous le coup de l'adrénaline.
Jared soupire et s'installe sur son siège, tandis que nous restons debout côtes à côtes.
- Principalement le deal de rue, mais il s'étend rapidement et un réseau de filles super jeunes et super vierges vient d'éclore en son nom. Tu en as déjà entendu parlé à New York ?
Ezequiel acquiesce et chope une chaise pour s'asseoir dessus en retirant sa capuche, et pose ses coudes sur ses genoux.
Zéro galanterie ce con, ce qui fait marrer Jared quand j'en prends une moi même dans un coin de la pièce.
- Ouais, pas pour les filles, mais pour la came.
Ma présence le dérange, il n'en dit pas plus et Jared le comprend en nous observant à tour de rôle.
- Comment vous vous connaissez déjà ?
Ezequiel se redresse en souriant comme un con, et se tourne vers moi pour me laisser me démerder.
T'es une plaie purulente sur mon âme toi.
- Je suis stagiaire chez Campbell, et lui bah... je suppose que tu le sais mieux que moi. Barrow se la joue mec mystérieux.
Jared ricane devant l'air blasé du connard, avant de se stopper en fronçant les sourcils tout en me regardant.
- Qu'est ce que tu branle dans une entreprise financière ? T'étais pas censée te spécialiser dans le droit de la défense ou je ne sais pas quoi ?
Putain mais ta gueule ducon.
Ez se tourne lentement vers moi en inclinant la tête, un sourcil haussé qui veut dire :
"J'ai hâte de voir comment tu vas t'en sortir cette fois."
Restant de marbre, j'hausse les épaules en plantant mon regard dans celui de Jared qui veut très clairement dire :
Ferme ta gueule.
- Le droit des entreprises rapportent plus.
Jared m'imite dans un geste de compréhension, pendant que Ez plisse les paupières en nous observant.
- Je vous ai préparé deux chambres, l'une à côté de l'autre mais vous ne pouvez en utiliser qu'une si ça vous tente les tourtereaux. Allez vous installer, je vous emmène à notre première apparition ce soir à la soirée organisée par la Meute.
Ma valise à mes côtés, je me lève tandis qu'Ezequiel fait la même chose et passe dans mon dos pour récupérer son sac, avant de se diriger vers la porte où une jeune fille rousse nous attend.
- Deirdre va vous y conduire, on se retrouve dans une heure dans le hall, ça vous laissera le temps de baiser pour vous détendre.
Je mime un vomissement qui le fait marrer, et suit la fameuse Deirdre qui doit avoir seize ans vu son air juvénile. Une sacrée tignasse rousse sur le crâne lui donne un petit côté sauvage, mais son sourire est bourré de douceur.
Si Jared compte la faire bosser, je le castre.
- Suivez moi, vos chambres sont juste ici.
Je m'exécute en silence avec Ezequiel qui est tout aussi joyeux que moi à l'idée de passer du temps ensemble, et m'arrête devant la porte indiqué par la gamine qui se barre en sautillant dans le couloir.
Ez s'appuie contre ma porte, visiblement décidé à commencer son petit interrogatoire dans le couloir.
- Le droit de la défense hein ?
- Directeur des filiales hein ?
Lui aussi n'est pas clair sur ce qu'il fout chez Campbell, et je ne compte pas le laisser m'emmerder.
Il ricane en secouant la tête, avant de se pencher vers moi en envahissant mon espace.
Il sent bon, et ça me fait chier de le réaliser alors que son corps est imperturbable à notre rapprochement. Pas de muscles crispés, d'inspirations particulières, ou quoi que ce soit de parlant.
- On sait tous les deux que je ne suis pas le directeur des filiales annexes comme toi tu n'es pas la que pour un putain de stage Turner. Mais ce n'est pas mon poste qui pose des interrogations, surtout pour toi, je ne vois pas en quoi cela peut t'intéresser. Ta présence en revanche ...
Un sourire m'échappe, parce que j'apprécie son intelligence et son sens de la déduction.
Mais je n'ai pas le temps de jouer avec lui, je m'en fous de ce qu'il fait, et il va me mettre des bâtons dans les roues. Penché sur moi, je le sens fouiller mon regard à la quête de vérités que je ne lui livre pas.
- Je ne suis pas un danger pour tes magouilles, c'est tout ce que tu as à savoir. Maintenant soit tu bouges de ma porte, soit je te fais mal Dream.
Ses paupières se plissent, et je me concentre sur son regard whisky.
J'ai l'impression qu'il n'est pas juste inquiet pour ses petites affaires, comme s'il y avait autre chose et que pour le coup, il s'en branle complet que je découvre ses petits trafics.
C'est la première que je vois une véritable émotion dans son regard, mais il l'a fait disparaître trop rapidement pour que j'arrive à parfaitement la saisir.
- Dream ?
C'est con, je ne donne jamais de surnoms aux gens dont je m'en fous. Et lui, c'est un connard dont je me carre complet.
Mais il attise ma curiosité, ma libido et mon besoin de sensations.
Sur la pointe des pieds, je me hisse à son cou que je frôle de mes lèvres, laissant mon souffle s'échouer au creux de son oreille.
- Parce que tu hantes tous mes rêves.
Il se redresse lentement pendant que je repose les pieds à plat, et me regarde dans les yeux un peu surpris, avant de sourire légèrement.
Si seulement il était un peu moche, ce serait bien plus facile.
- Pas encore de cauchemars me concernant ma tornade ?
Un soupir m'échappe quand sa main caresse mon cou, et je secoue la tête alors qu'il se met à le serrer doucement en s'approchant de mon oreille.
- Ça viendra.
Il me relâche et s'éloigne vers sa chambre à quelques mètres de la mienne, avant de s'arrêter en me regardant.
- Met une jolie robe, j'ai encore l'image de la bleue électrique en tête. Si c'était possible, cette image hanterait mes rêves.
Il me fait un clin d'œil, ouvre sa porte et la referme en y pénétrant pendant que je reste comme une conne devant la mienne.
Putain mais ça veut dire quoi ça ?
»»----- ★ -----««
J'applique une dernière couche de rouge à lèvres prune pour faire ressortir le teint hâlé de ma peau, et me recule en observant mes cils maquillés de mascara, mes cheveux ondulés qui refuse tout brushing et que je laisse tomber négligemment dans mon dos, et je termine par ma robe.
Je n'ai pas choisi la plus sexy pour lui.
De couleurs champagne et dans une matière satinée qui épouse les courbes de mon corps, lé décolleté en V est soutenu par de fines bretelles en chaînes d'or sur mes épaules.
Elle s'arrête à mi-cuisse, sans mouler ma silhouette mais tout en dévoilant ce que je me fous de cacher. Mes sandales à talons aux pieds, je me dis que ce serait marrant de marcher sur Ezequiel pour voir à quoi il ressemble quand il souffre.
Je quitte la salle de bain en attrapant ma pochette, et sort de ma chambre en descendant les escaliers.
Ils sont déjà là. Ezequiel porte une chemise bleu foncé sur un pantalon de costume noir, et je détourne rapidement le regard sur Jared qui a opté pour une tenue similaire mais totalement noire.
Les deux m'observent avec un air impassible pour l'un, et très appréciateur pour l'autre.
- Bordel Rio tu vas foutre le feu ce soir !
Je souris à Jared en lui adressant un clin d'œil, évitant soigneusement le regard de braise à côté.
- Je sais, j'espère que ta maison close comportera des hommes consentants pour le plaisir de ces dames. Je suis en manque de cul.
Ezequiel se contente de me détailler, un léger sourire au coin des lèvres alors qu'il dissimule en s'allumant une cigarette. Jared se marre en admettant que c'est " une putain de bonne idée ", avant de m'offrir son bras que je saisi pour sortir du manoir et se diriger vers la limousine qui nous attends.
Assise en face d'eux, je fixe Jared qui me sourit en attendant qu'il m'en dise plus sur cette fameuse soirée.
- L'objectif de ce soir est que personne ne pose son véto à l'ouverture du Paradisia. Mazie, la chef de la Meute peut être redoutable si elle estime que le business est bancal. Et surtout si les filles ne sont pas consentantes.
Je croise les bras sous ma poitrine, m'enfonce dans mon siège et l'observe sérieusement.
- La rouquine, c'est une de tes filles ?
Il grimace, et me regarde comme si j'étais une détraquée ambulante.
- Deirdre ? T'es cinglée, c'est une môme ! Elle n'est pas là pour bosser, je lui offre le gîte et le couvert après l'avoir retrouvée enfermée dans un bordel dans lequel sa mère venait de se faire buter. Je ne voulais pas la laisser entrer dans le système...
Le même qu'il l'a malmené après le drame survenu dans sa famille. Jared est un connard sur pas mal de plans, mais son passé a laissé des traces qui font parfois ressortir ce qu'il aurait pu être.
- Je la loge jusqu'à sa majorité, après elle fera ce qu'elle voudra, mais j'ai pour objectif qu'elle dirige elle-même la maison, une sorte de mère maquerelle douce et délicate. Mais si elle souhaite partir, elle sera libre de le faire.
J'hoche la tête, sachant parfaitement que les filles de Jared sont consentantes à bosser pour lui. C'est un chaud de la queue, mais le consentement fait partie de son éducation, même le fric ne peut acheter ça.
Ezequiel écoute attentivement, mais garde un silence que je trouve éloquent.
Lui aussi est un enfant du système, et si j'en crois les deux ans d'absence total sur lui dans mes recherches, il a lui aussi été abandonné par ceux qui auraient dû le protéger.
La voiture se gare devant un autre manoir que je reconnais, j'y suis déjà venu avec mon père, ma mère ne participant à aucun évènement en lien avec le crime organisé.
Une véritable ombre.
Le bâtiment est une annexe de la Meute de Boston, des majordomes nous accueillent et détonnent avec les personnes présentes à l'intérieur.
Richement décoré, l'alcool coule à flots sur les plateaux des serveurs qui zigzaguent au milieu de chefs de gangs, mercenaires, et autres joyeusetés liées à notre monde un peu sombre.
Malheureusement pour moi, je n'ai pas que des amis ici. Je reconnais le blason de quatre types qui me regardent de travers, un gang bancal que mon père a refoulé de son territoire.
Mais chez Maze, personne n'ose l'ouvrir.
Elle me repère d'ailleurs de loin avec un grand sourire, et s'approche dans ma direction dans une robe rouge ultra moulante à fines bretelles, assortie à son rouge à lèvres.
Sa coupe à la garçonne dégage ses épaules, et son regard vif passe sur chacun de nous. Elle me fait un câlin en me disant qu'elle est contente de me voir, et enchaîne avec Jared tout en lui mettant une claque sur l'épaule.
- Tiens toi correctement ce soir petit con. Je sens ton sang irlandais d'ici et ça me chatouille de te foutre un coup de pied au cul.
Elle ricane, mais elle n'hésitera pas si il merde. Elle a beau être drôle et ressembler à un petit lutin, elle peut être terrifiante quand elle perd patience.
Maze se tourne vers Ezequiel, et plisse les yeux avant de se diriger vers lui.
- Tiens donc, un revenant, comment tu vas petit enragé ?
C'est bizarre, ça me rappelle un truc mais impossible de dire quoi.
Ezequiel se marre et se penche vers elle car elle est vraiment petite, et la nargue d'un air de connard qui semble être inné chez lui.
- Parfaitement blasé, comme d'habitude. J'espère que tu as prévu de la bonne vodka.
Elle ricane et lui indique le bar d'un geste du menton, et moi je me demande comment ils se connaissent.
- Fais toi plaisir mon mignon, mais toi aussi tiens toi à carreau. Je n'ai pas réussi à ravoir le sang de mon tapis persan.
C'est un sociopathe, magnifique.
- Je ne fais pas de promesse que je ne peux pas tenir Mazie.
Elle ricane et s'éloigne saluer ses autres invités, et moi j'observe Ezequiel à mes côtés en me posant de plus en plus de questions.
Beaucoup de monde le reconnaît alors qu'il se dirige au bar, Jared part saluer quelques têtes, et moi je tiens à l'œil les quatre abrutis qui ne me lâchent pas du regard.
Mais mon regard dévie toujours sur lui, discret mais parfaitement en maîtrise de son environnement, mes oreilles n'entendent pas une fois le nom de Campbell dans la bouche des quelques personnes avec qui il parle.
Jared quant à lui fait son show, vantant sa future maison close que j'appuie en admettant que l'endroit va être un incontournable.
Quitte à ce que des filles se prostituent et peu importe les raisons, autant qu'elles le fassent en sécurité avec un mec qui ne prendra pas tous leurs fric.
Je pars commander un whisky, et me marre en voyant Ezequiel s'accouder un peu plus loin avec un air mortellement ennuyé. Je le rejoins en le regardant, souriant en lui mettant un petit coup de coude pour attirer son attention qu'il m'offre visiblement blasé d'avance.
- Qu'est ce que tu veux encore ?
- Est-ce que t'es un maître yoda ou un truc du genre ? J'ai l'impression que ça te gonfle d'être là, et en même temps on dirait juste que tu t'en fous.
Il soupire en prenant une gorgée de sa vodka, regarde au-dessus de mon épaule avant de plonger ses yeux dans les miens.
- Ce n'est pas qu'une impression. Ce cirque de léchage de boules n'est pas ma came.
Je suis presque choquée qu'il m'ait répondu sans m'avoir envoyé chier, au point que je le fixe comme une idiote. Mais il regarde à nouveau derrière moi, avant de froncer les sourcils en m'observant.
- Mais je ne suis pas le seul, tu as l'air de te faire chier autant que moi... jeune padawan.
Pour une fois qu'il ne joue pas au connard et qu'il a même l'air plutôt détendu, je ne vais pas me refuser ça.
- C'est vrai, ce genre de soirées m'emmerde royalement.
Il sourit et boit une gorgée, tandis que je porte également mon verre à mes lèvres.
- Laisse moi deviner. T'es plus soirée chill avec chips et bière à commenter une série à la con.
Il est plutôt doué.
Mais je le suis aussi.
- Je préfère baiser avec toi mais sinon une soirée chill ça me va.
Il se marre discrètement, et je souris en entendant que ce son est pour la première fois réel, sans ironie ou moquerie.
Mais de nouveau, il regarde derrière moi et je sais parfaitement ce qu'il observe.
- T'as pas que des admirateurs ce soir Turner. C'est quoi le bail ?
Je ne suis toujours pas sûr que ce ne soit pas lui qui me suit, je ne peux pas lui faire confiance aussi risible soit l'information.
- Je ne fouine pas dans ta vie et tu fais pareil Barrow.
Il se referme complètement, et détourne le regard pour fixer les bouteilles derrière le bar en buvant sa vodka.
- Ok. Retourne jouer les parfaites petites filles et barre toi.
Mais c'est quoi son problème ?
- T'es vraiment un connard quand tu t'y mets.
- Dixit la meuf qui vient de m'envoyer chier. Fais ta soirée et lâche moi.
Voyant que je n'obtiendrais rien de plus, je lâche un soupir en terminant mon verre, et m'éloigne de lui pour le laisser bouder comme un gosse.
Je ne l'ai pas envoyé chier.
Enfin pas vraiment.
Si on compte le nombre de fois où il me fait comprendre que je suis un caillou dans sa chaussure, c'est un peu du foutage de gueule.
Je grimpe les escaliers qui mènent à l'étage, profitant de l'isolement que me procure le couloir en rejoignant les toilettes.
Je m'y enferme et fait couler de l'eau fraîche que je me passe dans la nuque, légèrement agacée et sur les nerfs.
Ce type me fait vraiment chier.
Fixant mon regard dans le miroir, je me met une claque mentale et me décide à regagner le hall.
Ce qui va être compliqué puisque les quatre abrutis de tout à l'heure sont là. J'ai à peine le temps de poser un pied en dehors de la pièce que l'un d'eux me barre la route pour tracer mon chemin.
- Turner a fait une erreur en laissant sa progéniture venir sans renforts.
Son rire moqueur et son regard qui me déshabille me donne envie de lui casser le nez. Je les observe brièvement, ils sont grands, plutôt massifs, et n'ont pas plus de trente ans.
Fait chier.
- Pardon mais t'es qui ? Je ne parle pas aux sous-fifres. Dégage de mon chemin.
Un grondement quitte sa poitrine, et je soupire en me disant que mon père aurait dû les buter.
Ce qu'il fera sûrement quand il en entendra parler.
- Tu vas voir ce qu'il va te mettre le sous fifre, ton père t'entendra crier d'ici salope.
Je ricane sans pouvoir m'en empêcher, et voit Ezequiel arriver dans leurs dos. Mais il se contente de s'appuyer contre le mur les bras croisés en haussant un sourcil, alors qu'un deuxième connard rejoint le premier dans ma direction.
- T'es sérieux là ?
Vu son regard, absolument.
- C'est ta merde pas la mienne, je ne fouine pas dans ta vie Turner. Démerde toi toute seule.
Il hausse les épaules l'air parfaitement impassible, et ma colère décuple en me disant que c'est sa petite gueule que je vais imaginer égratigner.
Je quitte son regard en sentant le premier tenter de m'attraper par la gorge, mais je l'esquive en lui donnant un coup en plein sternum. La douleur le fait se pencher en avant, et j'en profite pour attraper sa nuque et lui envoyer mon genou en plein nez, avant de balancer le plat de ma chaussure sur sa rotule qui émet un bruit d'os fracturé vu l'angle peu naturel qu'elle prend.
Je le relâche pendant qu'il tombe au sol, mais le deuxième m'attrape par les cheveux dans mon dos. Je serre les dents quand mes racines sont tirées par la rotation que mon corps effectue, et lui balance mon coude en plein dans la gorge, ce qui le fait lâcher sa prise immédiatement.
Si mon père nous voyait, il me ferait chier sur le fait que ça ne serait pas arrivé si je m'attachais les cheveux.
Je me retourne complètement, et en appuie sur ma jambe gauche, je lui envoie la droite en plein visage, coupant sa joue de mon talon aiguille.
Il porte sa main à sa blessure pendant que je lui fais un clin d'œil, et me fonce dessus comme un taureau qui voit rouge. Je l'esquive d'un tour moi même en déviant sur la gauche, et envoie un uppercut directement dans ses côtes qui lui coupe le souffle.
Le troisième arrive en courant dans ma direction, et putain je fatigue. J'halète, et se battre en talons me demande plus de concentration sur mes mouvements pour ne pas me briser bêtement une cheville.
Et je me dis que c'est vraiment la merde quand le quatrième entame lui aussi un pas dans ma direction.
Mais la jambe d'Ezequiel qui est toujours adossé au mur se tend, faisant tomber le dernier homme pendant que l'autre envoie son poing droit sur mon visage. Je me baisse rapidement, attrape son poignet en me relevant et effectue une rotation sur moi-même qui entraîne son bras dans la danse, déboitant son épaule dans un hurlement de douleur.
Il tente un nouveau coup de sa main libre que j'esquive, mais je le termine en le repoussant et envoyant mon pied tellement fort entre ses jambes que je suspecte ses couilles d'être remonté au niveau de ses amygdales.
Le visage rouge, les genoux serrés et sa main sur son petit paquet, il tombe à genoux, front contre sol en laissant échapper un râle de souffrance.
NDA : Laurel - Fire Breather
J'observe Ezequiel qui est toujours dans la même position, un pied sur le visage du quatrième homme au sol.
Même s'il m'a envoyé chier, il est venu en constatant que ces connards m'avaient suivis.
- Je pensais que tu n'allais pas intervenir.
Il hausse les épaules, toujours aussi impassible alors que je suis très loin de l'être.
Cette petite activité physique a éveillé l'adrénaline de mon corps, mais je n'ai pas la chute d'endorphine qui va avec.
- Il est tombé.
Je souris, la peau en feu, la respiration haletante, et je suis presque sûre qu'il peut sentir l'odeur de mon excitation dans l'air.
Je n'ai pas eu d'orgasmes depuis...
La fameuse nuit à l'hôtel où il m'a écouté.
- Et ton pied sur son visage ?
- Je suis simplement maladroit.
Il esquisse un petit sourire en coin, et écrase son pied sur le visage du type pour le mettre k.o. Mes talons s'enfoncent dans son dos, marchant dessus comme un tapis pour que je puisse le regarder sans me briser la nuque.
Ma langue humecte mes lèvres sèches, mon sang circule si rapidement dans mes veines que je sens battre mon cœur si fort qu'il peut sûrement l'entendre.
- Tu crois que tu saurais l'être un peu avec mon corps ?
Mes yeux dans le whisky des siens, je vois un lent sourire se dessiner sur ses lèvres alors qu'il se penche sur moi, effleurant ma cuisse nue du bout des doigts.
- Je sens ta frustration et ton besoin de jouir d'ici ma tornade.
Je ne ferme pas les paupières, me laissant emporter par son regard qui me semble plus chaud, plus profond aussi. Ses doigts continuent leur exploration alors que ma respiration se fait plus lourde, caressant ma peau en remontant lentement entre mes cuisses, tandis qu'il m'attrape par la nuque de l'autre pour me rapprocher de son corps.
- Je suis extrêmement maladroit ce soir, laisse moi te donner ce dont tu as besoin.
Il inverse nos positions en dégageant le corps inanimé d'un coup de pied, et me plaque contre le mur en soulevant ma jambe que je cale contre sa hanche. J'attrape sa main toujours entre mes cuisses qui n'a pas bougé, et la fait glisser sous la dentelle de mon string.
- Baise-moi avec tes doigts Dream.
Un sourire étire ses lèvres alors qu'il entrouvre la bouche, il se penche sur moi en mordant son piercing dans un geste qui me donne envie de le malmener moi aussi.
- Accroche toi ma tornade.
Ses lèvres effleurent les miennes sans les embrasser pendant que son pouce caresse mon clitoris et son piercing. Ses yeux dans les miens, je le sens observer mes sensations alors qu'un gémissement m'échappe quand il pince la chaire autour de la barre en métal.
- C'est définitivement ce son que je préfère quand il sort de ta bouche.
Mes hanches ondulent sur sa main, les miennes s'accrochent à ses épaules mais il ne me pénètre toujours pas, me torturant volontairement alors que je pousse un son de frustration.
- Je sais ce que tu veux, mais tu attendras que je l'ai décidé.
Je me doutais qu'il était du genre à aimer dominer, mais je sais aussi qu'il aime quand sa partenaire communique.
Et je n'ai jamais été timide.
- Ne sois pas tendre, j'aime quand ça fait mal.
En réponse, il appuie plus fort sur mon piercing, le malmène plus durement alors que mes gémissements s'intensifient. Son index et son majeur glissent le long de ma fente, humidifiant totalement mon sexe alors que sa respiration se fait plus laborieuse en collant son corps au mien.
Ses lèvres embrassent mon cou, le mordille tout en continuant de faire glisser ses doigts juste à l'entrée de mon plaisir, sans pour autant me l'offrir.
Il se redresse pour me regarder dans les yeux, et me sourit avec un air brûlant au fond des iris.
- T'es plus brûlante que l'enfer Rio. Et putain je ne sais pas si je dois te détester pour ça ou te vénérer totalement.
Ses deux doigts me pénètrent d'un coup en m'arrachant un râle de plaisir, ses lèvres effleurent les miennes pour l'avaler alors que mes hanches s'agitent sur sa main. Je baise ses doigts, l'entraînant dans ma frénésie sexuelle alors que les siennes s'activent aussi, son souffle chaud se perd entre mes lèvres entrouvertes d'où je ne retiens pas mes gémissements.
Je peux voir qu'il lutte contre le plaisir qu'il prend avec moi, et je comprends. Je n'avais pas prévu que ce serait bon, si brûlant et puissant.
Sa main libre attrape ma gorge, et me fait relever la tête alors que son pouce continue de me stimuler en même temps que ses autres doigts.
J'ai l'impression que ma peau est feu, je sens mon plaisir décuplé quand il ajoute un troisième doigt, poussant un gémissement cassé par les sensations qu'il m'offre. Son érection me nargue contre mon bas ventre, me provoquant tout un tas de sensations sans même la toucher.
- Qui es tu putain ...
Ce n'est pas vraiment une question, mais j'ai envie d'y répondre en sentant l'orgasme monter.
- Ton plus beau rêve. Maintenant fait moi jouir, je crois que tu m'as parlé d'un truc en boîte il y a quelque temps.
Il ricane en se rappelant parfaitement de quoi je parle, me regarde dans les yeux et s'exécute sans me quitter du regard.
- Une vraie tornade incendiaire. Tu me rend dingue Turner.
Ses doigts quittent mon intimité, et je sens son index se glisser entre mes fesses, tout en le lubrifiant de mon plaisir.
Ses hanches se collent plus étroitement aux miennes, et son pouce continue de me stimuler. J'ai l'impression que mon corps va entrer en combustion spontanée. Un voile de sueur fait briller sa peau, et comme si j'avais un appétit dévorant de lui, l'une de mes mains attrape ses cheveux sans douceur et je fond sur son cou.
Son index me pénètre en même temps que mes dents se referment sur sa peau, avant que je ne la lèche quand il entame un lent va et vient. Un grondement de plaisir s'échappe de son torse, son corps se tend et ses muscles se crispent alors qu'il ajoute un deuxième doigt, me faisant haleter plus fort.
- Ton cul est aussi tentant que ta bouche ma tornade.
- Putain je vais jouir.
Son érection me torture autant que son pouce qui malmène la chair entre mes lèvres intime, son rythme s'accélère au point que je le laisse guider, concentré sur mon orgasme qui est en train d'emprisonner ses doigts en moi.
- Putain Rio...
- Désolée.
Il ne comprend pas, mais il saisit parfaitement pourquoi je m'excuse quand je coince son anneau entre mes lèvres, mes dents s'enfoncent dans sa chair tendre en jouissant puissamment sur ses doigts.
Il pousse un grondement de plaisir, et resserre sa main sur mon cou pour m'inciter à continuer.
Je ne ferme pas les yeux, lui offrant libre accès sur l'orgasme dévastateur qui me fait pousser des sons de plaisir en faisant saigner sa bouche dans la mienne.
Je suis beaucoup trop brutale, mais je crois que je n'ai jamais été autant excitée par un homme.
Il peut encaisser, je le sens. Et je crois qu'il aime ça aussi.
Le rythme ralentit, et nos respirations erratiques s'apaisent alors que je relâche sa lèvre en plissant les paupières quand je sens ses doigts me quitter. Ma cuisse contre sa hanche retrouve le sol doucement, sa main sur ma gorge me libère.
Ses lèvres effleurent ma mâchoire, ma bouche, et pour une fois, je ne suis pas rebuté par un contact post sexe. Ce n'est pas de la tendresse, mais de la curiosité. Je l'intrigue, et je le fais bander certainement plus que ce qu'il a l'habitude.
Nier l'alchimie entre nos corps serait stupide, y céder encore plus.
Il rabaisse ma robe avant de s'écarter, et de me sourire en passant sa langue sur sa lèvre qui saigne.
Merde, j'y ai été un peu fort.
Il s'éloigne en entrant dans les toilettes que j'ai quitté plus tôt, et je l'entends se laver les mains avant de revenir quelques secondes plus tard.
Il me regarde, un petit air de connard fier sur le visage alors qu'il marche à reculons les mains dans les poches.
- C'est définitivement comme ça que je te trouve la plus intéressante Turner.
Et il se retourne en descendant les escaliers, me plantant là pendant qu'il me faut bien cinq secondes pour que mon cerveau se remette à fonctionner.
Putain mais qu'est-ce qui vient de se passer ?
T'as jouis sur les doigts d'un criminel duconne.
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NDA La Sorcière
Holàààààààààààààà
OMG mais Rio serait-elle pire que Goldy ?
ABSOLUMENT.
Elle n'a aucun tabou, elle aime le sexe de manière générale et tout ce que ça englobe, alors si vous n'aimez pas ce genre de scènes, quittez ce livre parce que c'est que le début.
Et notre petite tornade ne serait-elle pas un peu trop déstabilisée par ses propres réactions physiques ?
See you next chapter