Sirius coinça son pinceau derrière son oreille et alla ouvrir sa porte après avoir lu le message qui venait d'arriver sur son téléphone.
Remus se trouvait sur le trottoir, son nouvel étui à guitare se balançant le long de son corps, un sac contenant ses autres cadeaux au bout de son bras, et le plus beau des sourires accroché sur son visage.
—Je n'ai pas osé sonner, j'avais peur que tu sois en train de dormir. Dit-il en passant la porte et en déposant un baiser sur la joue de Sirius.
—Quand est-ce que tu comprendras que je dors jamais vraiment ?
Remus déposa ses affaires et s'approcha du caneva qui trônait au milieu du salon de Sirius.
—C'est là où on était...
Sirius se laissa tomber sur son canapé en regardant la toile. Puis il raconta à Remus.
Qu'il avait passé une grande partie de son enfance sur ces pontons. A courir parfois, à y marcher silencieusement plus souvent.
Que sa famille avait un bateau, qui était toujours présent dans le port. Le plus grand. Certainement le plus cher, aussi. Il lui raconta les réceptions à son bord, et les virées sur la Tamise qui lui procuraient des crises d'angoisse.
Il avait toujours eu peur qu'Orion et Walburga le fasse passer par dessus-bord. Il en avait cauchemardé tellement de fois.
Quand il eut été adolescent, les sorties en mer s'étaient faites rares, puis inexistante. C'était typique des familles riches. Elles exhibent leurs richesses un temps en achetant des choses à des prix mirobolants, les exploitent juste ce qu'il faut pour se faire remarquer, puis les laissent tomber dans l'oubli.
Sirius avait continué à venir sur le bateau. Il avait toujours fait en sorte de savoir quand le code d'accès au ponton changeait, et il avait toujours su comment se le procurer.
Ce bateau avait pendant un moment été son chez lui. Quand ses parents l'avaient jeté hors du Square Grimmauld une première fois.
Il avait été son repère pour les coups d'un soir et la prise de stupéfiants. C'était dans ce bateau qu'il s'était perfectionné en musique et en dessin.
Il lui expliqua qu'Alphard avait acheté deux appartements sur la Sun Walk, l'un à côté de l'autre, qu'il avait ensuite mis en location. Les loyers partaient sur les comptes bancaires de Regulus et Sirius et ces appartements étaient à leurs noms. Leur oncle avait toujours fait en sorte d'assurer les arrières de ses neveux. Ils s'étaient d'ailleurs promis qu'un jour ils habiteraient là-bas.
Il avait déballé ces souvenirs en se préparant à aller dormir. Remus suivant son rythme, répondant et écoutant tout en trouvant bien trop naturellement sa place à ses côtés. Dans la salle de bain en se saisissant du dentifrice, dans la chambre en rangeant ses affaires à un endroit bien précis, en revenant de la cuisine avec deux petites bouteilles d'eau, en déposant ses lunettes dans le recoin de la table de chevet de manière à les trouver facilement le lendemain.
Il s'était glissé dans le lit et avait ouvert la couverture, Sirius s'y était engouffré en le serrant dans ses bras et en frottant son nez contre son cou.
C'était bien, de l'avoir ici. Et de voir que tout n'était pas si compliqué. Qu'au contraire tout était fluide et naturel.
Il le fit parler de sa soirée, lui demanda s'il était heureux, s'il avait vraiment été surpris. Remus lui répondait en glissant ses doigts dans ses cheveux ou contre son dos. Le son de sa voix berçant Sirius.
—Je ne peux pas accepter la guitare, Sirius. Souffla-t-il après un moment de silence.
Sirius grogna et roula sur le côté, s'éloignant du cou de Remus pour le regarder.
—Bien sûr que si. C'est un cadeau. On refuse pas un cadeau.
—C'est un cadeau qui vaux beaucoup trop cher. Je ne pourrai jamais t'offrir quelque chose de cette valeur là, et...
—Ça va, Sheldon Cooper ? Râla Sirius en laissant sa tête retomber sur son oreiller.
—Et je ne mérite pas autant. Termina Remus.
—Tu la voulais, cette guitare ?
—Oui, mais...
—Tu comptais te l'acheter ?
—Oui, mais...
—Bah voila. Elle est là. Pas besoin de l'acheter, elle est venue toute seule à toi, si c'est pas magique ça.
Remus soupira et Sirius tendit sa main vers lui, caressant sa joue.
—Ça me fait plaisir de te l'offrir. Je l'aurais pas fait, sinon. Et, si. Tu la mérite. Tu mérite plus qu'une guitare. Crois-moi.
Il se perdit dans les yeux de Remus avant de retrouver sa place contre son cou, enlaçant sa taille et emmêlant l'une de ses jambes aux siennes.
Il n'aurait pas rêvé meilleur endroit pour s'endormir.
*
James avait posé sa démission.
Un mercredi, il était entré dans le bureau de son père et lui avait tendu une grande enveloppe.
Fleamont avait sourit, puis avait lancé « il était temps »
Il était temps, oui.
Ce soir là, James était venu sonner chez Sirius, et ils avaient fêté cette nouvelle tous les deux, pour marquer le coup, avant de fêter ça « comme il se devait » à la fin de la semaine.
James partait du bureau dans deux mois, quand il aurait fini tous ses dossiers en cours. Il avait insisté auprès de Sirius pour débuter avec eux à la boutique immédiatement après.
Sirius, lui, avait insisté pour qu'il s'accorde des vacances. Il les avait bien mérité. Cela faisait des années que Sirius le voyait perdre l'éclat qui l'animait. Il était grand temps qu'il rallume toutes les étoiles qui brillaient dans ses yeux. Pour ça, il fallait qu'il commence d'abord par prendre du temps pour lui, Lily et Harry.
Trait de liner sur les yeux, cheveux faussement coiffés, Sirius riait aux éclats à ce que lui racontait Frank au milieu du bar. C'était le genre de soirée durant lesquelles il se sentait pleinement exister. Toujours, quand c'était en l'honneur de James. C'était toujours plus simple de briller quand il s'agissait de célébrer le bonheur de quelqu'un d'autre. Surtout quand il était question de celui de James.
Il attrapa le shot que ce dernier lui tendit, fit trinquer son verre contre le sien, renversant de l'alcool sur sa main et descendit le contenu sans même grimacer. Quand il bascula de nouveau la tête en avant, ses yeux se portèrent sur la porte d'entrée. Remus venait d'arriver, plus beau que jamais, Fabian à ses côtés.
Sirius lécha son pouce et son index afin que l'alcool n'ait pas le temps de devenir pégueux, et il alla à la rencontre de Remus, lançant un clin d'œil au gars du nouvel an au passage.
—Putain, tu t'es habillé ! S'exclama-t-il lorsqu'il arriva près d'eux. T'es canon, chaton.
—Pour les grandes occasions, je sais faire un effort. Rigola Fabian.
Sirius attrapa le poignet de Remus et se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur sa joue.
—Toi, t'es canon tout le temps. Lui glissa-t-il à l'oreille. Remus lui sourit, et le monde sembla ne tourner qu'autour d'eux deux. C'est ma tournée !! Ajouta-t-il rapidement en s'éloignant de lui, histoire de se remettre les idées en place.
Bordel, quand était-il devenu aussi niais ?
Il slaloma entre les invités, attrapant la taille de Mary au passage pour l'amener avec lui au bar. Elle avait grand besoin d'une distraction afin d'oublier la présence de Regulus. C'était surprenant d'ailleurs, qu'il soit venu.
Sirius jeta un coup d'œil par dessus son épaule pour s'assurer que Remus et Fabian le suivaient toujours.
C'était le cas de Fabian. Remus s'était arrêté pour saluer Lily et s'était fait emporter dans une étreinte par James.
Quand il arriva de nouveau vers lui, Sirius lui tendit une pinte de bière ambrée. Remus fit entre choquer son verre au sien puis prit une première gorgée.
Merde, ce qu'il était beau ce soir.
Il n'avait pas autant ris à une soirée depuis des mois. Les collègues de bureau de James avaient créé des présentations et graphiques, ventant, ou desservant, ses mérites, qu'ils diffusaient inopinément dans la soirée. Les vidéos de lui essayant, mais échouant, de surprendre son père ou les autres employés furent celles qui eurent le plus de succès.
James était en train de rappeler à la majorité qu'il était toujours leur supérieur pendant deux mois quand le gars du nouvel an tendit un verre de vin à Sirius.
Il s'en saisit sans rechigner, tachant de faire fonctionner ses neurones pour se souvenir de son prénom, et il lui demanda à quel PowerPoint humiliant son meilleur ami il pouvait bien être à l'origine.
—Le graphique du nombre de fois par jour où il passe sa main dans ses cheveux.
—Bordel, c'est que vous devez vous faire chier tout en haut de votre building.
Le type rigola, et tenta de lui expliquer que non, « on ne se fait pas tant chier que ça, tu sais c'est interessant... » bla-bla-bla... un ramassis de conneries sortait de sa bouche. Et Sirius était trop occupé à regarder ses lèvres pour tenter de lui faire entendre raison.
Il aurait pu lui dire, que le fait que James démissionne ne plaide pas en faveur de son discours sur les chiffres, analyses et autres cours boursiers. Il aurait pu lui dire, que ce qu'il racontait là n'avait aucun sens pour lui, qu'il ne changerait pas d'avis. Il aurait pu lui dire, qu'il crachait à la gueule des clients vivant dans une abjecte abondance sans se soucier des autres dont il tâchait de vendre la cause.
Mais non. A la place il fixait ses yeux, puis ses lèvres. Et ainsi de suite.
Ils s'étaient assis à une table quand Sirius sentit son genoux fourmiller. Le gars venait de déposer sa main dessus. Sans aucun préavis. Le corps de Sirius réagit immédiatement. Il se saisit de son poignet et le retira de sa jambe. Il aurait pu s'arrêter là. Lui dire que chaque avance qu'il lui faisait ne l'atteignait pas. Mais à la place, pour endormir l'agitation dans ses jambes et la douleur qui semblait se raviver, il se rapprocha du rebord de sa chaise, emmêlant ses jambes avec les siennes.
—Tu rentres bientôt ? Lui demanda Luke, son prénom semblant soudain surgir de nulle part, avec un ton sous entendu.
Il était évident que sa question en amenait une autre. Sirius sourit. Il ne comptait pas rentrer maintenant, mais....
Mais, non.
Mais rien, en fait. Il ne comptait pas rentrer maintenant, c'était la soirée de James, il voulait en profiter jusqu'au bout et la seule personne avec qui il voulait rentrer se trouvait de l'autre côté de la table. Il tourna la tête vers Remus. Comme s'il venait d'être frappé par un élan de lucidité.
Il vit la mâchoire de Remus se crisper puis continuer sa conversation, comme si de rien était.
Merde.
Il avait tout entendu, c'était une certitude.
Sirius recula rapidement sa chaise. Se rendant compte qu'il venait potentiellement de gâcher quelque chose. Quelque chose auquel il tenait.
Merde ! Ce qu'il se détestait à toujours rechercher de l'attention auprès de personnes inutiles, qui lui importaient peu.
Merde. Merde. Merde.
Il se leva brusquement, sortit son paquet de cigarettes de la poche de son jean, la main tremblante.
—Tu m'accompagnes ?
Un vacarme régnait dans toute la pièce, mais l'absence de réponse lui donna l'impression que l'univers entier était tombé dans le silence.
—Remus ?
Remus tourna lentement ses yeux vers lui et son regard fut tel un poignard dans le cœur de Sirius. Il inclina le menton, lui demandant silencieusement de répéter ce qu'il n'avait pas écouter. Ou ce qu'il avait refusé d'écouter.
—Tu m'accompagnes ? Redemanda-t-il doucement.
—Non, il gèle. Ce fut sa réponse avant qu'il ne tourne de nouveau sa tête vers Frank pour reprendre sa conversation.
Sirius resta figé un moment, ayant du mal à détourner son regard de lui. C'est quand il sentit la main autour de son poignet qu'il revint à la réalité. Il s'en dégagea sèchement et prit rapidement la direction de la sortie. Ne se préoccupant pas du regard que Regulus portait sur lui.
Il gelait. Remus avait eu raison.
Il avait toujours raison, de toute façon.
Et lui... Lui avait merdé.
Quelle idée à la con il avait bien pu avoir de draguer ce gars alors que Remus était juste là. Et merde, même si Remus n'avait pas été là, il n'aurait jamais dû faire ça.
Il était en colère. Très en colère. Contre lui, de toujours agir de la sorte. De ne jamais se satisfaite de ce qu'il avait juste devant lui. De toujours rechercher de l'attention.
Il donna un coup dans le mur en brique et la douleur lui irradia le bras un court instant.
Ça ne lui remis pas les idées en place comme il l'aurait souhaité, ni lui fit cesser d'être en colère et de ruminer. Au contraire, il était encore plus énervé d'avoir réagis de la sorte. Avec violence. Ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivé, et c'était loin de lui manquer.
Il ferma et ouvrit son poing plusieurs fois, regardant le sang perler au niveau de ses phalanges.
Il termina rapidement sa cigarette, avant de rentrer de nouveau dans le bar.
Derrière la porte, il tomba sur Remus. Le visage fermé, mais les yeux soucieux.
—Laisse moi t'aider pour ta main. Dit-il en tendant son bras vers lui, attendant de savoir s'il pouvait se saisir de son poignet.
—J'suis médecin, je sais comment gérer une égratignure. Merci.
Il n'aurait pu expliquer pourquoi est-ce qu'il réagissait de la sorte. Il avait envie de se gifler.
Mais il était trop contrarié. Remus avait refusé de l'accompagner. Et maintenant il était là, devant lui, et lui proposait son aide. Ça n'avait aucun sens.
Il était contrarié de ne jamais savoir comment réagir et d'être constamment sur la défensive.
Il était contrarié d'avoir potentiellement gâché ce qui lui apportait le plus de bonheur ces derniers temps.
Remus soupira et lui attrapa le poignet, l'entraînant vers les toilettes.
—Je trouve ça dingue, ton besoin constant d'attention, mais que tu fermes les portes quand, vraiment, tu en as besoin.
Sirius dégagea sans lutter son poignet des doigts de Remus qui ouvrait le robinet d'eau. Sirius, les dents serrées par la colère, passa sa main en dessous du filet d'eau. Ne grimaçant pas au contact du frais sur sa peau éraflée. Ça ne lui faisait pas aussi mal que ce qu'il l'avait souhaité. Il prit du savon et insista plus que de raison sur ses phalanges. Il ne ressentait rien.
Rien.
Et il aurait voulu avoir mal. Ça aurait endormi la douleur que son cœur ressentait.
—J'trouve ça dingue que tu sois là, alors que tu m'as rembarré y a dix minutes.
—Il y avait l'air d'avoir quelqu'un dont la compagnie t'intéressait bien plus que moi, il y a dix minutes. Répondit froidement Remus en déroulant de l'essuie tout. Appuyant plus fort que ce qu'il ne l'aurait fallu sur la manivelle.
—C'est à toi que j'ai demandé de venir.
—Et avec qui comptais tu rentrer ce soir, Sirius ? Lança-t-il plus fort, donnant un denier coup sur la manette avant d'arracher l'essuie-tout. Je ne crois pas t'avoir entendu lui répondre.
—J't'ai peut être demandé de sortir pour en discuter, tu crois pas ?! J'voulais peut être justement te demander qu'on rentre.
—Non. Ce que je crois c'est que pendant une bonne minute tu as pensé rentrer avec lui, puis oh, tu t'es souvenu de mon existence. Mais que finalement, là ce que tu cherches c'est pas moi qui te l'apporterai. Tu veux juste tirer un coup et t'en aller, sans avoir à te justifier, parce que c'est plus simple. Il coupa le robinet d'eau qui était toujours en train de couler et prit le poignet de Sirius entre ses doigts avant de venir doucement tapoter la où il était égratigné. Le contraste entre la colère dans ses yeux, la froideur de son ton et la douceur de ses gestes presque tremblants était frappant. Sauf que je ne t'ai jamais demandé de te justifier, ni de rester. Si mes souvenirs sont bons, la décision de rester c'est toi qui l'a prise tout seul. A chaque fois. Donc dis moi, Sirius, avec qui veux-tu rentrer ce soir ?
Sirius ne répondit pas. Il essayait d'encaisser ce que Remus venait de lui envoyer à la figure.
Et c'était difficile.
—Avec qui veux-tu rentrer, Sirius ? Demanda-t-il une nouvelle fois, une de ses mains quittant la sienne pour lui soulever doucement le menton et l'inciter à le regarder.
—Arrêtes, Remus. Tu comprends pas. Répondit-il en reculant, sa main toujours dans celle de Remus.
Lui non plus. Lui non plus ne comprenait pas pourquoi il était incapable de lui répondre.
Pourquoi il était incapable de lui dire que c'était avec lui qu'il voulait rentrer. Lui et seulement lui.
—T'as envie de quoi, Sirius ? C'est pourtant simple comme question. Son débit de parole était beaucoup plus rapide que ce qu'il ne l'était habituellement. Tu as envie de quoi ? De le prendre tout en devant te concentrer plus sur là où il pose ses mains que sur ce que tu ressens ? Ou de te faire prendre en pensant à tenir ses mains parce qu'il n'aura rien à faire de ce qui peut te plaire ? Dans les deux cas, tu n'en ressort pas gagnant.
—Tu viens vraiment de dire ça, Remus ? Siffla-t-il comme réponse.
—Oui ! Et je le regretterai amèrement demain, mais là je n'ai pas le recul nécessaire. Parce que j'ai vu la façon dont tu le regardais, je t'ai vu glisser une main dans son dos quand vous étiez au bar. Et je t'ai entendu lui dire que ses doigts seraient mieux ailleurs qu'autour d'un verre. Et ça me fait terriblement mal au cœur. Surtout quand tu n'es pas capable de répondre à une putain de question.
Devant l'absence de réponse de Sirius, Remus ferma les yeux et soupira. Il se retourna pour attraper l'essui tout qu'il avait déposé sur le rebord de l'évier, et entoura délicatement des feuilles autour des doigts de Sirius.
—Tu es médecin, tu sauras quoi faire pour arrêter de saigner. Amuse-toi bien, Sirius.
—On s'est rien promis, Remus. Lâcha-t-il alors qu'il ouvrait la porte, regrettant immédiatement les mots qu'il venait de prononcer. Ça fonctionnera pas ça, Remus. Toi, moi, ce truc bizarre qu'on a. Ça marchera pas. J'suis pas fait pour ça, ça m'intéresse pas.
Remus se stoppa dans l'encadrement de la porte, la main toujours sur la poignée. Sirius fixa sa nuque, trop droite, et ses doigts qui serrèrent la clanche.
Sirius attendit.
Il attendit les mots qui viendraient fouetter son cœur, secouer son cerveau, et qui viendraient faire mal pile-poil là où il fallait. Sirius attendait la confrontation, il la cherchait même.
À la place, Remus passa la porte, sans même se retourner vers lui une seule seconde.
Un jour, il y a longtemps, Euphemia lui avait dit qu'il ne fallait jamais énerver les gentils garçons. Parce qu'ils étaient justement si gentils, que leur colère retentissait bien plus fort que tout le reste.
Il en avait aujourd'hui la preuve.
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Désolée 😇